En mars prochain , auront lieu les élections régionales et cantonales . Tout indique que leurs résultats sanctionneront une défaite retentissante des listes socialistes et apparentées, avec des taux d’abstention record. Quoi de plus normal ! Trois millions de chômeurs, des « affaires » en cascade, le scandale de la contamination des transfusés , la corruption de plus en plus flagrante, la remise en cause du droit d’asile ... sans même rappeler la guerre du Golfe. Autant de renoncements qui sont de véritables trahisons des engagements de 1981.
Le risque (sinon la certitude), c’est que la droite et l’extrême droite prennent la relève. Le Front national, dans ce cadre, va probablement se trouver, dans plusieurs conseils, en position d’arbitre, situation privilégiée pour préparer les prochaines échéances électorales. Rien qui puisse nous rassurer, si l’on veut bien se rappeler quelques éléments du programme de ces partis : à défaut d’emplois, Chirac et Le Pen prévoient un salaire maternel pour encourager le retour au foyer. Le Pen, quant à lui, propose des coupes sombres dans les effectifs de la Fonction publique, dans l’enseignement en particulier ; les quotas d’enfants d’immigrés à l’école sont à l’ordre du jour. Et la remise en cause du droit à l’avortement reste toujours un de ses objectifs principaux.
Bien évidemment, ces projets trouveront leur concrétisation au niveau local. Quand on sait que la création des collèges et des lycées est décidée par les régions et les départements, que 80 % des dépenses de santé sont gérées par les conseils généraux, on peut imaginer les ravages d’une politique de rentabilisation et de privatisation. Déjà , des centres de planification, par exemple, ont vu leurs moyens d’existence remis en cause : ce sont eux qui, notamment, prennent en charge gratuitement la contraception pour les mineures et les femmes non assurées sociales et assurent les entretiens préalables à l’IVG .
Il est donc impossible pour nous de rester indifférentes à ces échéances électorales. Si nous souhaitons sanctionner la « gauche », nous ne pouvons pour autant permettre l’arrivée de la droite ou de l’extrême droite au pouvoir, fût-il local.
Mais tout ne se joue pas sur ce terrain. Ainsi, depuis des mois, les féministes et les antiracistes ont fait la preuve de l’actualité et, dans une certaine mesure, de l’efficacité des mobilisations : si le gouvernement a dû, par exemple, concéder le remboursement de deux nouvelles pilules, c’est bien suite à la campagne unitaire engagée depuis un an pour le respect du droit à l’avortement et à la contraception. Cette mesure est certes limitée, et peut çfrffême sembler dérisoire ; elle indique néanmoins la voie à suivre.
D$t$ce contexte, nous ne comptons pas commémorer de manière symbolique � � ce 8 mars 1992. Nçus serons dans la rue !
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