EN LUTTE POUR LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
Elles disent non au travail le dimanche
3 000 grévistes, le 5 septembre au Printemps, à l'appel de l’intersyndicale.
7 000 grévistes aux Galeries Lafayette appelé (e)s par la CGT ; débrayages massifs au BHV, à la Samaritaine, au Prisunic-Cau-martin...
9 000 et 10 000 manifestant (e)s en délégation au ministère du Commerce le 7 septembre.
15 000 manifestant (e)s le 2 1 septembre à Paris...
Les vendeuses sont en colère et se mobilisent massivement. On n avait jamais vu cela depuis 1 968 !
Il faut dire que le gouvernement et le patronat n 'y vont pas de main morte !
43 députés UDF viennent en effet de déposer un projet de loi qui vise à imposer l'ouverture le dimanche et les jours fériés des agences bancaires, des grands magasins, de tous les hypermarchés et des grandes surfaces ainsi que des magasins populaires (Prisu-nic, Monoprix, Uniprix, etc.). Est envisagée également l’extension du travail en nocturne dans le commerce.
Cette offensive directe est menée au nom de la « modernité sociale » (dixit M. Boulin, ministre du Travail ) et du « service public ». Elle s’inscrit parfaitement dans la politique d’ensemble de la bourgeoisie contre les travailleurs. Si elles devaient être mises en pratique, ces mesures aggraveraient le chômage en augmentant l'amplitude horaire hebdomadaire et accentueraient la détérioration des conditions de travail dans le commerce et la distribution où les femmes sont très nombreuses.
En 1936, les vendeuses participèrent au mouvement de masse par la grève et l’occupation dans les grands magasins. Nombreuses sont les anciennes vendeuses qui se rappellent la victoire pour les quarante heures hebdomadaires dans leur profession.
Les luttes menées en 1968 aboutirent à ce que soit intégré dans les conventions collectives des grands magasins et des magasins populaires le droit pour les vendeuses à « deux jours de repos consécutifs » (samedi-dimanche ou dimanche-lundi). La bataille centrale aurait d’ailleurs dû être l’obtention d’une convention collective nationale unique du commercé, assurant aux travailleurs de cette profession des conditions de salaire et travail identiques.
Or, depuis plusieurs années, nous avons vu les acquis des travailleurs du commerce régresser alors que le patronat augmentait ses bénéfices et son chiffre d’affaires par le biais de circuits de distribution concentrés et monopolisés par quelques trusts et en multipliant la création de nouveaux magasins partout en France et dans le monde (Espagne, Brésil' Guadeloupe, Martinique, etc ). Dans l’attentisme électoral de 1978, faute de mobilisation et de centralisation des luttes, les syndicats (FO et la CFTC), signaient des conventions collectives séparées au détriment de la convention collective des magasins populaires de la région parisienne issue des luttes de 1968 On voyait ainsi apparaître une convention pour Monoprix, une pour Pri-sunic, une autre pour Uniprix, etc. sans mobilisations et ripostes suffisantes de la part de la CGT ou de la CFDT. L’existence de ces conventions collectives séparées entraînait d’ailleurs immédiatement une différenciation de la grille des salaires (jusqu’alors unique pour ces magasins) d’une chaîne de magasins à l’autre. La régression des acquis se traduisait par :
EN LUTTE POUR LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
— l'augmentation du temps de travail, avec pratique systématique d'heures supplémentaires illégalement payées forfaitairement ;
— le non-respect des deux jours de repos consécutifs ;
— l'extension des contrats a durée déterminée (alors que la convention stipulait : un mois d'essai puis titularisation et embauche définitive) ;
— l’extension du travail en nocturne (21 h-2 2 h 30 a Prisunic-Champs-Elysées, par exemple) ;
— l’augmentation de la charge de travail pour une même qualification et un même salaire. Exemple : les caissières absentes ne sont pas remplacées et ce sont les collègues qui assument la surcharge de travail ;
— la stagnation des salaires ;
— la déqualification et dévalorisation de la profession ;
— la polyvalence.
Dégradation des conditions de travail : pourquoi ?
Considéré comme un travail féminin par excellence, le métier de vendeuse est une véritable « voie de garage » où sont systématiquement embauchées des femmes auxquelles on ne demande aucune formation ou qualification particulières.
Le personnel masculin est divisé en deux catégories très distinctes :
— nombre réduit d’hommes pour le personnel d’encadrement (3 à 4 pour 2 iO employés en moyenne) ;
— travailleurs immigrés systématiquement affectés à des tâches très ingrates : nettoyage, entretien, travail de manutention lourde dans les réserves.
Mais le patronat embauche également de plus en plus de jeunes dans le cadre de ce qu'on appelle « les stages Barre ». ou des stagiaires de CET commerciaux, ainsi que des jeunes chômeurs possédant des diplômes et qui restent peu de temps dans l’entreprise, écœurés par les bas salaires et les mauvaises conditions de travail.
La haute féminisation de la profession a transformé ce métier en « travail d'appoint ». Jouant sur cette caractéristique, les patrons ont mis en avant l'appât du « travail à temps partiel ». Il s’agjt, selon les patrons, d'une « carrière idéale » qui permettrait à la femme de conserver un « métier » tout en continuant à assumer le travail ménager, les soins et l'éducation des enfants. Le travail à temps plein serait (toujours selon les patrons) trop » absorbant et trop fatigant », étant donné le double rôle de la femme dans la famille, mère et travailleuse.
Non au travail le dimanche et les jours fériés
Les différentes formes de travail à temps partiel :
Il existe plusieurs cas de figures ; citons d'abord les contrats a durée déterminée, renouvelables selon les bons plaisirs et besoins du patronat du commerce : puis. les cas ou :
— les vendeuses ne viennent travailler qu'un jour ou deux par semaine ;
— les vendeuses qui n'effectuent que quelques heures par jour (par exemple, de 1 1 h à 14 h, en équipes volantes d’un rayon a l'autre pour remplacer les vendeuses prenant leur temps de repas) ;
— les extras, notamment pour les périodes de « boom et de vente promotionnelle » . 3J aux Galeries Lafayette, les périodes de fêtes ;
— les nocturnes : signalons a propos des travailleuses nocturnes. l'aberration suivante : certaines femmes travaillent douze heures par jour ; elles ont un emploi qui les occupe huit heures dans la journée, puis, a la sortie. elles viennent travailler quatre heures en nocturne dans un magasin. C'est le cas très souvent de femmes célibataires ou seules ayant des enfants à élever. Irés nombreuses sont les femmes qui.
au départ, souhaitaient un travail a temps plein. Mais pour la plupart. elles ont été contraintes de n'accepter qu'un travail a temps partiel a cause de l’éloignement de leur lieu d'habitation. La plupart des vendeuses a temps plein (60‘L) habitent la banlieue. Certaines effectuent jusqu’à deux heures trente de trajet.
Le travail a temps partiel systématiquement imposé par le patronat lui offre les avantages suivants :
— la main-d'œuvre est extrêmement mobile et atomisée. Il est par conséquent très difficile de l'intégrer à l’ensemble du personnel. Leclatement et la dispersion de ce personnel renforcent la difficulté de syndicalisation de ce personnel :
— taillable et corvéable a merci, ce personnel sans qualification particulière a très peu de chance de promotion ou de qualification dans l'entreprise. Il constitue, de fait, un personnel en chômage camouflé, idéal pour les patrons qui peuvent faire appel à lui ou le renvoyer au foyer suivant les besoins de la conjoncture.
<< Travail, non stop », c'est ce que voudrait le patronat du commerce qui. avec l'aide du gouvernement, veut faire passer un texte de loi imposant J’ouverture des magasins le dimanche et les jours fériés, ainsi que la généralisation des nocturnes. Un seul souci : la RENTABILITE, les PROFITS. Déjà des magasins tels Darty. Confo-rama, ouvrent leurs portes le dimanche sans l'autorisation de l'inspection du travail. Ils préfèrent perdre 30% de leur chiffre d’affaires en amendes plutôt que de renoncer à leurs bénéfices juteux. Ces propositions sont ressenties comme un danger aggravant les conditions de travail et de vie des travailleuses du commerce.
Alors, celles-ci disent NON !
Travailler le dimanche, c’est une journée de repos, de liberté, de loisirs en moins. Ce que revendiquent les travailleuses du commerce, c'est le DROIT A VIVRE MIEUX ; pas pour la lessive, les gosses, le ménage ! Mais pour vivre mieux !
Les associations de consommateurs en solidarité avec l'aspiration des vendeuses et de leur famille au DROIT DE VIVRE MIEUX se sont prononcées CONTRE le travail le dimanche.
Il faut suivre le développement des luttes contre l’offensive patronale dans ce secteur. Leur centralisation est capitale. Il ne faut pas laisser au gouvernement la possibilité d’imposer sa loi et de rayer du Code du travail l’obligation du repos dominical, inscrit dans les textes depuis 1906.
NON AU TRAVAIL LE DIMANCHE î
SATISFACTION DES REVENDICATIONS
DES TRAVAILLEURS DU COMMERCE !
L. L.