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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Si toutes les femmes du monde...

Chiapas : Elles ont pris la parole

Cahiers du féminisme, n° 75-76, hiver - printemps 1996 · p. 52-54 · 3 200 mots

Nous publions ici des extraits d*un interview des deux seules femmes de la délégation de dix-neuf zapatistes venues pour le premier dialogue à la cathédrale à San Cristobal , en février 1994. Cela intervenait quelques mois après le soulèvement des Indiens du Chiapas au Mexique. Cet a été publié dans la Doble Jornada du 7 mars 1994, puis, accompagné de commentaires, dans un ouvrage intitulé « Chiapas. Y las mujeres qué ? » \ Le commandant Javier traduisait les paroles en tzotzil de Ramona,

Ana Maria parlant couramment l’espagnol.

Les mots de la commandante, en tzotzil, s’écoulent avec douceur : « Je suis sortie de ma communauté pour chercher du travail, poussée par la nécessité. Je me suis rendue compte que la situation des femmes paysannes n ’est pas partout la même. J’ai commencé à connaître l’organisation (l’EZLN), et j’ai compris que les femmes aussi doivent s ’organiser. » Dans l’EZLN, la participation des femmes est de première importance. Ramona, qui est une commandante civile, appartient au groupe qui intervient dans les communautés. Ana Maria fait partie des combattantes qui ont renoncé volontairement à former une famille pour se consacrer à la lutte armée. Major d’infanterie à 26 ans, elle commande plus de 1 000 personnes, insurgés et miliciens.

« C’est une histoire très longue » dit-elle. « Dès l’âge de huit ans, j’ai participé aux luttes pacifiques, aux manifestations, aux meetings. Ma famille, ce sont des gens qui luttent, qui ont toujours été organisés pour mener une vie digne, mais nous n ’avons jamais rien obtenu par la voie pacifique. Cela a duré pendant des années et des années. Je suis entrée dans l ’EZLN très jeune, j ’avais quatorze ans. Au début, nous n ’étions que deux femmes sur les huit ou dix personnes qui ont commencé le mouvement, il y a plus de dix ans. Beaucoup de femmes qui sont entrées dans l’ EZLN sont venues sans prévenir leur famille. »

« Quand j ’ai su qu ’il y avait une organisation armée, je me suis décidée. Je me suis dit : moi aussi je vais prendre les armes, parce qu ’un de mes frères y était déjà. Mais mes parents, la majeure partie de ma famille ne savaient rien. Alors, je me suis enfuie de chez moi et je suis partie à la recherche de mes compagnons, pour pouvoir m ’intégrer moi aussi. J’ai passé comme cela plusieurs années, à apprendre et à participer sans que ma famille s ’en rende compte.

« Là, mon frère et moi nous avons appris l’espagnol et les premières lettres de l’alphabet. Après, on nous a enseigné des tactiques de combat et nous avons reçu une formation politique, pour pouvoir parler avec le peuple et expliquer notre cause. Nous demandions des terres et le gouvernement ne nous les donnait pas. Les récupérations de terres ont commencé, et la réponse a été la répression. Nous nous sommes dit : s’ils ne nous la donnent pas de bon cœur, ce sera par la force. Alors nous avons commencé à nous armer. »

« En voyant notre présence dans l ’armée zapatiste, des femmes ont commencé à participer. Elles ont commencé à instruire leurs filles, leurs sœurs, leurs petites filles, à leur dire c ’est mieux de prendre les armes, c ’est mieux de se battre ».

Les protagonistes invisibles de l’EZLN

-Et lors des affrontements qui ont eu lieu à Rancho Nuevo et à Ocosingo, les femmes y ont participé aussi ?

« Oui, par exemple lors de la libération des prisonniers après l ’attaque du pénitencier de El Cereso, ce sont des femmes qui sont entrées ouvrir les portes et libérer les prisonniers. Un prisonnier a dit qu ’il a vu entrer un groupe de femmes avec des boucles d’oreille, et que ça lui avait semblé très bizarre que les combattantes aient des boucles d’oreille, des colliers, et soient en train d’attaquer. »

Ana Maria explique les différences entre les miliciennes et les insurgées de l’armée. <r Les deux sont des combattantes, mais les miliciennes vivent dans leur village. Elles reçoivent un entraînement et elles vont combattre quand leur tour arrive. Nous, les insurgées, nous vivons dans des campements et nous nous répartissons pour aller dans les villages faire de la formation politique et scolaire. »

La journaliste espagnole du journal El Mundo demande si les insurgées peuvent former une famille. Ana Maria, qui porte un anneau doré à la main droite, répond : « Pour se marier ou se mettre en couple, il faut demander la permission au commandement supérieur qui décide si oui ou non. Mais nous ne pouvons pas avoir d’enfants parce qu ’il ne faut pas mettre en danger la vie d’un enfant. Nous pratiquons la planification familiale, mais il y en a beaucoup qui ont eu des enfants et qui ont dû les laisser à leurs parents, pour ne pas abandonner la lutte. »

-Et quel est le rôle des femmes dans les communautés ?

C’est quelque chose dont nous pourrions parler pendant des heures : il y a tant de choses qui se font dans les communautés. Depuis que l’intervention de l ’EZLN a commencé, la participation des femmes a été très importante pour les questions de sécurité. Nous avons un réseau de communication. Par exemple, si des soldats s’approchent, elles nous préviennent. Elles ne sont pas forcément toutes combat- tantes. Quand nous avons attaqué les villes, les mères de famille sont restées pour veiller sur les communautés et sur les enfants, ce sont les jeunes qui sont allées se battre. »

« Beaucoup de femmes voulaient s ’incorporer mais elles étaient mariées et elles avaient des enfants et ils ne les ont pas laissé faire. Mais la lutte n ’est pas seulement avec une arme. Le travail des femmes du village, c ’est de s’organiser collectivement, pour étudier, pour apprendre quelque chose dans les livres. Elles aident aussi l’EZLN parce que l’EZLN est formée de leurs enfants, de leurs frères, de leurs beaux-frères, et elles font en sorte qu’il y ait à manger dans la montagne. C’est leur travail : faire des tostadas [sorte de tortilla], du pinole [boisson], le pozol [boisson au maïs] et aussi des légumes. Elles ont des potagers où elles cultivent des légumes et elles les envoient dans les campements. Les grand-mères s ’occupent de garder les enfants des autres femmes qui travaillent. »

-Les femmes ont fabriqué les uniformes ?

« Oui, tout se fait au sein de l ’EZLN, nous avons des ateliers de chaussures, d’armes, et les femmes participent aussi en faisant des pièces pour les armes, des petites bombes pour se défendre. Les femmes des villages, même si elles ne sont pas combattantes ou militaires, peuvent faire n ’importe lequel de ces travaux. »

-Et les hommes aussi peuvent faire des tâches « de femmes », par exemple cuisiner, laver la vaisselle, s’occuper des enfants ?

« Dans l ’EZLN, tout est égal. Il n y a pas de différence. Un jour, c ’est le tour des hommes de préparer la nourriture, le lendemain c ’est celui des femmes, et le jour suivant, mélangé. Si il faut laver les vêtements, l’homme peut le faire ».

-N’est-ce pas plus facile à dire qu’à faire, que les hommes restent à laver les vêtements pendant que les femmes fabriquent les bombes ? Nous parlons de communautés indiennes où les inégalités entre les sexes sont très fortes.

« Dans les communautés où nous sommes organisés, c ’est comme ça que se fait le travail. Bien sûr, dans les maisons des gens de ces communautés, il existe toujours un peu d’inégalité, mais beaucoup moins qu ’avant ! Les compagnons ne maltraitent plus autant les femmes, ils les aident à porter les enfants. Avant que nous nous organisions, pour aller à la parcelle, l’homme montait sur son cheval et la femme allait derrière, à pied, avec les enfants sur le dos... Encore aujourd’hui, l homme va parfois à cheval et la femme marche avec le chargement de bois sur le dos et l ’enfant sur le ventre. »

-Qu’est-ce que vous enseignez aux femmes dans les communautés ?

« Tout ce qui s’applique dans une lutte » répond Ana Maria. « La première chose qu 'on fait en arrivant dans un campement, c ’est apprendre à lire et à écrire aux gens qui ne savent pas. S ’ils ne savent pas s ’exprimer, on leur apprend un peu l ’espagnol pour qu ’ils puissent parler et lire les livres ; on leur apprend à manier une machine à coudre, une machine à écrire ou à faire des pièces pour les armes ; on leur enseigne des tactiques de combat. Nous lisons aussi des livres politiques. Nous étudions toute l’histoire du Mexique, c ’est ce que nous étudions le plus, et des livres de lutte d’autres pays. »

-Vous faites des ateliers sur la santé, la reproduction et les questions sexuelles, avec les adolescentes ?

« Oui, c ’est le travail des compagnes des services sanitaires. Nous sommes divisés en services : sanitaire, armurerie, administration, intendance, et cela dans toutes les communautés, et surtout chez les combattants. »

Ce fut le dernier jour du dialogue que les trente-quatre revendications des zapatistes furent rendues publiques. Une semaine auparavant, le sous-com-mandant Marcos avait souligné devant la presse que celles de la population féminine étaient les plus importantes. La première des douze demandes du document fait référence à l’installation de cliniques d’accouchement et de gynécologie.

Parmi ces demandes, on remarque notamment toutes celles qui visent à alléger les dures journées de travail domestique : construction de garderies, cuisines et cantines pour les enfants des communautés, installation de moulins pour le maïs et de fabriques de tortillas (en moyenne, les femmes consacrent de trois à cinq heures par jour pour moudre le maïs et préparer les tortillas ).

Les revendications portent aussi sur la création de petites entreprises, avec un appui technique, comme des grands poulaillers, des clapiers à lapins, des élevages de moutons et de porcs. Pour l’installation de boulangeries et d’ateliers d’artisanat, les femmes demandent de la matière première et des machines, ainsi que des moyens de transport et la possibilité de vendre leurs produit à un juste prix sur les marchés. Face à la marginalisation scolaire, elles demandent des écoles de formation technique pour les femmes. A l’extérieur, les Indiennes demandent des appuis techniques et éducatifs, tandis qu’à l’intérieur de l’EZLN et des communautés, leurs exigences sont : participation aux prises de décision, libre choix du partenaire, ne pas être frappées ni maltraitées physiquement par des membres de la famille ou les étrangers, droit de décider le nombre d’enfants qu’elles peuvent avoir et élever, ainsi que le droit à l’alimentation et aux soins médicaux. Ces demandes, remises au gouvernement, sont le produit de la consultation qu’a réalisée Ramona dans les communautés indiennes.

Les deux femmes du CCRI se remémorent comment, il y a un an, est née la « Loi révolutionnaire des femmes zapatistes ». « On nous avait donné le droit de participer dans les assemblées et d ’étudier, mais il n ’y avait aucune loi des femmes. C’est pourquoi nous

Insurrection au Chiapas en 1994

Il y eu deux ans le 31 décembre dernier, éclatait dans le Chiapas l’insurrection zapatiste.

Alors même que vient de s’achever la première année d’occupation militaire, et qu’on compte dans les forêts du Chiapas un soldat pour trois habitants, la première phase des négociations actuelles entre l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) et le gouvernement vient de s’achever : elle portait sur les droits et coutumes des peuples indiens, sujet sur lequel les groupes de femmes ont mené au cours de ces deux ans une réflexion approfondie '. Les zapatistes consultent à présent leur base à ce sujet.

Pour résister à l’encerclement, les insurgé(e)s multiplient les initiatives : consultation électorale sur les perspectives du mouvement, à laquelle plus d’un million de personnes ont répondu cet été ; annonce de la création d’une nouvelle force politique, le mouvement zapatiste de libération nationale (MZLN), destiné à tous ceux qui ne veulent pas prendre le pouvoir ni occuper des postes électifs, et dont la base serait constituée par les comités qui ont organisé la consultation ; mise en place d’un regroupement plus large, le mouvement de libération nationale, destiné à rassembler les organisations politiques plus traditionnelles ; appel à une « rencontre intergalactique contre le néolibéralisme et pour l’humanité », du 27 juillet au 3 août, qui serait préparée par des rencontres continentales, dont une à Berlin pour l’Europe début avril2 ; enfin, un communiqué publié à l’occasion du deuxième anniversaire de l’insurrection annonce la création de quatre « Aguascalientes », lieux de paix et de culture, en réponse à la destruction par l’armée du village d’ Aguascalientes, qui avait construit par les zapatistes pour accueillir la Convention nationale démocratique (CND).

1. Rencontre atelier « Les droits des femmes et nos coutumes et traditions », réunie à San Cristobal en mai 1994. Cf n° 71/72 des Cahiers du féminisme.

2. Pour tous renseignements, contacter le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, 33, rue des Vignolles, 75020 Paris. Lire aussi la brochure qu’il vient d’éditer : « Le zapatis-me : un mouvement de femmes ? » (chèques à l’ordre de « Paroles diffuses »)

avons protesté et c ’est ainsi qu ’est née la loi des femmes. Nous l’avons tous décidée, et nous l ’avons présentée dans une assemblée de tous les villages. Les hommes et les femmes ont voté. Il n’y a pas eu de problèmes. Au cours du processus, nous avons demandé leur avis aux femmes dans les villages. Nous, les insurgées, nous les avons aidées à écrire la loi », raconte Ana Maria.

Les problèmes de santé liés à la grossesse et à l’accouchement sont un des thèmes les plus marquants, aussi bien dans la loi des femmes que dans les demandes présentées au gouvernement. Le pourcentage de mortalité maternelle est élevé dans le Chiapas, surtout dans les communautés indiennes. Pour 100 000 enfants nés vivants, 117 femmes meurent. Mais malgré les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses (une femme des zones rurales du pays sur cinq, en âge fertile, a avorté), les femmes de l’EZLN n’ont pas discuté de ce sujet.

-Ramona, tu as été dans les communautés et tu as parlé avec les femmes. Le thème de l’avortement n’a jamais été évoqué ?

« Non, non. »

-Pourquoi ?

Les deux femmes se regardent et c’est Ana Maria qui répond.

« Elles n’y ont pas pensé... C’est qu ’il y a une croyance parmi les peuples indiens, qu ’il ne doit pas y avoir d’avortement. »

-Pourtant, il y a des femmes qui meurent d’avortements mal pratiqués.

« Ah oui, bien sûr ! Il y a des jeunes filles à qui cela arrive. »

-Ça voudrait dire toucher à une tradition ?

« Eh bien, je ne sais pas. » Ana Maria tourne le visage vers Javier avec une expression qui demande de l’aide « Vous, compa, que pensez-vous de la croyance, de ce qu ’il y a dans les villages ?... »

« Eh bien, dit Javier, sur cette situation on n ’a pas beaucoup discuté. Dans les villages, on s’occupe des femmes d ’après la tradition. »

-Mais cette tradition signifie des risques pour la santé et la vie des femmes...

« Souvent, poursuit Javier, il y a des risques parce qu ’il n’y a pas de médecins pour s ’occuper d ’elles. Mais les femmes ont leurs coutumes pour s ’occuper d ’elles-mêmes. »

Devant notre insistance pour savoir si les femmes indiennes iraient dans une clinique pour se faire pratiquer, de manière sûre, un avortement, au cas où ce service serait disponible, Ana Maria interrompt Javier pour dire : « Quand nous décidons d’avoir une tradition, cela ne veut pas dire continuer à faire toujours pareil. Mais dans beaucoup de communautés, on applique un châtiment si la femme n ’a pas signalé qu 'elle était enceinte et qu 'elle a essayé d’avorter. Parce que souvent, il se passe la chose suivante : la jeune fille va voir la sage-femme ou la curan-dera (guérisseuse) et demande qu ’elle lui fasse un avortement, par peur d ’être maltraitée et punie par sa famille. Dans les communautés que je connais, ils leur donnent une amende ou ils attrapent l’homme qui a mis la jeune fille enceinte, et ils le mettent en prison pour quelques jours, ou ils lui disent de payer les soins pour la femme. »

Sur l’utilisation des contraceptifs, elle précise : « Cela n ’existe pas, c ’est inconnu dans l’ensemble des communautés, et ça ne se produit pas souvent, que les jeunes femmes soient enceintes comme cela. A cause de la peur qu ’elles ont de leurs parents, elles ne peuvent parler à aucun homme. Si jamais elles sont enceintes, beaucoup d’entre elles ont l’enfant, parce qu’il est très difficile de pratiquer un avortement, et si cela se fait, beaucoup meurent et nous n ’en savons rien. »

Une autre des inquiétudes des femmes indiennes est le libre choix du partenaire. Ana Maria commente : « Il existe toujours la coutume de la dot, on ne prend jamais en compte l ’avis de la jeune fille, elle est vendue (dans cette région, la moyenne de la dot nuptiale est de deux mille nouveaux pesos [environ 2 000 F avec la dévaluation]). Le fait d ’avoir un fiancé, ça n ’existe pas, cela ne se fait pas. »

Un point absent dans les demandes des femmes zapatistes est leur droit à posséder la terre. 2 Bien qu’Ana Maria et Ramona reconnaissent que cela est vital pour la survie et que dans la lutte pour le droit à la terre, participent aussi bien les femmes que les hommes, elles n’ont pas pensé que la répartition devait inclure les veuves et les Indiennes sans compagnon.

Pourtant, Ramona accorde un grand poids à la possession de la terre. « Même dans la loi agraire, nous n ’avons pas le droit d ’avoir de la terre. Nous les femmes, nous sentons que cela est très important parce que quand il n ’y a pas de terre, vient la faim. C’est pour cela que beaucoup d’enfants meurent de dénutrition. C’est pour cela que les femmes ont droit aussi à la terre, parce qu 'il n ’y a pas d’autre moyen pour survivre. »

-Pensez-vous que les moyens de communication ont donné une couverture suffisante à vos revendications comme femmes indiennes ?

« Non, on n ’en a pas beaucoup parlé, puisque nous n ’avons pas été interviewées. »

-Pourquoi croyez-vous qu’on ne vous a pas interviewées, vous ?

« Je ne sais pas, nous ne comprenons pas, peut-être que cela les intéresse de savoir des choses plus nationales. »

-Les demandes des femmes zapatistes ne sont pas nationales ?

« Si, bien sûr. Mais je ne sais pas pourquoi ils ne nous ont pas interviewées. Nous avons parlé avec très peu de personnes et dans les médias, très peu de choses sont parues sur les femmes. »

Matilde Pérez et Laura Castellanos.

Traduction Erica Julien

Photo extraite de Lesbia magazine n°145.

Photo extraite de Lesbia magazine n°145

Notes

  1. 1. «Chiapas : et les femmes ? » Colec-ciôn del dicho al hecho, compilaciôn Rosa Rojas, Ediciones la Correa feminista, Centro de investigaciôn y capacitaciôn de la mujer AC, Mexico 1994.
  2. 2. En revanche, cette revendication était bien présente dans les discussions de la rencontre-atelier de San Cristobal, (cf. note 1 de l’encadré p. 53).

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