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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Résolution du XIe Congrès mondial de la IVe Internationale

· Cahiers du féminisme, n° 13, mars - avril 1980 · p. 45-49 · 3 036 mots

ANALYSE

Marche des femmes le 6 octobre 1970 à Paris (Photo Manuel Vimenet.)

En novembre dernier, la IVe Internationale a tenu son XIe Congrès mondial (1) : c ’est la première fois, dans toute son histoire, que la IVe Internationale a discuté et adopté une résolution entière con -sacrée à la lutte pour la libération des femmes. Cette résolution est le fruit de plus de dix années d’expériences accumulées par les sections qui ont été confrontées au développement de la radicalisation féministe et à l’émergence d’un mouvement de femmes organisé, diversifié, sur le plan international.

Résolution du congrès mondial

Comme le rappelle la résolution, ce développement de la radicalisation féministe n’est pas un phénomène conjoncturel mais une donnée politique fondamentale de la période.

Ce n’est pas non plus un phénomène qui se limite aux pays capitalistes développés : la combinaison de la pénétration de l’impérialisme et du développement capitaliste superposés à une économie et à des relations sociales de type précapitalistes dans le monde colonial et semi colonial sont source de contradictions explosives. Ces contradictions et l’écho du mouvement international de libération des femmes constituent un puissant stimulant à la prise de conscience des femmes dans ces pays.

Loin de nous l’idée de plaquer des schémas sur une réalité diversifiée et d’oublier les difficultés concrètes dans lesquelles se déroule la lutte des femmes dans les différents pays, mais il est évident que les femmes n’attendront pas que les luttes de libération nationale et la révolution sociale soient en voie d’achèvement pour prendre la parole, poser leurs revendications. La participation active des femmes au renversement du shah en Iran, de Somoza au Nicaragua, les débuts de la contestation féministe en Iran et dans plusieurs pays d’Amérique latine ont confirmé cette appréciation politique.

La résolution s’attache aussi à tirer le bilan de la contre-révolution stalinienne dans les Etats ouvriers bureaucratisés du point de vue des femmes : « La promotion et la glorification de la famille ont eu pour conséquence le maintien du fardeau traditionnel des femmes, de la double journée de travail (...) » La conclusion de la résolution sur ce point est la suivante : « Les femmes des Etats ouvriers dégénérés ne verront pas leur pleine libération sans une révolution politique qui arrache son pouvoir à la caste bureaucratique et restaure la démocratie ouvrière. Bien qu’il y ait encore peu d’indications concernant une élévation du niveau de conscience à propos de l'oppression des femmes, il n y a pas de barrière étanche entre les pays capitalistes et les Etats ouvriers, spécialement entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est. Les femmes des Etats ouvriers seront inévitablement influencées par la radicalisation des femmes d'autres pays et par les revendications que ces dernières mettent en avant. La lutte des femmes pour leur libération sera un élément important du processus de remise en cause pour renverser les régimes bureaucratiques et établir une démocratie socialiste (...) »

Depuis, la publication du premier samizdat féministe (3) a confirmé cette analyse même si ce type de publi-

Marche des femmes le 6 octobre 1970 à Paris (Photo Manuel Vimenet.)

ANALYSE

Au Portugal, des milliers de femmes se sont regroupées au sein des comités de locataires...

cation ou î on trouve des textes d’inspirations diverses est sans doute le fait d’une toute petite minorité de femmes.

Au Portugal, des milliers de femmes se sont regroupées au sein des comités des locataires...

L’importance stratégique du mouvement autonome des femmes

La résolution explique clairement l’importance stratégique du mouvement autonome des femmes dans la lutte pour la révolution socialiste : « Les femmes représentent à la fois une composante importante de la classe ouvrière et un puissant allié dans la lutte de la classe ouvrière pour le renversement du capitalisme. Sans la révolution, les femmes ne peuvent instaurer les conditions préalables à leur libération. Sans la mobilisation de la masse des femmes dans la lutte pour leur propre libération, la classe ouvrière ne peut accomplir ses tâches historiques. Ni la destruction de l’Etat bourgeois, ni la consolidation d’un nouveau pouvoir d’Etat fondé sur l’organisation démocratique de la classe ouvrière et de ses alliés, ni la transformation des bases et des priorités économiques de la société, ni la lutte permanente pour éliminer toutes les formes d’oppression dans les relations sociales héritées de la société de classes, ne peuvent être menées à bien sans la participation et la direction consciente d’un mouvement autonome. »

Un mouvement autonome des femmes est donc important politiquement non seulement avant et pendant la révolution mais aussi après : « Si la victoire de la révolution prolétarienne peut créer les bases matérielles de la socialisation du travail domestique et jeter les bases de l’égalité économique et sociale complète des femmes, cette reconstruction socialiste de la société qui posera toutes les relations humaines sur des bases nouvelles, ne s’accomplira pas immédiatement et automatiquement. Pendant la période de transition vers le socialisme, la lutte pour extirper toutes Jes formes d’oppression héritées de la société de classes continuera. Par exemple, la division sociale du travail entre tâches masculines et féminines dans toutes les sphères d’activité depuis la vie quotidienne jusqu’aux entreprises. Il faudra prendre des décisions concernant la répartition des ressources insuffisantes ; il faudra mettre sur pied un plan économique qui tienne compte des besoins sociaux des femmes et qui contribue à une socialisation des tâches domestiques accélérée. L’organisation autonome permanente des femmes sera une condition préalable pour prendre démocratiquement des décisions correctes dans le domaine économique et social. »

Le caractère novateur des thèses

De ce point de vue, il ne faut pas sous-estimer le caractère novateur de ces thèses par rapport à toute la tradition du mouvement ouvrier révolutionnaire. Si le mouvement des femmes socialistes a été lancé en Allemagne, par la social-démocratie, à la fin du XIXe siècle, c’est d’abord pour contourner la loi répressive contre les socialistes qui interdisait aux femmes la participation à des réunions politiques et mixtes. C’est donc de manière empirique que s’est constituée la première organisation de femmes socialistes, à dimension de masse, sous la tutelle du Parti social-démocrate allemand. Au moment de la IIIe Internationale, il est demandé aux partis communistes d’impulser en leur sein des commissions femmes pour définir une intervention spécifique en direction des femmes sans qu’à aucun moment ne soit envisagée la possibilité d’impulser une organisation de masse des femmes, indépendante, sur des bases anticapitalistes. Pourtant l’expérience des Genotdels en Russie soviétique, aurait pu susciter un approfondissement de l’élaboration de la IIIe Internationale sur cette question ; organisation des femmes communistes ouvrières et paysannes au départ, les Genotdels regroupèrent des femmes « sans parti » et là encore prirent un caractère de masse. Enfin, le développement du Mouvement des femmes libres en Espagne entre 1936 et 1939, se développa à l’initiative de militantes anarchistes contre les staliniens évidemment. Mais c’est aussi pied à pied que le Mouvement des femmes libres a dû défendre son indépendance par rapport à la CNT. (4)

Au cours des discussions préparatoires et au cours du congrès mondial lui-même trois questions firent plus particulièrement débat.

La première, ce fut l’origine de l’oppression des femmes. Faute de place, nous ne pouvons ici aborder ce point.

La deuxième question, beaucoup plus importante celle-là, fut la définition du mouvement autonome des femmes : « Indépendant ou autonome ne signifie pas pour nous indépendant des exigences de la classe ouvrière. Nous voulons dire que le mouvement est organisé et dirigé par des femmes ; qu’il n’est subordonné aux décisions ou à l’orientation d’aucune tendance politique ni d’aucun groupe social ; qu’il considère la lutte pour les droits et les exigences des femmes comme une priorité absolue et qu’il refuse de subordonner cette lutte à d’autres inté- rêts, quels qu ’ils soient, qu ’il est décidé à mener jusqu’au bout la lutte par tous les moyens et avec toutes les forces qui se révéleront nécessaires. »

La résolution insiste en outre sur l’aspect positif des groupes femmes non mixtes qui loin de diviser peuvent favoriser la prise de conscience des femmes : « Les petits ’’groupes de conscience” qui sont apparus partout comme une des formes les plus répandues de la nouvelle radicalisation aident maintes femmes à réaliser que leurs problèmes ne viennent pas de leurs carences personnelles, mais sont des produits sociaux, communs aux autres femmes. Ils ouvrent souvent la possibilité de rompre leur isolement, d’acquérir de l’assurance et d’entrer en action. »

Elle insiste aussi sur l’importance des campagnes de masse sur des objectifs concrets : « Notre orientation, qui vise à mobiliser dans l’action la masse des femmes, peut souvent se concrétiser le mieux dans la période actuelle, par des campagnes sur des revendications concrètes suscitant le soutien le plus large possible, sur la base d’actions de front unique (5)...

Pour nombre d’hommes et de femmes, la participation à des actions de ce genre a été le premier pas vers le soutien aux objectifs politiques du mouvement de libération des femmes. Les campagnes unitaires pour l’avortement en France, aux USA, et en Grande-Bretagne fournissent un exemple de ce type d’intervention. »

Mobiliser les femmes travailleuses contre leur oppression

Depuis plusieurs années et dans de nombreux pays, la radicalisation féministe a débordé le cercle restreint des femmes intellectuelles pour toucher de plus en plus largement les femmes travailleuses. Ce n’est ni négliger la lutte contre l’oppession des ménagères ni faire de l’ouvriérisme que d’insister comme le fait la résolution sur le rôle décisif des femmes travailleuses dans l’avenir du mouvement de libération des femmes et dans celui du mouvement ouvrier ; à condition toutefois que les militantes féministes et les militant(e)s révolutionnaires dans les syndicats aient une volonté politique consciente de favoriser la participation des femmes travailleuses aux activités du mouvement de libération des femmes et des syndicats : « (...) La lutte pour convaincre les syndicat de reprendre en charge les revendications spécifiques des femmes (...) est inséparable de la lutte pour la démocratie socialiste. La démocratie syndicale implique non seulement des points tels que le droit pour les syndicats de décider sur tous les problèmes, d'élire toutes les instances dirigeantes et les permanents, et le droit de former des tendances mais aussi des mesures spéciales qui permettent aux femmes de participer à part entière : crèches organisées par le syndicat pendant les réunions, droit de se réunir dans les commissions syndicales femmes, modalités spéciales de réunions pendant les heures de travail et mesures pour assurer une représentation appropriée des femmes dans toutes les instances dirigeantes. Dans le mouvement ouvrier, la remise en question des attitudes et pratiques sexistes fait partie intégrante de la lutte pour la démocratie syndicale et la solidarité de classe. »

La résolution rappelle l’importance de combattre l’oppression des femmes sous tous ses aspects : juridique, économique, sociale, et sexuelle à travers des revendications qui tout à la fois dénoncent le système actuel et indiquent les solutions possibles dans une société qui ne serait plus fondée sur la propriété privée, l’exploitation et l’opression. La résolution rappelle aussi l’importance de recourir à des méthodes de lutte inspirées par les traditions de la lutte de classes et non celles préconisées par les directions réformistes qui s’embourbent dans le crétinisme parlementaire comme cela a encore été démontré en France, en octobre et novembre 1979, notamment.

Sur tous ces points, les débats ont révélé un profond accord au sein de la IVe Internationale.

ANALYSE

Coordonner l'action des féministes

Le débat a porté plus précisément sur la question de la non-mixité : l’ensemble de l’internationale est d’accord pour considérer que la non-mixité d’un mouvement de femmes ne constitue pas en soi la garantie d’une politique féministe et révolutionnaire : il a toujours existé des organisations de femmes parfaitement réactionnaires ; l’ensemble de l’internationale est d’accord aussi pour ne pas valoriser de manière sectaire et fausse les groupes femmes non mixtes par rapport à des comités unitaires et mixtes qui peuvent jouer un rôle tout aussi important dans la mobilisation de masse des femmes.

La majorité de la section française a jugé nécessaire néanmoins, lors de son dernier congrès national, de ne pas se contenter de constater cette réalité et d’insister plus en positif sur les tâches de construction du mouvement autonome des femmes : « Nous militons pour la construction d’un mouvement autonome et permanent des femmes élément nécessaire à la constitution d’une mémoire collective des femmes en lutte contre leur op -pression. L’organisation permanente des femmes est une condition indispensable pour transformer la révolte spontanée en force collective efficace. La stabilisation d’un tel mouvement de femmes ne s’opérera pas du jour au lendemain (...)

Aujourd’hui, les différentes formes de regroupements qui ont surgi à un niveau ou à un autre contre l’oppression des femmes imposée par la société sont autant de pas faits dans la voie de la construction d’un tel mouvement : groupes de conscience, groupes de quartier (...), groupes d’entreprises, commissions syndicales femmes, organisations des femmes de nationalités opprimées, groupes de féministes lesbiennes, cartels et comités de campagne sur des revendications spécifiques, collectifs de revues féministes, maisons de femmes, organisation nationale des femmes aux USA (NOW), la campagne nationale pour l’avortement en Grande-Bretagne (N AC) ou le MLAC en France.

Si nombreux sont les regroupements de femmes crées en totale extériorité aux organisations ouvrières de masse, cela ne signifie pas que les structures de base ou les coordinations du mouvement de femmes seront toutes extérieures, séparées des organisations ouvrières et démocratiques de masse déjà constituées : en Bolivie par exem -pie, les femmes de mineurs se sont regroupées dans des comités de ménagères partie prenante de la Confédération ouvrière bolivienne (COB). En Italie, l’intercatégorielle de Turin a regroupé des militantes syndicalistes au sein de la FSM, des chômeuses... En 1975 au

Portugal, des femmes ont commencé à se regrouper au sein des comités de mor adores (de locataires) ou de commissions de travailleurs. En Espagne, c’est au sein des comités de voisins ou des commissions ouvrières que des femmes se sont regroupées massivement. En France, des milliers de femmes se sont regroupées non seulement dans des groupes femmes, mais aussi dans les commissions syndicales femmes, le Planning familial, les associations du cadre de vie etc.

Il revient aux militant(e)s révolutionnaires de favoriser le regroupement des femmes partout où elles agissent et d’impulser la coordination de l’ensemble de ces regroupement afin de les constituer en force collective consciente, capable d’imposer un rapport de forces contre l’état bourgeois et décisive pour favoriser la reprise en charge par l’ensemble du mouvement ouvrier de la lutte spécifique contre l’oppression. »

La majorité du congrès mondial a repoussé cet amendement. On peut penser que la confrontation systématique des sections sur cette question, sur la base de leur pratique, devrait favoriser l’homogénéisation politique de l’Internationale et permettre de surmonter un certain nombre de divergences, d’ici le prochain congrès mondial.

ANALYSE

La place des femmes dans la IVe Internationale

La dernière question qui suscita des débats passionnés fut celle du fonctionnement interne des sections de l’Internationale en vue de favoriser la participation active des militantes à la vie politique des sections et leur intégration à part entière dans les directions. Dans cette perspective la résolution complémentaire adoptée sur cette question déclare : « La responsabilité de l’intervention des femmes n’incombe pas aux camarades femmes seules, (...) Comme pour toutes les autres questions la totalité des militante )s et de la direction doit être au courant de notre travail, participer collectivement à l’élaboration de notre ligne politique, et prendre en charge nos campagnes et notre propagande dans tous les secteurs de la lutte de classes où nous intervenons. »

Dans ce but, la résolution rappelle l’importance d’impulser une formation politique sur l’histoire des luttes des femmes, l’analyse de l’oppression etc. L’internationale ne prétend pas constituer un îlot de la future société socialiste. « Flottant dans un marais capitaliste (...) Mais c’est une condition d’appartenance à la IV* Internationale que le comportement des camarades et des sections soit en harmonie avec nos principes de base (...) Nous luttons pour créer une organisation où un langage, des plaisanteries, des violences et autres actes phallocratiques ne soient pas tolérés, pas plus que des attitudes et des manifestations de racisme ne sauraient être admises sans réaction. » Les divergences les plus importantes se sont manifestées à propos de la tenue de réunions internes des femmes dans les sections de la IVe Internationale. L’ensemble de l’Internationale est d’accord pour considérer que les militantes ont généralement ressenti le besoin de se réunir entre femmes, dans les sections à cause de problèmes politiques réels, des carences des directions. L’ensemble de l’Internationale est aussi d’accord sur le fait que les solutions fondamentales a ces problèmes passent par une prise en charge de plus en plus collective de l’intervention contre l’oppression des femmes et par une politique volontariste pour stimuler la participation des femmes aux directions. Mais pour la majorité de la section française, des camarades de la section britannique et colombienne notamment, il faut laisser ouverte la possibilité pour les femmes de se réunir entre elles quand elles en ressentent le besoin pour discuter du fonctionnement des sections et comme recours possible contre les comportements sexistes. La majorité du congrès mondial s’est prononcée contre cette orientation : « Dans le mouvement de masse, nous soutenons et défendons le droit des femmes à tenir de telles réunions (non mixtes) (...)

Leurs directions ne sont pas démocratiquement élues pour défendre un tel programme.

Il y a une contradiction par exemple, entre les intérêts de la bureaucratie syndicale et les exigences des syndiqués et des femmes. Dans ce contexte, le droit des femmes à organiser des réunions non mixtes devient une question de démocratie élémentaire et fait partie de la lutte pour donner une orientation politique de lutte dé classes au syndicat. Mais dans un parti marxiste révolutionnaire, quelles que soient ses faiblesses et ses carences, il n’y a pas de contradiction intrinsèque entre le programme, la direction, et la base. Donc, l’organisation de réunions non mixtes entre en contradiction, avec la nature politique du parti et nos principes organisationnels de centralisme démocratique, qui découlent de notre programme. »

Néanmoins quelles que soient les divergences sur ce point, l’ensemble de l’Internationale se prononce contre toute mesure administrative qui viserait à sanctionner les militantes.

Telles sont les principales orientations adoptées par le dernier congrès mondial de la IVe Internationale qui doivent guider l’intervention de l’ensemble de ses sections.

Mireille

Markina.

Notes

  1. Notes :
  2. (1) Pour les autres débats, Cf. Critique communiste n° 30 et Imprécor n° 66.
  3. (2) Les textes du Congrès doivent être publiés intégralement prochainement.
  4. (3) Cf. «Femmes en mouvement hebdo » n° 10.
  5. (4) Cf. le livre «Femmes et mouvement ouvrier » aux éditions la Brèche.
  6. (5) Actions de front unique : actions qui permettent, favorisent l’unité de la classe ouvrière et de ses alliés sur des bases anticapitalistes malgré la division entretenue par les directions réformistes et leur politique de collaboration de classes.

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