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Après le krach boursier : Vers une nouvelle récession internationale

· Critique communiste, n° 68, novembre 1987 · p. 4-7 · 3 291 mots

L

E récent krach boursier vient brusquement rappeler une dure réalité : le capitalisme international est plongé dans une crise qui dure et la prospérité artificielle de la Bourse n'était pas le signe annonciateur d'une réelle reprise qui ne vient pas. Mais au-delà des péripéties techniques. il faut chercher à prendre un peu de recul pour resituer ce qui est beaucoup plus qu'un incident de parcours. Quand le profit ne s'accumule pas

Depuis la mise en place de l'austérité par Delors en 19 8 3, les entreprises françaises ont vu leur situation financière se redresser significativement puisque leur taux de marge, c'est-à-dire le rapport profits/ coûts. a retrouvé un niveau d'avant-crise. Le taux d'exploitation a été rétabli de manière classique : le salaire réel a stagné et la productivité a augmenté notamment grâce aux licenciements.

Cette évolution se retrouve dans la plupart des pays impérialistes et force est de constater que, face â cette masse croissante de plus-value, l'investissement des entreprises n ·a pas progressé dans les mêmes proportions. C'est cette plus-value non accumulée qui constitue la base matérielle de la spéculation financière et c'est la force de la théorie marxiste de la valeur d'aller ainsi à la racine des choses.

Ce que montre aussi cette analyse marxiste des crises. c'est que, pour fonctionner correctement, le capitalisme a besoin d'une double condition : profits et débouchés rentables. Le profit doit être comparé au capital investi, et pour que se rétablisse le taux de profit ainsi mesuré. il faut encore résorber la surraccumulation passée et l'endettement des entreprises qui l'avait accompagnée. Ceci. qui est en train de se

Maxime DURAND réaliser, demande une période plus longue.

Mais il faut aussi des débouchés. Or l'amélioration du taux d'exploitation a précisément été obtenue en réduisant les débouchés offerts aux biens de consommation. Par ailleurs. le capitalisme n'a pas suscité â une échelle suffisante des besoins nouveaux permettant de réenclencher le cercle vertueux de l'automobile. où les gains de productivité venaient continùment compenser - du point de vue de la rentabilité -l'augmentation du pouvoir d'achat qui assurait la réalisation de la production. Pour le capitalisme. tous les besoins ne sont pas bons â satisfaire : acheter le plus futile des gadgets électroniques est un acte valorisé par 1 'idéologie ambiante, puisqu'il relance l'industrie, crée des emplois. etc. Tandis que se soigner est un gaspillage éhonté que l'on montre du doigt. La différence de fond est du point de vue capitaliste que l'on peut faire de la productivité en fabriquant des télés de poche, pas en soignant une carie.

Sans même entrer dans ce débat, la raison du blocage actuel de la croissance. malgré les profits dégagés. c'est l'existence de capacités de production oisives et J'insuffisance des débouchés. Une partie de la plus-value non accumulée va se porter sur la consommation ce qui explique que celle-ci augmente nettement plus vite que le pouvoir d'achat des salariés. Et le reste va servir de support à l'énorme gonflement de la sphère financière. Une bulle, c'est fait pour être crevé

L'image de la bulle est bien choisie : les intervenants sur le marché financier, celui des actions, et sur le MA TIF, celui des obligations à terme. sont pris dans une escalade ininterrompue qui a quel-

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PHASC: ------- I que chose d'infernal et d'absurde mais qui suit une logique parfaitement comprehensible. Retirer ses billes d'un marché à la hausse, c'est se priver d\m gain possible et les gros intervenants ne peuvent se le permettre, contrairement à des spéculateurs privés avertis qui ont pu faire de beaux coups en anticipant la

C'est bien la rarefaction des occasions d'investissement qui est à la base de cet envol. Curieusement, pendant les annees d'expansion. la Bourse jouait un rôle secondaire dans le financement de l'investissement qui etait couvert soit par le profit d'entreprise, soit par l'endettement aupres des banques à des taux dïnterêt largement inferieurs à l'inflation. En exagérant un peu. aujourd'hui. les entreprises ne savent plus quoi faire de leurs profits si bien que l'on arrive à cette situation insensee ou des entreprises preferent conserver leur endettement pour acheter des actifs financiers qui sont plus rentables qu'un incertain investissement. Curieuse conception de l'esprit d'entreprise. pourtant favorisee par la dereglementation et la creation d'instruments tels que le MATIF.

Il faut bien voir en même temps qu'une bonne partie de ce mouvement est virtuelle : si j'ai achete il y a trois ans une action qui valait cent francs et si celle-ci vaut aujourd'hui cinq cents francs. ma fortune, mon actif. a augmenté d'une plus-value potentielle de quatre cents francs. Mais ce gain, je ne le réalise effectivement que si je revends mon action et je ne peux y reussir que si tout le monde ne fait pas la même chose en meme temps que moi. Bref. la corbeille et les coups de telephone ne créent pas de valeur ! Lorsque l'on arrive au moment où tout le monde veut prendre son benefice en même temps. on s'aperçoit que celui-ci n'existe en somme qu'à condition de ne pas s'en servir pour acheter quelque chose. Ce jour-là, on constate que l'on ne peut pas distribuer plus de plus-value que l'on en a pompe sur le dos des travailleurs. Certains appellent cela loi de la valeur ! Dollar, taux d'intérêt et reaganisme

La crise boursiere a une dimension internationale evidente qui renvoie à des mécanismes complexes qu'il faut essayer ici de simplifier un peu. Le plus parlant est de revenir sur les dix demieres annees et de commenter l'evolution de trois variables essentielles qui apparaissent sur le graphique ci-contre. La premiere variable est le cours du dollar.

Taux d'intérêt de change dollar 1 Solde commercial 75 76 77 par exemple sa valeur en marks. La seconde est le solde commercial des Etats-Unis dont la courbe descend lorsque le deficit s'aggrave. La troisième courbe represente le taux dïnterêt que paie le systeme bancaire US et qui sert de reference aux taux dïnterêt de tous les pays.

Le graphique volontairement stylise permet de distinguer clairement trois phases caracterisees par des rapports differents des trois courbes examinees. + Phase 1. Entre les deux recessions internationales de 1 9 7 5-19 7 6 et de 1980-1982, on peut parler de keynesianisme generalise. Tous les pays imperialistes repondent à la recession par une politique de relance budgetaire traditionnelle. Durant ces annees. la perte d'hegemonie des Etats-Unis relativement à leurs concurrents europeens et japonais se confirme. et se traduit par une baisse prononcee du dollar. La hausse simultanee des taux d'interêt traduit la volonte de limiter cette tendance en attirant les capitaux vers les Etats-Unis. Cette hausse des taux dïnterêt ne reussit pas à enrayer la chute du dollar ; par contre, elle entraîne dans

L 1'. ,. i< 1 S E son sillage l'ensemble des taux d'interet à travers le monde, et amorce la montee incontrôlee de la dette dans des pays comme le Bresil ou le Mexique, qui commencent à s'endetter pour payer les interêts de la dette acquise. Cette politique keynésienne prolonge la croissance des annees passees mais accumule donc les contradictions. Surtout, elle ne contribue pas à la restauration du profit et debouche donc logiquement sur une nouvelle récession qui s'étale sur les années 1980-1982. + Phase II. Elle correspond à la sortie reaganienne de cette seconde recession. Tout le monde s'oriente alors vers des solutions neo-liberales enclanchant clairement l'offensive anti-ouvrière, tandis que le chômage franchit une nouvelle marche d'escalier. Le camp imperialiste serre les rangs autour de son chef de file nord-americain qui retrouve une autorité nouvelle qu'enregistre la montée du dollar. La puissance dominante s'arroge le droit de faire le contraire de ce qu'elle dit c'est-à-dire de se permettre des déficits croissants tout en préchant la rigueur budgetaire et en envoyant les emissaires du FMI dans le

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plus pauvre des pays du tiers monde qui se permettrait de s'écarter de ce principe.

Le rôle de gendarme international réaffirmé légitime la croissance du budget militaire. principale source de déficit. Dans le même temps, le déficit commercial commence lui aussi à se creuser. comme le montre le grapiiÏque. C'est que les prix des produits US grimpent avec le dollar: les ventes d'un peu tous les pays du monde sur le marché US augmentent alors considérablement et assurent une certaine diffusion de la reprise à l'échelle internationale.

Cette configuration reste cependant trop bancale pour pouvoir durer: le dollar monte sans cesse. le déficit US se creuse à une allure vertigineuse. On n'a donc pas encore trouvé là un mode d'articulation suffisamment stable des capitalismes nationaux . +Phase Ill. Celle-ci commence au printemps 1985. lorsque le mouvement à la hausse du dollar se retourne. Ceci ne résulte pas tant de la baisse des taux d'intérêt qui ne fait qu'accompagner le ralentissement de l'inflation , mais d'une décision plus ou moins concertée entre les principaux pays impérialistes. L'atterrissage en douceur semble relativement réussi. L'ennui. c'est qu'il ne donne pas les résultats escomptés : normalement la baisse du dollar devrait freiner l'entrée en masse des produits étrangers sur le marché US mais rien ne se passe puisque le déficit conti nue à se creuser. On revient au début de l'année aux instruments classiques. à savoir la hausse des taux d ï ntérét, qui ne peut que décourager encore plus 1 'investissement, même si cet e!Tet est relativement secondaire. et affoler les marchés financiers. Il va falloir trouver autre chose et, cette fois. on ne coupera pas à la récession. L'inévitable récession internationale

Il ne reste plus en effet que les solutions les plus directes pour résorber le déficit US, source d'instabilité jugée dorénavant insupportable. Et c'est fondamentalement cette perspective qui déclenche le mouvement à la baisse des marchés boursiers. Celui-ci continue avec sa logique propre qui ne peut que conduire assez bas puisque. comme on l'a montré, tout cet édifice reposait en somme sur la perspective d'un profit dont on découvre un peu tard qu'i l ne sera pas réalisé et encore moins distribué. Le krach clôt la troisième phase de la crise et, toutes les autres combinaisons ayant été épuisées, met donc à l'ordre du jour une nouvelle récession qui va probablement s'organiser ainsi. Dans un premier temps , ce sont ceux qui avaient profité le plus, proportionellement. de la pénétration du marché US qui vont déguster: parmi ceux-ci. les plus exposés sont les pays semi-industrialisés d'Amérique latine et d'Asie du Sud -Est. et. parmi eux. les plus endettés qui vont se trouver pris en tenaille entre les paiements d'intérêt de leur dette et la réduction de leurs débouchés. La chaîne impérialiste pourrait bien craquer en l'un de ces maillons faibles. à l'image de la crise mexicaine de 1982.

Peu à peu. la récession va s'étendre par ricochet à l'ensemble du monde impérialiste, un pays comme la France était particulièrement tl"agilisé par les médiocres performances de son industrie. Enfin. l'ampleur de la récession va se trouver probablement amplifiée par les mesures protectionnistes que vont prendre les uns et les autres pou r réduire la casse. Quelques faillites bancaires devront être essuyées ici ou là.

Mais le plus grave est évidemment l'inévitable montée du chômage et de la misère que ce processus va inevitablement entraîner. Le chômage est de toutes façons un problème massif des années à venir; même avant le krach , les scénarios du Plan . plutôt optimistes polll1ant, débouchaient pour le cas français sur un taux de chômage atteignant prés de 15 'X, en 1992 , contre 1 1 'X. aujourd'hui !

Les perspectives sont donc bien sombres et on peut se demander si le trait n'est pas un peu forcé . Le capitalisme au bout du rouleau

Ne serait-il pas possible d'imaginer un scénario moins inquiétant. mieux concerté. comme le propose Aglietta dans le Monde paru le soir du second lundi ? (( Les golll'ememellls des pars européens ne devraient raisonnablement e.Yiger une réducTion du dé(ici! budgéTaire américain que s Ils som pré!s à prendre le relais d'une e.\pa11.1ion budgétaire su{(isame pour èl'i!er la récession mondiale. 11 Dans l'abstrait. c'est évidemment ce que le capitalisme devrait faire. s'il s'agissait d\m système rationnel , coordonné et régulé internationalement. si la concertation intercapitaliste pouvait aller au-delà de la simple sauvegarde à court rerme. Aglietta égrenne !a liste de ce qu'il tàudrait faire. comme si l'heure était à la mise en place d'un nouveau système monétaire international. Venant d'hommes politiques médiocres comme Reagan ou Chirac.

de lamentables déclarations sur le thème « l'économie est saine " ou " je suis raisonnablement optimiste " ne surprennent pas. Mais il serait temps que certains intellectuels. des économistes en l'occurrence. rem pl isse nt leur fonction plutôt que de s'évertuer à fabriquer des illusions vendables aux sociaux -démocrates.

Ainsi Lipietz. dans Libèrmion du 28 octobre, décrit en termes semblables aux nôtres la succession des trois phases depuis l'entrée en crise du capitalisme et montre pourquoi s'ouvre une phase IV. celle de " l'organisation de la recession US "· Et pourtant. malgré cette lucidité, Lipietz s'obstine à l'optimisme forcé : «A quelque chose malheur e.it bon, explique-t-il. le libéralisme débridé, guerre de lOus co111re tous, s 'esr retoumé colllre ceux-lâ memes qui cromiem "gagner ". L heure esr peur-erre re1·enue des accords négociés, enrre les groupes .\ociau.r, entre les nations. Comment woduire ? Combien ! Quoi "~ Par qui :) Quels principes nou1•eau.r pour l'organisaTion du fra\'{/il 1 11 Etc., etc. Cette façon de mettre en avant une possibilité d' (( accords négociés en/re groupes sociau.r 11 dans la période actuelle n'est pas responsable . ni trés serieuse.

Cela va faire bientôt dix ans que les régulationnistes comme Aglietta ou Lipietz nous annoncent l'invention prochaine d'un nouveau mode de régulation du capitalisme, comme si de toute crise devait nécessairement émerger le nouveau venant remplacer l'ancien , comme si . par nature . le capitalisme était doté d'une capacité illimitée de réorganisation lui permettant de toujours retomber sur ses pieds. Ces économistes risquent de paraitre rapidement aussi ridicules que les staliniens qui parlaient de paupéri sation absolue en pleine propérité capitaliste.

Quant à ceux qui mettent en œuvre un marxisme vivant, il leur faut rejeter cette politique de l'autruche et dire, simplement. ce qu'il est assez facile de wnstater. à savoir que cette crise est profonde, si profonde que 1 'on n 'aperçoit pas d'issue positive pour le système capitaliste. La crise, mais ça fait

(1 quin::e ans qu 'on est dedans 11. dit à juste titre Lipietz , et la raison de cette durée est que cette fois le capitalisme ne trouve pas de moyens de se refaire une santé. Il n'y a donc pas en vue de nouvelle régulation. pas de contrats que l'on pourrait passer. pas de partage de la productivité à négocier. rien à discuter sur l'organisation du travai l et sur les modalités de la production au sein de ce système.

Ce dernier. loin de chercher la concertation " entre groupes sociaux "· avance. avec sa logique de rouleau

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Lundi a historique il à la Botll'\e de Paris. Le 2U mars 1978: après la ricrnire de la droite, rur!e ren Je,· mleun

./i'llll('llises ..• compresseur. selon sa « rationalité , propre qui jette les travailleurs au chômage. répand la misère dans le monde. supprime toute perspective à la jeunesse. refuse de produire ce qui ne rapporte pas de profit. Aucune discussion possible avec un tel système : les scénarios roses n'existent que dans la tète des experts payés pour les imagiLe système est tout nu

La crise boursière a. du point de vue idéologique. un effet décapant qui va sans doute au-delà d'une vague inquiétude sur « les choses qui ne vont pas bien ••. Pour commencer. la claque prise par les .mppies et autres golden bors procure une satisfaction d'ordre moral que l'on aurait tort de dissimuler. Cela ne change rien. bien sûr, au sort des mill ions de chômeurs dont le nombre va d'ailleurs augmenter dans les mois à venir. Mais cela ébranle fo1tement les valeurs que le système avait réussi plus ou moins à imposer: ces jeunes gens n'auront donc constitué qu'un phénomène passager dans la course folle du capitalisme.

Autre valeur en baisse : le marché. Alain Mine peut bien recevoir un prix pour son livre la Machine égalilaire qui chante les louanges du marché. C'est normal : il est lu et apprécié par ceux qui cherchaient une façon charitable d'expliquer aux gens qu'il va falloir toujours plus se serrer la ceinture. Maintenant. envoyez donc Mine expliquer aux salariés que le truc le plus moderne c'est la retraite par capitalisation. autrement dit un régime oû la retraite est alignée sur les cours de la

Bourse. On imagine le succès de masse de cette proposition !

Il y a. c'est vrai, des travailleurs qui ont acheté des titres : certains. comme dans le cas de Suez. y étaient fortement incités par leur entreprise. d'autres se sont dit qu'après tout cela pouvait valoir le coup de gagner un peu plus que le minable taux d'interet des caisses d'Epargne. Maintenant ils ont compris et on ne leur retèra plus le coup. Alors imaginez aujourd'hui le délégué syndical CFDT venant expliquer les nouvelles solidarités ou l'intérêt des fonds salariaux pour créer des emplois. Là encore. franc succès en perspective.

Dans les quotidiens du 28 octobre, le PDG de Suez écrit à ses actionnaires pour leur demander de le rester " dans la durée ••. Cela ne va évidemment pas de soi quand une action qui vient d'être émise n'est pas encore cotée. La privatisation en a donc pris un sérieux coup dans l'aile et Balladur. Chirac et cie n'ont vraiment pas de chance. Et il faut profiter de l'occasion pour rappeler ces chiffres révélateurs: au budget de 1988. les recettes liées à la privatisation devaient représenter cinquante milliards de francs. Or. cette entrée couvrira tout juste les cinquante-cinq milliards que l'Etat devra verser au titre de l'emprunt Giscard. autre dèbàcle financière de ce régime. Renouer avec la perspective anticapitaliste

Les socialistes. avec leur énorme culot. ne manqueront pas de s'ériger en vertueux défenseurs des petits actionnaires. Il leur sera quand même difficile de faire oublier que ce sont eux. salués en leur temps par la bourgeoisie avertie. qui ont mis en œuvre la déréglementation des marchés financiers et inventé des instruments comme le MATIF, paradis de la spéculation. Les mêmes. avant d'accéder au pouvoir. envisageaient la suppression du marché monétaire. la mise en place d'une banque nationale d ï nvestissement. la déc onnexion des taux d'intérêt français vis-à-vis des mouvements internationaux. et bien d'autres mesures qui n'ont rien d'utopique mais qui contitueraient au contraire des mesures minimales dans le contexte actuel. Les grands discours ne devraient donc pas faire oublier une autre bulle récemment crevée, celle des promesses social-démocrates de gouverner dans 1 'intérêt des travailleurs.

Avec cette crise. il n'est pas absurde de penser que l'on vient de toucher le fond du reflux idéologique. et que l'effondrement de la Bourse marque un retournement déjà amorcé en France durant l'hiver 1986. Il est de plus en plus clair en effet que le système capitaliste pourrit sur pied. qu'il fonctionne de manière de plus en plus absurde. n'offrant aucune solution crédible à un chômage et à une misère qui croissent depuis quinze ans. Les utopistes et les rêveurs pourraient bien être au bout du compte ceux qui pensent possible de rem tt re le capitalisme sur la voie d \m fonctionnement moins dévastateur. et le réalisme se trouver finalement du côté de ceux qui. depuis longtemps. pensent qu'il faut arrêter les frais et mettre en place un système économique et social qui fonctionne mieux. C'est le sens de l'engagement socialiste révolutionnaire auquel la crise actuelle apporte constamment de nouveaux arguments.

Maxime Durand

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