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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Si toutes les femmes du monde

Pakistan, côté femmes

· Cahiers du féminisme, n° 56, printemps 1991 · p. 9-12 · 3 144 mots

Joëlle Palmiéri oient de rentrer d'un voyage de tourisme au Pakistan. Elle y était au moment de la déclaration de la guerre du Golfe. Elle nous a rapporté son témoignage.

Arrivée à Karachi le 7 janvier 1991 après dix heures de voyage via Le Caire.

On m’attend. Un ami de Médecins sans frontières doit venir me chercher.

Il est en retard, j ’attends deux heures. Je suis debout dans l’aéroport avec mes deux gros sacs, prête à voyager au Pakistan pendant trois semaines. Je suis vêtue d’un pantalon large et d’un blouson. Rien de vraiment étriqué ou moulant.

Je suis assaillie, pendant ces deux heures, par une multitude d’hommes qui essaient, avec persistance, de me vendre leur service taxi ou hôtel. Au bout d’une heure et demie, je réussis à trouver une place assise sur un banc où il n’y a que des femmes.

Elles sont toutes voilées et d’âges différents. Elles me parlent, en urdu (prononcer ourdou), je n ’y comprends rien. Elles rient.

Mon ami arrive. Je me précipite pour lui dire bonjour et l’embrasser; il m’arrête dans mon élan en me disant « on ne s’embrasse pas en public ».

H m ’explique : ici, le voile est obligatoire. Les femmes ne sortent pas seules dans la rue ; elles se déplacent en groupe ou accompagnées d’hommes.

Elles marchent derrière eux.

Dès le lendemain je m ’organise : je vais au Bazar (accompagnée de mon ami et d’un interprète) m ’acheter des vêtements locaux et le châle obligatoire.

A Karachi, il est toléré de ne porter le voile que sur les épaules et il m ’est possible de me déplacer, en adoptant un système d’accompagnement systématique, d’un point à un autre de la ville.

Nous sommes juste avant la guerre.

Nous allons à Peshawar, dans le nord du pays. Là, la situation des femmes est plus difficile. Elles sont voilées de pied en cap (elles portent une espèce de tente sur la tête). Je ne peux pas sortir du tout. Quand nous allons manger au restaurant afghan, je suis voilée entièrement et nous sommes installés (femmes et hommes accompagnateurs) dans un coin entouré de rideaux afin que les hommes ne nous voient pas. Nous devions nous rendre à Gilgit et Scardou, encore plus au nord, deux petites villes réputées être parmi les plus beaux coins du monde : le voyage est annulé pour des raisons de sécurité. Nous sommes le 14 janvier, nous décidons de prendre un billet pour Lahore. Le départ est prévu pour le 1 7.

Le 17 janvier, 6 h du matin, coup de fil. C’est le consulat français qui annonce la déclaration de la guerre. Le consulat nous conseille instamment de ne pas sortir ; nous passerons la journée à l ’écoute de la radio, RFI. Les ressortissants américains sont partis depuis longtemps ; les Anglais, les Belges, les Hollandais font leurs valises.

Nous annulons le voyage pour Lahore. Raison : trop peu de ressortissants français sur place pour envisager un éventuel rapatriement précipité en cas d’aggravation du conflit.

L ’angoisse monte.

Je veux rentrer à Paris. Passage obligé : Karachi.

Nous voilà de retour à Karachi. C’est alors la course au billet d ’avion. Les vols sont pleins. Je suis sur plusieurs listes d’attente, pendant plusieurs jours.

Je m’organise pour surmonter l’angoisse.

J’entre en contact avec des organisations humanitaires, l’OPP et l’association Behbud, qui me permettent de rencontrer des Pakistanais et des Pakistanaises, chez eux, dans les bidonvilles. Ces organisations non gouvernementales sont d’accord pour que je diffuse l’information que j’ai pu y recueillir.

Bien qu ’accompagnée par deux membres de l’association, l’un des responsables de projet de l ’OPP refusera de me recevoir : « Je ne veux voir ni Américain, ni Anglais, ni Français.. . » Mes guides me remettent alors directement dans un taxi, direction mon domicile.

En promenade sur le port, lieu plutôt tranquille, nous croisons des Pakistanais qui brandissent des portraits de Saddam Hussein. La visite au Bazar est devenue interdite. L’Alliance française est fermée.

Retour à Paris le 26 janvier.

De V organisation du travail des femmes par des associations humanitaires et sociales , à la prise de conscience des causes objectives de leur oppression , le chemin est sinueux. Cependant , la prise en charge progressive des femmes par elles-mêmes, en termes économique et sanitaire, inscrite dans le contexte d’un pays marqué par l’empreinte islamique, constitue un pas en avant déterminant. Au Pakistan, plusieurs associations, qui échappent au contrôle gouvernemental, encouragent l’organisation communautaire et le « self-management ». Elles interviennent prioritairement dans les bidonvilles, là où les femmes sont les plus démunies et les plus isolées.

Peuplé de cent neuf millions d’habitants, le Pakistan dépense trois fois plus dans la défense que dans l’éducation, alors que la population augmente de 3,5 % par an. Sa dette extérieure est de dix-sept milliards de dollars.

Ce pays est divisé en quatre provinces (ayant leur gouvernement autonome) : le Sind, le Belouchistan, le Penjab, le Nord-Ouest et un territoire directement contrôlé par le gouvernement central : le Jandu et le Cashmire (dont une partie est occupée par l’Inde).

Né en 1947, dans le flot de sang de la « Partition », le Pakistan fut écartelé entre la majorité hindouiste de l’Inde et les millions de musulmans qui n’ont cessé de se faire la guerre.

Ce n’est qu’en 1971, que le Pakistan oriental a fait sécession pour devenir le Bangladesh.

L’Islam a donc été un tremplin, un pilier, un moyen de survie pour ce nouveau Pakistan, que ses voisins arabes se sont empressés de conforter spirituellement et financièrement. Mais, contrairement aux théocraties des Etats musulmans, les gouvernants du Pakistan n’ont, à ce jour, pas réussi à imposer la Shari’a (loi islamique) comme législation nationale. Bien que Zia ul Haq (ancien dictateur) ait essayé de le faire pour des raisons essentiellement électoralistes, il a rencontré une forte opposition jusqu’à son extrême, puisqu’en 1988, c’est une femme, Benazir Bhutto, qui devint la première femme chef de gouvernement en terre d’Islam.

Pour les Pakistanais, l’Islam représente d’abord un mode de vie avant d’être un modèle politique. D’ailleurs, malgré l’ambition et l’extrémisme de certains mollahs qui sont particulièrement séduits par le discours ouvertement antioccidental de Saddam Hussein, la majeure partie de la population est surtout préoccupée par des problèmes de pauvreté et de surpopulation. Le gouvernement actuel du Pakistan, mené par Nawaz Sharif, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat « légal » le 6 août 1990, en pleine crise du Golfe et soutenu par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, s'est associé à la coalition contre Saddam Hussein. Le gouvernement donne l’apparence de se préoccuper davantage de politique internationale que de politique intérieure. C’est malheureusement ce qu’a toujours fait Benazir Bhutto bien qu’elle estimait catastrophique la situation économique de son pays.

Karachi

Karachi est la métropole du Sind : c’est le plus grand centre industriel du Pakistan, un grand port militaire et pétrolier. Officiellement, la ville compte huit millions d’habitants, mais, officieusement, dix à douze millions, car beaucoup de parents ne déclarent pas leurs enfants.

Les écarts de richesse y apparaissent violemment. Des bidonvilles s’étendent sur des kilomètres, alternant avec de multiples banques étrangères, de somptueux hôtels et des commerçants ambulants. Karachi est un haut lieu de contrebande : armes, drogue, devises...

C’est dans ce contexte que de nombreuses organisations humanitaires pakistanaises, souvent bénévoles, essaient de mettre en place des programmes « de survie » pour la population des bidonvilles, tant au niveau sanitaire qu’en terme de travail, de logement ou d’éducation.

C’est le cas de l’OPP (Orangi Pilot Project) qui intervient sur le bidonville de Orangi (32 km2) et de l’association Behbud qui est implantée dans plusieurs bidonvilles, y compris en dehors de Karachi.

Ces organisations visent plus particulièrement les femmes qui se trouvent dans des situations critiques, les époux sont souvent en prison, drogués ou décédés et la plupart du temps les femmes, illettrées et sans travail, sont sans ressources en ayant plusieurs enfants à charge. Les nombreuses ONG étrangères (européennes ou américaines), présentes au Pakistan depuis l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, sont principalement implantées à Peschawar. 1

Réunion sanitaire dans le bidonville d'Orangi

Le rôle des femmes

La prolifération du marché noir et l’introduction massive de la drogue dans les bidonvilles démontrent l’incapacité et l’indifférence du gouvernement à l’égard des populations pauvres. La préoccupation centrale dans les bidonvilles consiste à s’organiser pour survivre. Les femmes et les jeunes témoignent de leur vitalité en s’associant, en mettant en commun leurs forces et leur peu de savoir. Les femmes ont vite compris qu’elles devaient donner leurs mille roupies mensuels pour construire la maison en dur, installer le tout à l’égout; elles ont vite constaté que leurs enfants mourraient moins vite... et qu’elles-mêmes mourraient moins en couche...

Pourtant, ce n’est pas la ségrégation liée à l’Islam qui est remise en cause. Les Pakistanaises restent fidèles à la tradition qui dit que la maladie est un mystère ou peut-être l’oeuvre d’un quelconque esprit diabolique. Les femmes sont, bien sûr, ignorantes des réelles causes des maladies et des méthodes préventives. La tradition veut que les femmes et les enfants soient sous la domination de P homme qui les nourrit et les habille. Une femme devrait regarder son mari

Réunion sanitaire dans le bidonville d'Orangi

Dans les rues de Peshawar comme un dieu humain. Elle devrait produire autant d’enfants que possible et devrait absolument croire que Allah veille sur eux tous.

La tradition impose la ségrégation et la ségrégation renforce la tradition. Cette ségrégation engendre l’ illettrisme chez les femmes.

Cependant, il leur est de plus en plus difficile de suivre le code de conduite traditionnel et malgré la culpabilité qu’elles en éprouvent, les femmes qui s’organisent pour travailler, soigner leurs enfants, s’éduquer, plannifier les naissances, construisent peu à peu les bases d’une prise de conscience qui les conduit vers une autonomie contraire aux traditions islamiques

l'OPP

L’OPP est une association dirigée par un médecin septuagénaire d’une personnalité percutante, M. Akther Hameed Khan.

Cette association, financée essentiellement par une banque anglaise, la BCCI, est implantée dans le quartier d’Orangi depuis avril 1980.

L’OPP se définit comme un lieu de recherche dont l’objectif est d’analyser les problèmes du bidonville Orangi. A travers des actions de recherche prolongée et d’éducation, elle vise à améliorer à long terme les conditions de vie des habitants.

L’OPP ne construit pas elle-même le tout à l’égout, des cliniques, des écoles, ou des entreprises mais s’efforce de promouvoir l’organisation communautaire et le « self-management ». En développant des soutiens sociaux ou techniques, elle encourage la mobilisation par l’autofinancement et l’autodétermination, et la pratique de l’action coopérative.

Sa structure n’est pas coopérative ; elle est composée d’organisateurs et de techniciens. La plupart des programmes mis en place ont été, à l’origine, conçus par Akther Hameed.

A ce jour, il existe six programmes :

1. Un programme sanitaire à faible coût qui permet aux familles les plus démunies de construire leur logement dans de bonnes conditions sanitaires (circuits d’écoulement, tout à l’égout...) avec leurs propres fonds et sous leurs seules responsabilités.

2. Un programme de construction à faible coût qui utilise des matériaux plus solides : parpaings, tuiles...

3. Un programme de santé et de planning familial pour les femmes illettrées ou semi-alphabétisées qui ont de faibles revenus, et qui se développe en plusieurs étapes :

-enseignement des causes scientifiques des maladies communes à Orangi et des moyens de leur prévention ;

-méthodes pour le contrôle des naissances :

-enseignement sur la tenue d'un potager pour chaque foyer ;

-vaccination ;

-planning familial.

Ce programme est réalisé par huit équipes de quatre femmes. Chaque semaine, des « centres de femmes » (qui sont en fait la maison d’une femme dénommée responsable) accueillent ces équipes. Les femmes des maisons avoisinantes sont appelées par mégaphone et viennent se réunir dans la maison de la responsable, en compagnie de leurs enfants et munies des carnets de vaccination.

La rencontre, qui peut durer plusieurs heures, dépend du nombre de femmes qui se déplacent pour faire vacciner leurs enfants, prendre leur paquet de pilules (une Pakistanaise a en moyenne six à huit enfants à partir de l’âge de 18 ans), écouter les interventions sur les maladies (typhoïde, malaria, diarrhée, dis-sentrie, polio,...), leurs symptômes et les moyens de les prévenir.

4. Un programme de centre de travail pour les femmes qui réunit les couturières en unités de travail, négocie directement avec les exportateurs (Etats-Unis, Europe), et enseigne une gestion coopé- rative du système de marché existant, et permet l’autofinancement.

De la même façon que pour le programme de santé, les unités de travail sont situées dans les maisons des responsables où les femmes du voisinage viennent coudre sur des machines assez vétustes ; elles produisent rapidement des sacs, taies, serviettes de toilette...

5. Un programme d’aide financière pour les petites entreprises familiales qui améliorent leur production, l’emploi, la gestion.

6. Un programme scolaire qui favorise le développement des écoles établies par des entreprises privées.

Ces six programmes semblent avoir démontré leur efficacité en dix ans d’existence.

L’OPP contrôle cinquante mille foyers (environ trois cent mille personnes) sur une population totale de quatre-vingt quatorze mille foyers (environ six cent mille personnes).

La majorité de la population est constituée d’agriculteurs, d’artisans, de commerçants. . . Le revenu moyen par mois et par famille est estimé à mille roupies (deux cent cinquante francs).

Dans les rues de Peshawar

Orangi est caractérisé par la multiplicité des ethnies qui la composent. Elles est appelée « le mini-Pakistan ».

L’association Behbud

L’association Behbud est une organisation humanitaire. Elle a été créée à Islamabad en 1 967 et à Karachi en 1 970.

L’éducation et la santé des femmes constituent ses principaux objectifs. L’association a concentré ses efforts pour donner aux femmes les moyens de leur autonomie et d'être des membres à part entière de la société.

Un des moyens mis en place est le centre de soins des mères et des enfants, qui a pour ambition de développer des soins à faible coût. Il comporte cinq programmes principaux :

-consultation : 3050 patients traités par mois ;

-suivi de maternité ;

-vaccination : 348 ;

-planning familial : 433 ;

-nutrition : 921.

Ces programmes ont été élaborés à partir des données suivantes :

-82 % des enfants âgés de moins de deux ans souffrent de sous-nutrition ;

-15 % souffrent de malnutrition et ce chiffre va en augmentant ;

-Moins de 50 % des femmes nourissaient leurs enfants au sein pendant les trois premiers mois, par manque de lait, en raison de la malnutrition pendant et après la grossesse. L’ignorance des femmes en matière de soins avant accouchement ou encore en ce qui concerne l’allaitement, la vaccination et l’espacement entre deux grossesses est quasi totale. Les méthodes de contrôle des naissances sont toujours taboues.

-Comme à Orangi, le revenu d’une famille de huit à dix membres est de mille roupies. La drogue a un effet ravageur sur les maris et, souvent, les femmes et les enfants les plus âgés se retrouvent chefs de famille.

-Dans la plupart des cas, il n’y a pas d’eau courante dans les foyers. Le tout à l’égout n’est pas installé. Les excréments et les ordures sont jetés à même la ruelle, près des maisons. Ceci entraîne la prolifération des mouches et des moustiques, la contamination de l’eau, qui provoquent de graves problèmes de santé.

-Les maisons sont constituées de une ou deux pièces maximum, d’où une grande promiscuité.

-Les hôpitaux sont considérés comme les principaux centres médicaux mais la population des bidonvilles n’y consulte pas pour plusieurs raisons : coût élevé des prestations, surpopulation des hôpitaux, absentéisme du personnel, pénurie de médicaments, de sang, pas de linge.

Une dès plus importantes ambitions de l’association est de promouvoir un accroissement constant de la surveillance en matière de nutrition, en utilisant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Effectivement, l’OMS a mis en place une charte qui permet d’établir pour chaque enfant, en fonction de son poids et de sa taille, contrôlés chaque mois, s’il est en bonne ou mauvaise situation de nutrition. Pour conduire ce programme efficacement, du lait en poudre, des vitamines, de la nourriture telle que riz, soja... sont distribués aux femmes enceintes.

Dans les locaux de Behbud, un jour de vaccination.

Hormis le centre de soins des mères et des enfants, l’association Behbud a créé une « boutique de cadeaux », entièrement gérée par des femmes, qui travaillent (couture, broderie), vendent et exportent elles-mêmes.

L’association anime également une école primaire : celle-ci s’adresse essentiellement à des enfants qui n’ont pas accès aux autres écoles (trois cents enfants par an, de 4 à 12 ans). En effet, la plupart des écoles sont privées et payantes donc inaccessibles aux faibles revenus. Cela comporte aussi la distribution de lait, de l’uniforme de l’école, des livres et tout autre matériel scolaire, et 1 ’ organisation de la cantine.

Petit à petit, de nouvelles méthodes pédagogiques sont introduites, en particulier la méthode Montessori. Il est prévu la création d’une bibliothèque et d’une classe spéciale pour les filles de plus de 12 ans.

L’association développe un programme d’éducation s’adressant aux femmes ; en effet, les garçons, membres privilégiés de la famille, sont envoyés dans les écoles alors que les filles sont censées rester à la maison.

Pour Behbud, les fillettes, futures mères de la nation pakistanaise, grâce auxquelles les enfants recevront éducation et principes sociaux, doivent acquérir les bases d’une culture générale minimale. Il s’agit aussi pour elles d’apprendre à s’autodéterminer, au-delà de la prescription de leur premier rôle social : devenir mères.

Behbud a donc créé un centre de quatre-vingt étudiantes et trois professeurs. Le programme est divisé en trois parties :

-classe pour adultes : celle-ci s ’ adresse aux femmes qui n’ ont j a-mais été à 1 ’ école, ou très peu, aux jeunes filles qui ont du temps mais qui ne sont pas autorisées à aller dans les grandes écoles, à toutes celles qui veulent continuer leur formation professionnelle. Son programme comprend l’apprentissage de la lecture, de récriture, de l’hygiène. Une fois par semaine, l’instruction religieuse est aussi appréciée par les étudiantes ;

-classe d’aide : les professeurs y aident les étudiants à surmonter leurs difficultés scolaires ;

-classe maternelle qui s’adresse aux enfants que les mères ne peuvent prendre en charge ; des notions de dessin, de chant, d’écriture, leur sont données.

Mise en route par sept membres, l’association Behbud en comprend maintenant trente. Elle continue à développer de nombreux projets (dont un lycée polytechnique) mais souffre essentiellement de manque de financements.

Pour toutes ces associations, et par conséquent pour les Pakistanaises, la guerre du Golfe entraîne un risque important de régression. La montée de l’intégrisme d’une part, l’engagement militaire du pays d’autre part, ne feront, comme l’affirme Akther Hameed Khan, que « rendre plus pauvres les plus pauvres, plus riches les plus riches ». Pour l’instant, « on ne peut pas parler de futur ».

Joëlle Palmiéri

Dans les locaux de Behbud, un jour de vaccination

Notes

  1. (les photos illustrant cet article ont été prises par l’auteure)
  2. 1. On trouve au Pakistan environ cinq mille organisations non gouvernementales (ONG), qui vont du club de polo à l’organisation humanitaire en passant par la clinique de quartier.

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