TAGNE
AVORTEMENT-CONTRACEPTION
Le 28 octobre à Londres, grande manifestation
Contre le projet Corrie , en défense de la loi sur Vavortement
Les femmes britanniques bénéficiaient depuis 1967 de la loi sur l’avortement la plus libérale de toute l’Europe. L’avortement était autorisé jusqu’à vingt-huit semaines et remboursé lorsqu’il était réalisé dans le cadre du Service national de santé. Ces acquis limités sont aujourd’hui remis en cause.
Le nouveau gouvernement de Mme Thatcher est aujourd’hui engagé dans une attaque en règle et généralisée contre tous les acquis de la classe ouvrière ; parmi ceux-ci, le droit à l’avortement. Ce gouvernement est considéré comme le plus réactionnaire que l’on ait connu depuis les années trente ! C’est dire l’ampleur de l’offensive patronale et gouvernementale. Ces attaques menacent aussi bien le niveau de vie des travailleurs que l’emploi, les dépenses sociales et les droits démocratiques. Les droits des femmes ne sont pas épargnés. Ainsi le Parlement britannique vient d’adopter en deuxième lecture, en juillet dernier, un projet de loi réactionnaire sur l’avortement (le projet Corrie) qui a immédiatement soulevé une tempête de protestations parmi toutes les organisations du mouvement ouvrier, du mouvement des femmes et des organisations qui luttent pour l’avortement libre et gratuit. Quarante organisations se sont déjà prononcées contre ce projet de loi, parmi lesquelles la British Medical Association (BMA) qui regroupe la majorité des médecins.
Pour être définitivement adopté, ce projet de loi doit passer une troisième fois devant le Parlement puis devant la Chambre des lords. Cette troisième lecture interviendra sans doute en février 1980. En attendant, la riposte unie s’organise. Sous la pression de la base et des femmes, le TUC (Trade Union Congress) a été obligé d’appeler à une grande manifestation qui aura lieu à Londres le 28 octobre prochain. Le NAC (National Abortion Campain), qui depuis plusieurs années se bat contre tous les projets réactionnaires menaçant le droit à l’avortement en Grande-Bretagne, appelle, bien sûr, à participer massivement à cette manifestation. Dans un tract d’appel, le NAC explique les conséquences dramatiques qu’entraînerait l’adoption du projet Corrie. Voici la traduction de quelques extraits de ce tract.
Nouvelle attaque des adversaires de l’avortement
Le projet « Corrie » modifiera la loi de 1967 de la manière suivante :
Les cas où l'on peut avorter seront restreints.
Obtenir la possibilité de se faire avorter par un médecin deviendra presque impossible à moins :
1 . d’un « grave » danger pour la vie de la femme ou...
2. d’un risque « substantiel » et « sérieux » de dommage pour la santé physique ou mentale de la femme ou de ses enfants.
Ces trois mots vont pratiquement interdire à la majorité des femmes d’avorter.
Les délais pour avorter seront réduits à vingt semaines.
La limite actuelle est de vingt-huit semaines. Cela signifie que les médecins n’accepteront pas de faire des avortements au-delà de seize semaines pour s’accorder une marge d’erreur. A ce stade, la femme devra être littéralement en danger de mort pour avoir le droit d’avorter. Une seule exception est prévue au cas où le foetus est « sérieusement handicapé ». Cela signifie qu’aucun autre type d’avortement ne pourra avoir lieu après seize semaines. (Seront particulièrement menacées par cette clause les très jeunes qui ont peur d’admettre qu’elles sont enceintes et ne le reconnaissent que lorsque cela ne peut plus être caché, celles qui ne le réalisent pas par ignorance ou parce que leurs règles sont irrégulières, les femmes de plus de quarante ans qui prennent d’abord les indices de leur grossesse pour des symptômes de ménopause.)
Les cliniques à but non lucratifs financées par des fonds privés qui pratiquent les avortements à très bas prix seront nnnées.
Corrie dit en effet qu’il n’y aura pas de lien financier entre les cliniques et les bureaux et associations de consultation où sont pratiqués les avortements... Cette clause paralysera ces cliniques. A l’heure actuelle, ce sont 2 > 96 des femmes qui sont obligées de se rendre dans ces cliniques pour avorter (faute de pouvoir avorter dans le cadre du Service national de santé). Où iront-elles après le vote de la loi Corrie ? Il faudra une autorisation gouvernementale et un médecin en permanence sur les lieux pour réaliser de simples tests de grossesse ou donner une consultation pour avortement à moins que vous n’ayez les moyens d’offrir ce service gratuitement.
La clause de conscience sera étendue .
D n’y a pas d’obligation pour les médecins et les infirmières de pratiquer les avortements. Après le vote de la loi Corrie, les autorités médicales pourront faire valoir « l’hostilité du personnel » pour justifier les carences de leurs services et ne pas répondre aux demandes d’avortement.
Les principales clauses de la loi de 1967 sur l’avortement
L’avortement est possible après avis de deux médecins quand il y a risque pour la vie de la femme, quand sa santé physique ou morale est menacée, quand il y a risque d’anomalie du foetus. L’avortement est possible jusqu’à vingt-huit semaines et remboursé si, réalisé à l’hôpital public.