Lisbonne : occupation d’une maison vide par le Mouvement de libération des femmes en 1975
PORTUGAL
Pas de libération de l’avortement
Malgré plus de dix ans de luttes, malgré de nombreuses manifestations à l’occasion de procès de femmes « coupables » d’avortement, le Mouvement des femmes n’a toujours pas obtenu gain de cause.
Le parlement portugais a en effet rejeté dans la nuit du 11 au 12 novembre, le projet de loi présenté par le Parti Communiste pour la libération de l’avortement.
Le projet a été rejeté par les 127 voix des partis de droite (PSD, PPM, et ASDI) contre les 105 voix du Parti Socialiste et du Parti communiste. Ce projet de loi aurait dû pourtant recueillir la majorité puisque le PSD avait inscrit dans son programme la libéralisation de l’avortement. Mais les députés de ce parti, sous la pression des démocrates chrétiens qui menaçaient de rompre la coalli-tion gouvernementale, ont tous voté contre.
Ce projet prévoyait pour les femmes portugaises le droit d’avorter « sous la surveillance directe d’un médecin » et pendant les douze premières semaines de grossesse dans trois cas :
-« En cas de viol ou tout autre crime contre la liberté sexuelle de la femme »;
-Au cas où la grossesse est « susceptible de provoquer un sérieux préjudice à la santé physique ou psychique de la femme »;
Portugal : 1975
-Au cas où la naissance d’un nouvel enfant est « susceptible de créer une situation socialement ou économique-• ment insupportable » pour la famille.
C’est donc la droite la plus réactionnaire et la hiérarchie catholique qui l’ont remporté, obligeant les femmes portugaises à continuer à subir le drame des avortements clandestins et à encourrir une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison ferme.
Le rejet de ce projet de loi a été accueilli au parlement par des manifestations d’hostilité de la part du public qui était venu assisté aux débats. « C’est la loi qui est un crime » ont crié des dizaines de personnes dans les galeries du parlement.
A l’extérieur, au même moment, plusieurs centaines de manifestantes en majorité des femmes, se sont rassemblées devant le palais de Sao Bento (siège du parlement) à l’appel du « comité pour la légalisation de l’avortement » et d’autres forces, notamment du PCP.
Ainsi aujourd’hui au Portugal, la lutte pour le droit à l’avortement se poursuit pour imposer à la droite et à la hiérarchie catholique, le droit pour les femmes de disposer de leur corps.
Josyane
Lisbonne : occupation d’une maison vide par le Mouvement de libération des femmes en 1975
Portugal : 1975