La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

C'est vous qui le dites

Cahiers du féminisme, n° 35, printemps 1986 · p. 1 · 920 mots

Appel des femmes de Rennes. C’est une histoire banale, mais nous avons envie d’en parler...

Alors que nous venions de mignonne. Qu’est-il possible de dénoncer les viols publics et faire encore ? Dans une perspec- d’appeler à la solidarité, nous tive légaliste, quel cadre juridique découvrons sur les murs de Ren-avons-nous ?

nés un slogan : « Violez la nuit ». A Rennes, un procureur de la C’est une affiche publicitaire République considérerait que la pour une discothèque. Ces affi-plainte contre l’affiche « Violez la ches ont été bombées par la nuit » est irrecevable au titre réponse : « Viol = crime », et la d’incitation à la violence. Ce publicité « Phildar, des collants critère ne serait retenu que si la qu’on enlève » a reçu le même catégorie visée était nommée:

bombage. par exemple « Violez les fem-

De source bien informée, nous mes » ! Subtil... apprenons qu’une femme a été Pour de plus amples informa-interpellée en flagrant délit de tions juridiques, nous avons en- bombage. Deux jours après, le voyé un dossier à Yvette Roudy, propriétaire de la discothèque se dont nous attendons la réponse.

présente au domicile de l’inter-Quand aurons-nous un cadre ju- pellée. Démarche d’intimida-ridique ?

tion : il veut qu’elle paie huit Pour le moment, nous met- mille francs, puis la menace, tons en place un collectif d’ac- « elle et sa bande de nanas »... tions et de réflexion contre la Comment a-t-il eu son pub sexiste, avec comme axes : la adresse ? Ainsi que celle de deux procédure de plainte, un collage autres femmes dont l’identité a systématique de bandeaux, une été vérifiée cette même nuit? distribution de tracts, des com-

Difficile d’en rendre responsable muniquès de presse, etc. La pro- la police, n’est-ce pas ! duction d’une affiche « Non aux

Maintenant l’intéressée doit se publicités sexistes » pourrait être présenter au commissariat pour envisagée. Nous sollicitons la « affaire vous concernant, plainte délégation régionale aux droits enregistrée ». Quelle suite réserve des femmes à ce sujet. cette petite histoire ? Avez-vous des idées/actions à

En attendant, des associations suggérer ? Avez -vous fait des de femmes et de lesbiennes de actions contre la pulicité sexiste

Rennes se sont mobilisées pour et pouvez-vous nous en faire continuer de dénoncer ces publi-part ?

cités ; une distribution de tracts Collectif contre la publicité a été assurée, et sept cents signa-sexiste c/° La cité d’elles, 9, rue tures ont été recueillies en deux de la Paillette, 35000 Renne.; heures, sous forme de pétition. PS : Nous savons que la plainte

De nombreuses personnes ont n 'aura pas de suite. Mais pour le marqué leur approbation et leur reste nous poursuivons et atten- soulagement face à notre refus de dons vos réponses, soit par Pinces affiches. termédiaire de cette revue, soit par

Mais bien petite action, bien courrier à notre adresse.

Ve rencontre de femmes latino-américaines à Paris 8 mars 1986

L’atelier des femmes latino-américaines à Paris organise une rencontre le 8 mars prochain pour discuter autour des thèmes sur la situation spécifique des femmes latino-américaines sur le continent et dans l’exil. Pour cette journée, dix commissions se réuniront autour des thèmes suivants :

— Femme, sexualité et maternité.

— Femme et travail.

— Femme, ethnie et race.

— Femme, violence et torture.

— Femme et Eglise.

— Femme et écriture.

— Femme et création artistique.

— Femme, révolution et pouvoir.

— Femme et exil.

— Alternatives féministes.

La synthèse des commissions qui auront lieu à la CIMADE (176, rue de Grenelle, Paris, 10h-16 h) se fera au CLA (1, rue Montmartre, métro les Halles, 18 h-23 h). Dans la soirée, il y aura un spectacle de l’artiste uruguayenne Diana Ringel et un débat après la projection du film Miss Universo en el Peru (Groupe Chaski).

Pour tout renseignement, tél : 69 07 95 55.

Des réunions des Cahiers du féminisme à Toulouse

Voici un an et demi déjà que des réunions se tiennent à Toulouse, à l’initiative des Cahiers du féminisme. Des femmes du Mouvement des femmes, du MFPF, et de plusieurs syndicats riches d’expériences souvent très différentes s’y retrouvent pour discuter autour du dossier des Cahiers.

Mercredi 20 novembre, les thèmes abordés ont été multiples : les viols publics, les viols conjugaux, les violences sexuelles dans le cadre du travail, violences et crise. Une copine a ainsi pu témoigner de la réalité du harcèlement sexuel dans son service administratif où les femmes constituent 80 % du personnel et où les hommes occupent, bien entendu, surtout les postes de direction. Ces faits franchissent difficilement le mur du silence et l’absence d’inscription de tels actes dans les conventions collectives met des obstacles à la riposte. Une note d’optimisme pourtant est apparue quand elle a expliqué qu’une « affaire » avait provoqué une grève spontanée de la majorité du personnel avec le soutien de tous les syndicats.

La lutte contre le viol et les violences a occupé une grande partie de la discussion. D’abord les réactions immédiates en cas de viol et le besoin de multiplier les lieux publics où les femmes puissent trouver non seulement les informations et même les aides nécessaires mais qui soient aussi des lieux de parole et d’initiative pour que s’organisent des ripostes collectives. Mais aussi un travail à plus long terme pour l’éviction du sexisme dans la représentation des femmes comme légitimation permanente du viol : contre la pornographie, contre les publicités sexistes, enfin, contre la prostitution, violence institutionnalisée contre les femmes.

Correspondantes

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