La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

États généraux

· Cahiers du féminisme, n° 19, mars - avril 1982 · p. 11 · 661 mots

Aux Assises sur les femmes et le travail qui avaient regroupé sept cents femmes les 1 4 et 15 novembre 1981, à l’appel de la coordination des groupes femmes de quartier et d’entreprise, soutenues par des sections syndicales, le Planning familial, Choisir et des revues féministes, avait été décidée une rencontre nationale ouverte à toutes les forces politiques et sociales concernées par le travail des femmes. Les participantes des assises lui voyaient une triple fonction :

• Affirmer le point de vue des femmes sur la situation qui leur est faite par la crise économique, les discriminations sexistes, les mesures gouvernementales. Ni le temps partiel, ni la pénurie en équipements collectifs, ni les licenciements massifs dans les secteurs restructurés ne sont acceptables. Il importe que des femmes, en grand nombre, prêtes à s’organiser et à lutter, soient là pour le dire.

• Permettre à des femmes dont les itinéraires individuels ou militants sont divers, de se rencontrer. Certaines femmes ont une pratique de groupe femmes, d’autres sont au Planning, d’autres enfin, et parfois les mêmes, ont une tradition syndicale. La mise en commun de leurs expériences ne peut que donner une force supplémentaire au combat féministe.

• Interroger et débattre avec les représentants des syndicats, des partis politiques, des associations — et pourquoi pas du gouvernement si celui-ci se fait représenter — sur leur programme, leurs objectifs de lutte sur la question des femmes.

Depuis les 14 et 15 novembre, plusieurs réunions se sont tenues afin de préparer les états généraux. Etaient présents : la coordination parisienne des groupes femmes d’entreprise et de quartier, l’URPCFDT, des syndicats CGT, des syndicalistes de la FEN, l’association des parents de crèches, des revues féministes dont les Cahiers du féminisme, le PSU, la LCR, les CCA, des femmes op-positionnelles du PC.

Un accord global a été trouvé sur les thèmes de débat et sur leur cadre, celui-ci devant permettre l’ouverture la plus large possible. La CFDT, déjà engagée au niveau parisien, va discuter d’une participation sur le plan national. Christiane Gilles, démissionnaire du bureau confédéral de la CGT, aujourd’hui déléguée auprès du ministère des Droits de la femme a souhaité rencontrer le collectif organisateur des assises.

Un ordre du jour provisoire pour les états généraux a été débattu lors de la rencontre du 9 janvier qui réunissait des participantes aux assises. La coordination des groupes femmes d’entreprise et de quartier introduirait sur la situation politique et les objectifs de lutte des femmes. Le reste de l’après-midi du samedi 1 7 serait consacré à des commissions de travail (temps de travail, restructuration de l’appareil industriel, discriminations sexistes, formation, équipements collectifs, avortement, etc.). Le lendemain, un temps serait accordé aux organisations présentes pour exposer leur point de vue, et débattre. De plus, une discussion est prévue le même jour sur les « nouveaux droits dans l’entreprise ». En effet, les récentes mesures gouvernementales doivent permettre à des associations qui ne sont pas scric-tement syndicales d’être représentées dans l’entreprise, de bénéficier de locaux, éventuellement d’heures de délégation du personnel. Le problème se pose donc pour les groupes femmes d’entreprise, pour des antennes du Planning familial, pour des collectifs de femmes sur les thèmes les plus divers.

Bien commencés au niveau national, la préparation des états généraux doit se faire désormais au niveau régional et local. Dans certaines villes, des contacts ont été pris entre les groupes femmes, les associations féministes et les forces politiques et syndicales. L’exemple doit être repris partout, avec convocation systématique de réunions unitaires. Les débats des états généraux seraient très appauvris si les expériences relatées se bornaient à la région parisienne, ou si n’étaient présentes que des femmes déjà organisées dans les associations féministes.

A l’heure où l’accord des trente-neuf heures est contesté par une partie des travailleurs, où se déroulent des luttes sur l’aménagement du temps de travail, à l’heure des ordonnances sur l’emploi, plus que jamais s’impose de faire apparaître la force collective et organisée des femmes. C’est l’enjeu des états généraux.

Notes

  1. Le 7 février 1981 Frédérique Vinteuil.

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