LA MOBILISATION CONTINUE !
-6 octobre, 24 novembre : lu dans la presse — i — _
Quand la démagogie à T égard des femmes vise à les cantonner hors de la politi<flte/ 1 ,
A la lecture de la presse quotidienne, aux lendemains des deux grandes manifestations qui ont ponctué la campagne pour la dépénalisation de l'avortement, nous nous sommes sérieusement interrogées sur l’opposition systématique qui a été faite entre les deux marches, et en conséquence sur la manière dont la marche des femmes a été utilisée dans la presse.
Si des quotidiens, tels Libération, le Monde, le Matin. setaient. de fait, faits les porte-parole de la préparation de la marche des femmes, aucun d’eux n’a montré la même diligence, en ce qui concerne la manifestation unitaire du 24 novembre. Libération, par exemple, titrait a la une. le 6 octobre, consacrant deux pages intérieures aux dernières informations sur la marche des femmes. Le 24 novembre, il fallait chercher en page 5 la présentation de la manifestation unitaire — événement pourtant important à la veille du débat parlementaire et qui réunissait — fait sans précédent sur le terrain de la lutte pour l’avortement libre et gratuit — vingt-deux associations et organisations ! La marche sur l'Assemblée a été délibérément minorisée par la presse, dans sa préparation comme dans son compte rendu, et la participation d’une grande partie du mouvement des femmes au 24 novembre, totalement niée ! Que peut signifier de ce point de vue, la mise en valeur de la marche des femmes, pas tant du point de vue de ses objectifs que de sa forme : des dizaines de milliers de femmes présentes dans la rue. Comme si se retrouver si nombreuses et déterminées perdait un certain caractère politique pour devenir un « fait divers ». Libération concluait son article de compte rendu de la marche des femmes par cette appréciation : « Mais déjà les femmes repartent, éblouies de l’événement. » Une fin en soi en quelque sorte î Tous ceux et toutes celles qui taxaient de récupération les organisations politiques qui se sont engagées dans la lutte pour l’avortement libre et gratuit, devraient réfléchir à la manière dont la presse s’est servie de la manifestation des femmes (ce qui ne signifie pas que, nous, nous remettions en cause l’importance politique de cette initiative). et de ce que cela peut signifier pour le mouvement femmes : Libération titrait le 8 octobre : « Une marche pour la liberté » le 26 novembre : « Le pavé fait le plein pour l'avortement libre et gratuit. » Le Monde, du 27 novembre, qui par ailleurs titrait : « 50 000 manifestants sans ferveur », ne s’interrogeait pas sur la signification politique de l’initiative, mais : « Beaucoup en tout cas notaient ta forte proportion d’hommes, parmi les autonomes et chez les trotskvstes de la LCR, faisant ainsi resurgir l’éternel débat sur la mixité des manifestations de femmes » Enfin pourquoi écrire : « Les femmes étaient pratiquement absentes en tète de manifestation », alors que c’est le cortège de la coordination des groupes femmes qui ouvrait la manifestation après la banderole unitaire ?