La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

C’est vous qui le dites

· Cahiers du féminisme, n° 7, décembre 1978 - janvier 1979 · p. 46-47 · 985 mots

Chères camarades

Je lis régulièrement votre revue, les cahiers du féminisme, je la trouve très intéressante en ce sens qu'elle s'oriente vers la recherche de l'évolution de l'oppression des femmes dans la société. Je pense qu'avant toute approche de solution il est nécessaire de dresser le bilan de cette oppression, de la définir sous ses différentes formes, de rechercher comment elle est née. Pourquoi les femmes n'ont-elles pu s'intégrer au processus culturel parallèle au processus de développement de la production.

Je suis très intéressée par les rapports entre les êtres humains et la nature, leur prise en charge c'est-à-dire leur possibilité de se dégager du processus inéluctable de la nature et de ses phénomènes.

La sexualité et la reproduction de l'espèce s'inscrit en premier dans ces phénomènes et Jes deux sexes n'avaient pas les mêmes possibilités de contrôle en face de ces phénomènes naturels que sont la sexualité et la reproduction. Il est évident que le sexe mâle a pu se dégager beaucoup plus vite du phénomène de la reproduction en aliénant au besoin les femmes.

Pour les femmes il en va tout autrement quand on sait qu'au 20e siècle le phénomène naturel de la reproduction reste un phénomène incontrôlable qui ne leur permet pas de se dégager de l'emprise du naturel pour accéder au cultur.el.

On peut se demander pourquoi les femmes n'ont pas pris cette affaire en mains plus tôt. Les rythmes de développement du genre humain sont à une échelle qui n'a rien à voir avec l'échelle de notre vie. Notre histoire nous apprend que les femmes ont à diverses périodes essayé de se dégager de cette emprise de la nature, mais elles ont alors à faire face à une deuxième difficulté qui est l'aliénation des femmes par les mâles (du fait de la possibilité qu'ils ont eu de se dégager).

Tout ceci n'est pas affirmation mais une recherche qui peut permettre à notre sexe de trouver sa libération et de comprendre aujourd'hui dans la situation qui est la notre exploitants exploités pourquoi les courants femmes ne s'inscrivent pas automatiquement dans le courant des exploités.

Les courants femmes s'inscrivent dans une dynamique qui va je crois bien au delà du rapport exploitants exploités et c'est le rôle du militant(e) révolutionnaire d'essayer de saisir par la pensée les manifestations matérielles d'une transformation radicale de la société.

Je vous joins un chèque pour un abonnement de 10 numéros. Bien amicalement Jeanine (29)

Chères camarades

Je vous écris pour vous demander un renseignement mais j’en profite pour vous féliciter. Les Cahiers du Féminisme me passionnent : un journal aux positions politiques claires manquait vraiment au mouvement des femmes. Mais je m'envole, j'ai peu l'habitude de ce genre de lettres ; en fait je voulais simplement vous souhaiter bon courage, pour que les cahiers paraissent le plus souvent possible...

Brigitte

Vient de paraître. Femmes travailleuses en lutte

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Bonjour,

Le collectif femme-contre-le-viol s'est créé au début de l'année 78. De nombreuses femmes sont venues à notre permanence ; mais celle-ci reste encore trop peu connue. C'est pourquoi nous vous envoyons ce texte qui rappelle notre existence et nos buts.

Collectif femmes contre le viol

NOUS N'AVONS PAS TOUTES ETE VIOLEES... MAIS :

-qui n'a pas été draguée, sif-flée, suivie, insultée dans la rue ?

-qui ne s'est pas interdit de sortir seule(s) le soir, de voyager, de faire du stop, par peur du viol ?

-qui n'a pas subi les avances d'un chef, d'un patron, d'un collègue?

-qui n'a pas été agressée par la publicité et la pornographie qui exposent, morcellent et vendent notre corps ?

LE VIOL EST QUOTIDIEN, NOS LUTTES Y METTRONT FIN

LE COLLECTIF FEMMES CONTRE LE VIOL tient une permanence les mardi et jeudi de 18 h à 22 h Tél. 278.70.38.

-un lieu pour parler, briser l'isolement et faire vivre notre solidarité.

-un lieu d'information sur tous les problèmes juridiques, médicaux (contact avec avocates, femmes médecins)

-un lieu pour discuter, réfléchir et organiser ensemble des actions contre le viol et des actions de riposte à toutes les formes d'agressions sexistes.

FEMMES CONTRE LE VIOL — SOLIDARITE

A la rédaction des cahiers du féminisme,

Un centre de femmes s'est créé récemment à Saint-Etienne, il fonctionne depuis avril 78. Nous aimerions le faire savoir. Pourriez-vous nous y aider en publiant le texte suivant : « Un centre de femmes vient de se créer à Saint-Etienne, 17, rue Henri-Barbusse 42000.

Une quarantaine de femmes s'y retrouvent le 3e jeudi du mois en A. G. de 20 h 30 à 22 h 30.

Plusieurs buts à ce centre : certaines aimeraient y rencontrer d'autres femmes pour discuter et échanger. D'autres s'intéressent à des activités plus pratiques telles que électricité, couture, mécanique-auto etc.

Des permanences se tiennent tous les lundis de 14 h à 1G h 30 et jeudis de 1 8 h à 20 h 30. »

Merci d'avance pour la publication de l'information. Très amicalement. Une femme du centre.

« Le nouvel Agenda Femmes 79 » est sorti le 15 septembre. Il contient, comme l'an dernier, plein d'adresses, plein de renseignements :

DROIT : démarches à faire en cas d'inscription à l'agence pour l'emploi, stages de formation, etc., législation concernant la filiation.

GROSSESSE-MATERNITE : démarches à faire pour bénéficier des différentes allocations, visites prénatales...

VIOL : protection et autodéfense. FEMMES AGEES : renseignements sur les régimes de retraite, sexualité.

Autres rubriques : chansons-disques, films-vidéo, livres-presse, groupes et lieux de femmes, et toujours, des photos, des dessins, des textes pendant les 52 semaines de l'année 79.

On a tenu compte des critiques de l'an dernier : la place pour écrire les rendez-vous, noter des renseignements, etc. est un peu plus grande ! Et, à l'Agenda, on a joint un petit répertoire pour les adresses.

Prix : 18 F en vente en librairie. Commandes à adresser à : Association la Griffonne B.P. 339, 75525 Paris Cedex II En vente également à la librairie La Brèche, 10, impasse Guemenée, Paris 4°.

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