La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

«Si elle baisse les bras, la maison s’écroule»

· Cahiers du féminisme, n° 14, été 1980 · p. 21-25 · 3 107 mots

DOSSIER

Le siège de Léningrad (septembre 1941 -janvier 1944).

« Si elle baisse les bras , la maison s’écroule »

L’apparition à la fin de l’année dernière d’une « humeur féministe » en Union soviétique, avec la publication en samizdat d’un premier numéro de l’Almanach : femmes et Russie, constitue un événement historique fondamental. Pour la première fois depuis environ 1930, date à laquelle le stalinisme liquida définitivement les organisations de femmes au sein du Parti bolchevique fies JenotdeU des femmes s’expriment de manière organisée et indépendante dans ce pays. Certes, les rédactrices de cette revue ne nous étaient pas totalement inconnues, certaines avaient déjà publié des articles sur les camps ou la réligion, mais cette fois, elles le font avec un but précis .-« C’est en nous réunissant pour parler de nos amertumes et de nos souffrances, en prenant conscience de nos expériences, en les échangeant, en les comprenant, que nous pourrons trouver une issue : nous nous aiderons, nous aiderons des milliers de femmes qui souffrent comme nous. Voilà pourquoi nous avons décidé d’éditer, pour la première fois dans notre pays, un journal libre destiné aux femmes (...)

Nous espérons que nos efforts réunis vont atténuer le poids de notre condition, et mettre en marche le mouvement de libération des femmes. » Ce but, et les initiatives prises pour l’atteindre, ont étonné en Occident et dans les milieux « dissidents » en URSS. Une des initiatrices raconte même sa surprise devant l’impact de sa proposition : « L’idée de cet Almanach nous est venue en Août 1979. Je pensais qu’ici les femmes n’étaient pas du tout féministes. Mais lorsque j’ai fait part de mon idée, l’enthousiasme a été grand. » (1) C’est dire l’importance d’une telle initiative.

Elle témoigne également de la vigueur et de la diversité des mouvements d’opposition en URSS. Alors qu’ils connaissent aujourd’hui une vague de répression sans précédent à l’approche des jeux Olympiques et de difficultés économiques certaines, leur élargissement social et leurs capacités d’action se confirment. Depuis quelques années, outre les comités de surveillance des accords d’Helsinki, sont nés une vingtaine de groupes et de revues

DOSSIER à Moscou, à Léningrad et dans les républiques de Lithuanie, de Géorgie, en Ukraine. Il y a eu trois tentatives de constituer des syndicats libres regroupant plusieurs centaines de travailleurs. Ce mouvement démocratique s’appuie sur un profond mécontentement dans la société, qui touche toutes les couches sociales. Il inquiète la bureaucratie au pouvoir qui tente de démanteler l’une après l’autre ces organisations, groupes et revues. En quelques mois, outre l’assignation à résidence de Sakharov, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et envoyées dans des hôpitaux psychiatriques ou en camps de « rééducation ».

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier la sortie de Femmes et Russie à Léningrad. Il ne s’agit pas encore d’un mouvement ou d’une organisation autonome de femmes, mais seulement d’une action qui lui ouvre la voie, dans la mesure où le rapport de forces général le permettra. On ne peut l’opposer aux autres courants d’opposition. D’une part, parce que de nombreuses femmes participent depuis longtemps à ces mouvements et, d’autre part, parce que les initiatrices de l’Almanach, tout en affirmant leurs spécificités, se situent elles -mêmes dans cet ensemble.

La situation des femmes en Union soviétique est longtemps restée un des derniers refuges de fierté pour les défenseurs des bienfaits du système stalinien. En alignant certains chiffres, il est incontestable que, par bien des aspects, la situation est meilleure que dans les pays capitalistes. Mais que deviennent ces chiffres quand on les confronte à une réalité concrète, vécue par des dizaines de millions de femmes, telle qu’elle nous est présentée dans les textes de l’Almanach ? De plus, tout le monde sait maintenant comment les bureaucrates fabriquent leurs statistiques. Un exemple parmi d’autres : l’URSS, c’est bien connu, est la patrie de l’accouchement sans douleur. Vera Natalieva raconte : « Chez nous, l’accouchement sans douleur, ça n’existe pas. Ils prétendent pourtant que ça existe. Quand j'ai accouché, c’était marqué “ accouchement sans douleur” sur ma fiche. Mais ils n'ont pas du tout pratiqué cette méthode. Ils avaient dû l’écrire à cause des statistiques. »

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Il y a, d’ailleurs, des enquêtes officielles qui confirment ces témoignages. Leur publication est confidentielle et elles ne sont bien sûr pas citées par les propagandistes du régime. En réalité, donc, par-delà les chiffres généraux qui témoignent d’une amélioration de la situation des femmes en URSS, le régime bureaucratique reproduit tous les mécanismes de l’oppression patriarcale.

Les conditions de travail

Pourtant, la Constitution soviétique est formelle. « La femme et l’homme jouissent en URSS de droits égaux », dit son article 35. Et, pour l’illustrer, la secrétaire du conseil central des syndicats soviétiques cite, dans un article publié récemment par la Revue internationale du travail (janvier-février 1980), les résultats suivants : « Le niveau de l’emploi féminin augmente constamment en URSS.

Alors qu’en 1940, les femmes représentent 39 % de l’ensemble des travailleurs occupés dans l’économie nationale, ce taux atteignait 51,5 % en

1978. Actuellement, plus de 93 % de toutes les femmes en âge de travailler (c’est-à-dire entre seize et cinquante -quatre ans) exercent une activité professionnelle ou font des études. (...) La plupart sont occupées dans ce que l’on pourrait désigner de façon générale comme des travaux non -manuels et mécanisés. Parmi les spécialistes ayant reçu une instruction secondaire ou spécialisée 59 % (14,8 millions) sont des femmes. Un ingénieur ou un magistrat sur trois est une femme. Sur quatre médecins ou enseignants, trois sont des femmes. Plus d’un demi-million de femmes soviétiques dirigent des entreprises industrielles ou des exploitations agricoles d’Etat, des chantiers de construction ou des établissements et départements administratifs. Dans le domaine de la science, elles sont également bien placées, puisqu’elles constituent 40 % des travailleurs scientifiques. Ces chiffres sont assez impressionnants, surtout si l’on se souvient qu’avant la révolution d’Octobre 80 % des femmes exerçant un emploi rémunéré étaient des servantes ou des filles de ferme. » Ces chiffres sont également savamment choisis. Ils évitent

Usine Moscovitch.

Usine Moscovitch

URSS soigneusement les questions essentielles.

Le développement de l’emploi féminin date de l’époque de Staline.

Il avait, comme premier souci, non pas de fonder l’égalité entre les sexes, mais d’accroître la main-d’œuvre et la production nécessaires à l’accumulation « socialiste ». Ce qui s’est traduit par la reproduction d’une discrimination fondamentale : aux femmes les travaux les moins qualifiés et les plus mal payés dans des secteurs spécifiques, aux hommes le reste. Et, malgré certaines améliorations récentes, cette situation perdure. Ainsi, par exemple, les femmes sont concentrées dans les secteurs les moins payés. Elles forment 83 96 des travailleurs de l’industrie légère, 72 96 dans le textile, 86 96 dans l’habillement, 74 96 dans l’alimentation, autant de secteurs où le salaire moyen oscille entre 76 et 93 roubles par mois, alors que dans la métallurgie (où les femmes sont très minoritaires), il est de 129 roubles (2). La répartition hiérarchique des sexes n’a pas grand-chose à envier à celle existant dans les pays capitalistes. Dans l’agriculture, il y a 58 96 de femmes à la base et 2 % dans les postes de direction. Une enquête réalisée en 1971 dans une ville industrielle révélait la répartition suivante :

Une enquête réalisée en 1971 dans une ville industrielle sur la répartition hiérarchique des postes selon le genre

Une réalité bien éloignée des principes affirmés par la Constitution. En règle générale, toute femme soviétique connaît une inégalité devant l’emploi. Les salaires féminins sont en moyenne inférieurs de 25 96 à 30 96 à ceux des hommes. « Dans les fermes collectives , se sont les hommes qui conduisent les tracteurs alors que les femmes labourent. En été, ce sont des femmes qui balaient les rues et, en hiver, ce sont encore elles qui dégagent la neige à la pelle. (...) Alors que plus de 50 % des hommes fréquentent les écoles du soir afin d’acquérir un plus haut niveau de qualification, les femmes restent à la maison pour faire le ménage et s’occuper des enfants. » (2)

En 1975, à l’occasion de« l’année de la femme » certaines mesures furent prises, mais ne changèrent pas la tendance générale. Ces mesures témoignent, d’ailleurs, de l’immensité des progrès qu’il reste à accomplir. Ainsi, par exemple, dans plus de six mille kolkhoses, les femmes ont obtenu, pour la première fois, deux jours de congés par semaine ! (4)

Du point de vue de l’emploi, les femmes soviétiques rencontrent donc les mêmes discriminations fondamentales que dans les sociétés capitalistes. Or, elles s’ajoutent, bien évidemment, au travail ménager dont 80 96 est assuré par les femmes.

La double journée

« Un pour quatre, tel est le rapport d'égalité des obligations pour les hommes et pour les femmes », observe Natalia Malakhovskaia dans l’Almanach. Ce-rapport, établi dans le cadre familial, a été mesuré plus précisément lors d’une enquête réalisée par les autorités soviétiques, auprès de 8468 femmes d’une grande entreprise de la ville de Gorky (5). On y découvre, par exemple, qu’une mère de deux enfants travaille en moyenne

48,9 heures par semaine à l’usine et occupe 46,7 heures pour les seuls travaux domestiques. Il lui reste en dehors du sommeil (45 heures), 5 heures de repos et 8,4 heures pour des activités culturelles et les études. Dans le cas d’une mère de quatre enfants le travail ménager passe de

51,9 heures et à 52 heures pour cinq enfants.

Et ceci dans un contexte de crise du logement. La plupart des familles ouvrières vivent dans des appartements exigus, la pénurie d’appartement reste un problème majeur reconnu par les autorités : en 1 965, il manquait 1 42 000 unités sur les prévisions du plan ; en 1974, le déficit était d’un million cent mille. Dans la banlieue des grandes villes, les travailleurs sont entassés dans des grands ensembles sinistres tandis que dans les petites villes de province la situation est encore pire. Martchenko la décrit ainsi, à Tchouna : « On dit que nous avons les loyers les moins chers du monde. Ils représentent en moyenne Un huitième à un dizième du salaire. Un de mes amis paie dix-sept roubles par mois de loyer. Il habite avec sa femme, ses deux filles qui travaillent et son fils qui va encore à l'école. L'appartement possède deux pièces attenantes (douze à seize mètres carrés), un couloir si étroit qu’on peut à peine s y faufiler, une petite cuisine et une salle de bains. L'immeuble a tout le confort : le chauffage central, un four électrique, l’eau chaude et froide et un système d’écoulement d’eau. C’est le confort maximum que nous connaissions. Un quart de la population de Tchouna habite dans de tels immeubles. La moitié des maisons a deux étages, qui sont divisés en six appartements chacun, ne possède aucun confort : il n'y a qu ’un lavabo par maison, une bicoque de planches dans la cour sert de toilettes. Pour avoir de l’eau, il faut actionner une pompe qui se trouve dans la rue ; la seule source de chaleur est la cuisinière. Les autres habitants du village vivent dans de petites maisons qui sont soit leur propriété, soit celle de l’Etat. Elles n’ont pas plus de confort. Souvent, il n’v a même pas de pompe à eau, il faut aller la chercher dans un puits que Ton a creusé soi -même, à plusieurs centaines de mètres de la maison. » (6) Tel est

DOSSIER l’arrière-fond.

Il trace un avenir : « Toute une vie, une grande famille dans une petite chambre », dit Marina Oulianova, une des initiatrices de l’Almanach. Et elle ajoute : « Toute une génération a déjà vécu dans ces conditions, espérant que quelque chose allait changer. Mais rien n’a changé. » Les textes de l’Almanach dénoncent comme un leitmotiv cette situation : « La contribution masculine au travail domestique a pratiquement disparu avec l’apparition dans les villages du chauffage central, de l’eau courante, du gaz. L’homme ne se sent pas concerné par les soucis domestiques. Celui qui sait, ne serait-ce que planter un clou, est devenu de nos jours une rareté biologique. Tous les “clous” indispensables dans la vie courante sont plantés par les femmes. Les hommes “aident” les femmes dans leurs petits travaux féminins, on se les montre du doigt de loin, on peut d’ailleurs les compter sur les doigts de la main. » (Natalia Malakhovskaïa) Une enquête réalisée auprès de deux cent quatre-vingts femmes dans deux usines de Vil-niuis, il y a quelques années, révélait que le mari effectuait le lavage, l’habillage et l’alimentation de la famille dans 1 ,2 % des cas et ne préparait le déjeuner que dans 1,5 % des cas et n’achetait la nourriture que dans 2,1 % des cas. (3) Natalia Malakhovskaïa divise les maris en deux types de comportements : « 1) Après le travail, l’homme se saoule, se ramène à la maison, s ’écroule sur le lit ou fait un esclandre ; 2) après le travail, l’homme s’affale sur le divan avec le journal et s'installe devant la télé (il y a aussi une variante idéale : après le travail, l’homme se livre à son passe-temps favori ou alors à la création ). »

Ainsi, outre de servir les hommes, les femmes font les frais d’un des fléaux de la classe ouvrière soviétique : l’alcoolisme. L’ivrognerie est une des « déviances » les plus répandues à travers lesquelles les ouvriers soviétiques fuient leur condition. Elle est à la fois un moyen puissant de contrôle social et une protestation individuelle contre ce contrôle. Du temps de Staline, l’alcoolisme était encouragé, on alla même jusqu’à organiser des stands de vente de vodka à la porte des entreprises. Aujourd’hui, afin d’augmenter la productivité, on tente de le réduire. Il avait atteint de telles proportions qu’en 1972, le régime lança une vaste campagne contre l’ivrognerie. Mais sans grand succès. Il semble, au contraire, que depuis quelques années la situation ait empiré. Et on arrive à ce résultat qui résume le paradoxe de la « libération » des femmes en URSS : le 8 Mars, jour de la fête des femmes, selon Marina Oulianova : « Les femmes achètent de la vodka, les hommes la boivent et ensuite, ils battent les femmes. Voilà comment elle finit, la fête du 8 Mars... »

Campagne d’alphabétisation en URSS dans les années vingt

La maternité...

Comme mères, les femmes soviétiques ne connaissent pas une condition meilleure. Nous avons déjà évoqué les conditions de l’accouchement. Le texte de R. Batalova, publié dans l’Almanach, intitulé « Accoucher dans le monde des hommes », le décrit comme un cauchemar, un traumatisme à jamais indélébile : « Il reste en moi. Comme reste un crime révoltant, comme se fige en nous l’effroi, comme se fige la mort dans notre conscience... » Or, la maternité est célébrée en Union soviétique comme un grand honneur. Vous êtes décorée « mère héroïne » si vous élevez dix enfants, vous recevez « Tordre de la gloire à la maternité » avec sept à huit enfants et la « médaille de la maternité » avec cinq à six enfants. Outre que l’éducation de ces enfants est la tâche exclusive des femmes, le nombre de crèches et de jardins d’enfants est très insuffisant. Selon les statistiques officielles, seulement un

Campagne d’alphabétisation en URSS dans les années vingt.

URSS

Affiche pour le 8 Mars au cours des années vingt.

tiers des enfants en âge préscolaire peu y accéder. Faute d’argent, la plupart des femmes ne prennent pas les cent douze jours de congés maternité et l’année autorisée sans solde. Mart-chenko raconte comment, à Tchouna, les femmes se débrouillent -.« Un ’y a que des crèches de jour à Tchouna. Afin que les enfants ne restent pas seuls, les couples s’arrangent pour travailler en équipes différentes ; ils ne se voient plus alors qu ’en passant. C’est pire pour les mères célibataires : le soir, elles n’ont personne pour garder leurs petits enfants. Une de mes amies m 'a dit que son fils âgé de sept ans n ’arrive pas à s 'endormir avant 2 h du matin, heure à laquelle elle rentre de son travail en équipe du soirf 6) »

Le droit à l’avortement est libre et gratuit en URSS, mais les moyens de dissuasion sont multiples, à commencer par les conditions de l’avortement lui-même. « L’abortorium » d’Arkhangelsk décrit dans l'Almanach est effrayant, les femmes l’appellent « le hachoir à viande ».

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que de très nombreuses femmes six à huit millions par an) lui préfèrent l’avortement illégal. En plus,« contrairement aux histoires que Ton trouve dans la presse, un avortement illégal est en général sans danger, dans la mesure où il est pratiqué au domicile de la femme, par un médecin qualifié et avec des méthodes modernes. »{1) Il coûte, en moyenne,

40 roubles. Cependant, l’avortement reste la principale méthode de régulation des naissances, il y a deux avortements pour une naissance dans les grandes villes, tandis que les moyens contraceptifs sont difficiles d’accès. Les pilules sont peu sûres ou produites en trop faible quantité, les stérilets rares. Reste la toute puissance d’une idéologie sexuelle puritaine et réactionnaire admirablement résumée par le « code moral » présent dans le programme du PCUS : « L’essence du nouveau principe est l’importance du mariage et de la famille. Les jeunes ont le désir de renforcer l’unité familiale, le respect du mariage et l’amour chaste. » Marina Oulianova résume ainsi la situation : « Ici les femmes sont éduquées dans le mensonge. A cause de cela, il leur est difficile de lutter ensemble contre les hommes, contre l’oppression sociale, contre l’oppression sexuelle. Chez nous, il est impensable de parler du viol : il n’en est jamais question, ça n’existe pas. A chaque pas, il y a viol ; aucune femme, ici, ne peut se vanter de n ’avoir jamais eu affaire au viol, mais on n ’en parle pas ; aucune statistique. Les femmes en ont honte. Pourquoi, les femmes ne sont -elles pas actives ? Ici, l’oppression sociale est très forte, hommes et femmes la subissent, mais en plus de cette oppression sociale, les femmes subissent, elles aussi, l’oppression sexuelle et ce poids supplémentaire est intolérable. »

Le tableau est noir. On pourrait le compléter en décrivant la situation dans les camps ou les hôpitaux psychiatriques, devant l’éducation ou la création artistique, celle de l’homosexualité, de la regligion, des loisirs, etc. On arriverait immanquablement toujours à la même conclusion : quand la secrétaire des syndicats soviétiques citée au début de cet article écrit : « L ’Etat soviétique ne cherche pas à réaliser une égalité de pure forme entre les hommes et les femmes », elle aurait mieux fait de parler d’inégalité. Celle-ci, en effet, n’est pas formelle.

Jean-Yves Touvais

Affiche pour le 8 Mars au cours des années vingt

Notes

  1. Notes :
  2. (1) Toutes les citations de «l'Almanach » sont extraites de «Femmes et Russie, 1980 >» (Editions Des femmes).
  3. (2) Introduction d’Olga Semyonova et Victor Haynes à «Syndicalisme et libertés en Union soviétique » page 14, (éditions Maspero).
  4. (3) Tableau cité par Alice Braitberg, in «l'Alternative » n° 3, p. 26 (éditions Maspero).
  5. (4) Cité par Alexandra Novina Kwiakowska en annexe de «Femmes et Russie », op. cit. page 207.
  6. (5) Le résultat complet de cette enquête est publié dans «Etre femme en URSS », éditions la Brèche.
  7. (6) Cité par Olga Semyonova et Victor Haynes, op. cit. Anatoli Martchenko est un travailleur autodidacte condamné à huit ans de camp en 1958. Auteur de plusieurs ouvrages, notamment «Mon témoignage » (éditions du Seuil). Il est exilé, depuis 1975, à Tchouna.
  8. (7) Barbara Brown, dans «le Droit de choisir», éditions la Brèche, p. 51.

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