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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Orientation : Les schémas ont la vie dure

Cahiers du féminisme, n° 46, automne 1988 · p. 11 · 405 mots

Lorsqu’on observe l’insertion professionnelle des femmes, on s’aperçoit qu’elles sont regroupées dans une trentaine de métiers (quand il en existe plus de trois cents), dans des branches souvent en perte de vitesse et dans les plus basses catégories. On s’interroge alors sur les études poursuivies par les filles, et donc sur leur orientation.

Alors qu’elles sont minoritaires en sixième, leur pourcentage ne cesse d’augmenter jusqu’en terminale (tableaux 1 et 2). Les filles ont une formation générale plus longue que les garçons, redoublent moins, réussissent mieux au bac. Mais, après la troisième, elles s’orientent massivement vers les sections littéraires et les sections préparant aux métiers du tertiaire, peu dans les sections scientifiques et encore moins dans les sections industrielles, habillement non compris (tableaux 3 et 4).

Bien que, formellement, la liberté d’accès à toutes les sections soit effective, l’orientation des filles vers des secteurs dits « masculins » se heurte à des problèmes matériels (vestiaires, internat).

Les vieux schémas ont la vie dure, les filles se dirigent « spontanément » vers des études ni trop longues, ni trop scientifiques (les maths, c’est pour les garçons) et vers les métiers dits « féminins » ; elles investissent peu les filières dites porteuses (électrotechnique, électronique, informatique). Elles hésitent parfois à se lancer dans ces filières à univers masculin où il faut avoir de la défense, et la fermeture du marché de l’emploi à l’heure actuelle ne les incite pas à s’y lancer de peur de ne pas trouver d’emploi à la sortie ; en cette période de chômage, on leur préférera un homme.

Mais ces choix sont aussi liés à la place reconnue au travail des femmes. Leur fonction première est d’élever des enfants, leur travail n’est censé rapporter qu’un salaire d’appoint. Elles limitent donc leur ambition, infirmière plutôt que médecin, un BTS plutôt qu’un diplôme d’ingénieur.

Yvette Roudy, alors ministre des Droits de la femme, avait en 1984 lancé une campagne « Les métiers n’ont pas de sexe ». On commence à faire de nombreuses enquêtes montrant à quel point de nombreuses filles se dirigent vers des impasses, ce qui entraînera une insertion difficile sur le marché du travail et souvent à un niveau déqualifié.

Il faut donc à la fois un travail d’information très précis et un travail en profondeur pour faire évoluer les mentalités.

Tableau 1 % de filles parmi les effectifs totaux

Tableau 1 : % de filles parmi les effectifs totaux

Tableau 2

% de filles parmi les effectifs totaux

Tableau 2 : % de filles parmi les effectifs totaux

Tableau 3 : Effectifs féminins en pourcentage en terminale

Tableau 4 : Effectifs féminins en pourcentage en BEP

Académie de Créteil

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