La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Compte rendu

«La Femme dans le passé, le présent et l’avenir» Bebel enfin réédité, aux éditions Slatkine, collection Ressources, 373 p

Cahiers du féminisme, n° 12, janvier - février 1980 · p. 46 · 240 mots

A travers ce livre écrit en 1879 (avant donc celui d’Engels, l’Origine de la famille, de la propriété, de l’Etat , publié en 1884), Bebel fait non seulement une dénonciation virulente de l’oppression des femmes dans la société capitaliste à la fin du XIXe siècle de manière très concrète, mais il essaie, en outre, de mettre en évidence ce qui fait le caractère spécifique de cette oppression par rapport à celle de l’ensemble du prolétariat : « La femme et le travailleur ont tous deux de commun, ceci que, de temps immémorial, ils sont des opprimés (...) La femme est le premier être humain qui ait eu à éprouver la servitude. Elle a été l’esclave avant même que l ’“esclave” fut. (p. 11) »

Il en tire deux conclusions fondamentales, toujours d’actualité : seule une société socialiste peut créer les bases de la libération des femmes, mais aussi les femmes « n ’ont pas plus à compter sur les hommes que les travailleurs n’ont à compter sur la bourgeoisie » (p. 103). Il ne craint pas, d’ailleurs, de mettre en cause les militants socialistes dont certains font preuve de préjugés réactionnaires à l’égard des femmes : « Il est des socialistes qui ne se montrent pas moins antipathiques à l’émancipation de la femme que ne le sont les capitalistes au socialisme (...) » Rien à voir, donc, avec la vision idéalisée du prolétariat telle que l’a décrite Engels, par exemple...

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