La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Sur le centrisme

· Critique communiste (1re série), n° 1, avril-mai 1975 · p. 42-50 · 5 804 mots

Michel Lequenne La série « Marx ou crève » des « Cahiers rouges » est consacrée à des études qui n'en.g.agent que la responsabilité de leurs auteurs. Il ne faut pas perdre de vue ce caractè·r e « ex·p érimental » de la collection quand on abor<de la brochure sur le centrisme où des textes assez hétérogènes ont été rassemblés par le oamarade Abrahamovici à la suite d'une brève étude de sa piume. Qu'est-ce que le centrisme dans la terminologie marxiste ? Ou, plus exactement, que sont le·s centristes ? Ce sont les organisations qui se situent politiquement entre le réformisme (aujourd'•hui social-démocrate ou stailinien) et le communisme (.c'est..,à-·dire aujourd'hui les organi·sations marxistes-révolutionnaires). Une telle définition trace le cad·r·e fort vaste du centrisme ; dont on peut dire qu'il est une catégorie politique à la fois clairement délimitée et toujours insuffisante pour définir une or.g anisation et, par conséquent, la politique que les révolutionnaires doivent avoir à son égard. Claire, comme définition négative : sont centristes toutes les or.g anisations du mouvement ouv·rier qui, d'une part n'expriment pas, dans leur théorie et leur pratique, les intér·ê ts généraux du prolétariat, mais des intérêts particuliers, nationaux ou de catégories, ou limités dans le temps, ou généralisant a<b usivement une expérience spécifique et sont, de ce fait, vulnérables à tout événement qui remet en cause leurs fondements po.Iitiques (ce qui est devenu plus fréquent au fur et à mesure du processus d'unification du monde par le capitalisme, entraînant les intéractions les plus inattendues, les plus lointaines) et qui, d'autre part, ne se sont pas transformées en simples agence·s de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Insuffisante, comme définition positive, parce qu'il y a autant de centdsmes possi•bles que de conditions nationales et historiques particulières. Le problème du centrisme est d'une brûlante actua'lité, car les conditions favorable·s à l'apparition d'or.g anisations centristes sont ceHes d·e montées révolutionnaires où de te1les formations peuvent correspondre à une étape de la prise d·e conscience de certains <Secteurs d'avant-garde, en l'absence d'une internationale d·e masse. IJ est caractéristique qu'il existe peu d·e régions

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du monde aujourd'hui qui n'aient sa ou ses organisations centristes. A bien des égards, notre époque apparaît bien pius comme celle du centrisme que ne le fût cel.le de l'entre-deux-guerre. Et cela se comprend, puisque cette dernière époque vit d'abord la prédominance de la Troisième Internationale, c'est~à-dire de l'organisation révo1uitonnaire la plus puissante et la plus cohérente jamais rassemblée jusquelà, puis, lor·sque celle~ci se mit à degénérer, que cette évoJution •b risa l'unité internationale au mouvement ouvrier et précipita l'avortement des situations révolutionnaires, entraînant le déclin rapid·e des organisations centristes nées au cours des montées dans les secteurs géographiques artificièHement isolés. Si la première période - celle qui suivit la revolution d'Octobre -vit naîtr·e des centrismes qui reflétaient les obstac.le·s historiques nationaux à la prise de conscience communiste, et manifestaient les insuffisances des directions locales de l'I.C. (autre manière de traduire les insuffisances des mouvements ouvriers nationaux), en revanche, dans la seconde pério·d·e - en gros celle des années f930 -deux tendances du centrisme s·e développèrent : 1) Un centrisme de gauche, d'origine stalinienne, produit du recul 'd e la révolution et de la décompo·sition de l'VC:, simplifiant, mécanisant et dogmatisant selon des bes·o ins localisés certaines des leçons du léninisme, centri•sme dont le maoïsme première manièr.e est le type supérieur ; 2) Un centrisme de droite, antistalinien-anHcommuniste, produit des mêmes causes, et/ou détaché de la ·s ocial-démocratie dans les brèves périodes de remontée, tentant désespérément, après rejet du stalinisme et du léninisme, de trouver une voie intermédiaire entre réformisme et révolution. La direction de l'lnternationaoJe communiste, scellant son pas·sa.ge définitif « du côté de l'ordr·e bourgeois », condamnait et condamne encore au ce1_1trisme les expériences révolutionn~Ires localisées. C'est ainsi qu'un cen~rlsme de gauche a pu vaincre à •Cuba a la faveur de condi.tions exceptionn~llt;s, mais a entraîné de sanglantes de:f aites, du fait de son empi'fi·sme, dans nombre de pays d'Amérique latine. Ce sont des centrismes de droite que l'on a vu pulluler dans les années 1960 · en Europe, comme premier stade d'une poussée des masse, encore aveugle. En fait, c'est au centrisme de ce d·ernier type seul que le camarade .&brahamovici a consacré son étude de « Marx ou crève ». Et s'il donne à partir de là une description intéressante de ce que fut 'le P.S.U., comme type de centnsme de droite européen, cela }'.entraîne à des approximations théori~ue·s sur trois points : 1 • L'evacuation du pro·blème du centrisme de gauche et, en particulier, de celui d'origine stailinienne ; 2• la sociologie du oentrisme en général, et du centrisme de droite comme centrisme « au sens propr·e » ; 3• Le devenir des organisations centristes d'aujourd'hui. Le centrisme de gauche Quand Trotski caractérisait comme centri·s te le Parti communiste (bolchevik) de l'U.R.S.S. du début des années 1930, ce n'était ni une err.eur due à une ana'lse encore insuffisante du stalisme ni à une formule sans conséquences politiques, mais Ja définition à la fois d'un moment d'une évolution de ce parti et d'un nouveau type d'organisation en équilibre instaMe entre la révolution et le statut d'agence de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Certes, de tels partis, qui ont pour base des Etats ouvriers bureaucratiquement déformés, leur dégénérescence ne 'les . transformera jamais en agences directes de l'ordre bourgeois, mais en agences indi·rectes, par l'intermédiaire de Ja défense d'intérêts de castes plus menacé·s par la révolution que par l'impérialisme en déclin et orientés vers des accor.ds de partage du ~onde (don~ YaJ.t~ reste le type histonque acheve). Mais les Etats ouvrier·s (déformés) ne sont la base matérielle que de leurs propres partis nationaux. La dissolution du Komintern ne fut pas u.n é~én.e~ent symboli.que, mai·s la sanch.on JUridique d'une decomposition effective. Abrahamovid écrit : « Le centrisme peut évoluer vers le marxisme révolutionnaire, le stalinisme non. » C'est exact ! Encore ne faut-il pas se tromper dans l'attri•b ution de la caractéri·s ation de « stalinisme ». Nous avo?s en France un parti stalini·en t~lnque - . et .qui, par conséquent, n evoluera Jamms vers le marxisme ·r évolutionnaire : ses cadres de direction n'ont jamais été communistes ni mê.me C·e ntristes, ?e sont de purs prodmts bureaucratiques contre-révolutionnaires qui ont forgé un parti con-

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forme à leurs besoins - autour d'un appareil rigide, inaccessible à .quelque mouvement de base que ce solt - et l'ont éduqué, l'ont pou•r vu d'une idéologie, de .programmes qui le corron~pent jus·q u 1à l'os. Mais comment expliquer, avec le schéma du camarade A'brahamovid l'évolution et les luttes révolutionnai~es victorieu~es des pa;rtis comunistes de You.gos.lav1e, de Clune, du Vietnam ? Bien qu'ayant appartenu au « Stalintern », ces parti·s, r·e nouvelés dans le feu roulant de la guerre révolutionnaire, ont eu une toute autre continuité que notre P.CF. La différence des situations objectives ne peut expliquer le phénomène, car alors, pourquoi d'autres partis « staliniens », dans des conditions objectives favorables, ne deviendr·a ient-ils pas révolutionnaires ? Et J.>OUrquoi pas tous ? n a faLlu aux premiers une certaine continuité : c'est celle de leur·s dirigeants. La caractéristi~Jue principale de ces derniers, c'est d avoir été de ces << révolutionnaires confus, mauvais, maladroits, fourvoyés » dont paTlait Trotski ; ils ont été formés comme des « centristes de gauche » pendant l'ère centriste de l'LC., et c'est en tant que t els qu'ils ont - souvent aprè·s de longues périodes de ruse, d'attente, de louvoiements - engagé leurs partis dans la lutte révolutionnaire, rompant de fait avec le stalinisme achevé, élaborant empiriquement leur propre ligne nationale, façonnant leurs parti·s en fonction de leur expérience spécifique et grâce, bien entendu, aux fameuses conditions objectives favorables. Dans l'ancienne I.C., des dirigeants nationaux, tels que Pijade et Tito, Mao et Ho Chi-minh n'étaient pas rares, mai·s rares étaient ceux qui purent trouver les conditions de leur mutation politique. La majorité ploya ou fut écrasée. Aujourd'hui, il n'y a plus de partis issus de l'I.C. susceptibles de connaître l'évolution des trois cités plus hauts, ceux qui subsistent sont purement staliniens, ·soit du type de notre P.C.F. et du parti chi.lien, soit du type de la secte impuissante dirigée par des aventuriers, comme les partis communistes des Etats,JUnis et d'Angleterre. Mais un aut·r e type d'organisations centristes de gauche est apparu, celui des partis révolutionnaires nationaux. C'est grâce au « centriste de gauche » Che Guevara - que nous respectons tous -que la révolution cubaine est allée jusqu'à l'instauration d'un Etat ouvrier. Je ne multiplierai pas les exemples aux.quel·s je pense. U est clair que de tels centrismes ne méritent en rien d'être traités en quelques phrases méprisantes. Leurs limites, tracees trop souvent avec le -sang d'fncontesta 1 bles héro~ sont encore une des conséquences du désastre qu'a été, ·p our le mouvement ouvrier, la victoire du stalinisme. A l'égard de ces centdstes-1·à , qui nou·s ont tant de fois montré la voie de l'action (et que nous ne confondons pas avec leurs temporaires et misérables thurifères petlt-bourgeois du type Debray), nous avons un devoir de co.llaboration assortie de critique fraternel·l e de di·s cussion théorique approfondie, qui durera au moms autant que notre propre mutation en Internationale de masses. Sociologie du centrisme La seconde erreur du camarade A:brahamovici est plus grave encore que la première. Et c'est une erreur à plusieurs niveaux : elle consiste à fonder le centrisme en ·sociologie, et d'une façon mécanique. Les organisations centristes surgiraient comme porteuses d'une ideologie centriste existant indépendamment d'eJ.l es, et celle-ci serait secrété par des couches sociales spécifiques : les di.tes « nouvelles couches » petites-bourgeoises (radicalisées). Ce schéma, comme schéma mécaniste, est naturaliste et pa•r con·séquent non dia:ectique. Il rassure le militant d'une organisation marxiste-révolutionnaire et contribue à son confort intellectuel. .Mais i.l est faux et, par conséquent, loin de le préparer à la lutte contre le centrisme, il l'endort et le désarme. Certes, l'idéologie centrj.ste a des racines sociales. Comme toutes les tentatives ·de conciliation politi<Jue, les racines du centrisme sont pehtes..Jbourgeoise-s, mais le réfo~misme social-démocrate ou stalinien sont é.galement, en tant qu'idéologie, d'essence petite-bourgeoise ; et ce serait caricaturer le marxisme que de faire de ces élaborations le fruit direct, spontané, spécifique de telle ou telle fraction de la petite-bourgeoisie. Le·s mu.ltiples variations idéologique·s dépendent de médiations historiques dont certaines sont nationales, certaines autres tiennent à des intéractions internationales, parmi lesquelles celles qui p·roviennent de la dégénérescence s.t alinienne tle l'I.C. sont les plus importantes. Le mécanicisme du schéma : une cla·sse (ou fraction de c.lasse) = une id·é ologie = une organisation, est d'ailleurs .inca-

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pable de rendre compte du maintien sous le contrôle des organisations social-démocrates ou staliniennes de grandes masses prolétariennes, au-d·e là des conditions infras.t ructurelles comme superstructurelles qui les ont engagées sous cette domination, à une époque où ces organisations étaient autres. La réalité, plus complexe, c'est que la prise de conscience des masses pr?l~tariennes n'e·st pas un processus lm~aire qui n'aurait besoin que de conditions objectives favorables pour se cristalliser à l'état pur. Pour que la conscience de classe prolétarienne soit atteinte, un certain rapport favorable est néce·ssaire, dans les conditions objectives les plus favora!?_les, e1_1tre. la masse de la cla·s se et l'orgamsatwn marxiste-révolutionnaire par laquelle se transmet la conscience de classe élaborée historiquement. Quand ce rapport est médiocre - comme c'est actuellement le cas, du fait de la longue nuit de la réaction stalin}eni_Je -des fractions de la classe proletanenne s'arrêtent à des états intermédiaires de conscience, tentatives de conciliation de la conscience de classe en éveil avec l'idéologie dominante (qui est, comme l'on sait, l'idéologie de la classe dominante) : ces états intermédiaires, ces tentatives de conciliation sont précisément .la con·s cience centriste. L'évolution ultérieure de ces fractions et de la classe tout entière dépend alors de l'évolution de la situation objective qui peut, elle-même, être conditionnée plus ou moins largement par les vacillations et les atermoiements dus aux organisations centristes. Carlos Rossi, dans l'article << Karl Kautsky et le centre orthodoxe avant 1914 » (texte 2 de la brochure « Sur le centrisme ») écrit : « Rien ne sépare plus (en 1920) le centriste Kautsky de la social-démocratie réformiste et droitière (sinon « quelques parficularitès théoriques » dépourvues de signification politique) ; d'autre part, la base de masse du mouvement centriste fusionne avec le Parti communiste (K.P.D.) fondé par Rosa Luxembo,u rg et Karl Liebnecht » (souligné par moi) ; et Trotski conclut son article « L'I.L.P. et la Quatrième Internationale » (·t exte 3, id.) par l'énoncé des conditions auxquelles « nous sommes prêts à marcher épaule contre épaule avec l'I.L.P. ». Tout cela est loin de la manière dont Abrahamovici ignore les ouvriers que captent des organisations comme le P.S.U. ou -sous le prétexte qu'ils sont chrétiens ou d'origine chrétienne - leur ferme la possibilité même d'un progrès de leur conscience de rlass·e. Si Abrahamovici ne se pose pas le problème de gagner ces pro.l étaires, base de:; oroanisations centristes, au travers d'un~ politique des organisations marxistes-révolutionnaires à leur égard, c'est que ce ne sont · pour lui que des éléments marg~naux dans ce:s organisations, comme Ils sont ml;lr.g~naux dans la classe. ·C ar la base theonquc veut que. les membre~ d ·e·s organis ations centnstes appartiennent dans leur orande majorité, non pas à la classe" ouvrière mais à une fraction (radicalisée) d~ la petite.Jbourgeoisie ; le·s « nouvelles couches moyennes ». Il s'agit là d'une sociologie qui a une histoire. Si son théoricien le I,>lus éminent est aujourd'hui le gauchiste Poulantzas il est assez comique de constater que cet uJ.tra-m!lrxi·s me dogm~t~que est emprunté tot!t c·ru ... au.x « ~evisionnistes » (centnstes, social-democrates, ou pire) qui sévissaient victorieusement avant 1968 et dont Poulantzas fait un ma·s sacre chaque matin. Mallet Martinet , Golidmann, etc., sont les pères français de cette sociologie petite-bourgeoise. P?ulantzas et ceux qui adoptent son pomt de vue ne font que changer ses signes de valeur ; I'analY'se reste la mê!l1e, : le~ travailleurs intellectuels qm n ont a vendre que leur force de travail, et leu.r travail, fut-il directement productif, ne sont pas des « prolétaires » conm~e le prétendait expl~citement .Marx, ~lais des petits-bourgeois, et ceci en raison de l'araument idéaliste majeur suivant : leur c:;nscience n'est pas prolétarienne mais petite-bourgeoise. Peu iml_)o~te à ces « théoriciens » que la conscience de la <rrande masse prolétarienne ne soit pa~ non plus prolétarienne, ma~s réformi ste social-riémocrate ou stalinienne (donc petite-bourgeoise) ; peu leur importante qu'une fraction grandissante des dites « nouvelles couches » fournisse une part toujours plus grande du mouvement ouvrier organisé et - san·s doute encore plus grande relativement - de son encadrement (il est vrai, bien qu'Hs ne s'en avisent pas, que c'est pour une part le secret de la persistance et du renouveau du néo-stalini·s me et de la social-technocratie ... idéologies peti.tes-bourgeoises !). Peu leur importe, enfin, que la nouvelle extr·ê me gauche (à commencer par les dits théoriciens el!x-mêmes1 s?i~ encone aujourd'hui formee en maJonte d'éléments de ces couches !

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Pourquoi un tel mécan.i·sme so7iol~g~que a-t-LI tant de sucees ? Ceci meriterait une analyse qui n'a pas. sa place ici · sans doute la mauvaise conscien~e cultivée par les. organisations staliniennes parmi les mteJ.lectuels y a-t-elle une large responsabilité. . Abrahamovici ajoute à cela une nohon, qui semble lui être propre, pour cara-ctériser les « nouvelles couches moyennes » comme petiotes-bourgeoises, c'est celle de « couches parasitaires en tant que couches, non par la fonction qu'elles remplissent ». Notion étrange : dans le cadre de l'économie ca•pitaliste, voHà des fonctions qui sont productives, mais dont le cara-otère parasitaire tiendrait « au fait qu'eLles ·sont remplies par des travailleurs spéci~lisées distincts des opérateurs ordinaire~ » (! ?). Outre qu'on ne voit pas pourquoi lhl!-iter une .t elle notio~ .aux travailleur·s mtellectuels et techmc1ens classés dans les « couches nouvelles », et ne pas l'étendre aux ouvriers des secteur.s tertiaires, et plus encore à ceux des industries de luxe ou d'armes chimiques (ou... à tous, puisque la division capitaliste du travail spécialise jusqu'à l'absurde, et plus encore l'O.S. que l'ingénieur), surtout, le problème de la conscience de 'Classe devient ici théologique. En effet, ces travailleurs n'ont pas conscience d'accomplir une fanchon parasitaire - et comment Pauraient-ils alors que lesdites fondions sont << nécessaires au processus de production » - ; ils ont au contraire conscience d'être de·s producteur·s nécessaires, et c'est cela qui dé.t ermine chez eux, dans des conditions objectives favorables, la conscience d'avoir des intérêts communs avec tous les autres pro./étaires, y compris les p.Ius exploités, conscience déclenchée souvent par celle de leur aliénation spécifique. La thèse développée à ce propos par le camarade A•b rahamovici o·blige donc à faire arppel à quelque « inconscient théorique » qui ne saurait Hre qu:une révélation de leur être réel dans le ciel du projet communiste », contradictoire à leur être réel dans le monde réel et, à la fois, avec la conscience qu'ils en prennent en masse (et non individuellement) dans les périodes de montée (comme en 1968) ou dans les grèves. Cela est diffidlement compaU.ble avec le marxisme, et il ne sem:ble pas que ce soit seulement « les conceptions politiques de ces couches (qui) sont des plus confuses >>. Le pire est qu'une telle analyse dé<bouche sur un véritable fatalisme de la structure du mouvement ouvrier actuel (sans parJ.er, chez Poulantzas, d'une nouvelle théorie des « alliances de classes » dont on sait ce qu'elle peut arriver à justifier), sur un. manichéisme intangi:ble et, par consequent, sur la substitution à une politique des marxis·t es-révo·lutionnaires à l'égard des organisations centristes, un pur et simple dédain stérile et stérÏJlisant. Le devenir des organisations centristes Le camarade Abrahamovici déduit la mort prochaine des or.g anisations centri·s tes de leur déséquilibre d'essence entre réformisme et révolution, de la nature de la période et de l'histoire des organisations centristes de l'entre-deux-guerres mondia~es; Quoi que .ce ne soit pas faux en general, cela recele encore un fatalisme simpli·ste. Comme nous l'avons vu plus haut, les premiers « centrismes » d'après Octobre ont été détruits par la politique révolutionnaire de l'Internationale communiste ; les seconds ont été brisés par les chocs du second confli.t mondial. Les perspectives révolutionnaires de notre temps contiennent la promesse de la disparition des organisations centristes actuelles. Mais à une condition, c'est que la Quatrième Internationale parvienne à temps à se constituer en direction révolutionnaire mondiale de ma·sses. Sans !préciser cela (qui implique, entre autres choses, une politique active à l'égard des organisations centristes), on risque for.t, comme on le fit trop souvent à l'égard du P.S.U. dans le passé, d'annoncer la fin inévitable d'organi·sations qui survivent à leurs crises répétées par·c e qu'eHes expriment un niveau de conscience qui n'est pas dépassé sur le plan de la capitalisation or.g ani·sa.tionnelle révolutionnaire. Certes, le P.S.U., conglomérat particulièrement fragile et qui s'effrite constamment, est-il voué à disparaître sous la double polarisation du P.S. nouveau style et de la nouvelle extrême gauche révolutionnaire. Mais cela ne réglerait pas encore pour autant la ·q_uesHon du centri·sme, divisé en centrisme de droit•e (qui peut se reformer dans le P.S. comme vieiHe S.F.I.O. dans les années 1930) la « gauche révolutionnaire » de la et des organisations centristes de gauche, comme Révolution et Lutte ouvrière. La destruction nécessaire des organi-

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salions centristes - nécessaire parce qu'elles sont susceptible-s de se transformer en freins de la montée révolutionnaire - ne sera en aucun cas un phénomène natur.el, quasi biologi~ue ; ce ne pourra être que le résultat dune lutte poHtique déci'dée, sur le double p•l an de la théorie et ·de l'aff.ront·e ment des méthodes et des programme-s dans les luttes. Sur un point d'histoire Les aléas du P.S.U. sont destinés à perdre toujours plus de leur importance dans l'hi·s toire du mouvement ouvrier. En revanche, les problèmes de construction de la section française de ,Ja Quatrième Internationale -y compris dans sa période groupusculaire - intéressent déj•à des millier·s de miH.ta.nts dans le monde et intéresseront toujours plus au fur et à mesure d.e la progression inéluctable de l'Internationale tout entière. Dans cette hi-stoi-re, le travail « entriste » au sein du P.S.U., en particuHer sous la forme de la tedance « socialiste-révolutionnaire » (S.R.), n'a pas été des plus importants, mais H ne pourrait être sous-estimé que dans l'ignorance et l'incompréhension des dures conditions de développement du trotskisme avant 1968. Or cette ignorance et cette incompréhension se manifestent dans un fragment de la brochure « Des militants du P.S.U. l'ejoignent la Ligue communiste. Pourquoi? Un bilan d.u P.S.U. », reproduite dans « Su.r le centrisme ». Comme c'est fréquemment le cas de l'hist·oire écrite sur une rupture politi-que au moment où elle a lieu, les signataires n'ont eu une vue marxiste correcte de leur mouvement qu'.à partir du moment de leur propre évolution pos-itive, et iJ.s ne se sont pas alors avérés capa·bles de rééxaminer le passé avec leur conscien-ce nouvelJe ; une grande part de leurs préjugés d'antan subsistait dans leur tentative de tirer le bilan à la lumière du marxisme-révolutionnaire. Cela dépassai-t d'ailleurs le cadre du P.S.1U., puisque l'on peut lire dès la seconde page reproduite : « Ce sera le mérite de quelques dirigeants du P.IC.F., comme Laurent Casanova et aussi d'hommes comme Serge Mallet, d'avoir saisi dès le début les tâches historiques que la bourgeoisie ·frança>ise a.Jlait déléguer à >de Gaulle. » La phrase manLfeste à la fois une surestimation des dirigeants susnommés. et une ignorance des positions de notre courant qui avait compris cela avant eux et sans que cela !'-entraînât à quel•q ue crypta-gaullisme que ce soit. Mais notre but n'est pa·s ici d·e f-aire le cata•l ogue des erreurs grosses ou petites pullulant dans cet écrit, seulement d'en dégager le sens qui est une automy.stifkation sur l'histoire du P.S:U. que l'on tend .à décrire comme Hnéaire (et aboutissant au courant des auteurs de la brochure autoproclamé première et authenti'que tendance marxiste-révolutionnaire issue du P.S.U.) alors qu'en réalité cette histoire fut spiraUforme, chaque vague d.e montée ouvrière nourr-i ssant ce parti, lui fournis-s ant une aile ouvrière qui ne tard•a it pas à former une « gauche révolutionnaire » rompant sitôt expérience faite de l'incapacité de r-edresser le par·t i, et laissant place à un nouveau cours franchement droitier jusqu'•à la vague suivante : processus typiquement centri-s te (1). Cette erreur de compréhension de la dynami•que du P.S.U. entraîne la minimisat>ion de 'l 'histoire de la tendance socialiste-rév olutionnaire qui fait curieusement écho aux attaques de la direction droitière du P.S.U. de l'époque. Que fut cette tendance ? Il y avait, dans le P.S.U., au moment de sa création, des militants qui se disaient « d'origine trotskiste », tels Naville et Craipeau, mais il y en avait également pour qui le trotskisme n'était ~as un passé, et qui n'hésita•i ent pas a prodamer leur accord avec la totalité du programme trotskiste : les uns étaient des « entristes » de la Quatrième Internationale, entrés dans le P.S.A. après exclusion du P.C.F. (ou incapa'c ité d'y entrer) ; d'autres, exclus de la Quatrième Internationale au cours d·e la grave cr•i se de 1952 et qui avaient formé le groupe bolchevik-c-ommuni-ste (à l'époque de la Nouvelle Gauche) puis, dans l'U.G.S., s'étaient regroupés autour de la revue Tribune marxiste. Ces derniers, déjoà, dans les débats préalables à la formation du P.S.U., avaient mené, contrairement à ce que disent les -s ignataires de la brochure, la bataHle la . plus violente contre l'acceptation de Mendès-France et de ses C.A.D., bataille qu'ils poursuivirent sans dis•continuer, et non sans suc-

(1) Le dernier anneau de la spirale vient d'amener une variante, c'est l 'aile droite qui s'est trouvée éjectée, mais la différenciation entre droite, centre et gauche recommence.

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cès (les mendésistes ne furent-ils pas mis en minorité par eux dans leur propre fief de l'Eure ?) et qu'ils menèrent seuls, dans des occasions comme celle du tête-à-tête Mendès-de Gaulle, ou, lorsque le même Mendès proposa de placer des « casques bleus » le long de la frontière algéro-tunisienne pour empêcher •le franchissement de celle-ci par les fellaghas cantonnés en Tunisie. A ce moment, les chrétiens de l'ex-M.L.P., quasi tous majoritaires, étaient trop occupés à lutter contre les trots.kist·e s pour distraire quelques-uns de leurs coup·s contre Mendès. Dès la création du P.S.U., les deux groupes de trotskistes se réunirent à l'initiative du groupe Tribune marxiste (Roux, Lequenne, Bleibtreu, Vincent, qui n'avaient pas « rompu avec la Quatrième Internationale, en gros à la même époque, mais chacun sur un point de désaccord spécifique » -écho typique des calomnies contre les trotskistes « qui ont toujours autant de tendances que de militants » -mais qui avaient suivi le même itinéraire et étaient demeurés jusqu'alor·s sur une base commune) et formèrent la tendance socialiste-révolutionnaire avec les mi1litants ouvriers qu'ils avaient dé1à regroupés. Leur ba·s e d'accord était une position commune sur la guerre d'Algérie, et la rectitude d'une politique de soutien inconditionnel au F.L.N. (ce qui écarta de la tendance les •q uelques lambertistes demeurés alors dans le P.S.U.). Cet accord profond - puisque conclu sur la que·s tion essentieLle du moment : la riposte communiste authentique à la guerre coloniale de notre impérialisme - amena la plupart des fondateurs et dirigeants de la tendance à une reprise de la discussion sur la stratégie révolutionnaire en France, et celle-ci abouti, en 1961, à une réunification dans la Quatrième Internationale dont les bases politiques comportaient en particulier une analyse commune du P.S.U. comme parti centriste, et la mise au point d'une ligne de travail en son sein. H s'agissait donc, de la part de la majorité des dirigeants de la tendance S.R., d'un « entrisme quasi ouvert ». Certaines ruptures dans la tendance (celle de Vincent en particUJlier) tenaient précisément à la recherche de « voies courtes pour un regroupement large », à l'encontre de la lutte à contre~courant pour le programme marxiste-révolutionnaire. Ce que les auteurs de la brochure traitent légèrement comme des problèmes qui, « pour les militants du P.S. U. de .J'époque, fanatiques de concret, avaient un délicieux parfum de quarante-huitard », c'était tout simplement les problèmes de la révolution, considér·és comme dépassés à jamais, anachroniques - et pas sous leur forme de 1848, mais explicitement de 1917 - et auxquels •s 'opposait le « modernisme » des MalletMartinet, axé sur la conquête progressive des « centres de décision » par le « nouveau pro.Jétariat » ou « une nouvelle classe » en blouse·s blanches, << nouvelle avant-garde » qui, tenant déj.à les leviers de commandes, allait « cuire le mouton tout vif sans qu'il s'en aperçoive ». Ce n'est pas pour le militant P.S.U. « moyen » (et quelle bizarre notion que celle de militant moyen, surtout pour un parti centriste !) que la tendance S.R. incarnait « le·s vestiges d'un passé révolu » et « apparaissait comme une relique un peu désuète, en tout cas bien poussiéreuse », c'était pour les réformistes « social-technocrates » (comme disait Poperen) qui tentaient ainsi de la discréditer auprès des consciences les plus arriérées du P.S.U., mais dissimulaient mal la peur que leur causaient les progrè·s de cette tendance. Ainsi Nantet, an-cien dirigeant d'une des tendances de droite, démissionnait après le congrès d'Alfortville, parce que, écrivait-il à Depreux, « les socialistes-révolutionnaires ont accédé, pour la première fois, à la direction nationale ». Les S.R. étaient en r,articulier accus•é s d'en être restés à 1 époque des barricades. Leurs doctes adversaires allaient être, on s'en doute, un peu ·s ecoués par 1968 ! Mais, après cette date, il est fâeheux de reprendre leurs accusations, et plus encore de les reproduire dans la même brochure, où lon peut lire dans un texte de Trotski : c Les philistins de tous temps ont affirmé des centaines et des milliers de fois ... qu'Engels lui-même avait manifestement abandonné une fois pour toutes les vieilles méthodes romantiqu·es du combat de rue », et où il estime en fustigeant les gens pour qui le c seul fait de poser le problème de l'insurrection armée est du blanquisme. » Faux et calomniateur est également le pr_opos suivant : « De plus, il recrutatt (ce courant S.R) davantage ·s ur la base de l'activisme militant que sur une ligne politi·que donnée. » La réalité est tout autre. Il est exact que, tout au long de son existence, la tendance

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S.R. recrutera surtout des ouvriers qu'elle était ·seule capable de guider dans un travail syndical et d'entreprise concret, alors que le plus grand opportunisme régnait (et règne toujours) au P.S.U. à l'égard des syndicats où chaque militant pouvait, sans contrôle aucun, faire la politique de son choix, ·s ans que ses « options » politiques lui soient une obligation (fut-elle morale) ou une aide (dans la F.E.N., par exemple, n'y avait-il pas des militants du P.S.U. dans toutes les tendances - réformi·ste, stalinienne, révolutionnaire qui s'opposaient donc dans l'activité quotidienne et dans les congrès). Mais le mode d'activité communiste que la tendance S.R. enseignait à ses membres ('à l'encontre du véritable « activisme » apolitique des militants majoritaires) eut toujours pour soubassement une élaboration politique serrée, répondant à tous les problèmes de la période et dont un des sommets fut le « Programme de transition », actualisé à partir de la Quatrième Internationale, produit d'une discussion générale et d'un travail collectif de lon~ue haleine, et qui s'opposa aux cancatures de programmes élaborées par les tendances de droite sous le même nom prostitué. « Aux plus grandes heures de sa gloire, il (le courant S.H.) ne dépassa jamais les 10 % avant de s'effondrer naturellement. » Dans le début des années 1960, 10 % des effectifs du P.S.U. rassemblé·s sur une ligne marxiste-révolutionnaire, en claire opposition à toutes les variantes du social-démocratisme et du centrisme, c'était remarquable (à noter d'aiHeurs qu':à ce moment, la tendance d-,.extrême droite réformi·s te de Michel Rocard n'atteignait pas ce score et, de ce fait, n'avait même pas de représentant au conseil politique national). A I'èpoque, la section de la Quatrième Internationale n'avait pas 150 membres. II fallait une grande clairvoyance politique pour se ranger sous ce drapeau, et même simplement pour suivre ses militants dans le P.S.U. Si le P.S. U. avait alors entre 5 000 et 7 000 membres, 10 '1o c'était un grand SU·CCès. Pourtant, et précisément parce que la tendance S.R. avait mené constamment une lutte principielle, sans concesions, son mantien à l'intérieur du P.S. U. était de jour en jour plus insupportable à ses militants. A partir de 1963, il n'y avait plus aucune cohésion entre les composantes du P.S.U. Deux lignes s'affrontèrent au sein de la tendance S.R. L'une tendait à un repli sur un travail ouvrier mené fractionnellement, le P.S.U. n'étant utilisé que comme signe de couverture et pour ses moyens matériels ; l'autre, qui ne voyait aucune perspective hors de ce parti, tendait à l'unité avec le courant centriste de gauche de Poperen-Geismar. La fusion des deux « gauches » eut lieu pour le congrès de la Grange-aux-Belles de 1963, où la tendance de gauche unifiée manqua rie peu la majorité (45 '/c des mandats) . Au-delà de cet échec, l'hétérogénéité de cette nouvelle tendance ne tarda pas à apparaître. La tendanc;e S.R. n'avait vécu et progressé que par une vie démocratique. Sur la gauche unifiée pesait au contraire la dictature de J>operen et de ·:;es lieutenants (dont Geismar). Les ouvriers de la tendance S.R. se mirent à « fonctionner » sur les marges du P.S.U. Mais, dans le même temps, une autre perspective s'ouvrait... hors du P.S. U. : l'évolution de Ja. gauche de l'U.E.C. vers la rupture. Le travail entriste de la Quatrieme Internationale dan:; l'U.E.C. avait besoin de catalyseurs en province : les étudiants de la tendance S.R. passèrent à l'U.E.C. Quand se forma la J.C.R., d'autres les rejoignirent (ils allaient être à l'origine des régions les plus fortes de la future Ligue communiste). Toujours au cours de ces deux mêmes années 1963-1965, à la suite de la réunification de la Quatrième Internationale, un renversement de majorité eut lieu dans la section françai·s e : le courant << pabliste », hostile au travail dans le P.S.U. (caractérisé non comme centriste mais comme petit-bourgeois), opposé à la rupture de la gauche de l'U.E.C., était devenu minoritaire et préparait sa rupture avec la Quatrième Internationale. Le véhicule du P.S.U. devenait pesant, inutile, inutilisable pour les marxistes-révolutionnaires qui y avaient travaillé, alor·s que le besoin de cadres se faisait impérieux à l'intérieur de la section de la Quatrième Internationale. Le dégagement tactique eut lieu. L'opération entriste dan·s le P.S.U. avait été bénéfi-que. Après la rupture du pa blisme, les militants trotskistes de l'ex-tendance S.R. représentaient un tiers des forces de la section française. Proportionnellement, il aurait fallu que la tendance marxiste-révolutionnaire de 1973 entrainat plus d'un millier de membres du P.S.U. pour que son apport à la Ligue communisle fut comparable au profit tiré de la tendance

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S.R. Nous sommes loin du compte !

Erreur·s de faits ! Manque d'mfor.mations de auteurs de la première brochure et du compilateur de la seconde?

Oui, mais davantage, et plus grave :

reflet dans les rangs marxistes-révolutionnaires du mépris de philistin pour les petites or.g anisations qui ont effectué la « traversée du désert ». Grave, parce qu'on n'en a jamais fini avec les petites organisations, parce qu'un révolutionnaire doit toujours être capable ae recommencer là, comme

Trotski dut le faire lui-1:nême (ce que

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Henri Weber • 'Félix photos les articlës signés n'engag'ent pas nécessairement le point du vue de la Rédaction

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Oeutscher n'a pas compris et lui reproche comme une faibles·s e), et que ce ne sont pas seulement des militants formés dans des organisations géantes, comme Po,p eren, que la phobie du

« groupuscule » peuvent mener à être

« l'oppnsition de sa Majesté » de quelque Mitterrand, mais aussi, parfois, des hommes qui ont été des cadres trotskistes, que cette phobie fait patauger à !''h eure des revers et des détours de l'histoire et les mène à aBer s'enf·o ncer jusqu'au cou dans le marais centriste.

Michel LEQUENNE.

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