Nous avions prévu pour ce numéro des Cahiers du féminisme une interview de l’équipe de Femmes en mouvement hebdo (Psychanalyse et Politique) pour clarifier avec elles leur analyse de l’oppression des femmes, leur conception du mouvement de femmes, et pour qu’elles nous exposent leurs projets.
Les camarades n’ayant pu répondre à nos invitations successives avant nos délais de bouclage, nous ne publions dans ce numéro qu’une première contribution, en considérant que le débat ne s’arrête pas là. Nous espérons que pour un prochain numéro l’entretien avec les femmes de Psychanalyse et Politique pourra avoir lieu.
« Le 6 octobre... » Photo M. Vimenet.
Depuis quelques mois, le groupe Psychanalyse et Politique fait beaucoup parler de lui : dépôt du sigle MLF en vue d’une association de type loi de 1901, qui excluerait toute possibilité pour d’autres de se référer au mouvement de libération des femmes — participation à la manifestation du 8 Mars 1980 en exigeant et en prenant la tête du cortège — dénonciations violentes et répétées des autres courants qualifiés, suprême injure, de féministes. Ces activités « promotionnelles » se sont accompagnées de la création de petits groupes dans plusieurs villes de province et du tissage de liens internationaux allant de l’Association des femmes nicaraguayennes aux femmes contestataires soviétiques, en passant par l’Italie, Euskadi, le Salvador, l’Inde, etc.
Les autres courants du mouvement des femmes n’ont pas manqué de réagir avec la véhémence prévisible en pareil cas. Les adeptes de Psychanalyse et Politique ont, tour à tour, été traitées de « bourgeoises » et de « staliniennes » (...) Mais la théorie, chez Psychanalyse et Politique, est encore plus inquiétante que les formes.
« Le 6 octobre... » Photo M. Vimenet
EN DEBAT
Le groupe Psychanalyse et Politique est apparu en 1970-1971, à la suite de la première différenciation politique dans le mouvement des femmes. Des assemblées générales rassemblant toutes les femmes redécouvrant leur vieille oppression sortirent trois courants distincts : celles qui allaient former les groupes femmes et s’affirmer comme tendance lutte de classes ; les Féministes révolutionnaires qui expliquèrent très vite que les femmes formaient une classe spécifique en lutte contre les hommes — Psychanalyse et Politique.
Une longue histoire et une évolution sensible
Ce dernier groupe, beaucoup moins « voyant » dans ses activités que les deux autres, privilégiait la réflexion théorique : comment fonder en théorie l’existence de l’oppression des femmes et leurs luttes. Le recours à la psychanalyse comme instrument de pensée, d’une psychanalyse marquée par « l’école » de Lacan fut immédiat. L’objet de la recherche se donnait comme la fusion de la théorie psychanalytique et du marxisme, dont Psychanalyse et Politique continue à se réclamer. Le groupe choisit l’action culturelle avec la fondation de la librairie Des femmes et de la maison d’édition du même nom.
Ce n’est qu’après 1978, la parution de la « mensuelle » Femmes en mouvement, transformée en hebdo, la revendication du sigle MLF, que Psychanalyse et Politique est passé à une action politique beaucoup plus directe. Ses méthodes plus que sectaires, son mode de fonctionnement ont été longuement dénoncés dans les revues des divers courants du mouvement. Le groupe fonctionne comme une chapelle, dont la grande prêtresse est Antoinette Fouque, analyste, « la grande découvreuse » comme disent ses laudateurs. Le rapport maître-disciple, si évident pour qui a pratiqué Psychanalyse et Politique, contribue fortement à la fois à la cohérence interne du courant (milieu familial structurant) et à son discrédit auprès des autres tendances d’un mouvement dont la revendication anti-autoritaire post 1968 est un fondement idéologique (la pratique étant plus nuancée).
Contre « le règne du primat du phallus »
L’influence actuelle de Psychanalyse et Politique tient à deux raisons fondamentales :
— pour des femmes qui arrivent au féminisme, pour des femmes de province qui souvent n’ont pas les autres revues, le groupe apporte un journal régulier, riche, avec une dimension internationale très forte ; un journal optimiste, esthétique, qui souligne les activités créatrices des femmes, et ne se complaît pas dans l’engluement {« je suis opprimée », « je suis opprimée... ») d’un certain discours féministe. L’attrait est d’autant plus fort que la cohérence globale de Psychanalyse et Politique apparaît peu dans le journal ;
— pour d’autres femmes, qui ont connu en totalité ou en partie l’histoire de dix ans de féminisme, la séduction vient de ce que le groupe apporte une réponse cohérente aux questions théoriques et stratégiques que le mouvement des femmes a fait naître : qu’est-ce qu’être femme ? Qu’est-ce qui fonde la spécificité de notre lutte ? Pour quoi luttons-nous ? Comment et avec qui lutter ?
Psychanalyse et Politique adopte, avec le secours de la psychanalyse, une démarche que l’on pourrait résumer ainsi : la différence sexuelle existe (un corps de femme n’est pas un corps d’homme) ; cette différence biologique induit un rapport au corps différent : j’ai l’expérience des règles, de la maternité... donc je vis le monde aussi à travers l’expérience que j’ai des règles, de la maternité. De plus, l’apport lacanien à la psychanalyse met en lumière la dualité fondamentale de notre système de valeurs, lequel renvoie à la structuration de l’inconscient collectif. Tout ce qui est du domaine du pouvoir, du faire, du discours qui affirme, tout ce qui fait une société est connoté au masculin ; pour employer le jargon lacanien, c’est « le règne du primat du Phallus ». Est au féminin tout ce qui échappe au pouvoir; le discours inarticulé du corps, l’existence même ; avec une utilisation triviale qui apparaît très vite, cela donne l’irrationnel, la passivité, la jouissance béate ! Pour Psychanalyse et Politique, qui détourne Lacan (ce qu’on ne saurait leur reprocher), le crime de la société patriarcale, c’est de s’être approprié le corps. des femmes, d’avoir tué leur désir spécifique, transformé leur inconscient pour y faire régner la loi du Phallus. Là est la racine du mal qui ronge nos sociétés. Après avoir symboliquement détruit les femmes (et les avoir, sans doute aussi, un peu opprimées matériellement) les hommes, pervertis par cette tare originelle, se sont mis à s’exploiter entre eux. L’exploitation de classe devient un épiphénomène, une conséquence de l’oppression première.
Contre le féminisme, la femme
De cette théorie peut découler une politique. La révolution à faire est d’abord symbolique. Il s’agit de retrouver, par-delà la loi phallique imposée au monde depuis des millénaires, l’être des femmes, leur altérité radicale au mode de pensée et de vivre de la société patriarcale. Pour cela, il faut écouter parler le corps des femmes ; il faut, à travers l’indispensable analyse, chasser l’homme de sa tête, c’est-à-dire notre envie d’être un homme (envie du pénis) et retrouver la plénitude de la féminité véritable. Comme dit le compagnon de route Serge Leclaire, « elles bouleversent subtilement, mais radicalement, les fondements les plus soigneusement méconnus des idéologies dominantes en imposant une au-
EN DEBAT
La révolution symbolique
Des femmes en mouvements
tre pensée où le corps a sa raison et la dit ; elles donnent enfin lieu à de l’autre, hors de portée de toute prise réductrice. »
On comprend, dès lors, le sens de la croisade de Psychanalyse et Politique contre le « féminisme ». Ce qui a fondé le refus du féminisme contemporain, c’est le refus de l’idée de nature féminine. « On ne naît pas femme, on le devient. » La phrase célèbre de Kierkegaard, placée en exergue du Deuxième Sexe, est le postulat de base de toute réflexion sur la condition féminine. C’est l’immense mérite de Simone de Beauvoir d’avoir rompu, non seulement avec l’idéologie bourgeoise traditionnelle, mais aussi avec ses scories dans les mouvements féminins du XIXe et du XXe siècle, où l’on revendiquait bien souvent des droits pour les femmes au nom de-leur-sublime-fonction-de-mère ou de leur propension naturelle à la douceur ou à la générosité. Que l’on songe au rôle messianique de rédemption de l’humanité attribué aux femmes par les socialistes utopiques sous l’influence du romantisme, par certains surréalistes (Breton, Aragon). Lequel Aragon était, dans les années cinquante, tout à fait dans la ligne du parti de Jeannette Veer-mersch qui mobilisait les femmes, pendant la guerre froide, au nom de leur goût naturel pour la paix.
Psychanalyse et Politique se rattache beaucoup plus à toutes ces traditions confondues qu’au féminisme post 1968 qui pose que ce que les femmes ont en commun, c’est une réalité sociale d’opprimées. Pour le courant de la librairie Des femmes, le féminisme actuel ne ferait que revendiquer des droits égaux à ceux des hommes, chercherait à instituer un contre-pouvoir identique au pouvoir masculin, se situerait donc dans la loi patriarcale dont il serait le dernier suppôt. De là l’amalgame réjouissant de tous les courants du mouvement des femmes avec le shah d’Iran qui, en ôtant le tchador aux femmes, leur ôtait leur féminité ; avec les chars soviétiques à Kaboul puisque le régime de Karmal a inscrit l’égalité des sexes dans la Constitution ; avec Rosalyn Carter qui aide son président de mari comme les féministes aident le patriarcat !
Retrouver la féminité perdue nécessite, outre l’analyse individuelle, de vivre entre femmes dans une indépendance totale (« indépendance érotique et politique ») par rapport à la société patriarcale : partis, syndicats.... Non que Psychanalyse et Politique nie la lutte des classes, le groupe affirme se situer du côté des exploités. Mais tout ceci se passe « ailleurs », chez les hommes. A eux la révolution politique, aux femmes, les vraies, la révolution symbolique qui, évidemment, surdétermine la révolution politique. Le fameux slogan « l’usine aux ouvriers, l’utérus aux femmes », est révélateur. De là découle le système des alliances politiques : les femmes en lutte (Psychanalyse et Politique) concluent des alliances politiques avec les hommes en lutte sur leur terrain (mais attention, pas avec 'les femmes desdits partis et syndicats, qui, elles, sont des féministes, c’est-à-dire des « fils du Père, qui ont tué la Mère en elles » et sont complices de l’ordre patriarcal). En outre, comme la révolution symbolique paraît, après tout, plus aisée à faire que la révolution tout court, Psychanalyse et Politique se prétend constitué de femmes d’ores et déjà libérées. Ce dernier trait explique l’optimisme parfois délirant de l’hebdo et les incantations magiques dont il est émaillé : « Des femmes vivent, des femmes créent, des femmes dansent (...) »
Une telle construction intellectuelle appelle plusieurs remarques :
— elle est dangereusement révélatrice d’une évolution idéologique dont Psychanalyse et Politique n’est pas le seul exemple. Sur la base d’une critique du marxisme assimilé à sa vulgarisation stalinienne, on a vu fleurir, ces dernières années, des théories réactionnaires qui prenaient pour point de départ, des revendications situées « à gauche » dans l’après-Mai 68, et dont l’utilisation du « droit à la différence » est un bon exempleC..)..
Quel droit à la différence ?
Pour ce qui est des femmes, la revendication d’une identité, d’une féminitude, est presque fatalement réactionnaire, dans le cadre de la société actuelle. Ce qui est retrouvé par Psychalanyse et Politique, c’est ce qui n’a jamais été perdu (et pour cause ) : ce sont les éternelles valeurs féminines inspirées aux femmes par la société bourgeoise et patriarcale :
EN DEBAT
L’éternel féminin à travers les siècles !
la maternité, l’écoute du corps (les hommes seraient-ils sans corps ?), l’imagination, la déraison, le sentiment. Et les excommunications fusent contre qui ne se reconnaît pas dans ce portrait de femme-femme.
— La théorie de Psychanalyse et Politique, qui appelle à la lutte du féminin contre le masculin confond apparence /idéologie et réalité. Il est parfaitement vrai que l’inconscient collectif fonctionne à partir de schèmes dualistes homme /femme ; il est incontestable que le pouvoir est connoté au masculin, que tout opprimé, fut-il homme, vit son oppression comme une efféminisation. « En avoir ou pas » est le symbole achevé de tout pouvoir. Autrement dit, l’oppression des femmes fonctionne comme un modèle, un paradigme de toute oppression. De là à dire que parce qu’elle en est le symbole, elle rend raison de toute oppression ou exploitation, il y a un saut théorique que Psychanalyse et Politique fait allègrement — mais sans justification aucune.
Au risque de paraître follement démodées, répétons que, pour nous, il existe un mode de production capitaliste dont les nécessités internes produisent l’exploitation de classe. Ces nécessités ne sont nullement symboliques, mais très matérielles, et tournent autour de l’idée de profit. Ce même système capitaliste s’est approprié l’oppression des femmes héritée des modes de production antérieurs en fonction de ses besoins : par exemple, l’utilisation de la main-d’œuvre féminine, moins qualifiée, plus mobile, a été une arme décisive dès le stade du capitalisme sauvage et le reste aujourd’hui (voir le rôle de test, pour le patronat et sa politique de restructuration, des entreprises féminines). Dire que la lutte des classes s’inscrit dans un ailleurs des femmes est une stupidité quand les femmes ont deux fois plus de raisons d’en finir avec le système : l’usine aux ouvriers... et aux ouvrières ! C’est pourquoi le mouvement des femmes ne saurait être « indépendant » à la mode Psychanalyse et Politique : il est une composante décisive du mouvement ouvrier. Cela ne signifie nullement renoncer à un oombat spécifique ; comme chacun le sait, le mouvement ouvrier est profondément phallocratique, non seulement parce qu’il subit la dualité symbolique chère à Psychanalyse et Politique, mais parce que les hommes ont quelques intérêts à opprimer les femmes.
C’est pourquoi s’impose une lutte autonome des femmes où elles pren- nent en main entre elles leur combat. Autonomie des femmes sur leurs revendications féministes (eh oui !), mais dans le cadre du combat commun de tous les exploités contre le système. Pas de libération des femmes sans socialisme, pas de socialisme sans libération des femmes, comme on dit dans les manifestations. Tout autre est la logique de Psychanalyse et Politique qui, partant de la supériorité de la révolution symbolique sur tout autre lutte, donne le point de vue des « vraies femmes » sur la politique en général, avec une dynamique évidente de parti de femmes.
Le problème de l’identité féminine vue par Psychanalyse et Politique est, nous l’avons dit, réactionnaire, parce qu’il renvoie à la différence sexuelle et donc à la nature. Cela ne signifie pas, pour nous, que les femmes n’auraient en commun qu’une oppression saisie dans sa négativité. Toute oppression, et a fortiori la plus ancienne, développe chez ceux qui la subissent une relation au monde particulière. Il est vrai qu’une femme, aujourd’hui, n’est pas un homme et c’est tant mieux. Il est vrai que notre rapport au pouvoir, notamment, est différent, même de celui d’un homme exploité, précisément à cause de la polarité symbolique qu’on ne saurait nier. « Les hommes sont souvent ridicules, les femmes non », disait Sartre, faisant allusion à l’esprit de sérieux et à la lourdeur de nos chers compagnons.
Mais, c’est un fait social, et non l’expression plus ou moins élaboré du langage du corps. Nous ne négligeons nullement l’aspect de révolution symbolique. Ce qui fonde l’im-portance radicale de la lutte des femmes, c’est qu’elle opère la fusion d’une lutte « classique » d’un groupe surexploité dans le cadre du capitalisme, avec la subversion de schèmes idéologiques et symboliques qui justifient et occultent toute oppression.
L’éternel féminin à travers les siècles !
Faut-il brûler Psychanalyse et Politique ?
On vient de voir ce qui nous différencie de Psychanalyse et Politique : l’opposition est radicale. Nous n’avons de point d’accord ni sur le contenu de la lutte des femmes (nous sommes féministes et fieres de l’être), ni sur la relation entre lutte des femmes et lutte des classes. Pour autant, nous pensons que Psychanalyse et Politique fait partie du mouvement des femmes et que répondre à leurs excommunications par des exclusions (jusqu’à présent, il n’y a pas de carte d’adhésion) est aussi grotesque que de déposer le sigle du MLF comme loi de 1901.
Il faut se résigner à admettre que,
EN DEBAT parmi les femmes qui entrent en lutte, il y a des conflits politiques. On retrouve, dans le mouvement des femmes, tous les courants du mouvement ouvrier depuis cent ans ; on n’échappe pas à l’histoire. Traiter Psychanalyse et Politique de bourgeoises a peu de sens. Où, quand, sinon au dix-huitième degré, font-elles le jeu de Giscard-d’Estaing et des multinationales ? La caractérisation est d’autant moins opérante si on l’applique aux lectrices de Femmes en mouvement. C’est un courant réformiste qui, à sa manière — inefficace — lutte contre l’oppression. C’est un produit, détourné, de la révolte des femmes, doté d’une idéologie réactionnaire. Mais, certains discours du PC ou du PS sur les femmes sont parfaitement réactionnaires et pourtant le PC et le PS ne jouent pas le même rôle dans la lutte des classes que le RPR. Avec Psychanalyse et Politique, outre l’exigence de pratiques démocratiques sur lesquelles on ne saurait transiger, c’est le débat politique systématique qui s’impose. Avec Psychanalyse et Politique, et surtout avec toutes celles qui suivent Psychanalyse et Politique parce que le mouvement des femmes ne leur a pas apporté les réponses qu’elles attendaient. Le débat est d’autant plus décisif que le. renforcement d’un tel courant ne tombe pas du del. Outre le climat idéologique évoqué plus haut, la situation politique pèse d’un poids certain : attaques frontales de la bourgeoisie, division syndicale et politique des partis majoritaires dans la classe ouvrière. L’absence de perspectives de lutte nationales, de solutions politiques crédibles engendrent le localisme et le repli sur la lutte idéologique. La révolution symbolique devient un pis-aller quand on se heurte à l’échec sur le terrain économique et social, alors même que les femmes subissent, comme toujours, des attaques plus rudes de la bourgeoisie.
Une réponse à Psychanalyse et Politique, c’est aussi faire vivre le mouvement des femmes, avec des objectifs de lutte, lui donner la force de se coordonner et de peser, enfin, dans une situation politique difficile.
Frédérique Vinteuil
« Femmes en mouvement », l’union dans les luttes et le 1er Mai
Les femmes du �tfestéavec les travail-des Femmes °n* Ser )a spécificité de leurs, le 1e' mai pour nmpéna- leurs luttes c0llf ndance politique. "sme.etleunndépendanoe p � sur des
Ainsi, le 1* mai 75 .nous " a Forest; bandeioles en so�ida |e /ranqu,sme. nous a?onsmÆa™s' dans ,ous -es pays le 1e' mai 76 . , permanen(
;e« nSSe-,e connu"
TJ-palrons. ni prolétaires, remmes "Nous'™* dosons nos voix à aucun Etat.
% �un'ptîorr. fémrnrsie / macnrsre'.
vive l’indépendance économique,
De ce 1e' mai 1980, des femmes du mlf feront une journée de travail sur« autonomie et indépendance économique.� Appelez vos plus proches pour rejoindre les lieux de réunions ce jour-là.
et l’indépendance politique et érotique des femmes ne me quitte Pas...”
veulent des s?a, IV? ’ni,ia,"s Z Z
Z3ea?S a'w �eld0eLT'°US-" *
/ enr a / action; i'uninn é ,e ces partis " apDel 1 a leur rescousse snnt real'sera... I te- lbU) et syndicales de „ P ques (PC ps
/mespariessyndSats�es3 d,V's'°n qes fem-SoS? 'leSPartiSet�orgeaZ danP'r fait auxfemmeT-n56' Un chan<age I / hs l état où je suis r 6 me quitte pas.. '
EN DEBAT
Ni sectarisme, ni suivisme
Depuis le dépôt du sigle MLF par Psychanalyse et Politique auprès de la préfecture de police, de nombreuses militantes du mouvement des femmes, légitimement révoltées par la décision parfaitement bureaucratique de Femmes en mouvement de s’autoproclamer les uniques représentantes du mouvement des femmes en France, ont cru bon, sous forme de représailles, de refuser toute initiative commune avec Femmes en mouvement ou de les expulser, y compris physiquement, d’assemblées générales appelées par les groupes femmes.
S’il est vrai que les groupes femmes (1) ou tout autre composante du mouvement des femmes ont le droit incontestable de discuter en leur sein de leur propre initiative et de distinguer à ce titre entre les membres des groupes femmes et les invitées (revues féministes, collectif du 6 octobre, par exemple) dans des réunions dont ils sont à l’initiative, il nous semble, néanmoins, indispensable de ne cautionner aucun sectarisme.
C’est pourquoi nous sommes pour qu’à l’occasion d’une lutte, d’une campagne de masse, l’ensemble des composantes du mouvement des femmes se confrontent réellement sur la base de propositions concrètes et non à partir d'a priori.
Par ailleurs, refuser le sectarisme vis-à-vis de Psychanalyse et Politique ne doit pas aller de pair avec le suivisme vis-à-vis d’elles. En ce qui nous concerne, nous combattrons politiquement chaque fois que nous en aurons l’occasion une de leurs bases politiques qui conduit à rejeter l’appartenance simultanée à une organisation politique ou syndicale mixtes et au mouvement des femmes. Pour elles, en effet, une femme consciente de son oppression qui appartient à une organisation mixte est soit manipulée, soit une traîtresse au service des hommes. Une telle position politique qui constitue un véritable mépris pour toutes les femmes qui ont choisi consciemment de lier la lutte des femmes à la lutte de classes, ne peut conduire le mouvement des femmes qu’à l’impuissance politique et fait obstacle à la construction d’un mouvement de femmes, de masse, ouvert à toutes les femmes qui veulent agir contre leur oppression.
Notes
- «Questions féministes» n° 7 et Psy et Pol.
- (1) Nous savons, par ailleurs, que peuvent se retrouver dans les groupes femmes des femmes venues d’horizons politiques forts différents et c’est une bonne chose.