si toutes les femmes du monde...
L’interview qui suit a été réalisée au Mexique l’été dernier. Soledad Moreno, l’une des camarades dirigeant le travail femmes du PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs, section de la IVe Internationale au Mexique ) y analyse la situation des femmes dans ce pays ainsi que le début de radicalisation féministe à laquelle on assiste aujourd’hui. Depuis l’époque de cet entretien, les camarades du PRT ont pris une part active à la coalition des femmes dont il est question plus loin, participant aux rassemblements sur l’avortement, qui devait culminer dans une manifestation devant le Sénat pour y présenter les positions de la coalition : exiger l’avortement libre et gratuit. Elles ont également contribué à la sortie régulière du journal « CIHUATL » dont il est fait mention dans l’interview, dans l’optique d’en faire une publication ouverte à tous les courants et permettant une totale liberté d’expression aux groupes comme aux individus qui participent à la coalition.
Mexique
La condition des femmes
Peux-tu parler de la condition des femmes au Mexique ?
Au Mexique les femmes vivent une oppression particulièrement profonde et brutale, en comparaison de certains pays industrialisés comme les USA, ou même d’autres pays latino-américains ayant atteint le même niveau d’industrialisation que le Mexique.
Le mélange de la culture pré-colombienne, avec celle des Conquistadores et de l’Inquisition espagnole, a permis que le mot « macho » ne soit pas une uiyure féministe, mais une indication de virilité et d’orgueil.
Le culte de la mère
L’autre face de cette attitude, c’est la mystification, le véritable culte dédié à la mère : la mère remplie d’abnégation, silencieuse, protégeant ses enfants, totalement absorbée par les tâches domestiques.
Le caractère de classe de l’oppression des femmes se manifeste dans le cadre de la famille et dans le travail salarié, que réalisent certaines femmes.
Les femmes bourgeoises : un rôle d'ornement
Les femmes de la bourgeoisie ont un rôle d’ornement, n’effectuant pratiquement aucune tâche domestique, et ce rôle ornemental est beaucoup plus prononcé que dans d’autres pays. Les restrictions sur la vie et la liberté de mouvement des femmes bourgeoises sont plus importantes que celles qui pèsent sur les bourgeoises des sociétés développées. Dans cer- tains cas, il ne leur est pas permis de sortir, même pour acheter des vêtements ; la couturière vient à domicile ! Elles sortent uniquement pour accoucher. Evidemment ce sont des cas extrêmes, mais je crois que cette situation est due au développement inégal et combiné de la société mexicaine, et au reflet de celui-ci dans les comportements des différentes classes sociales.
Dans la petite bourgeoisie les femmes disposent d’une servante qui effectue les travaux domestiques, contre un salaire. La majorité des femmes de cette classe sociale travaille, mais là encore il n’est pas rare qu’un mari enferme sa femme à clé toute la journée. Il faut signaler là une différence dans la situation objective et subjective des femmes de la petite bourgeoisie aisée, entre le Mexique et des pays comme les USA. Dans ces pays, comme elles ont un niveau d’éducation élevé, elles posent souvent des revendications personnelles et sociales assez avancées. Ces désirs heurtent de front l’impossibilité d’en finir avec le poids des tâches domestiques, car il n’est pas question d’employer une domesticité qui serait trop chère. Au contraire au Mexique, beaucoup de femmes, qui ont une formation professionnelle, peuvent se consacrer à elles-mêmes, car leur domesticité leur enlève une partie des responsabilités de la maison. D’un autre côté, les femmes qui n’ont pas ce niveau d’éducation ou ces aspirations, peuvent utiliser leur temps libre pour exercer leur fonction décorative, de mère et d’épouse dévouée ! Il faut songer à cela lorsqu’on analyse les facteurs de radicalisation.
les femmes prolétaires : une double oppression
La femme prolétaire évidemment n'a pas ce genre de possibilité, bien que certaines payent pour des sommes dérisoires d’autres femmes pour garder leurs enfants pendant la journée, ou leur nettoyer la maison. Mais la plupart du temps — ou bien ces tâches ne sont pas accomplies (les enfants se gardent tous seuls. . .) — ou alors, elles sont effectuées par la femme elle-même — ou encore par ses parentes (mères ou tantes).
Quel type de travail font les femmes prolétaires ?
Si on parle de toute la population active, et pas seulement des femmes prolétaires — au sens strict du terme — il faut signaler que le groupe le plus important des femmes, travaille dans le secteur des services, à peu près 43 %. Parmi elles, 46 % travaillent comme domestiques dans des maisons privées. Cela est dû au haut niveau de chômage général, au manque de formation professionnelle des femmes, à leur relégation au 2e plan, et à leur statut traditionnel. Ces femmes représentent presque 20 % des travailleuses de tout le pays, et sont surtout d’origine paysanne. Quittant la campagne, elle viennent à la ville pour trouver du travail, et ne trouvent à s’employer que comme servante. Malgré la loi qui prévoit qu’elles ont droit aux assurances sociales, bien peu connaissent leurs droits, et c’est une très petite minorité qui en bénéficie. Les femmes forment la majorité de l’enseignement primaire (soit 8 % de la population active féminine) et des services médicosociaux (soit 9 % de la population active féminine), et presque la moitié des services de nettoyage (5,3 % de la population active féminine). Il est évident que ces secteurs sont parmi les moins rémunérés, avec le moins de sécurité d’emploi (surtout les employées d’industries alimentaires — soit 7,9 % de la population active féminine — activité qui reflète le rôle traditionnel des femmes).
Depuis l’industrialisation réalisée par l’économie dépendante du Mexique, accélérée après la décade 40/50, les femmes sont entrées dans l’industrie de transformation. Aujourd’hui 13,2 % des femmes salariées travaillent dans ce secteur, qui comprend le textile, l’industrie alimentaire, les industries mécaniques et électroniques.
Il faut signaler que les conditions de travail incluent le chantage et les pressions sexuelles. Les femmes qui travaillent comme domestiques redoutent d'être attaquées par le mari ou le fils de la maison, qui considèrent que coucher avec eux fait partie de leurs obligations professionnelles. Dans les restaurants et les usines, le chantage sexuel est fréquent, et la femme qui se retrouve enceinte, est le plus souvent renvoyée ! Et cela tant à cause des préjugés, que pour éviter de payer le congé maternité, prévu par la loi mexicaine. Avant d’embaucher une femme, les patrons exigent fréquemment un certificat médical, qui précise qu’elle n’est pas enceinte ! 19,1 % de la population active est formée de femmes.
La femme paysanne
Quelle est la situation de la femme paysanne ?
La paysanne vit les conditions d’oppression les plus fortes du pays. Soumise complètement à la volonté de son mari, ou de ses parents, mais aussi à celle de tous les mâles de sa famille, son individualité est totalement déformée et mutilée. Les variétés régionales sont telles au Mexique, que l’intégration des femmes à la production agricole diffère selon les régions. On rencontre des femmes travaillant sur les propriétés familiales, sur les lopins de terre communaux (ejidos), sorte de terres collectives avec de multiples formes de fonctionnement, à des travaux agricoles, salariées ou de mi -salariée s (ces dernières sont surtout dans les plantations de café, de bananes, copra et canne à sucre).
Officiellement 10 % de la population active féminine travaille dans l’agriculture, mais ce chiffre ne comprend pas toutes les femmes qui ne travaillent pas officiellement, ni celles qui participent à une agriculture de subsistance. Ces dernières travaillent dans les champs, dans le cadre de leur contribution à l’économie familiale, et mêmes lorsqu’elles sont salariées » c’est considéré ainsi.
Leur éducation est complètement relativisée, lorsqu’elle existe ; leur sexualité est complètement niée, les mariages se décident entre parents-mâles, avec une grande variété de coutumes selon les régions.
L’état a entrepris une campagne pour la contraception
Où en est la contraception ?
Il faut d’abord signaler qu’il existe des différences importantes avec d’autres pays latins — comme l’Italie ou la France — où l’église a traditionnellement eu une influence démesurée sur la vie sociale et même sur l’état. Au Mexique l’influence de l’Eglise a toujours été pour le moins conflictive.
A partir de la révolution de 1910-1917, spécialement de l’instauration de l’état bonapartiste, et de sa consolidation, il y a eu une série de conflits importants entre l’état et l’église, à certaines périodes. Les contradictions auxquelles l’état se trouve confronté, face à une crise économique qui s’approfondit chaque jour, l’ont poussé à rechercher des solutions susceptibles de heurter les dogmes éclésiastiques.
En ce sens c'est l’Etat lui-même qui a entrepris une campagne d’éducation pour l’usage -des contraceptifs, amplifiée par des slogans largement répercutés dans les médias : « femmes ; c’est toi qui décide d’être enceinte ! ». Les services de sécurité sociale incluent des programmes d’éducation, portant sur l’usage de toutes les pilules et des dispositifs intra-utérins, et naturellement sur la stérilisation volontaire. Ils incluent aussi la gratuité de ces consultations et de ces opérations.
Un autre slogan en relation avec cette campagne révèle davantage les objectifs sociaux : « une famille petite, vit mieux ! » Evidemment l’attention que porte l’Etat mexicain à ce problème, ne traduit pas la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps, mais est en relation avec la surpopulation et le sous-emploi.
L’Etat en accord avec les intérêts de la bourgeoisie, tente de résorber ou du moins d’alléger la pression exercée par les masses pour obtenir des conditions élémentaires de survie, à travers la diminution du taux de natalité, et à travers un changement des relations de propriété. L’Etat lui-même rencontre une série d’obstacles sociaux et économiques, dans cette campagne.
Dans la ville de Mexico, il est possible à une femme d’obtenir une ordonnance gratuite pour des contraceptifs, mais ce n’est pas le cas pour la majorité des femmes de villes et de province ou de campagne : l’Etat a été incapable d’étendre son projet à tout le pays.
D’un autre côté sur le plan social, la propagande de l’Etat ne suffit pas pour combattre l’influence de la morale chrétienne, dans les masses, La répression de la sexualité féminine, la relation étroite entre virilité et nombre d’enfants, empêchent beaucoup de femmes de recourir à la contraception. Souvent les maris l’interdisent, souvent mêmes elles ignorent que de telles méthodes existent, ou encore leur éducation catholique les retient.
Cela aboutit à l’avortement comme méthode, choisie lors de grossesse non dési- rée. Dans les faits, seuls 8 % de la population féminine en âge de procréer, utilisent les contraceptifs.
L'avortement reste un délit
Quelle est la loi sur l’avortement au Mexique ?
Evidemment l’avortement au Mexique est un délit, la loi en vigueur date de 1931. Elle mentionne une série d’éléments déterminant la sentence.
Un médecin ou une sage-femme risquent de un à huit ans de prison, selon les conditions dans lesquelles l’avortement s’est déroulé, et la suspension de l’autorisation d’exercer.
Mais ce sont les conditions qui s’appliquent aux femmes avortées qui sont les plus significatives : risque de six mois à un an de prison, une femme qui avorte volontairement, pour autant qu’existent certaines conditions,
— que la femme n’ait pas mauvaise réputation,
— qu’elle soit parvenue à cacher sa grossesse,
— et que ce soit le fruit d’une union légitime.
Si ces conditions ne sont pas réunies, la loi prévoit de un à cinq ans de prison. Evidemment une telle loi introduit la nécessité de maintenir les apparences de l’honneur, et n’a aucune considération pour la femme en tant qu’être humain.
Cette loi, qui est celle du district fédéral (Mexico), est à peu près reproduite ailleurs sur le même modèle. Elle permet aussi l’avortement en cas de viol, ou quand la vie de la mère est en danger, pendant la période de la gestation. Dans trois Etats — PUEBLA -CHIHUAHUA et le YUCATAN — il existe des clauses qui permettent l’avor- tement pour des motifs génétiques, s’il existe des probabilités d’enfants handicapés. Dans le CHIAPOS, la situation économique est une circonstance atténuante. Au YUCATAN et à CHIHUAHUA, on considère que l’avortement est possible en cas de situation économique « grave et justifiée ». Poursuit-on en justice les femmes avortées ?
Il serait impossible de poursuivre en justice toutes les femmes avortées.
Les statistiques ; approximatives mentionnent de 500 000 à un million d’avortements par an, dont un très petit nombre est sanctionné par la loi. La majorité se pratique dans des conditions médicales très précaires, et on pense qu’un avortement, sur trois entraîne des complications médicales graves, comme l’hémorragie ou l’infection. 19 % des avortements seraient pratiqués par les femmes elles-mêmes ; en effet un avortement clandestin, pratiqué par un médecin est très cher.
Ainsi ne peut-on réprimer toutes les femmes. Selon les statistiques de la Sécurité Sociale, qui portent sur 1/4 de la population, 25 % des lits des sections de gynécologie-obsétriques sont occupés par des femmes avortés.
De temps en temps, on, assiste à une grande propagande, quand l’Etat ferme une clinique d’avortements, expliquant que les médecins de ce centre trafiquaient avec la santé des femmes mexicaines. Ceci est par ailleurs évident, mais le problème est que ces cliniques dureront tant que les femmes n’auront pas le droit à avorter gratuitement dans les hôpitaux.
L'émergence du mouvement féministe
Est-ce qu’il existe un mouvement féministe au Mexique ?
Il n’existe pas de mouvement féministe au Mexique. Il existe quelques collectifs féministes qui se sont formés sur la question de l’avortement et de la sexualité, composés avant tout de femmes de la petite bourgeoisie dont beaucoup ont eu l’occasion de se rendre en Europe ou aux USA et de voir les mouvements féministes de masse existant dans ces pays. Si l'on tient compte de l’aspect numériquement faible de ces collectifs (pas plus de 60 femmes en tout), on peut dire que les groupes les plus significatifs sont le Mouvement national des femmes, le Mouvement féministe et « Revuelta » (La Révolte).
Ce dernier publie une revue portant le nom du groupe. Malgré une orientation générale socialisante, c'est un groupe de radicales-féministes qui refuse tout rapport avec les organisations politiques.
L'année dernière, ces groupes se sont coordonnés, fondant une revue unitaire « CIHUATL » (qui signifie « femme » dans la langue na-hauatl. une langue indigène du temps de la précolonisation). L'exi’gence de se coordonner. est née de la nécessité d'organiser une campagne commune sur le problème de l'avortement, et d'avoir un organe de presse unique servant de point de référence dans le débat sur ce thème. Cette « Coalition » est en quelque sorte une forme de coordination des féministes.
Lutter pour légaliser l'avortement
• Quelles sont les dernières initiatives qui ont été prises sur l’avortement et sa légalisation ?
— Elles ont fait, l’année passée une campagne sur l’avortement où des groupes de médecins et des individus ont présenté leur position sur l’avortement. Depuis, une série de meetings et d’actions ont été organisés surtout dans les écoles. En novembre, elles ont présenté un projet de loi au congrès de l’union demendant la liberté de l’avortement. Le jour de la présentation au congrès, il y a eu une manifestation de plus de cent femmes pour soutenir l’initiative.
• Quelles ont été les autres activités de cette coalition et quelle fut sa trajectoire politique ?
— Originellement, cette coalition avait une seule base d’unité, la lutte sur l’avortement. Elle publia le périodique Cihuat. Dans les derniers mois, en plus des activités sur l’avortement, la coalition a fait une campagne sur deux cas de viol. Cela a eu un rôle très important dans les deux cas, malgré les faibles forces de la coalition et des groupes qui la composent.
En raison de cela, et après une première expérience de travail propagandiste sur les femmes battues, la coalition a décidé, au début de cette année, d’élargir cette activité à des actions contre le viol et les femmes battues. Elle a aussi décidé d’engager une propagande générale sur l’oppression des femmes, et de créer des groupes de femmes dans plusieurs quartiers de Mexico, en particulier avec des femmes travailleuses.
La coalition a connu une réelle croissance, amenant de plus en plus de femmes à se réunir. Elle est plus connue qu’ auparavant et il existe d’énormes possibilités d’accroissement futur. Et il y a eu d’autres progrès : auparavant, la coalition était très réticente à travailler avec des organisations mixtes, maintenant, en partie à cause de la solidarité manifestée dans la campagne contre le viol, en partie à cause des débats au sein de la coalition, les femmes de la coalition ont développé des actions communes, pour le 8 mars, avec le Syndicat des travailleurs administratifs et du personnel administratif de l’université.
• Quelles en furent les conséquences ?
Il faut signaler que l’Etat mexicain, en raison de sa nature et de sa composition, a connu un courant favorable à la législation sur l'avortement, au moment de la lutte pour le pouvoir l’an passé, avant que ne soit désigné le candidat à la présidence pour le PRI.
Ce courant a été très important et a suscité une polémique nationale dans tous les journaux. Mais il faut dire que cette initiative s’est déroulée dans le même cadre que la loi sur la population (qui autorise la campagne sur la contraception). Elle marquait une volonté de contrôle de la population, et non celle d’accorder à la femme le droit de décider.
Cela se voit aussi dans les activités de la « première dame » des six dernières années, qui s’est chargée de « l’Institut National pour la Protection de l’Enfance » et qui a encouragé les mariages en série des travailleurs et travailleuses des entreprises de l’Etat.
Autant que je sache, bien que ce courant ait été battu dans la lutte pour la présidence, c'est la première fois dans le monde que des secteurs de l'appareil d’Etat se posent comme les défenseurs de la législation de l'avortement, sans mouvement de masse pour faire pression.
Les comités féminins de la Tendance Démocratique
Pendant cette dernière période, a surgi une grande or-. ganisation de femmes/épouses, en soutien à la lutte des électriciens démocratiques. Quelles sont les chances pour que ces femmes acquièrent une conscience féministe ?
De fait les comités féminins de la Tendance Démocratique (du syndicat des électriciens) ont surgi avec le but de mobiliser tous les secteurs possibles pour faire triompher la lutte. Ce type dTorganisation n'est pas nouveau àiTMexique, mais a tout de même des caractéristiques particulières, qui les distinguent d’expériences antérieures.
D’abord c’est une organisation de membres des familles et de travailleuses de la Tendance Démocratique elle-même. C'est-à-dire qu’il y a des femmes du syndicat lui-même dans ces comités.
Ensuite, l’organisation s’est présentée avec une dimension nationale. Et enfin, elle s’est liée directement avec ce qui a été, dans les premières années, l’avant-garde du mouvement ouvrier au niveau national. En ce sens, les activités de ces comités sont intimement liées au sort de la Tendance démocratique. Or, aujourd’hui, la TD a dû accepter sa dissolution en raison de l’intransigeance de la bureaucratie syndicale et de l’Etat lui-même.
Pourtant, la lutte organisée qu’ont menée les femmes et quelles continuent à mener a joué un rôle extrêmement important dans la trajectoire de la tendance. Et cette lutte organisée des femmes continue à avoir énormément d’importance, à permettre que se créent d’autres comités, intégrant des femmes pour d’autres luttes ouvrières.
A aucun moment, ces comités de femmes ne se sont revendiqués comme féministes, ou ayant la volonté de considérer les revendications spécifiquement féminines de leurs membres. Pourtant, dans la mesure où c’était des regroupements de femmes, ils eurent à affronter les difficultés traditionnelles dans ce cas, comme la réticence des ouvriers à accepter leurs activités, le refus de beaucoup de maris d’accepter la participation de leur femme au comité et les difficultés rencontrées pour combiner le travail domestique et les nouvelles activités de la lutte.
Dans ce moment décisif pour les comités de femmes, il était nécessaire qu’ils élargissent leurs perspectives, puisqu’ils ne paraissent pas de dissoudre. Ils auront à redéfinir leurs objectifs et leurs activités et cette situation exige qu’ils acquièrent un nouveau caractère.
En ce sens, ils ont accepté de participer aux activités prévues pour la journée internationale des femmes, avec les femmes syndiquées, les représentantes des partis politiques et la Coalition des femmes féministes.
Ceci est significatif de ce qui a déjà été signalé au sujet des féministes. C’est un premier pas — bien que petit — vers la reconnaissance du rôle des femmes dans la société et dans la lutte des classes.