UN CONGE PARENTAL FOUR UN HOMME, ÇA NE SE FAIT PAS...
En France, il est rare, exceptionnel même, qu’un homme envisage de prendre un congé parental de deux ans pour élever ses enfants. C’est pourtant ce que fit Diego Soler en 1979 conformément à la loi votée en juillet 1977, du temps de Giscard.
Mais, ce jeune ouvrier des Ben-nes-Marrel, près de Saint-Etienne, se vit refuser sa réintégration par le patron qui se fiche pas mal de la loi et prétend ainsi se débarrasser d’un gêneur, militant communiste et syndicaliste.
L’union départementale CGT de la Loire fit tout ce qui était possible légalement pour obtenir la réintégration de Diego, et les Prud’hommes de Montbrison lui donnèrent raison en ordonnant la réintégration de Diego, avec l’aide de la force publique, si nécessaire.
C’est donc en présence des gendarmes et de l’huissier — du côté d’un ouvrier pour une fois — que ce père dépourvu de préjugés macho franchit le seuil de son entreprise. Il est à noter que la CGT fait valoir, à juste titre, qu’obtenir la réintégration de Diego c’est garantir aux femmes, qui sont la majorité à prendre ces congés parentaux, le droit à l’emploi, que c’est aussi une manière de défendre le principe de l’égalité entre hommes et femmes.
Mais nous ne sommes pas sûres que si ce jeune père ouvert n’avait pas été membre du PC et syndicaliste CGT actif, il aurait bénéficié du même soutien, d’une défense aussi ardente et spectaculaire.
C’est en tout cas un précédent à populariser. Mais le patron n’a pas cédé ; une affaire à suivre.
C. B.