La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Éditorial

Édito

Cahiers du féminisme, n° 2, janvier 1978 · p. 3 · 256 mots

Déclarations et sondages se multiplient pour préciser le vote des « françaises », lors de la prochaine échéance électorale ; tout semble indiquer (1 ) que depuis deux ans en particulier, le comportement électoral des femmes qui représentent plus de la moitié du corps électoral, tend à s'aligner de plus en plus sur celui des hommes : le vent tourne à gauche !

Ces sondages donnent une deuxième indication très intéressante : les femmes ne font confiance ni au partis de Gauche ni à ceux de la droite pour défendre leurs revendications. Ce phénomène de défiance féministe inscrite dans les sondages mêmes, les féministes radicales dans leur déclaration récente (2), n'en tiennent même pas compte :

Pour elles, il y aurait d'un côté les féministes radicales qui mènent « une lutte de remise en cause totale de la société » et refusent « d'apporter par leur vote, une caution aux partis qui contribuent à perpétuer notre oppression » et les autres qui cherchent à « obtenir des hommes et en particulier des partis de gauche, des réformes... dans le cadre d'une victoire électorale de la gauche... ». Ainsi les féministes se départageraient entre femmes réformistes et femmes révolutionnaires. Mais la ligne de partage entre réformistes et révolutionnaires ne passe plus d'après elles, entre adversaires ou non de la bourgeoisie mais entre celles qui se compromettent avec les hommes et les autres, les pures. Ce qui est cohérent avec la notion de « classe des femmes ». La lutte des sexes remplace ainsi la lutte des classes.

Notes

  1. (1 ) Marie-Claire de Janvier 78 et Le Matin, du 5 au 12 déc. 77. (2) Le Monde du 23 déc. 77.

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