La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

En bref

Cahiers du féminisme, n° 29, automne 1984 · p. 30 · 841 mots

Grande Bretagne : Les femmes de travailleurs dans la lutte

Quelque chose d’important se passe aujourd’hui chez les femmes des mineurs britanniques en grève. On assiste à une mobilisation sans précédent de la classe ouvrière britannique, des femmes, des filles, des mères, des amies des mineurs, en défense de l’emploi.

Le 1 1 août dernier, à Londres, 20 000 à 30 000 femmes de mineurs ont défilé contre les fermetures des mines. Les femmes en tête, Arthur Scargill (président du NUM, syndicat national des mineurs) et les autres hommes derrière elles. « Nous gagnerons, nous gagnerons ! », était scandé tout le long de la manifestation organisée par le Parti travailliste et le TUC (région sud-est de la Confédération nationale des syndicats), avec la présence de groupes de femmes et de banderoles féministes.

L’importance d’une présence nationale en soutien à la grève, son caractère fort et plein de confiance, a donné un appui inestimable à la grève qui dure déjà depuis six mois.

Le rôle dynamique joué par les femmes au cours de cette grève se fonde sur deux éléments : leur place au sein de leurs communautés et la participation croissante des femmes à la vie politique en Grande-Bretagne, surtout dans le mouvement ouvrier. Ces femmes se sont inspirées de l’exemple des femmes du mouvement pour la paix et les liens avec les femmes de Greenham Common ont été vite tissés. Dans les communautés minières, les femmes ont toujours joué un rôle très actif. Les femmes de mineurs contre les fermetures de mines n’organisent pas que la nourriture, les crèches ou les « tâches de femmes ». « Elles sont avec eux [les hommes] dans les piquets de grève », a reconnu Arthur Scargill.

Il n’est pas exgéré de parler de la faim et des souffrances des familles de mineurs. Faire vivre une famille avec sept à quinze livres (80 à 160 francs français) par semaine, pendant, 25, 26, 27 semaines...

Malgré les privations subies par les mineurs et leurs familles, ils ne sont pas prêts à céder. L’autoorganisation des femmes dans cette grève est devenue le symbole de la résistance à la politique du Parti conservateur, qui veut utiliser contre les mineurs l’arme de la faim. Le sentiment dominant dans les communautés minières est clair : « Nous mangerons de l'herbe plutôt que de céder devant Margaret Thatcher ! »

Pour soutenir les femmes contre les fermetures d’usines, envoyez de l’argent et des lettres de soutien à Saint-James House, Vicar Lane, Sheffield, South Yorkshire SI 2EX, Grande-Bretagne.

Rencontre internationale pour le droit de choisir

Près de quatre cents femmes, venues de quatre-vingts pays différents, ont participé pendant une semaine, fin juillet, à la rencontre organisée par l’ICASC (Campagne internationale pour l’avortement, la contraception et contre la stérilisation) à Amsterdam. Les femmes des pays du Tiers-Monde étaient particulièrement nombreuses : Inde, Amérique latine, Afrique...

Les matinées étaient consacrées aux séances du « Tribunal international sur les violations des droits des femmes » : ainsi a-t-on entendu des témoignages sur la stérilisation forcée en Amérique centrale, sur la prostitution généralisée en Indochine et aux Philippines, sur l’infanticide des filles en Inde, etc. L’après-midi, des réunions en petits groupes permettaient d’approfondir les débats sur tel ou tel thème.

Au total, c’est un bilan très positif qu’ont tiré la plupart des participantes à cette rencontre : tant par la richesse des débats que par les contacts personnels qu’elle a permis de nouer. La prochaine rencontre internationale a été fixée en 1987.

Deuxième conférence mondiale sur la population

C’est à Mexico, ville symbole de dix-sept millions d’habitants, que s’est déroulée la Deuxième Conférence mondiale sur la population. La première avait eu lieu à Bucarest en 1974. Cent cinquante-six pays se sont donc réunis pour discuter du 6 au 13 août « le thème ambigu de la croissance démographique ». Cette conférence a tenu la une des journaux car elle a été marquée par le revirement spectaculaire des Etats-Unis en matière de politique démographique. Eux qui étaient les plus farouches défenseurs des politiques de contrôle démographique, qui soutenaient directement tous les programmes de limitation des naissances (contraception et avortement bien sûr, mais aussi, malheureusement, toutes les entreprises de stérilisation forcée) ont tenu un discours à l’opposé du précédent. Pour eux, l’interventionnisme démographique est périmé. Ce qu’il faut, c’est favoriser la croissance économique. Mais, attention, il s’agit de favoriser l’« économie de marché », de créer un « climat de liberté économique » pour entraîner la croissance économique dont « l’effet automatique sur la démographie » est assuré. En complément, les Etats-Unis renoncent à financer les organisations qui soutiennent l’avortement. Cette décision a été prise sous la pression directe du Vatican à la pointe d’un « front anti-avortement » des plus actifs. On retrouve là les positions ultra-réactionnaires du gouvernement Reagan. Conséquence pratique : les milliards de dollars versés dans le cadre de l’aide au développement à des organismes qui pratiquaient la contraception et l’avortement, risquent d’être purement et simplement supprimés. Le droit des femmes à décider librement n’a rien à voir là-dedans.

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