Depuis quelques années, à intervalles réguliers, des actions spectaculaires de pères divorcés (grève de la faim, menaces de suicide ou de mort, kidnappings) viennent alimenter le débat sur la question des « enfants du divorce ». Le thème fait recette aujourd’hui, et les médias s’emparent souvent avec avidité de ces histoires sans même prendre la peine d’aller vérifier l’exactitude des faits.
Les Cahiers du féminisme, dans un précédent numéro 1 , avaient déjà abordé cette question, à propos des rapts d’enfants. Il nous a semblé nécessaire aujourd’hui de revenir de manière plus approfondie sur l’ensemble des problèmes, d’autant que cette « révolte des pères » se réclame souvent des luttes et des revendications du mouvement féministe.
Tout le monde connaît, de près ou de loin, une ou des histoires de couple déchiré, de mère abandonnée, de père désepéré, d’enfant balloté. . . Mais cela ne peut suffire à fonder une opinion sur ce qui est juste ou pas, bon ou pas pour les uns et pour les autres. Encore moins pour esquisser des perspectives pour l’avenir. C’est pourquoi, avant d’exprimer notre point de vue, nous avons essayé de recueillir divers témoignages de parents et d’enfants concernés à titre personnel ainsi que l’opinion de différentes associations ; nous avons également demandé l’avis d’une avocate spécialisée dans les affaires de divorce.
1 . « Cahiers du féminisme », n°36