Françis SITEL et François OLLIVIER
L
Les directions de la CGT et de la· plus de difficultés que Bergeron lors-
<<Zéro licenciement ,,
A dynamique du conflit Talbot a très vite amené chacun à comprendre que son enjeu était au cœur de la situation politique. Up. enjeu double, en forme de test. Au regard de la situation de l'emploi, d'abord. Pour le mouvement syndical ensuite. Les directions de ce dernier, prisonnières de leur soutien au gouvernement, ont dû, confrontées aux légitimes exigences des travailleurs, jeter le masque et révéler crûment leurs objectifs. Le mouvement syndical l'épreuve
Redoutable épreuve, en effet, pour ces directions syndicales, celle qui voit d'un côté les travailleurs se battre sur « non aux licenciements » et de l'autre les ministres socialistes et communistes signer avec la direction PSA un accord se soldant par 1 905 licenciements! Une de ces situations où les directions syndicales accrochées à la collaboration de classes n'ont plus qu'une préoccupation : tenter de sauver la face ! CFDT se sont trouvées placées différemment par rapport à ce conflit. La CGT, majoritaire dans l'entreprise, puissante dans la métallurgie, portait les responsabilités principales. Son soutien à l'accord PSA-gouvernement l'a amené assez vite à s'opposer frontalement aux travailleurs et à casser le mouvement de lutte. La direction de la CFDT, pour sa part, est apparue comme soutenant sa section de Talbot et non engagée par l'accord conduisant aux licenciements. Même si, pour finir, elle aussi a cautionné des licenciements dont elle contestait plus la forme que le fond, il n'est pas possible de renvoyer dos à dos les deux directions pour leur comportement au cours même du conflit.
Cela étant précisé, il convient, ici, d'analyser ce qui constitue le fond même de la politique de la CGT et de la CFDT. Car derrière les désaccords et les différences réelles dans la politique des deux directions confédérales, ce fond apparaît très largement commun.
Le conflit Talbot éclaire la politique des directions de la CGT et de la CFDT, déchire les camouflages que celles-ci utilisent pour tenter de dissi. muler aux yeux des travailleurs leur refus de défendre réellement les intérêts ouvriers.
Krasucki et Maire ne peuvent user de la même liberté de langage que Bergeron. Ce dernier, estimant sans doute que les militants FO de Talbot se 'garderaient bien de lui réclamer de plus amples explications, n'y est pas allé par quatre chemins. Dès le 19 décembre, il déclarait : (( Nous avions conseillé aux militants FO de ne pas s'engager dans la grève. Ils nous ont écoutés ... »(Le Monde du 20 décembre.)
Les directions de la CGT et de la CFDT savent qu'elles rencontreront qu'il leur faudra s'expliquer devant les syndiqués et les travailleurs. C'est pourquoi elles ont développé des discours qui méritent d'être analysés. D'autant que, cégétistes ou cédétistes, ces disc.ours ne vont pas sans points communs. Négocier les mutations « industrielles >>
Mutations industrielles ! Tel est aujourd'hui le maître mot des directions majoritaires du mouvement ouvrier, tant au plan syndical que
politique. Des « mutations industrielles » présentées toujours comme inéluctables, qu'il faudrait «prévoir» et « négocier », afin de les rendre « moins dramatiques » pour les travailleurs concernés ... On se garde bien d'expliquer ce que cache ce terme directement emprunté au discours économique bourgeois. Et pour cause ! L'objectif n'est pas d'éclairer la réalité capitaliste, mais de faire accepter celle-ci à ses victimes directes : les travailleurs !
Ne comptons donc ni sur Maire ni sur Krasucki pour nous expliquer que les fameuses « mutations industrielles » signifient, dans le cadre de la crise, la nécessité pour le capital de se restructurer afin de défendre les taux de profit. D'où le sacrifice d'entreprises et de branches entières jugées insuffisamment rentables par rapport aux possibilités de profit sur le marché capitaliste mondial (sidérurgie, textile, chantiers navals, etc.). D'où la nécessité de renouveler les techniques de production, par l'introduction massive de l'automatisation et de l'informatique dans des secteurs comme l'automobile et le tertiaire, afin de rivaliser avec les entreprises concurrentes les plus compétitives sur ce même marché mondial. D'où aussi le refus des capitalistes d'engager des investissements pour créer ou développer des industries dont on juge qu'il en coûterait trop cher pour rattraper les retards accumulés (machines-outils, informatique lourde ... ) ; refus également d'investir pour accroître des productions dont on estime qu'elles ne seront pas assez rentables compte tenu de la baisse du pouvoir d'achat et de la contraction du marché mondial. Toutes décisions qui se conjuguent pour provoquer un développement massif du chômage !
Cela, tout le monde le sait. N'est-ce pas Mitterrand qui, hier, parlait du drame humain et social que signifie le chômage et qui promettait que l'emploi serait la priorité numéro un du nouveau pouvoir ? La CGT et la CFDT ne mettaient-elles pas en avant la revendication centrale de la semaine de trente-cinq heures, comme le fait aujourd'hui la quasi-totalité du mouvement syndical européen ?
Mais, du côté de la majorité, chacun tait à présent ces propos de la veille. Parce qu'ils témoignent de cette évidence qu'il y a contradiction insurmontable entre l'impératif capitaliste -qui suppose licenciements, chômage croissant, aggravation de l'exploitation - et les intérêts des travailleurs.
C'est pourquoi, à propos de Talbot, la direction de la CGT, plutôt que de parler de lutte contre les licenciements, a préféré invoquer « l'intérêt national ». « La question fondamentale qui est posée, déclarait André Sainjon, est une question d'ordre national » (/e Matin du 13 décembre). Dans ces conditions, il s'agissait moins de défendre des emplois que de sauver une marque.
Discours « responsable », en harmonie avec les exigences de la « solidarité gouvernementale » qui est la règle pour le PCF ? Sans doute ! Mais aussi souci conscient de dévier la volonté de combat des travailleurs de sa véritable cible : la défense de leurs propres intérêts de classe.
Quant à Maire, il ne se lasse pas de proclamer : « La CFDT a l'ambition et la volonté de contribuer de toutes ses forces à moderniser notre industrie, rattraper notre retard technologique, réussir les mutations, créer de nouvelles entreprises, développer massivement la formation des salariés et réaliser une meilleure mobilité professionne/le. Nous avons les yeux ouverts, nous voulons allier rigueur et ambition dans la maïtrise des mutations pour un nouveau type de développement. » (Conférence de presse du l 0 janvier 1984.)
- Dans l'un et l'autre cas, l'objectif est le même : relativiser le problème, neutraliser ce qu'il y a de dramatique - et donc de potentiellement démobilisateur - dans le terme même de licenciement. Au point de reprendre à son compte l'expression de « sureffectifs »! Que ce soit, comme la CGT et le PCF, pour nier qu'il y ait sureffectif >> dans l'automobile dès lors . que l'industrie nationale serait correctement défendue. Que ce soit, tel Maire, pour déclarer : (( Nous savons qu'il y a des sureffectifs à Talbot et ailleurs. S'il y a des gens dans ce pays qui cherchent à masquer les réalités, ils ne sont pas de notre côté. »
Mais cette notion de « sureffectifs » - strict emprunt au discours économique bourgeois et chef-d'œuvre de tartufferie syndicale ! -n'a de sens qu'au regard des impératifs capitalistes d'accroissement du taux de profit par augmentation de la productivité et diminution des charges salariales. Se situer sur ce terrain c'est, d'emblée, se lier les mains et capituler devant les exigences patronales. Ce que confirme, une fois de plus, « l'affaire Talbot » ... La lutte sacrifiée à la négociation
Dès lors que la nécessité même ------ - - - - - - - - - - - -
des « mutations », c'est-à-dire des licenciements, est acceptée, -il n'y a rien à négocier. Sinon quelques alibis visant à justifier qu'on tire les marrons du feu au profit des patrons : quelques prétendues « mesures sociales » et autres « plans de formation» ...
Ce qui amène Krasucki à cautionner et faire appliquer l'accord PSA -gouvernement. Car quelles que soient ses contorsions verbales, c'est bien de cela dont il s'agit. Dans sa déclaration du 5 janvier, diffusée massivement sous forme de tract, Krasucki déclarait : « Depuis le début de la semaine, la CGT n'a cessé d'agir pour que puisse s 'exprimer dans la clarté, et en connaissance de cause, la volonté largement majoritaire des travailleurs pour créer les conditions de la reprise normale de 1 'activité, en préservant les garanties sociales pour qu'aucun travailleur ne soit chômeur, en sauvegardant leurs intérêts, l'emploi et l'existence même de l'usine Talbot-Poissy. >> Phrase terrible qui sonne comme un aveu: la CGT, au dire de Krasucki, pense qu'il faut reprendre le travail, en d'autres termes que l'accord PSA -gouvernement est un bon accord!
Quant aux « licenciés » qui ne seraient pas condamnés à être «chômeurs », Krasucki n'est pas seul à maîtriser ce miracle de la dialectique. Maire, presque au terme près, réalise le même exploit : (( La CFDT exprime tout naturellement l'exigence des salariés d 'une solution négociée au problème des sureffectif s qui évite les licenciements. »
Dans le Nou vel Observateur du 13 janvier, Maire précise cette pensée profonde : (( Il faut traiter le problème autrement que par des licenciements décidés sans aucune réduction de la durée du travail. Il existe d 'autres solulions : le départ volontaire, le reel assement, une formation qui rendrait les salariés aptes à occuper d'autres emplois. »
On croit rêver : si c'est une question de reclassement, après formation, dans d'autres emplois, qu'attend-on pour donner la formation nécessaire à deux millions de chômeurs afin de permettre leur reclassement ?
ll est vrai que la grande plainte de Maire est d'avoir été ... écarté de la négociation PSA -gouvernementCGT-PCF !
Ces contes à dormir debout n'ont, en fait, qu'une fonction : masquer le refus des directions confédérales de la CGT et de la CFDT d'organiser la lutte contre les licenciements ! Le recours à la division
Les directions de la CGT et de la CFDT n'ont réellement fait preuve de vigueur et de talent que sur un seul terrain : celui de la division. Pour se calomnier mutuellement et se déchirer allègrement elles ne se sont pas montrées à cours de ressources.
Au moment où Krasucki déclare que l'objectif pour la CGT est la reprise du travail, où Granger, secrétaire de la fédération métallurgie CFDT, lâche que son organisation accepte les licenciements, les deux directions se retrouvent pour masquer leur capitulation par une débauche de division. Comme aux plus beaux moments de la division de la gauche!
Krasucki commence sa déclaration solennelle par un point numéro un qui est une dénonciation
calomnieuse de la CFDT : « Depuis plusieurs jours les actes de violence destinés à empêcher travailleurs immigrés et français de se déterminer dans le calme pour une solution posilive et réaliste sont le fait d'un groupe d 'environ 150 extrémistes tr'ahipulés par des éléments extérieurs, soutenus jusqu 'à ce jour par la CFDT et présentés complaisamment comme "les grévistes" par la plupart des médias. »
Maire organise une cohférence de presse pour se livrer contre la CGT à une attaque de la plus belle eau anticommuniste : << En fait, le pouvoir politique veut asseoir l'autorité du PC et de la CGT pour faire rentrer les travailleurs dans le rang. L'absence de conseiller social à Matignon , /:effacement du ministère du Travail au sein de celui des Affaires sociales ne sont pas un hasard : la fonction sociale n'est-elle pas en fait exercée largement par les ministres communistes du gouvernement ? Derrière l'intransigeance gouvernementale, c'est d'abord sa méthode pour imposer les restructurations futures qui est en jeu. Il veut faire de Talbot un exemple, en effet. Peugeot peut se frotter les mains. Il a joué habilement de la coalition politique au pouvoir pour imposer sa politique par PC interposé. »
Une telle symétrie dans la bassesse s'explique par un intérêt fondamental - et commun ! - qui est, division aidant, de détourner les regards des travailleurs du véritable crime : celui d'avoir trahi la juste lutte des ouvriers de Talbot ! Une ligne de classe testée dans l'action
Dans le feu de l'action, c'est une ligne de lutte de classes adaptée à la situation présente qui a été testée à travers le conflit Talbot. Quels sont les grands éléments de celle-ci ?
1 - D'abord la défense intransigeante des revendications. Ici, le refus des licenciements. Face aux sinistres sirènes appelant les travailleurs à sacrifier leurs emplois à la compétitivité capitaliste, les ouvriers de Talbot ont tenu bon. Et ils ont eu raison ! Rien ne peut justifier qu'après des années d'exploitation patronale, les travailleurs se trouvent jetés au rebut, cassès comme des outils usès. Les bons apôtres qui parlent de formation et de reclassement se gardent bien de soulever deux problèmes. Le premier est de savoir pourquoi la question de la formation se trouve posée précisément au moment où il faut convaincre les travailleurs d'accepter les licenciements. La seconde porte sur ces fameux « reclassements » : s'ils existent réellement, pourquoi, encore une fois, attendre l'heure des licenciements pdur les proposer ?
Edmond Maire se fait une spécialité de déhoncer le « mépris » à l'égard des travailleurs dont témoignerait le refus du gouvernement d'exposer dans toute leur ampleur les problèmes des « mutations industrielles » et du règlement des « Sureffectifs ». A la question du Nouvel observateur : « Mais les travailleurs refuseront toujours les licenciements 1 >> il répond : la classe politique sousestime gravement leurs capacités. Elle s'imagine que les salariés réclament automatiquement leur maintien ddns le même emploi aux mêmes conditions. C'est pourquoi elle pense et décide à leur place. »
Certes, les travailleurs n'ont a priori, aucuhe raison de réclamer le maintien dàns le même emploi aux mêmes conditions. Ils ont même toutes les raisons du monde de demander de meilleurs emplois et des conditions meilleures ! Mais de qui se moque-t-on ? Il est clair que si les travailleurs se battent c'est pour défendre leur emploi, car ils sont pleinement conscients que s'ille perde, il leur restera le chomage, c'est-à-dire le déclassemerlt social, l'isolement et la misère. Le vrai mépris à l'égard des travailleurs c'est de tolérer les licenciements, et d'utiliser les questions de la formation professionnelle, de la reconversion et de la mobilité comme autant d'alibis pour les faire accepter!
Les mêmes remarques sont applicables à l'hypocrite argument de « l'aide au tetour >> pour les travailleUrs immigrés. Certes, à Talbot, quelques travailleurs immigrés, sans doute écœurès par le racisme et démoralisés par l'isolement de la lutte, ont mis en avant cette revendication. Ces travailleurs qui veulent partir ont légitimement le droit de demander leur dû. Mais il ne doit pas êtte questicm de conditionner cette aide à l'acceptation des licenciements. Ce serait, encore une fois, feindre de croire qu'il y a des compensations justes à l'arbitraire du licenciement. Et, de surctoît, cautionner une opération de division. Il convient donc de condamrler très vigoureusement la campagne, aux relents racistes incontestables, qui vise à faire croire que le « retour » est une solution possible pour les travailleurs iminigrés. Ces derniers vivent et travaillent en
France depuis des années, leurs enfants ont été élevés dans ce pays, il faut dire nettement qu'ils sont ici chez eux, qu'ils doivent jouir des mêmes droits que les Français, que, pour eux, aussi bien que pour les autres, le droit à l'emploi doit être imposé.
Dans tous les cas, la seule réponse des travailleurs ce doit bien être le refus des licenciements.
2- A partir de ce refus, c'est une autre logique qui doit être opposée à celle du profit capitaliste. Les patrons disent : « nous devons licencier parce que 1 'automatisation rend beaucoup de postes de travail inutiles >>. Les travailleurs sont en droit de répliquer qu'il n'y a pas de raison pour que la fantastique augmentation de la productivité du travail permise par les robots se traduise par des pertes d'emplois et le maintien, sinon l'aggravation de conditions de travail épuisantes. C'est la baisse massive du temps de travail sans perte de salaires qui est à l'ordre du jour.
La revendication de la semaine de 3 5 heures, mise en avant par les travailleurs de Talbot, est bien une réponse urgente pour stopper la course à l'abîme dans laquelle la société est engagée. L'automatisation, l'accroissement de la productivité du travail ne doivent pas, au nom du profit, servir à jeter au chômage des centaines de milliers de travailleurs et, à faire sombrer l'économie dans un océan de chômage ! Quand on pense que ce sont les licencieurs qui taxent les grévistes et ceux qui les soutiennent d'être des irresponsables !
A quoi mène cette course effrénée au profit, cette concurrence sauvage entre quelques grands groupes automobiles qui se disputent le marché international ? La lutte des Talbot invite les travailleurs à se satstr du problème, à repenser les nécessités de la production en rompant avec les impératifs du profit: défense de l'emploi, choix de production visant à répondre aux besoins sociaux de la population en France et dans le tiers monde, amélioration des conditions de travail...
Les chantres des « mutations industrielles », sans parler des racistes de tous poils qui ont calomnié et insulté les ouvriers de Talbot feraient bien de réfléchir une minute : ces travailleurs en lutte pour leur emploi ouvrent, par leur combat, des perspectives d'avenir pour la société. Là où les capitalistes se lancent tête baissée dans une aventure qui risque fort de conduire purement et simplement à la catastrophe. Il y aura d'autres Talbot
La majorité avait les moyens d'engager une telle politique, de s'appuyer sur la mobilisation ouvrière pour affronter le patronat. Ces moyens, bien sûr, elle ne s'en est pas servi. Parce qu'elle refuse absolument un tel affrontement ! Au nom du compromis avec le patronat, c'est-àdire à cause de sa politique de collaboration de classes, elle a préféré affronter les travailleurs !
Une fois encore la lutte de classes a tranché : il n'y a pas de compromis possible entre des intérêts qui s'opposent de façon antagonique. Ou on se bat aux côtés des travailleurs. Ou on agit en agent actif du patronat. A Talbot, être aux côtés des travailleurs, c'était se battre pour « zéro licenciement», les 35 heures sans baisse de salaire, la nationalisation de PSA sous contrôle ouvrier. Et ce, afin d'indiquer une perspective autre que celle du chômage et de l'exploitation : celle de la prise en mains par les travailleurs eux mêmes de la production et de l'économie.
Les directions majoritaires du mouvement ouvrier, au lieu de décrier cette lutte, auraient dû comprendre et faire comprendre son importance pour toute la classe ouvrière, elles auraient dû travailler d'arrache-pied pour créer les conditions d'une victoire.
La leçon des leçons concernant cette grève c'est que les Talbot ont eu raison de se battre sur « non aux licenciements ». C'est parce qu'ils avaient le droit et la justice de leur côté que, malgré le travail de sape des directions syndicales au niveau confédéral, une ligne de partage a pu se faire jour au sein du mouvement syndical.
Toutes celles et tous ceux qui ont compris le sens de leur combat et l'enjeu qu'il portait doivent tirer les leçons de cette lutte et de ses conséquences au sein du mouvement ouvrier. li y aura d'autres Talbot. Parce que le patronat doit porter de nouveaux coups à la classe ouvrière, engager de nouveaux plans de licenciements. Et parce que, tirant les leçons de Talbot, les travailleurs diront non aux licenciements ! ·
La tâche des syndicalistes lutte de classe et des militants révolutionnaires est de travailler à ce que, progressivement, se construise un rapport de forces qui fasse que ces autres Talbot témoignent d'une force ouvrière accrue, jouissant d'une solidarité renforcée. Afin que, finalement, les licencieurs soient battus et la lèpre du chômage stoppée !
C'est en ce sens qu'aujourd'hui encore il faut dire : Vive la lutte des Talbot!