Dessie Woods, jeune femme noire, mère de deux enfants. a été condamnée à 22 ans de prison pour s'être défendue et avoir défendu son amie Cheryl Todd contre une tentative de viol faite par un blanc.
Aux Etats-Unis, pour que le viol soit considéré comme crime, il faut la plupart du temps que la victime soit blanche et l’agresseur présumé, noir. Quand la victime est noire, quelle que soit la race de l'agresseur, le viol n’est pas considéré comme un crime. Quand l’homme et la femme sont blancs, le viol est ignoré. Vieux système qui terrorise hommes et femmes de la communauté noire. divise les races et dégrade toutes les femmes.
En Géorgie, l'Etat du président Carter, prétendu iéfenseurdes droits de l’homme... hors des Etats-Unis, Dessie Wods est en prison pour 22 ans parce qu’elle a osé se défendre contre l’agression sexuelle avec menace de mort d’un homme blanc.
Que s’est-il passé ?
Le 17 Juin 197 >. Dessie Woods et son amie Cheryl Todd viennent de voir le frère de Cheryl, emprisonné et malade à Reidsville, Géorgie. Sans argent, les deux femmes font de l’auto-stop pour retourner à Atlanta, à 300 km de là. Elles montent dans la voiture d'un homme blanc, Ronnie Horne, qu’elles prennent pour un agent de police.
Dessie et Cheryl ignorent que non seulement Ronnie Horne n’est pas un policier, mais qu’en outre il est connu dans la communauté noire de la région comme violeur impuni.
« Horne commença à nous menacer et nous dit qu'il allait nous « baiser » toutes les deux. Cheryl se mit à hurler et. lorsqu il arrêta sa voiture dans un endroit désert elle s'échappa en courant. Horne, fou de rage, prit son revolver, décidé à tirer sur elle (...) Certaines femmes m 'ont dit que j 'aurais dû le laisser faire ce qu 'il voulait. Mais il aurait pu fort bien le faire et nous tuer toutes les deux » Dessie Woods, 1976.
Alors Dessie réagit, lui arrache son arme et tire deux fois. Horne meurt. Légitime défense. C’est pour cela que l'Etat de Géorgie essaiera de la condamner à mort.
Pour payer le retour à Atlanta, Dessie prend l'argent quelle trouve sur lui. Le lendemain, elles sont arrêtées et seront jugées en Février 1977 à Hawkinsville. Géorgie.
Le procès
Hawkinsville est une petite ville de 3.000 habitants. Les Noirs de la région travaillent et vivent sur des plantation de cacahuètes et de coton dans des conditions de semi-esclavage : 1 6 heures par jour, nourris, logés, pour 10 dollars par semaine (environ 40 Frs).
La répression brutale et l’intimidation raciste sont quotidiennes.
Dans un tel contexte, Dessie Woods et Cheryl Todd doivent servir d’exemple pour rappeler aux Noirs où est leur place. Elles sont donc accusées d’homicide avec préméditation et vol à main armée !
Pendant le procès, la ville est mise en état de siège par la police qui instaure un climat de terreur dans la communauté noire : on a peur d’étre juré.
Malgré la présence de 6 Noirs dans le jury, ce climat explique le verdict final : 22 ans de prison pour homicide involontaire et vol à main armée pour Dessie ; î ans de prison dont 3 et demi avec sursis pour Cheryl jugée complice de vol. Verdict de compromis puisque Dessie risquait la peine de mort. Verdict scandaleux pour un cas de légitime défense.
En prison, la vie de Dessie est en danger
Depuis son incarcération, on veut se débarrasser d'elle. Dessie subit toutes sortes de violences : enfermée nue au cachot, battue, droguée de force, à la fois pour neutraliser sa résistance et pour maquiller en suicide une tentative de pendaison. Pour la briser, on l’a même transférée dans un asile psychiatrique : seule une mobilisation à l'extérieur de la prison a permis de lui faire réintégrer sa cellule. Elle a été soumise à des injections de Prolixine, l'un des tranquillisants les plus dangereux, qui déstructuré la personnalité et, en cas de traitement prolongé, occasionne des paralysies. Ces techniques sont de plus en plus répandues dans le système pénitentiaire américain où l'on se livre à de véritables expériences humaines sur les détenu(e)s.
Sauver Dessie Woods, c’est possible !
Différents mouvements luttent aux U S A pour obtenir la libération de Dessie. Mais seule une pression internationale peut contraindre les autorités américaines a rendre enfin justice à Dessie Woods.
Souvenons-nous que la solidarité internationale a permis de libérer Angela Davis, Eva Forest, Carmen Castillo et. plus récemment, les trois nationalistes porto-ricains incarcérés aux U. S. A. Exigeons la libération immédiate de Dessie Woods !
Un comité de soutien à Dessie Woods s’est constitué à Paris, 46 rue de Vaugirard, pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de Dessie Woods à l’initiative du MIFAS et du mensuel féministe « Remue-ménage » auquel se sont joints le MRAP, le MDPL, le MIGAM, le PSU et Josiane Moutet avocate.
Adressez votre soutien financier à l’ordre du MIFAS, en précisant :
Comité de • soutien à Dessie Woods 46 rue de Vaugirard 75006 Paris. Ainsi que toute pétition ou signature pour exiger la libération de Dessie Woods.