La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

En bref

Cahiers du féminisme, n° 40, été 1987 · p. 33 · 946 mots

Nord de l’Irlande

Depuis 1979, tous les ans pour le 8 mars une manifestation internationale a lieu devant la prison des femmes dans le nord de l’Irlande. Pour casser ce soutien aux prisonnières républicaines et à la lutte des Irlandaises contre l’oppresseur britannique, les autorités avaient transféré cette année les femmes dans une nouvelle prison à Maghaberry, à 20 km de Belfast, mais les femmes (dont une délégation d’une centaine de Britanniques) et les nationalistes irlandais étaient au rendez-vous (environ six cents personnes), scandant « End to strip-searching » (arrêt des fouilles corporelles intégrales).

Cette pratique du streap-sear-chingftit introduite en 1982, à la prison d’Armagh ; depuis, 3 500 strip-searches ont été faites. Que ce soit sur des jeunes de quinze ans ou des femmes de soixante-dix ans, qu’on soit enceinte ou qu’on ait ses régies, on n’échappe pas à cette torture qui laisse de nombreuses séquelles tant psychologiques que physiques (aménorrhée, stérilité...). Ainsi Pauline MacKinney a subi deux cent trente strip searches,

Martina Anderson et Ella O’Du-ger vingt-cinq par mois pendant huit mois avec un summum de trois par jour au moment de leur procès.

Le pouvoir justifie cette pratique barbare en arguant qu’il s’agit d’une mesure de sécurité. Mais, en cinq ans, seuls un flacon de parfum et une lettre intime ont été trouvés, sans compter que Maghaberry est la prison la plus moderne d’Europe, un modèle en termes de surveillance et d’isolement le plus complet des prisonnières.

En fait, c’est un moyen pour humilier et dégrader les femmes, comme toujours, par le biais de leur sexualité. N’ayant pu écraser le peuple irlandais, le colonisateur anglais cherche à l’atteindre en frappant un de ses maillons les plus combatifs, les femmes, qui ont joué et continuent à jouer un rôle si décisif dans la lutte contre l’impérialisme anglais.

C’est pourquoi nous devons faire connaître la lutte de nos sœurs irlandaises et la façon dont elles sont traitées en plein cœur de l’Europe dite « démocratique ».

Solidarité avec Joëlle Soyer

Joëlle est manutentionnaire aux établissements Carnaux (à Grand-Quevilly). Elle est atteinte d’un cancer de l’utérus depuis quatre ans et officiellement classée travailleuse handicapée. La direction, cependant, ne l’a jamais affectée à un poste de travail approprié et prétend n’avoir jamais eu connaissance de son état réel de santé. Aujourd’hui, elle est licenciée. Pour qu’un tel licenciement soit légal, selon la convention collective, il faut un arrêt « longue maladie » de 450 jours en trois ans. Joëlle n’a été absente que 437 jours en quatre ans. Mais, au-delà de l’aspect juridique, ce qui est ignoble, c’est le cynisme avec lequel la direction a traité ce cas dramatique. Soyons solidaires de Joëlle et exigeons sa réintégration. Envoyez vos lettres de soutien aux syndicats CGT et CFDT, Car-naud SA, Rouge des Docks, 76120 Grand-Quevilly.

Roland Leroy et Dupont Lajoie sont dans un bateau

Dans le magazine télévisé « De bonnes sources », R. Leroy de l’Humanité est venu présenter son journal : la confection matérielle, mais également les thèmes abordés. Parmi ceux-ci, « Le PC et l’amour », avec comme support un court métrage.

Premier tableau : Jean-Pierre, qui était seul avec trois enfants, a rencontré Christiane. C’est le « big love ». Mariage, robe blanche et tout et tout... La caméra se promène autour des heureux mariés (du vrai Lelouch ! ) et un journaliste interviewe les invités. —« La libération des femmes, qu ’en pensez-vous ? »

— « Ben, un peu, j'dis pas, pour le travail par exemple. Mais il faut pas exagérer et pour la libération sexuelle, ah, ça non ! »

Deuxième tableau : un jeune couple. Encore le coup de foudre (on vit une époque formidable !). Le journaliste s’adresse à l’homme : « Vous venez de le dire, vous êtes amoureux. Mais quand même, les autres femmes ? Quand vous les voyez dans la rue, par exemple, que faites-vous ? » Réponse de Tarzan : « Oh, bien sûr, je m’y intéresse. Les jolies filles, c’est comme les belles voitures, ça se regarde! » Et le camarade Leroy conclut dans une envolée : « Nous sommes le seul parti vraiment féministe ». On croit rêver ! Il y a des Du-pont-la-Joie qui s’ignorent...

Fête des mères en colère

Des femmes, des mères se sont rassemblées lors des manifestations qui ont suivi la mort de Malik Oussekine et les blessures d’autres jeunes victimes de violences policières. Elles ont décidé de se regrouper dans un mouvement des Mères en colère.

Le 3 1 mai, jour de la Fête des mères, elles organisent, avec le soutien d’autres mouvements et associations, une « fête des mères en colère » : « Pour rire de l’institution nationale établie en 1941 par le régime de Vichy et de ses symboles qui sont un marché de dupes ; pour rire aussi des images de la femme tantôt pieuse, tantôt porno, ou de la mère tantôt dévorante, tantôt rejetante, ou trop ceci et pas assez cela, mais de toute façon « mauvaise »... Pour en finir avec notre enfermement entre la mère et la putain et brûler l’effigie de la Vierge coiffée du képi du maréchal Pétain. »

Cette fête aura lieu le 3 1 mai de 1 1 à 1 8 h au Lycée public autogéré, 393, rue de Vaugirard, 75015 Paris.

— 11 h 30-1 4 h . Table ronde : Violences et répressions sociales.

— 1 4 h -1 6 h : réjouissances, buffet, spectacle, autodafé.

— 1 6 h-1 8 h : table ronde : « Madame, votre ventre m’intéresse » (nouvelles technologies de reproduction, natalisme, xénophobie, racisme, eugénisme). Pour tout contact .-Elizabeth Zucker-Rouvillois, 5, square Henri Delormel, 75014 Paris.

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