La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Japon : Au Japon ancien, le soleil était une femme...

· Cahiers du féminisme, n° 20, juillet - août 1982 · p. 33-36 · 3 083 mots

Les fermiers et les fermières de Sanrizuka manifestent contre la construction de la phase II de l’aéroport Narita. Octobre 1980, 10 000 participants.

La presse française a largement commenté, à l’occasion de la visite de François Mitterrand au Japon, les hautes performances économiques du Japon. Envieux, le patronat français a proclamé son désir d’importer toutes les techniques de gestion du personnel qui sont à l’origine de l’accroissement de la productivité du travail (taux annuel moyen de 8,2% entre I960 et 1978 ; sources officielles, MITI, Japan Labour Productivity, 1980).

Cependant, on a passé sous silence le fait que c’est grâce à la famille et au maintien de la femme au foyer que certaines pratiques courantes de gestion de la main-d’œuvre sont possibles. En effet, les activités « volontaires » des travailleurs après les heures de travail et pendant les week-ends, les déplacements fréquents et prolongés, les heures supplémentaires régulières, les loisirs organisés par l’entreprise pour les seuls employés à l’exclusion de la famille, ne sont possibles que dans là mesure où les femmes au foyer se chargent de l’entièreté des tâches domestiques et de l’éducation des enfants, dans la mesure où le couple sacrifie ses heures de loisir au profit de l’entreprise.

Ce sacrifice a pour but d’assurer l’emploi dit « à vie » du mari, l’emploi stable ne valant en effet que pour les hommes des grandes entreprises. Si le salarié ne se conforme pas à la politique de l’entreprise, et est amené à partir, il ne pourra plus trouver de travail dans une entreprise de même taille et de même prestige.

L’emploi « à vie », la promotion « à l’ancienneté » et le faible taux de chômage (2,25 % contre 8,5 % pour la France), trois piliers proclamés du système japonais n ’existent que pour les hommes. Pour préserver ce système, le patronat et le gouvernement s’allient pour utiliser, de façon strictement complémentaire, la main-d’œuvre féminine:

1) pas de promotion à l’ancienneté, le temps de travail étant très court avant le mariage et les travailleuses à temps partiel, âgées, ne bénéflçiant pas de politiques de promotion ;

2) pas d’emploi « à vie », mais un arrêt prolongé à partir du mariage ou du premier enfant ; contrats à durée déterminée (renouvelés tout les jours ou tous les trois mois) pour les travailleuses à temps partiel ;

En somme, une des conditions du maintien du taux actuel de chômage tient dans le fait que les travailleuses quittent « naturellement » leur travail pour se marier et qu ’elles ne reviennent que vers les 35-40 ans avec un statut précaire.

Soulignons par ailleurs l’importance de l’exercice des arts domestiques, spécifiquement japonais, qui joue un rôle important dans la formation des ouvrières qualifiées et qui est à l’origine, par exemple, de l’essor de la branche micro -électronique japonaise.

Les fermiers et les fermières de Sanrizuka manifestent contre la construction de la phase II de l’aéroport Narita. Octobre 1980, 10 000 participants

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Nous voulons donc, dans cet article, montrer en premier lieu comment la tradition patriarcale des siècles précédents a été utilisée au profit de l’industrialisation, par l’éducation — à l’intérieur même de cette tradition — de femmes pouvant « concilier » leur statut de mère et de travailleuse. Ensuite, nous donnons des indications générales sur l’emploi féminin au Japon pour, finalement, parler des luttes des femmes paysannes, ouvrières, et de la participation de femmes de différentes classes sociales aux mouvements sociaux.

De la « hina matsuri » (fête des petites filles) au « haha-no-hi » (fête des mères) : comment on apprend à être femme

A la première naissance, on regrette le plus souvent le fait d’avoir une fille. Le nombre d’enfants par femme étant de 1,8 en moyenne, on souhaite d’abord un garçon pour assurer la lignée, ensuite seulement une fille. Celle-ci sera élevée dans le respect des hommes qui seront les premiers servis à table et qui auront les meilleurs morceaux ; selon une militante âgée du groupe femme du Nord-Fuji (cf. plus loin) : « Dans le temps, les femmes mangeaient les restes, comme les animaux domestiques. » Les hommes seront aussi les premiers à entrer dans le bain, ce qui, au Japon, a un sens bien précis : les bains japonais (furo) consistent à bien se laver le corps en dehors de la baignoire pour n’y entrer qu’après, pour se réchauffer, chaque membre de la famille y pénétrant à tour de rôle.

Lors de la fête des petites filles (le 3 mars), la décoration est faite de rangées de poupées ; l’immobilité est de rigueur et contraste avec la décoration de la fête des garçons (le 5 mai) où des carpes en voile ou en papier léger bougent sur les mâts devant la maison : symbole d’énergie et de virilité.

Au premier anniversaire de l’enfant, des outils sont placés devant celui-ci : ce qu’il attrape indique son avenir. Devant les garçons on place un calculateur ou une plume ; devant les filles, une boîte à couture ou un mètre à ruban.

A six ans, quand l’enfant commence à écrire, on lui apprend que le caractère « femme » représente une femme assise les mains croisées, et que le caractère chinois « homme » signifie « celui qui est la force des rizières ». Et cet apprentissage comptera au moment de l’entrée des femmes dans le monde du travail -. exclusivement recrutées dans les métiers dits « féminins » du secondaire et les services, les femmes japonaises sont engagées en fonction de leur attitude et de leurs manières ; le pantalon est interdit aux femmes salariées qui n’ont pas le droit de fumer pendant le travail et qui sont tenues de s’asseoir convenablement, les mains sur les genoux, les jambes droites.

Cet apprentissage ne passe pas par le seul exercice des tâches domestiques — couture, cuisine, ménage, soins aux cadets — , mais aussi, et surtout, par celui de métiers et arts féminins spécifiquement japonais comme l’arrangement des fleurs. Les fleurs, la cérémonie du thé, la danse et le chant, la calligraphie, la couture du kimono, le koto (instrument musical), sont tous des arts japonais où la bonne tenue « féminine » fait partie intégrante de l’apprentissage. Cette bonne tenue est aussi obtenue par le « kimono » qui, même réservé aujourd’hui aux fêtes et aux cérémonies, sert à discipliner le corps féminin en le maintenant raide et droit à l’aide de plusieurs ceintures.

L’arrangement des fleurs, très répandu au Japon (5 930 000 femmes et 130 000 hommes le pratiquaient au Japon en 1976 selon les sources officielles), discipline les femmes et leur apprend le respect de l’autorité (du maître) ; il perfectionne la dextérité manuelle et les muscles de la main (très important, par la suite, pour l’exécution des tâches domestiques). La bonne disposition des fleurs et des branches dans un vase requiert patience, minutie, dextérité et habileté, qualités réputées de la maîtresse de maison et de la main-d’œuvre féminine japonaise dans l’électronique ou le textile.

Ces exercices artistiques sont aussi considérés comme une préparation au mariage. La pression sociale exercée sur les femmes pour qu’elles se marient est très grande: 80% des femmes sont mariées à 30 ans, 98% mariées, divorcées ou veuves à 50 ans. Si elles ne sont pas mariées vers 24 ans, le voisinage, les parents, les collègues cherchent un mari correspondant à peu près à la situation sociale et financière de la femme : aujourd’hui encore, en 1982, le pourcentage de mariages arrangés est d’environ 35% du total des mariages. Rite de passage important pour les femmes (sortie du marché du travail salarié, entrée en plein dans les tâches de reproduction), le mariage est entouré de solennité pour consacrer le précepte féodal : les femmes « dedans », les hommes « dehors » (« otot wa sotomawari, tsuma wa utimawari ») ainsi que la règle d’obéissance (au père d’abord, au mari ensuite, et, pour les femmes âgées, au fils aîné).

Les femmes sans droit au travail : les « mémés » à temps partiel

Ce précepte féodal n’est plus respecté : si autrefois les femmes japonaises ne travaillaient que jusqu’au mariage (elles s’arrêtaient vers 24 a ), elles sont aujourd’hui sollicitées pt ir retravailler une fois les enfants élevés, vers 45-49 ans. D’où cette dénomination péjorative, utilisée par l’encadrement des usines, de « mémés » à temps partiel.

1. Quelques données sur l’emploi féminin (1)

Le travail salarié des femmes représente 38,6% du total de la force de travail; 41,5% des femmes travailleuses sont mariées et 20% travaillent à temps partiel. Elles sont concentrées dans le tertiaire (58,4% en 1980) mais avec une participation significative dans le secondaire (28,2% pour la même année) tandis que la participation dans le secteur primaire est passée de 43,1% en 1960 à seulement 13,2% en 1980.

Aujourd’hui, sur la population féminine de plus de 15 ans (46 millions), 22 millions travaillent comme salariées. Parmi elles, 2 millions et demi travaillent à temps partiel.

2. Les « mémés » à temps partiel

Elles sont payées 1 1 F de l’heure environ, n’ont aucune stabilité d’emploi, aucun avantage social (retraite, sécurité sociale, congés). Souvent, elles ne peuvent pas se syndiquer. Si la loi considère comme « temps partiel » un travail de moins de 35 heures hebdomadaires, en réalité, la majorité des femmes japonaises à temps partiel travaillent entre 30 et 49 h. Très souvent, elles travaillent de 9 h à 17 h au lieu de 8 à-17 h, ce qui leur permet d’accompagner les enfants à l’école ou à la crèche.

Contre ces journées de travail très longues, contre la précarité de leurs conditions de travail, elles commencent aujourd’hui à s’organiser et à lutter. Nous reproduisons ci-dessous un extrait de Rodojoho, bulletin de l’opposition syndicale japonaise (en anglais et en japonais), datant de mars 1982 : « Il y a plusieurs usines à l’est de Tokyo, surtout des PME. Un syndicat s’est récemment créé à l’usine Takasago, (emballages pour cosmétiques) qui emploie 70 salariés (...) Parmi les 39 membres du syndicat, 15 travaillent à temps partiel (...) S. a 35 ans, est mère de deux epfants et travaille depuis quatre ans dans

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE

Syndicalistes de Sohyo (conseil général des syndicats japonais. principale centrale syndicale nationale) à la journée internationale pour la paix. Octobre 1981, parc Meiji.

l’usine. Avant, elle produisait des boîtes de musique à domicile : “ Mais je ne gagnais pas assez, et cela salissait la maison ; mes enfants voyaient que les autres mères travaillaient dehors, et se demandaient pourquoi je ne faisais pas de même?” (...) Elle est allée voir à Takasago : “ Cette usine paraît très stable et est à seulement quatre ou cinq minutes de chez moi, et en usine, il n’y a pas de problème de fringues. ” Elle a demandé à travailler dans la production : elle restait six heures par jour devant une machine à surveiller les opérations pour prévenir les pannes. Aucun stage de formation (...). “ En général, les gens ont deux ou trois mois de formation. Moi, je devais commencer immédiatement. Je pleurais à chaque fois que quelqu’un disait : “ Elle ne travaille pas bien. ” (...) En mars 1981, l’entreprise a demandé des départs volontaires, a essayé de licencier (...); le syndicat a empêché le licenciement de travailleurs régulier et de six ouvrières à temps partiel (...) Le salaire dans l’industrie Takasago est de 480 yens (1 1,30 F) pour un temps partiel. Les travailleuses ne reçoivent que 69 000 yens (1 622 F) pour une journée de 9 à 1 6 heures. “ 3 000 yens (70 F) pour 6 heures, c’est ridicule. Le salaire est le même, quelle que soit l’ancienneté et le travail est toujours inintéressant. ” (...) Selon une enquête du ministère du Travail (décembre 1981), les augmentations de salaire pour le travail à temps partiel ont été plus faibles que l’année précédente et plus faible de 2,7 % par rapport à l’augmentation du salaire des ouvriers réguliers à temps plein. " Jusqu’à aujourd’hui, le salaire horaire a augmenté de seulement 10 ou 20 yens par an (23 à 47 centimes) mais maintenant, avec le syndicat organisé, on veut obtenir une augmentation de 520 yens par heure (12,22 F). » (Interview de Robojoho avec S., syndiquée).

Syndicalistes de Sohyo (conseil général des syndicats japonais, principale centrale syndicale nationale) à la journée internationale pour la paix. Octobre 1981, parc Meiji

Salaire d’appoint ?

La rémunération des ouvrières à temps partiel est essentielle pour le budget familial. C’est pour cette raison qu’elles acceptent une telle précarité de l’emploi et de telles discriminations par rapport à la situation des travailleuses à temps plein. Rodojoho a interviewé d’autres femmes dans la même usine, dont le revenu complétait le salaire du mari devenu insuffisant ; l’entrée des deux enfants en école secondaire, les frais d’éducation étant très élevés au Japon.

Pour les femmes travaillant à temps plein, comme salariée régulière, le salaire mensuel moyen représente 54,9 % du salaire masculin : 6 809 F pour les hommes, 3 737 F pour les femmes.

Cette différence de salaire est due en grande partie aux types de postes peu qualifiés attribués aux femmes (même si la notion de qualification recouvre une tout autre signification dans un pays où la quasi-totalité de la population va aujourd’hui jusqu’au bac). Par exemple, l’offre de travail pour les femmes diplômées de l’enseignement supérieur est de 20 000 pour 50 000 demandes annuelles. Mais cette différence de salaire peut s’expliquer aussi par la discrimination des salaires à l’entrée .-salaires différents pour un même travail, ce qui n’est plus très courant dans les pays occidentaux.

Les femmes luttent pour leur place au soleil

Selon les mythes d’origine japonaise, le soleil Amaterasu Omi Kami était une femme et gouvernait le monde. Quelques recherches d’historiennes ont d’ailleurs montré que le mariage dans l’âge primitif (7 000 AC à 300 DC) était un système exogamique fondé sur le clan matrilocal matrilinéaire, mari et femme vivant séparés et le mari visitant la femme qui habitait avec les enfants. Le système patrilinéaire a été introduit à l’époque de Yamoto (IIe siècle AC à 645 DC) et ce n’est qu’au XVe siècle que le clan patrilocal a été établi (cf. Kazuko Tsurumi, Women in Japan : a paradox of modernization, Sophia University, 1979).

La tradition féodale a ensuite placé les femmes dans une situation de subordination et d’infériorité telle — et

SI TOUTES LES FEMMES DU MONDE avec un système de pressions et de contraintes tel — , que le poids du patriarcat pèse encore aujourd’hui lourdement sur les femmes. Il n’existe pas encore de mouvement autonome et large de femmes, sur une base de masse et de classe, d’ampleur équivalente au mouvement français. Néanmoins, depuis le début de l’année 1970, des groupes de féministes existent et luttent pour leurs droits, contre le poids des traditions patriarcales. L’inexistance d’un mouvement de type français peut aussi être éventuellement lié au faible niveau de conscience et de combativité du mouvement ouvrier dans son ensemble, écrasé par la « purge rouge » des troupes américaines après la Seconde Guerre mondiale et endormi par la croissance économique accélérée des années 60 qui a eu des conséquences importantes sur la hausse des salaires.

Plusieurs luttes ont mis en avant les femmes travailleuses des syndicats et de l’opposition syndicale, des femmes de différentes classes et de courants féministes et réformistes du mouvement japonais dans la lutte contre la révision droitière de la loi sur l’avortement. Mais la plus offensive et la plus admirable de ces luttes a été, peut-être, celle qui a vu s’engager les paysannes de Sanrizuka et du Nord Fuji pour le contrôle de leurs terres. Nous nous sommes basée ici sur plusieurs numéros de la revue AMPO, Japan Asia Quarterly Review, éd. PARC, Tokyo et sur l’ouvrage collectif Japanese Women speak out , éd. PARC, 1975 (livre blanc historique du mouvement des femmes japonais).

A Nord Fuji, zone d’entraînement militaire des troupes américaines et japonaises, un groupe de mères s’est créé pour soutenir la lutte paysanne pour le contrôle des terres. Passant rapidement de 60 à 300 mères, dont plusieurs ont entre 50 et 70 ans, elles ont empêché à plusieurs reprises les manœuvres militaires en manifestant à l’intérieur même de la zone militaire. Ce groupe de mères, créé en 1 960, a construit une cabane dans la zone militaire, les mères occupant cette cabane à tour de rôle (à trois) pendant 24 heures, et cela pendant trois ans et demi. La cabane a été attaquée et démolie plusieurs fois et rasée par 1 000 policiers munis de bulldozers et de voitures de pompier, le 27 octobre 1970. Les 40 mères qui s’y trouvaient ont entamé immédiatement une grève de la faim, ce qui a empêché les manœuvres prévues par les Américains.

Le groupe de mères de Nord-Fuji a inventé des formes originales de lutte : une radio libre — « la voix des mères » — , une fête où tous les militants des mouvements anti-pollution du Japon ont été invités (50 000 personnes environ ont participé à cette fête) ; ils se sont affrontés aux forces armées entièrement vêtues de blanc, ce qui, par temps de neige, les rendait invisibles.

Les femmes au foyer participent activement à d’autres mouvements populaires, comme la dénonciation de la maladie de Minamata provoquée par le mercure organique déversé dans la mer par une entreprise de chimie, la lutte contre la construction d’usines nucléaires et d’usines de ciment et dans les mouvements de « consommateurs » — composés majoritairement de consommatrices — contre le prix des produits manufacturés et les additifs chimiques dans les produits alimentaires industriels.

A ces dernières, essentiellement des femmes du milieu urbain, s’ajoutent d’autres femmes des villes qui luttent pour la construction de crèches et de garderies permettant de continuer à travailler après le mariage et la naissance des enfants. Leur slogan — « Nous avons besoin de garderies aussi nombreuses que les boîtes à lettres » — exprimait leur inquiétude d’avoir à quitter leur emploi en raison de l’insuffisance totale d’équipements collectifs.

Ces derniers mois, la lutte pour l’organisation des travailleuses à temps partiel en syndicat, la circulation de l’information sur leurs droits, la revendication d’un statut moins éloigné de celui des travailleuses à temps plein a pris de l'importance au sein du mouvement ouvrier japonais. Les tracts, les brochures d’information, les enquêtes se multiplient. La lutte menée autour du droit au travail plein et entier, maillon faible et central des injustices faites aux femmes salariées japonaises, servira peut-être de révélateur et de détonateur pour la prise en charge. par toutes les travailleuses et tous les travailleurs des problèmes qui affectent aujourd’hui la classe ouvrière japonaise.

Helena

Familles de travailleurs arrêtés par la police. Manifestation, février 1981, 1500 participants

Une erreur sur cette page ?