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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

LES PLATES

Les plateformes syndicales et les revendications des femmes

Cahiers du féminisme, n° 1, novembre 1977 · p. 44-47 · 3 347 mots

TONS

DES FEMMES

L'unanimité semble aujourd'hui faite au sein des organisations syndicales pour « démarginaliser » la question femme. Ainsi, Christiane Gilles pouvait déclarer le 29 septembre 1977 à la Commission exécutive CGT :

« La défense des intérêts des travailleuses, leurs revendications leurs luttes, leur organisation, ne sont pas le domaine réservé des femmes dans la CGT, mais bien l'affaire de tout le mouvement syndical. H n'est pas de dirigeant syndical qui puisse être totalement ignorant de ces problèmes. Chaque secteur d'activité des organisations de la CGT -organisation, propagande, politique revendicative, éducation syndicale, etc. — se sent concerné par les problèmes féminins et les insère dans son champ normal d’activité ».

Pourtant, on est encore loin du compte !... et les plates-formes syndicales CGT et CFDT en témoignent largement, en retrait qu'elles sont par rapport à l'accord interconfédéral sur lès revendications des femmes salariées (1974) et par rapport à la Charte revendicative femme de la CGT (mai 1977). Une des préoccupations majeures soulevée à la conférence nationale femme CGT, en juin dernier, était pourtant claire : comment faire pour que nos revendications ne passent pas systématiquement au second plan, comment se battre pour qu'elles deviennent partie intégrante des objectifs prioritaires du syndicat ? Préoccupation d'autant plus aigue que, dans une période de crise économique, l'emploi des femmes est particulièrement menacé et que les salaires connaissent une véritable stagnation (pour ne pas dire régression).

Mais, rétorqueront les directions syndicales, les revendications des femmes, leurs préoccupations sont contenues dans les revendications générales. Peut-être ! Néanmoins plusieurs points viennent forcer l'inquiétude. Que penser en effet du fait que les femmes (qui représentent près de 40 % de la population active) soient classées comme << catégorie » dans la plate-forme CGT ? Qu'en penser quand il ne s'agit, dans ce chapitre, que d'un résumé succint de leur situation, des difficultés particulières qu'elles rencontrent... alors même que par ailleurs on n'en dit mot dans un chapitre aussi important que celui portant sur les conditions de travail ? Qu'en penser quand on vous précise que, dans un tel document, il s'agit d'énoncer les revendications « qui peuvent être considérées comme essentielles » ? Il est en effet logique, dans ce type de plates-formes de tracer des grandes lignes, de définir des priorités. Mais justement ! N'est-il pas étonnant de voir disparaître des revendications « essentielles » pour près de 40 % de la population active ?

Le contenu des plates-formes

Salaires

De fait, si l'on prend en compte la politique des directions syndicales (CGT-CFDT) ces deux dernières années, force est de constater qu'en ce qui concerne les femmes elles semblent constamment osciller entre une volonté d'intégrer plus avant la dimension femme et les revendications qui en découlent et une « catégo-rialisation » (démon qui ressurgit constamment à l'horizon). Cette oscillation souligne une contradiction importante : d'un côté la volonté d'intégrer les femmes en plus grand nombre au syndicat implique une prise en charge plus systématique de revendications dont elles sont prioritairement les porteuses (équipements collectifs, etc...) ; de l'autre, la logique réformiste implique de mettre sous le manteau toute une dimension de la lutte, de remettre à plus tard, aux lendemains qui chantent, nombre de revendications essentielles. Le risque, a pu dire J. Laot, c'est « qu'un gouvernement de gauche ne tienne pas compte de notre volonté de libération ; d'autres priorités seront avancées et nous serons flouées une fois de plus » !

A cette contradiction, Seguy a répondu par le silence dans son discours de rentrée. E. Maire, lui, a tenu un discours radical : « Qui à gauche ose dire que si dans toute la France les femmes étaient placées dans les conditions de travail de la région parisienne, deux millions de femmes de plus travailleraient ? Qui ose dire que si les équipements collectifs notamment pour la petite enfance étaient suffisants, si des emplois étaient disponibles partout, encore un ou deux millions de femmes de plus travailleraient ?

Mais Edmond Maire ne faisait là que se dédouanerà boncompteà un moment où toute sa démarche consistait à apparaître en critique sans complaisance de l'Union de la gauche. Car si Maire « osait », la plate-forme CFDT, elle, n'« osait » pas et faisait silence, (tout comme la plateforme CGT), sur le plein emploi, alors même que cette revendication figurait depuis 1970 dans les objectifs de la CFDT !

Dès lors, une question se pose : y aurait-il deux discours ? Celui des grandes occasions, celui des salles où l'on se réconforte à coups de grandes envolées, et puis celui du quotidien, plus sec, plus abrupt, moins enthousiasmant ? Et s'il nous faut enregistrer comme très positif le fait que, pour la première fois, des plates-formes syndicales intègrent des revendications comme le remboursement à 100 % des interruptions volontaires de grossesse la création de centres de santé et d'orthogénie dans les quartiers et les localités... il nous faut bien reconnaître par ailleurs qu'aucune des deux plates-formes ne se place dans une perspective de transformation radicale de la place des femmes aujourd'hui.

Si la plate-forme CGT ne relève pas le fait que les bas salaires sont le plus généralement liés au sexe, la plateforme CFDT, elle, dénonce la sous-rémunération persistante des femmes et rappelle que 63 % des travailleurs gagnant moins de 2 000 francs par mois sont des femmes. De façon plus générale, les revendications avancées par la CGT apparaissent en retrait par rapport à celles contenues dans la Charte revendicative femme de la CGT. Car si la CGT revendique une redéfinition des classifications devant « permettre de revaloriser de façon importante la position hiérarchique d'un grand nombre de travailleuses et de travailleurs ouvriers ou employés actuellement sous-c/assés et sous-rémunérés », elle reste imprécise sur la question des branches d'industrie dévalorisées par rapport à d'autres, en raison précisemment du fort pourcentage de femmes qui y travaillent. La question de la « déféminisation » de branches ou de certains types d'emplois avait été abordée (notamment par Jean Louis-Moynot) lors de la 6e conférence nationale femme CGT. Or par quoi peut passer une telle « déféminisation », si ce n'est

CGT et CFDT dénoncent le développement de l'intérim, de l'auxiliariat, des contrats à durée déterminée, le fort taux de chômage des femmes (et pour la CFDT le « sous-emploi féminin »). Mais ni la CGT, ni la CFDT ne mettent en avant le plein emploi ! On le voit, les propos « osés » d'Edmond Maire s'envolent comme fumée !

Qu'est-ce qui est avancé ?

La CFDT revendique la création de 200 000 emplois nouveaux de titulaires dans le secteur public, la création prioritaire d'emplois dans les régions sous-développées ains que l'embauche d'effectifs correspondant à une réduction massive de la durée du travail.

La CGT, elle, ne chiffre pas au niveau de ce chapitre (la précision de 500 000 emplois publics en 3 ans étant toutefois apportée dans le chapitre sur la politique budgétaire) et préconise une priorité dans les « secteurs de production de biens de consommation », dans les sec- par une revalorisation substancielle des salaires, combinée à une réelle politique deformation professionnelle ? De même, que penser du fait que la revendication (contenue dans la Charte femme CGT) de communication au Comité d'entreprise ainsi qu'aux organisations syndicales « de toutes les informations nécessaires à la vérification du respect de la loi portant sur tous les éléments de la rémunération » ait disparu du chapitre sur les salaires ?

De son côté, et sur ce point, la CFDT se montre plus précise : la revendication de l'égalité de rémunérations entre hommes et femmes est présente ainsi que, « l'obligation de publier le montant des salaires individuels, les primes et tes gratifications et de négocier les salaires réels (structure, montant et évolution) dans chaque entreprise et service ». Mais faute d'objectifs plus précis, mobilisateurs, notamment nous le verrons sur l'emploi, la CFDT — tout comme la CGT — se condamne à la simple revendication de l'application de la loi du 22-12-1972 sur l'égalité de rémunération entre hommes et femmes, sans fixer réellement les jalons de cette bataille.

teurs de l'économie nécessaires à l'indépendance nationale, dans les services publics, la santé, l'enseignement... et dans les secteurs où la durée du travail, l'avancement de l'âge de la retraite, l'amélioration des conditions de travail, etc... « doivent s'accompagner d’une politique d'embauche ».

Ici, CGT et CFDT se tiennent fermement la main et n'en continuent pas moins de revendiquer, comme réduction « massive » du temps de travail, les 40 heures... les 35 heures n'étant qu'une perspective, un objectif à atteindre progressivement et sans échéance définie. Pourtant, J. Laot n'optait-elle pas, dans son livre, pour les 35 heures immédiates ? Cette revendication n'est-elle pas avancée par nombre d'entreprises majoritairement composées de femmes ?

Autant dire dès lors que la perspective du plein emploi, de l'amélioration des conditions de travail (tout particulièrement pour les femmes et les immigrés) est remise aux calendes grecques.

Au niveau de remploi, que trouvons nous ?

■J

Sur la question de l'intérim, la CFDT se prononce pour l'interdiction : « toutes les offres d'emploi devant être transmises à l'ANPE et les travailleurs actuellement intérimaires devant être embauchés parles entreprises utilisatrices ». La CGT reste plus floue et revendique pour l'ANPE le monopole de la collecte et de la diffusion des offres et demandes d'emploi (sous le contrôle des syndicats) ; mais elle n'avance aucun mot d'ordre par rapport aux entreprises d'intérim elles-mêmes !

(Le terme de « monopole » de l'ANPE suffit-il à faire penser que toute entreprise d'intérim sera interdite ? La question est posée).

Par ailleurs, sur la question du travail à mi-temps, CGT et CFDT ne disent mot alors même qu'il est précisemment un des moyens mis en avant pour permettre aux femmes de « concilier » travail et famille, alors même qu'il n'est là que pour aménager la double journée de travail des femmes et les maintenir dans leur statut traditionnel. Une telle ommission, mise en regard du refus des 35 heures tout de suite, des propositions faites en matière de formation professionnelle et d'équipements collectifs... pèse lourd !

La formation professionnelle

:

L'accord interconfédéral sur les revendications des travailleuses de 1974 expliquait en préambule du chapitre que « les discriminations dont sont victimes les femmes dans leur vie professionnelle ont pour cause première le système capitaliste. Mais elles sont justifiées et entretenues parla conception réactionnaire de la répartition des rôles entre hommes et femmes dans la société. Cette conception est inculquée dès la petite enfance, notamment au travers du système éducatif. La lutte contre les discriminations suppose donc également :

— la nécessité d'un enseignement éducatif effectivement mixte dès la petite enfance pour les élèves et le corps enseignant ;

— la suppression dans te contenu des programmes et des livres de classe de tout ce qui consciemment ou incons ciemment tend à confronter une certaine image de la « femme » dans le travail et dans la société, notamment en assignant aux femmes comme seul rôle, l'entretien des enfants, excluant toute autre activité sociale ou politique ».

La Charte CGT, de son côté, insistait sur le fait que la formation professionnelle des femmes reflétait « en les aggravant, les caractères principaux de la situation actuelle... » et avançait un certain nombre de précision à ce niveau.

Dans les plates-formes syndicales, rien de tel ! Certes, la CGT explique que les salariés doivent pouvoir accéder à la formation « quels que soient leur âge, leur sexe, nationalité, catégorie professionnelle ». De même, une aide financière est revendiquée afin d'apporter « aux adultes (notamment aux femmes) en position de non activité et désirant recevoir une formation » une aide leur permettant d'entrer dans la vie active. La CFDT, elle, revendique une facilité d'accès à la formation pour les plus défavorisés... Mais toutes les précisions apportées à la Charte femme ont disparu : envolée la revendication d’« organisation de locaux pour l'accueil des femmes » ! Envolée la demande d'« équipements sociaux et aides financières pour résoudre l'ensemble des problèmes concernant les enfants » !

Envolée la revendication de « stages décentralisés au plus près du lieu d'habitation ou du Heu de travail » !

Or comment parler d'amélioration dans la formation professionnelle des femmes sans faire en sorte qu'elle puisse être effective? La non-qualification des femmes est un outil capital pour le patronat : c'est par ce biais qu'il se procure à bon compte une main d'œuvre corvéable et taillable à merci, c'est par ce biais qu'il introduit la division dans les rangs ouvriers. La bataille contre les discriminations dont souffrent les femmes ne peut être menée à bien sans que soit menée parallèlement une lutte pour un autre type de formation rompant avec le contenu bourgeois et sexiste. Or pour la CGT, le système éducatif n'est fondé que sur 3 axes : « austérité, utilitarisme, rentabilité immédiate ». Et si elle se prononce pour un enseignement secondaire de valeur dans lequel l'éducation civique et morale serait présente, elle ne dit rien sur l'école sexiste !

Les conditions de travail

:

Un des grands acquis de l'accord interconfédéral de 1974 et de la Charte femme CGT était la dénonciation de la situation spécifique des femmes et de la double journée de travail. En fait, à travers cette question, on touche tous les aspects de la vie des femmes et notamment leurs conditions de travail. Dès lors, voir disparaître des deux plates-formes une telle question est pour le moins inquiétant car, en la matière, on ne peut se contenter de simples généralités : le problème est trop important. Ce n'est d'ailleurs pas sans raison que la Charte femme CGT mettait en premier point du chapitre sur les conditions de travail, \’« arrêt des brimades, vexations, insultes, amendes ». On a là en condensé un résumé des mesures discriminatoires qui permettent de maintenir les femmes dans leur statut d'éternelles mineures de la société. Les travaux qui leur sont confiés et qui demandent le plus couramment dextérité, minutie, diligence et cadences... en sont le corrolaire.

Etre non pensant, tête sans cervelle, la femme est aussi objet sexuel, bonne chair à distraction dans le monde ardu du travail. La lutte sur ce terrain ne saurait souffrir aucun recul !

Les équipements collectifs

:

Voulant contribuer à « l'évolution progressive des mentalités et des comportements pour favoriser l'instauration d'une société nouvelle » la CGT se prononce pour la satisfaction de toutes les revendications concernant les équipements collectifs qui permettraient de créer « les conditions d'un partage plus équilibré des responsabilités et des tâches y compris ménagères au sein du couple et de la famille ».

Ce qui ne l'empêche pas de rentrer dans le plus grand vague.

D'ailleurs, dans les deux plates-formes, toutes les revendications en matière d'équipements collectifs restent minces. La CFDT règle le problème en 12 lignes et priorise :

— les équipements et services indispensables pour la petite enfance et pour alléger les tâches des personnes ayant des charges de famille et des personnes âgées (une aide de l'Etat devant être accordée)

— les transports en commun

— « des mesures facilitant le développement de la vie sociale par la participation des usagers à la conception et à la gestion des équipements et par la mise à disposition de la population des locaux et terrains publics, notamment scolaires, ainsi que les équipements sportifs et de loisirs dépendant des entreprises ».

Beaucoup de verbe, en vérité, pour peu de concret ! En deux mot, peu d'objectifs « pour le court terme », mais des pétitions de principe. Doit-on craindre, à ce niveau, que les exigences dites qualitatives viennent distraire des exigences quantitatives ?

Mais prenons plus en détail :

Sur les crèches, la CFDT se contente de dénoncer leur faible nombre :

42 000 place de crèches pour 300 000 enfants de moins de 3 ans dont la mère travaille. La CGT n'est guère plus prolixe et parle simplement de « programme d'urgence financé par un versement patronal de 0,5 % sur les salaires et par une contribution de l’Etat »... revendication à laquelle elle adjoint celle d'hotels maternels et de foyers de l'enfance...

Là encore CGT et CFDT se rejoignent : aucune revendication en terme numérique ou qualitatif n'est formulée.

Force est de constater que tous les équipements collectifs prévus sont, pour la CGT comme pour la CFDT, destinés à alléger les tâches ménagères familiales bien sûr, mais ne sont en rien détaillées ; de plus, la séparation entre ce chapitre et ceux sur le droit au loisir, à la culture, au sport, etc... maintient ces dernières revendications dans un cadre spécifique qui de ce fait même reste réduit.

En conclusion

S'il est important aujourd'hui de mettre en avant des revendications immédiates qui visent effectivement dans un premier temps à alléger la tâche des femmes mères de famille, il faut cependant noter que c'est uniquement en tant que telles que les femmes sont considérées dans ces plates-formes. Cela est particulièrement criant dans les différents paragraphes ou châpitres concernant les libertés, qu'il s'agisse des libertés publiques, politiques ou syndicales.

Ainsi, la CGT affirme bien que « toutes les formes de discriminations fondées sur le sexe, les origines ethniques religieuses, philosophiques, les opinions et convictions et activités politiques et syndicales doivent être abolies ». De même qu'il est écrit plus bas que « toute campagne raciste ou xénophobe doit être prohibé et réprimé ». Mais où est-il écrit que toute campagne sexiste sera condamnée ? Nulle part ! Rien sur le viol, rien sur la protection des femmes battues et celà âlors même que les luttes se multiplient sur ce terrain et qu '« Antoinette » (mensuel femme de la CGT) y consacre un dossier (viol : sept 1977).

Dans le même sens, le droit de chacun, de chacune à disposer de son corps, de vivre librement sa sexualité, est ignoré...

Alors qu'il existe encore une législation répressive tant sur l'avortement que sur l'homosexualité. Cela ne fait-il pas partie des libertés publiques ?

Et la question du divorce ? Là encore, c'est le silence ! N'a-t-on pas entendu à la 6* conférence femme CGT que tout ce qui reproduit l'infériorité des femmes dans le travail et dans la société doit être combattu par le syndicat ? Où est passé le travail de nombre de sections syndicales, tant CGT que CFDT, sur toutes ces questions ?

De la même manière, les châpitres sur les libertés syndicales et politiques ne posent pas les problèmes des moyens à donner aux femmes (entre autres) pour exprimer leurs droits.

Ainsi au cours des dernières années, la radicalisation des femmes travailleuses a poussé les organisations syndicales à prendre réellement en charge leurs revendications et au delà même à reconsidérer certaines de leurs positions. Aujourd'hui il faut constater que cela reste bien relatif dans ces deux plates-formes dont la fonction est de définir les revendications essentielles notamment face à un éventuel gouvernement de gauche.

S'agit-il de simples oublis ? S'agit-il d'appréciations différentes sur ce qu'il sera possible de revendiquer demain ? Ou bien encore, s'agit-il de conceptions différentes de ce par quoi passe la transformation de la vie des femmes aujourd'hui ?

La lutte que mènent les femmes doit être prise en charge par l'ensemble du syndicat et donc être partie intégrante de ce genre de documents. Nous n'avons pas à nous interroger aujourd'hui sur ce qu'un gouvernement de gauche pourra demain concéder en matière d'équipements sociaux, de création d'emplois, etc... Nous avons à formuler nos revendications et, parmi les plus vitales, nombreuses sont celles « oubliées » par les plates-formes. Si la lutte des femmes a bien deux volets : la lutte pour le droit au travail la satisfaction des revendications « économiques », et la lutte contre tout ce qui infériorise les femmes (pour reprendre une expression de C. Gilles)... ces deux volets sont inséparables : une lutte ne va pas sans l'autre, pour les femmes moins que pour quiconque. Quels que soient les pas en avant faits, les préoccupations nouvelles formulées par les syndicats, toute priorisation d'un aspect ou de l'autre de la lutte doit être combattue I

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