La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

En bref

Cahiers du féminisme, n° 51, hiver 1989 · p. 42 · 1 237 mots

Pas de pitié pour les instits en foulard !, par C. B

L’exclusion des jeunes élèves musulmanes sous prétexte qu’elles portent le foulard nous fait vraiment mal aux tripes. Ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit d’instits qui ont décidé — avant ou à l’occasion de la polémique sur les foulards — d’alFicher ostensiblement leur appartenance religieuse en portant un foulard islamique en classe.

Certains y verront une contradiction. Alors, deux poids deux mesures pour les profs et les éléves ?

Nulle contradiction, nous revendiquons clairement cette différence d’attitude et pour cause !

Les éléves sont soit des enfants, soit des adolescentes en formation. Elles subissent l’autorité de leur père, de leur frère. Elles n’ont pas vraiment le choix et seule l’école, à leur âge, peut les aider à se soustraire à cette tutelle oppressante.

Les jeunes femmes institutrices, elles, ont choisi pour métier de former des enfants. Elles se sont clairement et librement engagées au service de l’école laïque et publique. De plus, en tant qu’enseignantes, qu’elles le veuillent ou non, elles servent de modèle à leurs élèves. Elles ont sur elles, sur eux, une autorité, que tout adulte a sur un enfant, que tout enseignant a sur ses élèves. Elles ne méritent aucune les. Pourtant c’est vrai, M. Tournier, écrivain mondialement connu — membre de l’académie Goncourt —, a tenu dans Newsweek (daté du 6 novembre) des propos dignes d’un Le Pen ou de M®1 Lefebvre sur l’avortement et le nazisme. Lisez plutôt : il se dit, par exemple, aux côtés de celles « que leurs maris ou leurs amants forcent à avorter » et plus loin : « les avorteurs sont les fils et les petits-fils des monstres d'Auschwitz. Je voudrais rétablir la peine de mort pour ces gens-là. Quand les démographes se plaignent que la France a trop de vieux et pas assez de naissances, je leur dis que c’est parce que les indulgence et il est absolument normal que l’administration et les autres collègues aient été intraitables avec elles.

Ainsi Marie-Berthe Sarouti, vingt-sept ans, institutrice à Montpellier, a dû abandonner son foulard, sous peine d’exclusion de l’Education nationale. L’inspection d’académie lui avait mis à juste titre le marché en mains : pas de foulard ou la porte.

Quant à l’éducatrice de Montmagny, dans le Val-d’Oise, Marie-Christine Benmecherene, trente-cinq ans, qui avait décidé de mettre le foulard en réponse à l’affaire de Creil, elle a préféré céder à la menace de grève de quinze minutes par jour de ses collègues instits et aux pressions de l’administration.

On a du mal à comprendre ces jeunes femmes, françaises catholiques le plus souvent, qui se sont converties après leur mariage avec un algérien ou un marocain intégriste. Masochistes ou illuminées, leur cheminement nous importe peu. En revanche, leur comportement était intolérable. Il n’a pas été toléré. C’est bien. Qu’elles n’aient d’autres perspectives que d’éventuelles écoles coraniques, c’est leur problème pas le nôtre !

C.B.

avorteurs ne font pas leur travail : au lieu de tuer, l’an dernier, deux cent mille bébés, ils auraient dû tuer deux cent mille vieillards... » Par ailleurs, pour lui Hitler « avait ses séductions » : « Quand on prétend que j’ai une vision esthétique du nazisme, je cite Léon Blum, qui disait “Le communisme est une technique, le socialisme une morale et le fascisme une esthétique.” »

Michel Tournier avec l’âge a-t-il viré sa cuti comme Claude Autant-Lara, ou avait-il omis d’exposer sa philosophie politique jusqu’à ce jour ?

Peu importe. En tout cas, il a choisi son camp. Pas le nôtre, malheureusement.

Michel Tournier, Le Pen même combat ?

Nous avons reçu

Au labeur des dames : métiers masculins, emplois féminins, par Margaret Maruani et Chantal Nicole, Syros-Altematives

Les auteures, chargées de recherches au CNRS et spécialistes du travail féminin et des problèmes d’emploi, analysent dans cet ouvrage, à partir d’enquêtes sociologiques, comment se dessinent aujourd’hui les frontières de la ségrégation sexuelle, comment se construisent les différences entre hommes et femmes dans le travail et l’emploi.

Femmes à l’ouvrage

cette brochure de cent pages, réalisée par des militantes de la Fédération anarchiste, veut témoigner de la réalité sociale dans laquelle s’effectue, aujourd’hui, le travail des femmes et tente d’analyser les raisons qui font de la spécificité « femme » un handicap permanent pour l’accès à l’emploi.

En exergue de cette brochure, une citation de Louise Michel : « Si l’égalité entre les sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. »

Pour se procurer cette brochure : chèque de 50 F (à l’ordre de Christine Mauget) à envoyer à: CERIL, B. P. 166, 86004 Poitiers;

Olympes de Gouges, une femme de libertés, par Olivier Blanc, Syros-Altematives (nouvelle édition revue et augmentée)

Tant dans son œuvre littéraire que dans ses prises de position politiques, Olympe de Gouges dénonça sans cesse toute application restrictive des grands principes de 1789. Féministe avant la lettre, elle publia en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dans laquelle elle se prononce pour une totale et réelle égalité des droits entre hommes et femmes. Elle mourut guillotinée en novembre 1793 — coupable d’avoir « oublié les vertus qui conviennent à son sexe », expliqua quelques jours plus tard la Feuille du salut public. (les Cahiers du féminisme ont consacré, dans le numéro 48, un article à ceite grande figure de la Révolution française).

Freud prénom Martha, par Laurence Paton et Gisa Llobregat, Renaudot & Cie

En s’appuyant sur le millier de lettres que le jeune Sigmund Freud écrivit à sa future femme, les auteurs ont imaginé le journal intime que celle-ci aurait pu écrire au cours de ses longues années de vie commune avec le « père de la psychanalyse », entre 1885 et 1925.

• Une lectrice des Cahiers du féminisme nous signale la publication d’une brochure sur une question que nous n’avons en

« La compagne du malade alcoolique. »

Cette brochure, réalisée par l’association « Que dois-je faire? il/elle boit ! » fait suite aux travaux d’un colloque qui s’est tenu sur ce thème en juin 1988.

« Un alcoolique, j’aime bien parce que c’est "brave” ; certes, c’est sale, c’est dégoûtant, mais quand même c’est "brave" et je m ’en occupe. Alors qu’une femme d'alcoolique qui vient m’étaler sa misère, sa terreur et celle de ses enfants, alors cela, vraiment c'est insupportable ! » C’est ainsi que s’exprime le docteur B. Rueff, président de « Que dois-je faire ? il/ elle boit ! », voulant traduire le sentiment général du corps médical, et peut-être plus largement le dégoût qu’inspire à toute une société l’oppression spécifique subie par les compagnes d’alcooliques.

L’intérêt de cette brochure est de présenter les données de cette oppression et en même temps d’expliquer la démarche de l’association « Que dois-je faire ? », qui estime qu’il y a « quelque chose à faire », dont l’aboutissement serait : « Cette femme peut donc créer la distance nécessaire et récupérer sa liberté, refuser en connaissance de cause ces crises alcooliques devenues insensées, refuser ces relations impossibles, ces " liaisons dangereuses”, pour se créer un nouvel espace et retrouver le temps de s’occuper d’elle. »

La brochure est en vente au local de l’association « Qw dois-je faire ? il/elle boit ! », 16, rue Louis Loucheur, 75017 Paris. Tél : 42 26 17 00.

On n’en a pas cru nos oreil-

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