Dans tous les pays du monde, le droit des femmes de choisir leur maternité est bradé.
Dans beaucoup de pays cette campagne a été l’objet d’un enjeu politique important entre les adversaires et les défenseurs du droit à l’avortement. Le mouvement des femmes a trouvé des alliés dans le mouvement ouvrier, alors que les mouvements anti-avortement ont laissé apparaître leurs liens directs avec des organisations fascistes et racistes d’extrême droite.
En France, les liens entre l’association « Laissez-les Vivre » et le Front National ou d’autres organisations d’extrême droite ont été prouvés.
Il existe également des liens internationaux entre les différents mouvements anti-avortement. Ainsi il y a déjà eu à Berne en 76 une coordination internationale ; en 79, un congrès international contre l’avortement s’est tenu à Londres.
Le livre « Babies for burning » (des bébés à brûler) publié en Angleterre et distribué à tous les membres du Parlement fut un élément important dans la campagne des opposants à l’avortement.
Ce livre a été publié dans d’autres pays européens en dépit d’ailleurs des tribunaux anglais ayant prouvé que l’essentiel de son contenu est un tissu de mensonges.
Internationale aussi est la campagne réactionnaire de la hiérarchie catholique qui vise à culpabiliser les femmes ayant recours à l’avortement.
Seule, une campagne coordonnée au niveau international peut permettre une riposte efficace des mouvements de femmes et de ceux qui soutiennent leurs revendications. La bataille pour le droit à l’avortement et la contraception que les gouvernements des pays impérialistes refusent et la bataille contre toute forme de stérilisation forcée que ces mêmes gouvernements imposent dans les pays dits du tiers monde, éclairent leurs véritables objectifs racistes cachés derrière des soi-disants principes moraux.
Le Pape qui lors de son voyage en Amérique Latine s’est élevé contre la contraception et l’avortement au nom de la moralité et du respect de la vie, n’a rien dit des pratiques de l’impérialisme sur le « contrôle des naissances » dans ces pays.
Debré bien connu en France pour ses interventions contre la contraception et l'avortement, et pour sa propagande nataliste, a une politique bien différente à La Réunion où il est député, il devient alors par racisme le fervent défenseur de la « planification familiale ».
Pour toutes ces raisons la LCR et la IVe Internationale sont parties prenantes de la campagne internationale « avortement, contraception, stérilisation » (CICAS).
Cette campagne a été mise sur pied à l’initiative du NAC en Grande-Bretagne, elle regroupe aujourd’hui des organisations féministes, des collectifs unitaires, des organisations politiques dans de nombreux pays.
La CICAS a organisé une journée internationale le 31 mars 1979. Ce jour là, plus de 50.000 personnes ont exprimé leur volonté commune de lutte pour le droit des femmes de choisir, par des manifestations, des rassemblements, des meetings ou des piquets devant les ambassades des pays où la répression à l’égard des femmes qui avortent est particulièrement brutale.
Lors des élections au Parlement européen un texte d’appel pour la contraception gratuite, pour l’avortement libre et gratuit, pour la stérilisation quand la femme le demande, a été adressé aux candidats, et plus particulièrement aux candidats du mouvement ouvrier.
La CICAS prépare actuellement une conférence internationale sur l’avortement qui doit se tenir en Europe en 1980. Cette conférence se prépare dans des commissions mises en place sur différents thèmes :
-mouvements anti-avortement,
-trusts pharmaceutiques et contraception,
-droit de choisir et maternité.