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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

CULTURE

Le droit de choisir aux États-Unis

· Cahiers du féminisme, n° 22, décembre 1982 - janvier 1983 · p. 1 · 516 mots

I f l j

Deux projets de loi fédéraux ont été repoussés à Washington cet automne.

Le premier projet, la loi Helms (1), propose une ordonnance qui, si elle était adoptée, aurait pour conséquence de criminaliser l’avortement. Centrée autour du concept de défense « de la vie humaine », elle comprendrait l’arrêt définitif de tout remboursement de l’avortement par le gouvernement et de tous les crédits alloués à la recherche scientifique dans ce domaine. En troisième lieu cela signifierait -élément oh combien préoccupant !-la reconnaissance légale du début de la vie avec la conception. C’est une remise en cause du droit à l’avortement accordé par la Cour Suprême en 1973.

La deuxième proposition d’amendement proposée par le sénateur républicain de l’Etat de l’Utah, Orrin Hatch, donnerait le droit à chaque Etat de légiférer en matière d’avortement. Dans un deuxième temps, l’idée serait de faire voter des lois contre l’IVG Etat par Etat.

Le président Reagan a objectivement « aidé » la droite la plus réactionnaire lorsqu’il a déclaré qu’un fœtus de 3 mois est un être humain qui vit déjà et qui peut survivre. Même le docteur Jack Wilke, président du Comité national du droit pour la vie, s’est vu obligé d’intervenir en démentant une telle affirmation non-scientifique.

De multiples obstacles d’ordre pratique et moral rendent chaque jour plus difficile les interruptions de grossesse, ce qui signifie pour les femmes un net recul du droit de choisir d’avoir ou non des enfants.

Citons pour exemple la décision récente, en date du 1er octobre, d’interdire le remboursement des iyG déclarées « non-urgentes » aux compagnies qui assurent les travailleurs fédéraux. D’autre part, dans l’Etat du Maryland, un juge a ordonné l’arrêt immédiat d’un avortement en pleine salle d’opéraion (!) après avoir été convaincu par les arguments du mari de la femme concernée.

Dans un autre Etat, celui du Michigan, le juge R. Hekman a pris la décision de refuser un avortement à une jeune femme de 1 3 ans, mettant par son bon-vouloir l’avenir de toute une vie en jeu.

Pour les femmes de moins de 18 ans aux Etats-Unis, on ne compte plus les villes ou les états où il est stipulé que les parents doivent être informés du fait que leurs filles prennent des moyens contraceptifs. Il en va de même pour une IVG.

La droite réactionnaire a appelé le 18 septembre 1982 « le jour de l’invasion. » Ils avaient prévu de saboter 300 cliniques où se déroulaient des IVG. Cette tactique n’a appare-ment pas eu les résultats escomptés. Ainsi à Seattle (Etat de Washington), entre 200 et 300 personnes étaient venues devant la clinique pour y défendre le droit à l’avortement. Les groupes locaux de « lais-sez-les-vivre » ont jugé bon de se tenir à distance.

Le résultat de cette offensive contre le droit de choisir ne peut que signifier un recul, c’est-à-dire le retour aux avortements clandestins. Il faut aussi se rappeler que 78% de comtés américains ne disposent toi jours pas de services publics d’avortement et que seulement quinze des cinquante Etats américains sont pourvus de centres d’IVG gratuits.

Simone woods

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Notes

  1. 1. Du nom du sénateur Jessie Helms, républicain de l’Etat de Caroline du Nord.

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