Tribunal et rencontre internationale pour le droit de choisir
C’est à Amsterdam, du 22 au 28 juillet 1984, qu'auront lieu ce tribunal et cette rencontre, à l’initiative de l’ICASC (Campagne internationale pour l'avortement, la contraception et contre la stérilisation) et de « Nous les femmes, nous réclamons » des Pays-Bas. Cette rencontre internationale sur le thème « Les femmes et la santé » sera la quatrième du genre ; les organisatrices comptent sur la présence de 500 femmes, venues de tous les coins du monde. Les femmes des pays sous-développés sont tout particulièrement encouragées à y participer.
Le tribunal sera l’occasion « d'écouter de nombreux témoignages des violations du droit des femmes à décider d'avoir ou non des enfants, et de faire le point sur les expériences et les luttes des femmes ».
La rencontre sera non-mixte, et comprendra des réunions en commissions.
Pour de plus amples renseignements, contacter : ICASC, 374 Grays Inn Road, LONDON WC 1, Grande-Bretagne.
Solidarité avec les femmes maghrébines
Algérie
Quatre Algériennes sont en prison depuis plusieurs mois, arrêtées dans le cadre d’une vaste campagne de répression déclenchée par le pouvoir. Trois d’entre elles ont fait pendant un mois une grève de la faim, pour obtenir le statut de détenues politiques ; mais celui-ci leur est toujours refusé. Deux de ces femmes sont membres du Collectif-femmes d’Alger, et avaient participé en 1981 à la lutte contre le projet de code du statut personnel. Le développement de la solidarité et de la lutte pour leur libération est d'autant plus important que le gouvernement vient de ressortir ce projet, et ce à un moment où la pression des intégristes s'accentue.
Maroc
Au début de l’année, des révoltes populaires contre la faim et la vie chère ont éclaté dans tout le Maroc. La répression a été terrible : plusieurs centaines de morts, des milliers d’arrestations. Des procès sont en cours.
Les femmes marocaines ont joué un rôle très important dans ces luttes, que ce soit dans les quartiers populaires, où elles ont participé massivement aux manifestations, ou dans les lycées, où les lycéennes ont été parfois les premières à se mettre en grève. Lors des arrestations, elles ont tout de suite apporté un soutien important aux détenus, organisant des rassemblements devant les commissariats pour dénoncer les détentions illégales et exiger le transfert des prisonniers devant les tribunaux.
Elles ne sont pas épargnées par la répression : Nagia Abadou, membre du bureau de l'Association des droits de l’homme, a été parmi les premières personnes arrêtées. A Rabat, cinq femmes sont actuellement détenues, mais on ne connaît ni leur identité ni les raisons de leur arrestation.
Aujourd'hui, on tente de faire croire que tout est rentré dans l'ordre au Maroc — alors que les procès se poursuivent, que les tortures continuent dans les commissariats : il est temps de réagir, de rompre le silence, de dénoncer les conditions dramatiques de détention ! Et nous devons tout particulièrement prendre en charge la défense des femmes prisonnières, trop souvent oubliées. Il faut faire connaître leurs cas, les soutenir par l’envoi d’avocates. La solidarité est plus que jamais nécessaire.
Grande-Bretagne : Le camp des femmes de Greenham Common
Trente et une arrestations, les tentes déchirées, le terrain passé au bulldozer... : le 4 avril, les autorités britanniques ont tenté une nouvelle fois d'en finir avec le camp de la paix installé par des femmes depuis deux ans et demi devant la base U. S. de Greenham.
La justification officielle de l'expulsion est la mise en chantier d’un plan d’élargissement de la voie d’accès à la base pour faciliter les manœuvres des véhicules lanceurs de missiles. Tout ceci n’est bien sûr qu’un prétexte de la part du gouvernement Thatcher, qui vise simplement à se débarrasser des femmes de Greenham Common et aimerait voir le mouvement de masse pour la paix réduit à sa plus simple expression.
Mais cette tentative se solde par un échec : les femmes de Greenham se sont jurées de rester et ont déjà replanté les tentes. « Ils peuvent nous expulser aussi souvent qu’ils le désirent... mais ils ne se débarrasseront jamais de nous », a déclaré l'une d’elles.
(Pour plus d'informations, voir notre dossier « Les femmes contre la guerre » dans les Cahiers du féminisme n° 27.)