La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Le contre-exemple

Critique communiste, n° 60, février 1987 · p. 3 · 482 mots

Pour tous les militantes et militants à la recherche d'une issue positive à l'actuelle transformation du mouvement ouvrier, la crise du PCF est un véritable contre-exemple de ce qui est nécessaire face à la droite et à l'austérité capitaliste. Unitaire, la direction du PCF l'a été, dans les années soixante-dix, avec le Parti socialiste, au temps du «Programme commun». Mais cette unité-là se cantonnait aux perspectives électorales, sans souci de l'unité dans les luttes. Et personne n'avait vraiment oublié que le PCF avait passé Mai 68 à dénoncer les «provocateurs gauchistes», alors que des millions de jeunes et de travailleurs espéraient en une autre société. Cette unité-là, le PCF l'a brisée en 1977, sans souci des espoirs qu'elle avait, malgré tout, suscités parmi les travailleurs. Unitaire, ill' a encore été de 1981 à 1984, lorsqu'il participait à la gestion de la crise capitaliste en commun avec le PS. Depuis, le PCF a redécouvert, comme de 19 77 à 19 81 , que son allié d'hier, à la politique duquel il avait souscrit au gouvernement, est responsable de tous les maux. Ce n'est pas nous qui défendrons le réformisme devenu sans rivage de la direction du PS : mais le problème est qu'à la direction du PCF, le sectarisme tous azimuts a remplacé l'unité électoraliste. Pour corser le tout, la direction du PCF aura continué à défendre contre vents et marées le « socialisme » du dictateur Jaruzelski et la grisaille bureaucratique de l'Est, tout en continuant au sein du parti à imposer les pires pratiques antidémocratiques. Ce parti ne sortira pas de l'impasse où il s'est embourbé, tant tout cela est désormais vomi par une grande majorité des travailleurs. La bourgeoisie ne devrait cependant pas s'en frotter les mains trop vite. Car, dans l'ensemble du mouvement ouvrier, nous sommes nombreux à la recherche d'une alternative, à la fois unitaire, démocratique et anticapitaliste, à commencer par le courant « rénovateur » qui, en cherchant une issue positive à la crise du PCF, reflète, au-delà de sa diversité et de ses contradictions, les préoccupations profondes de dizaines de milliers de militants. Ce numéro de Critique communiste sera une nouvelle fois le reflet de cette recherche, tant il est vrai que toute l'actualité y invite. Les récentes luttes sociales, après le mouvement des jeunes, reposent à nouveau le problème de l'unité dans les luttes, le respect de la démocratie ouvrière, le refus de la division et des manipulations bureaucratiques, d'où qu'elles viennent. Un camarade de la SNCF analyse, dans ce numéro, au travers de cette expérience, ce nouveau contexte des luttes ouvrières. Avec la contribution d'H. Sandor, et la réponse d'Alain Brossat aux nombreuses critiques faites à notre numéro «Spécial URSS>> de l'été 1986, nous terminons (provisoirement) ce débat. Il montre que nous partageons les préoccupations de tous ceux qui s'interrogent sur ce que pourra être le socialisme démocratique et autogestionnaire de demain.

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