Les cheminots et les cheminotes ont mené une lutte exemplaire en décembre-janvier et ont polarisé l’attention des médias. Nous avons voulu en savoir plus sur les cheminotes. Quelle est la place des femmes dans cette corporation majoritairement masculine ? Quelles difficultés rencontrent-elles ?
Laurence et Sylvie sont agents de mouvement (AMV). La première est aiguilleuse (suivi des trains sur écran, circulation des trains), syndiquée à la CFDT et, par ailleurs, membre de la LCR. La seconde travaille également en poste d’aiguillage avec en plus la charge de la vente des billets ; elle fut secrétaire de cellule au PC et permanente de la CGT. Elle est aujourd’hui déléguée CFDT. Toutes les deux travaillent en
3 y-8. Evelyne est contrôleuse, ou plus précisément, agent train voyageur (ATV). Son travail consiste à assurer la sécurité, le contrôle de route et les plis. Ses horaires varient selon les trains quelle accompagne. Elle est syndiquée CGT et membre du PC. Marie-Jo a un emploi de bureau à la Division régionale. Elle est permanente syndicale CFDT et membre de la LCR. Mara est contractuelle dans les bureaux et vient de réadhérer à la CGT. Isabelle travaille au bureau de la direction du matériel. Elle est syndiquée CGT.
4 Quelle est, en termes de chiffres, la place des femmes à la SNCF et quelles sont les discriminations ?
Marie-Jo — Les femmes représentent 10 % environ de l’effectif total. Elle sont très nombreuses dans les filières administratives et chez les employés ; on en trouve également beaucoup parmi les agents de maîtrise. Mais leur nombre décroit nettement dans la catégorie cadre. Dans les autres filières, elles sont majoritairement dans l’exécution (contrôleuse, aiguilleuse). Dans la catégorie roulants, il n’y a que 4 femmes agents de conduite sur un total de 20 000 et, sur les trains, elles n’étaient que 234 sur un total de 9 600 en 1985. Les femmes sont très nombreuses dans les emplois précaires, chez les auxiliaires et les contractuels. Et c’est dans cette catégorie que l’on trouve le temps partiel imposé (pour les agents du cadre permanent, le temps partiel est sur la base du volontariat). Les femmes sont également en grand nombre dans les contrats à durée déterminée. Officiellement, tous les postes sont ouverts aux femmes mais, en fait, il y a discrimination à l’embauche. Quand une femme se présente dans une filière dite « masculine » (roulant par exemple), on insiste sur les sujétions du métier pour la décourager. Ensuite, on essaie par tous les moyens de la faire passer des filières « masculines » à un poste sédentaire.
Sur le plan de la formation, les femmes sont souvent écartées. C’est notamment vrai dans l’informatique, par exemple au niveau des centres informatiques régionaux, où elles sont principalement à la saisie, alors que la programmation et la formation y afférant sont de fait réservées aux hommes.
Mais il faut signaler aussi les discriminations à l’encontre des hommes : la politique de la SNCF est de considérer que c’est la femme qui a en charge les enfants, par conséquent aucun moyen n’est donné aux hommes dans ce domaine. Seules les femmes ont droit aux indemnités de crèche, les hommes ne peuvent en bénéficier que s’ils sont seuls avec leurs enfants. En ce qui concerne les jours de congé pour enfants malades, le règlement n’est pas discriminatoire mais les notes d’application le sont : elles déclarent que la SNCF n’a pas à se substituer à l’employeur défaillant de la mère. Lorsqu’il s’agit d’un couple où les deux sont agents de la SNCF, la procédure administrative n’est pas la même : pour l’homme, la décision d’accord ou de refus est prise à un niveau hiérarchique plus élevé que pour la femme.
4 Quelles ont été vos premières difficultés, en tant que femmes ?
Laurence — J’ai suivi ma formation à Achères. J’étais la bête noire de l’instructeur car j’étais la seule femme. Pour n’importe quelle opération à faire, j’avais droit au « Vous avez vu les petits gars, c’est la fille qui veut y aller » ou « arrivera, arrivera pas ». Une fois, l’instructeur a été obligé de me faire des excuses publiques pour m’avoir sous-estimée..
Une autre fois, j’ai été amenée à mettre une claque à un gars qui regardait avec insistance ma poitrine pendant que je faisais des signaux de manœuvre. Sinon les autres étaient très corrects. Mais un jour, en cours (Sylvie était avec moi), il y a eu un incident. Un gars s’est cru obligé de nous montrer sa « quéquette », debout sur une table : je lui ai dit que cela ne m’intéressait pas.
Sylvie — Cela situe le niveau de QI de certains individus. N’étant pas majoritaires, nous ne pouvions pas faire plus que de l’envoyer balader.
Laurence — A Bécon-les-Bruyères, là où je travaille maintenant, le chef de gare ne supportait pas tellement l’idée de voir arriver des femmes dans les gares. Cependant, jusqu’à présent, je n’ai pas vraiment de problèmes. Cela dit, je ne suis pas considérée comme une femme par mes collègues. Je suis « Lolo ». En plus, je milite syndicalement, politiquement, ce qui renforce la chose.
J’ai tracé mon territoire dès le début. Le plus pénible, ce sont les réflexions permanentes rapport à la « quéquette » et aux « couilles », ça, ils ne peuvent s’en empêcher. Au niveau professionnel, certains supportent difficilement la présence de femmes dans leur métier car dans leur tête cela dévalorise leur travail. Je me souviens d’une remarque d’un gars, lors d’une manœuvre d’aiguillage : « Les femmes ont demandé l’égalité, alors débrouille-toi ! »
Sylvie -Comme Laurence, j’ai suivi ma formation à Achères. C’était infernal. Moi aussi j’ai subi une sous-estimation permanente de mes capacités. On attendait que je me plante à chaque exercice. J’ai dû, pour reprendre leur langage viril, me battre pour ne pas « baisser ma culotte » devant eux. J’ai également essuyé des réflexions sur mon physique parce que je suis un peu forte.
Je fais les 3x8 banlieue. Quand j’ai commencé, je n’avais aucun moyen de locomotion. J’ai donc demandé au chef de gare de pouvoir utiliser la chambre d’intérimaire* pour être à l’heure au travail quand je reprenais à quatre heures du matin. Le chef de gare a refusé, je lui ai tenu tête et je me suis retrouvée devant le chef d’établissement qui m’a conseillé de me débrouiller par mes propres moyens sinon j’étais mise à la porte. Petit à petit, grâce à mes collègues, j’ai pu utiliser cette chambre. Une seule fois, un gars a essayé de forcer ma porte, il n’a pas fait cela deux fois. Moi, j’estime qu’une femme n’a que ce qu’elle veut vraiment, si on est clair au début, on n’a pas de problèmes. Comme Laurence, mes collègues ne me considèrent pas comme une femme à part entière, je suis « Vivie ». Quelque part, ils nous ont enlevé notre identité féminine. Dans la mesure où on a le même mode de vie, le même travail, pour eux on est un collègue mais pas une femme. Par contre, au niveau de la hiérarchie, lorsque nous revendiquons pour des questions d’hygiène, de propreté, là on dirait que nous redevenons « femme ». On nous accorde tout comme si c’était normal pour les femmes plus que pour les hommes.
Laurence — C’est vrai ce que dit Sylvie. A Courbevoie, c’est moi qui ai nettoyé une chambre inutilisée par les gars. J’ai obtenu du déodorant dans les toilettes. Ce sont peut-être des détails mais c’est une réalité que l’hygiène progresse grâce aux femmes.
Evelyne — Je suis aussi dans une filière traditionnellement masculine. Quand je suis entrée à la SNCF en 1983 à Saint-Lazare, je n’étais pas reconnue pour moi-même mais comme la fille d’un dirigeant connu de la CGT. Les chefs balisaient de ce fait, alors que je n’étais pas syndiquée à l’époque. Nous n’étions que deux femmes lors de la formation. L’instructeur était un vrai macho, mais ma copine et moi étions solidaires, ça aide. A l’examen, nous avons été reçues premières, ils ont été très vexés. Il faut dire que nous avions beaucoup travaillé, il n’était pas question de se laisser surpasser par les gars. La plupart de mes collègues m’appellent par mon prénom. Mais certains me surnomment « petit mec ».
Pourquoi ? Parce que j’arrive à faire le même travail qu’eux. Je suis leur égale donc je ne peux plus être une femme, je suis un homme, c’est fatal. Moi-même je me suis coupé les cheveux (Laurence aussi) pour mieux m’intégrer. C’est malheureux mais je me suis dit que pour y arriver je devais le faire. Je suis toujours en jean et baskets. Un vrai petit mec quoi ! (éclats de rire).
Par mon travail, je ne suis pas souvent chez moi. On commence un jour A à 2 1 h 00 pour finir un jour B à 6 h 00 le lendemain matin. Il m’arrive de dormir dans les foyers de cheminots. Avant l’arrivée des femmes, tout était en promiscuité, les douches, les chambres, etc. Maintenant, il y a des chambres et des douches séparées pour les femmes parce que nous l’avons exigé. Il n’était pas question pour nous de vivre dans les conditions antérieures, nous n’étions pas payées pour jouer les « putains ». A Saint-Lazare, cela fait dix ans qu’il y a des femmes et c’est seulement l’année dernière que nous avons obtenu notre vestiaire. Nous avions menacé de ne pas reprendre le travail tant que la question ne serait pas réglée.
Au début, j’étais mise à l’écart par mes collègues. Par exemple, je mangeais seule, j’étais l’intruse. Ils se moquaient de moi parce que je ne préparais pas des petits plats pour ma gamelle, comme une femme « doit le faire ». J’ai laissé dire, j’ai laissé faire et petit à petit ils m’ont acceptée.
Laurence — Les foyers de cheminots sont épouvantables. L’absence d’hygiène chez les hommes n’arrange pas les choses.
Sylvie — Même avec des installations neuves, ils ne font pas plus attention. Chez moi, ils laissent tramer la vaisselle pendant quinze jours, du coup je me sens obligée de la faire. Il y a un autre problème que j’aimerais soulever. C’est celui de l’alcoolisme. Pour nous, ce n’est pas toujours évident à supporter. Il y a des risques d’agressivité à notre égard.
Evelyne — C’est vrai que c’est un problème. Mais il faut comprendre que c’est largement dû aux conditions de travail, à la solitude. La plupart des agents SNCF sont des déracinés, ils viennent de province, très peu sont de la région parisienne. Ils ne sortent pas de leur milieu, dorment dans les foyers, ils n’en peuvent plus, alors c’est la bouteille.
Laurence — J’ai été également choquée par ce phénomène. On peut constater souvent que ceux qui boivent ce sont ceux qui n’ont aucune activité syndicale, politique ou associative. Ils n’ont pratiquement aucune vie affective. Puis il faut dire, on n’a rien : pas de samedi, pas de dimanche. Ta vie c’est l’esclavage, l’aliénation.
Tous ces hommes sont dévoués à mort au chemin de fer. Pour ma part, je les défendrai toujours contre la direction car pour elle ils sont les victimes toutes désignées pour les licenciements.
♦ Et vous, quels sont vos problèmes familiaux ?
Laurence — Je me suis séparée d’un copain qui n’acceptait pas mes horaires en 3x8. Aujourd’hui, je vis avec un copain qui travaille dans la même gare que moi. On est tous les deux en 3x8 par roulement. Il arrive que nous n’ayions aucun repos ensemble pendant deux mois. On a adopté le système des chambres séparées pour ne pas se gêner. Cela choque certaines personnes qui considèrent qu’un couple doit toujours dormir dans le même lit. Cela dit, on peut constater qu’il y a beaucoup de divorcés et de célibataires à la SNCF.
Evelyne — Rien qu’au dépôt de Man-tes-la-Jolie, il y a 50 % de divorcés parmi les mécaniciens. Personnellement, j’ai d’énormes problèmes de vie familiale. Nous avons eu un enfant mais je n’ai pas voulu pour autant changer de filière et passer en journée (horaires normaux). J’aime trop mon travail. C’est mon mari qui s’est mis en journée. Bien sûr, on lui a fait des réflexions. Ce n’était pas normal, soi disant, que sa femme fasse un boulot d’homme. Il a été un peu démoli par cette situation. Notre vie de couple est sur la pente raide.
♦ Que pensez-vous du travail de nuit ?
Sylvie -J’ai fait un choix, mon travail avant tout. Cela dit, pour personne je ne revendique le travail de nuit. C’est quelque chose qui tue et j’emploie le mot volontairement, car on use sa santé. Il y a quatre ans que je travaille en 3*8 banlieue : 4 h 50-12 h 50, 12 h-20 h ou 17 h 50-1 h 30 le lendemain matin. On est très mal payé, 4 500 francs par mois. Ce qui me plaît dans le travail de nuit, ce sont les rapports différents, des rapports plus chaleureux. On a plus le temps de discuter, pour aller voir les collègues l’après-midi, pour militer syn-dicalement. Dès que l’on vit en couple, c’est sûr que cela se complique.
Laurence — Je travaille en 3x8 continu, je bénéficie des transports en commun. Mes horaires sont : 6 h-14 h, 14 h-22 h et 22 h-6 h du matin. Tous les jeunes embauchés comme moi ont signé un papier sur lequel ils s’engageaient à travailler en 3x8. A mon entrée à la SNCF, un militant de la CFDT m’a rappelé que j’avais le droit de refuser de travailler la nuit en tant que femme : mais j’estime que lorsqu’on prend un job, on le fait jusqu’au bout ou on ne le fait pas. Pourquoi s’esquinter la santé, me diras-tu ? C’est vrai que l’espérance de vie des postés est plus courte, mais les trains doivent rouler 24 heures sur 24, c’est un service pubüc. Par contre, dans l’informatique, le travail de nuit est imposé pour des raisons de rentabilité alors qu’il n’est pas nécessaire. En conclusion, je suis contre le travail de nuit pour tout le monde, mais à partir du moment où tu as choisi un boulot où il y a du travail de nuit, il est hors de question que les autres, en l’occurrence les hommes, fassent tes nuits. Il faut dire que je n’ai pas d’enfant. Pour ceux et celles qui en ont, c’est un vrai casse-tête.
Sylvie — Les organisations syndicales avaient demandé que pour les couples travaillant en 3x8 et ayant des enfants, l’un ou l’autre puisse indifférement passer en journée. Dans les faits, les hommes choisissent rarement la journée. Les femmes se sentent obligées de le faire.
Mara — Chacune de vous trois dit vouloir continuer à travailler de nuit malgré les inconvénients, pourquoi ?
Evelyne — Travailler la nuit, cela veut dire garder mon métier. Tu ne peux pas t’imaginer la fierté que l’on a à faire un travail au même titre qu’un homme. On en bave mais on est tellement valorisée.
Laurence — C’est à double tranchant. Il faut noter que nous ne sommes pas représentatives de l’ensemble des femmes de la SNCF. Nous sommes des militantes politiques ou syndicales. Je suis féministe et je pense qu’il faut des femmes dans ces filières dites « masculines ». Même si je sais que nous sommes des cautions pour le patron. J’ai été embauchée avec la loi Roudy sur les 2 % de femmes et la loi des trente-cinq heures pour créer des emplois. Je savais où je mettais les pieds, ce n’est pas le cas des filles qui sont au chômage. Elles cherchent plutôt à sortir de ces filières « masculines ». Moi, à la limite, je « frime », mon métier me valorise.
♦ Mara, Isabelle et Marie-Jo, vous travaillez dans les bureaux. Je suppose que vos problèmes sont différents, quels sont-ils ?
Mara — Je suis contractuelle dans un service central. Bien que travaillant à temps plein, mon statut est identique à celui des auxiliaires et contractuelles à temps partiel pour ce qui concerne la protection sociale. En un mot, une couverture sociale quasi inexistante : quand je suis malade, la SNCF ne me verse rien jusqu’au dixième jour de maladie. Si je suis enceinte, même chose, je perds une partie de mon salaire. Malgré plusieurs interventions syndicales, on a toujours refusé de reconnaître cette situation particulière. Concernant la promotion des femmes, beaucoup reste à faire et à exiger. Dès qu’il s’agit des fonctions de chef de division ou de département, le complet-veston est omniprésent à la SNCF. La sous-représentation des femmes dans les postes directionnels reste la loi. Et ce ne sont pas les seize cadres supérieurs féminins (sur 1 800) qui permettent d’avaler cette anomalie.
Marie-Jo — La situation sera pire pour celles qui seront embauchées dorénavant. Leur situation sera encore plus précaire. Le cas des femmes contractuelles qui ne travaillent qu’en fin de semaine ou pendant les périodes de congé est épouvantable : elles sont prévenues par téléphone vingt-quatre heures avant qu’elles doivent tenir un poste. Ces femmes ne réagissent pas ou peu de peur de perdre leur emploi. De manière générale, les femmes sont toujours obligées de faire davantage leurs preuves que les hommes. Ce qui à mon avis explique l’attitude plus dure de certaines femmes de la maîtrise. Il est difficile pour une femme de trouver le juste milieu entre le respect, les bons rapports et le rejet, avec leurs collègues masculins. Le problème du « pelotage » est fréquent dans les bureaux.
♦ Vous vivez toutes les trois seules avec un enfant, comment faites-vous ?
Isabelle — D’abord, je dois dire qu’avant d’être enceinte, j’étais considérée comme une femme « anormale ». Comme une femme passant son temps à faire la fête. Depuis que j’ai mon enfant, pour beaucoup je suis un peu plus dans la « norme ». Je travaille en horaire normal. Au début, j’ai eu des problèmes de garde. Je faisais appel à mes parents. Ils sont âgés, ce qui me rassurait moyennement. En plus, c’est souvent pour les parents l’occasion de remettre la main sur leur fille. Maintenant, j’ai trouvé une place en crèche. Je partage ma vie entre mon rôle de mère et mon travail. Je n’ai pas tellement de temps pour moi. On m’a proposé un poste comportant plus de responsabilité que celui que j’occupe actuellement. Je l’ai accepté mais j’envisage de revenir sur ma position car je ne me sens pas disponible. Seule avec un enfant, il m’est difficile d’assumer cette nouvelle responsabiüté qui prend énormément de temps.
Marie-Jo — A la SNCF, il n’y a pas de crèche. Les cheminot(e)s ont d’énormes problèmes de garde à cause de leurs horaires. Très peu de nourrices acceptent de garder les enfants la nuit, les dimanches et jours de fête, de plus leur rémunération est plus élevée que les autres. Dans les cités cheminotes, les femmes de cheminots gardent les enfants ou font des arrangements avec les voisines. C’est le système « D » qui prédomine. Il y a bien les crèches des hôpitaux ouvertes jusqu’à 23 h 00 mais ce n’est pas pratique pour déposer et reprendre les enfants.
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Propos recueillis par Catherine Rosehill
Notes
- Il y aurait beaucoup de choses à dire mais le témoignage de ces six femmes suffit à montrer à quel point le changement social et de mentalité sera long et lent dans ce milieu marqué depuis plus d’un siècle par la prédominance masculine. Il est cependant certain que l’arrivée des femmes dans ces filières dites «masculines » a remis à l’ordre du jour un certain nombre de revendications sur les conditions de vie et de travail. Les hommes, encadrés par le système «maison », avaient plus ou moins renoncé à les avancer. Il est symptomatique, par exemple, que la grève générale des cheminot e)s soit partie des conditions de vie et de travail (foyer, hygiène alimentaire, amplitude horaire...).
- * Ce sont des agents qui remplacent les agënts en congé, en maladie, dans plusieurs gares. Ils couvrent un territoire géographique important, des chambres leur sont réservées.