Droits des femmes aux USA : NOW à l’offensive
L’organisation de femmes NOW (National Organisation for Women, association mixte), forte de 250 000 membres aux Etats-Unis, vient de terminer sa conférence nationale fin juillet. L’esprit déterminé des 2 300 participants s’est exprimé par le soutien accordé à une campagne nationale pour la défense du droit à l’avortement.
NOW a l'intention de présenter un million de signatures à Washington en janvier 1986. Dar des activités locales devant la Cour suprême et les locaux des cours fédérales dans divers Etats sont prévues pour l’ouverture de la session le 6 octobre.
Tout un programme de réunions publiques, de débats et d’activités concrètes pour contrarier l’offensive de la droite contre les centres d’avortement est proposé. La résolution, adoptée à une forte majorité, pour des manifestations nationales à Washington et sur la côte ouest, probablement au printemps 1986, signale un changement dans la NOW. Cela serait un pas en avant considérable si NOW arrivait à rassembler deux cent mille personnes comme elle le souhaite.
C'est la première fois depuis dix ans que cette organisation appelle à une manifestation nationale. Pourtant, les bonnes raisons n’ont pas manqué pour le faire. La dernière fois que NOW avait mobilisé nationalement, c’était en 1978 pour la législation fédérale pour l’égalité des femmes (ERA). Cent mille hommes et femmes s'étaient rendus à Washington cet ètè-là. Mais depuis, NOW suivait un programme de soutien à l’élection des « bons » démocrates.
L’année 1984 a vu plus de cent attaques à la bombe et des centaines d’actions contre des cliniques pratiquant des avortements aux Etats-Unis. Il semble que la pression de la base a poussé le NOW à agir, et d’une façon indépendante cette fois. Une affaire à suivre.
Premiers avortements légaux en Espagne : timide tentative de « libéralisation »
L’entrée en vigueur d’une loi — très restrictive — légalisant l’avortement en Espagne a été accueillie par un tollé de la droite, tandis que les médecins refusaient de pratiquer les premiers avortements.
Une équipe de l’hôpital de Cabuenes, en Giron, a refusé à une femme de vingt et un ans un avortement légal : sa vie était en danger en raison de graves troubles cardio-vasculaires et d’une maladie rénale. Finalement, c’est à Oveida que l’intervention pu se dérouler.
Le journal El Pais du 1 3 août mentionne qu’une jeune fille de quatorze ans, qui demandait une IVG à la suite d’un viol, a rencontré des difficultés pour trouver un hôpital prêt à l’accueillir !
Aux termes de la loi, l’avortement n’est légal que pendant les trois premiers mois de grossesse, et seulement en cas de viol, d’inceste, de malformation du foetus ou si la vie de la mère est menacée. Mais ces tentatives, pourtant timides, qui pendant deux ans ont suscité de violentes réactions de la droite et de l’Eglise, ne changent pas grand-chose pour les femmes dans les faits.
Dans la province d’Asturias, l’association pour la défense de la vie a porté plainte contre le directeur local de la santé, qu’elle accusait d’avoir pratiqué des avortements illégaux. Cette association anti -avortement a annoncé qu’elle suivra au cas par cas toutes les interruptions de grossesse pratiquées en Espagne et qu’elle n’hésitera pas à porter plainte.
N’oublions pas que seulement 3 à 5 % des femmes qui veulent se faire avorter en Espagne seront considérées comme des « cas légaux ». La grande majorité restera hors la loi...
Le 26 mai dernier, une manifestation a eu lieu à Madrid sur le thème : « Droit à l’avortement, la femme décide ». Il faut continuer la lutte pour exiger la dèpè-nalisation totale de l’avortement en Espagne.
Procès pour complicité d’avortement en Belgique
Le 14 juin dernier, cinquante-deux personnes étaient convoquées par la chambre du Conseil de Gand pour complicité d’avortement : quatorze médecins, seize collaborateurs et collaboratrices du centre d’avortement, vingt et une femmes et leurs compagnons.
Ces cinquante-deux personnes sont liées au centre de contraception de Gand, qui pratique des avortements sur la demande des femmes. Ce centre a été lancé en septembre 1980 et a travaillé sans encombres jusqu’en novembre 1983. C’est à ce moment qu’a eu lieu la première perquisition, ordonnée par le Parquet de Gand, en présence du président de l’Ordre des médecins. Du matériel médical et des dossiers avaient été saisis. Des médecins, des collaborateurs et des patients avaient été interrogés. En avril 1985 une enquête pour fraude fiscale est lancée, qui se poursuit toujours.
L’audience de la chambre du Conseil a été reportée au 4 octobre. Ces poursuites engagées sont une nouvelle étape de la répression contre les femmes belges qui demandent la dèpéna-lisation de l’avortement.
Envoyer des motions de solidarité à : Abortus Komitee Vlaanderen, Guinardstraat 34, 9000 Gent, Belgique.
Femmes de mineurs en colère
Après toutes les bonnes paroles des mineurs de Grande-Bretagne pendant les douze mois de leur grève, sur le rôle indiscutable et significatif des femmes dans leur lutte, ce fut une cruelle déception quand le NUM (syndicat national des mineurs) a décidé — à une voix de majorité — de ne pas accorder aux femmes le statut de membre associatif.
Les femmes organisées dans les groupes « Women’s against Pit Closures » (Femmes contre les fermetures de puits) étaient déçues. Elles avaient demandé le droit de participer comme observatrices aux conférences nationales du syndicat, d’organiser ensemble des stages d’été. Il n’était pas question d’avoir le droit de vote.
Les groupes de femmes contre les fermetures de puits sont composés à 75 % de femmes de mineurs ou de leur famille et 25 % des femmes sans lien familial. Elles sont en train d’organiser un soutien actif aux mineurs licenciés et emprisonnés. Elles vont continuer aussi à plaider pour jouer un rôle aux côtés du NUM.
Betty Heathfield, une dirigeante des groupes de femmes, a souligné l’importance et la logique de leur démarche : « Nous voulons participer aux discussions avec les hommes du NUM sur toute la gamme des problèmes des femmes. » Si l’opposition à un statut de membre associatif venait surtout des régions contrôlées par le Parti communiste, le débat n’est pas encore clos. Comme une femme l’expliquait : « Nous ne sommes pas une menace pour le syndicat, ni pour les hommes. Nous avons joué un rôle très important dans la grève et cela ne concerne pas seulement leur avenir, mais aussi le nôtre. »