La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Compte rendu

L’Age des possibles

· Cahiers du féminisme, n° 77, été 1996 · p. 46 · 397 mots

répond à la place de Frédéric et éconduit la jeune fille à qui il avait donné son adresse. On sent Henri lassé par ce jeu imposé par Frédéric. Henri déclare, plus tard à son ami, son malaise, le sentiment qu’il a de n’être pas « raccord ». Les mots induisent calmement un rapprochement physique. Peu avant la voix off de Pascale Ferran, hors-champ, hors du jeu des personnages indique la place de la réalisatrice. « Aujourd’hui, tout le monde a peur. De ne pas trouver de travail. De perdre son travail. De mettre des enfants au monde dans un monde qui a peur. De ne pas avoir d’enfant à temps. Peur de s’engager [...]. D’aimer trop ou trop peu, ou mal, ou pas du tout [...]. La seule chose à faire, le seul but à atteindre : tuer la peur qui est en nous. » Tous les personnages s’attaquent avec plus ou moins de succès à cette tâche. Les personnages féminins avec peut-être plus d’énergie drôle ou désespérée. Oui, le film de Pascale Ferran est bien, tel qu’elle le définit, une « comédie dépressive ».

Marx Sister

1 . La vidéo de ce premier film est en location actuellement et sera en vente à l’automne. Mais surtout, on peut retrouver dans une collection de poche SCENARS les textes de ces deux films. Arte éditions/Hachette Jeunesse.

Le premier film de Pascale Ferran, Petits Arrangements avec les morts 1 était une histoire plurielle. Elle récidive avec L’Age des possibles. A l’origine : une commande passée à la réalisatrice par le directeur du Théâtre national de Strasbourg et de l’Ecole pour dix comédiens. A l’arrivée : dix personnages en quête d’amour et de travail dans la France de la fin du siècle. La scène se passe à Strasbourg : lieu imposé à la réalisatrice par la contrainte de départ, mais qu’elle se réapproprie dans une volonté de vider le décor de toute couleur locale sauf celle d’un quotidien saturé par les signes de la société de consommation. « Cela me semblait intéressant qu ’il y ait une récurrence de la société de consommation, parce qu ’on est vraiment enfermé là-dedans aujourd’hui, mais traitée sans hauteur ni mépris de ma part. Je ne m ’exclus pas de ça. » Nous découvrons au supermarché Frédéric et son ami, à la recherche d’une marque de dessert précise, puis dans l’appartement qu’ils partagent. Henri

Notes

  1. 1 . La vidéo de ce premier film est en location actuellement et sera en vente à l’automne. Mais surtout, on peut retrouver dans une collection de poche SCENARS les textes de ces deux films. Arte éditions/Hachette Jeunesse.

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