La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

ïilîtantisme et vie quotidienne

Résolution du comité central

Cahiers du féminisme, n° 4, mai 1978 · p. 36 · 845 mots

1 . Pour des raisons diverses (vieillisse-t de l’organisation, recrutement dans milieux adultes, etc.), l’organisation se ve confrontée à une échelle déjà im-ante aux problèmes posés par l’existen-es enfants de militants et militantes. La prise en charge de ces problèmes à l’heure actuelle, dans la plupart des laissée aux initiatives individuelles. e situation contribue à développer des ons importantes, résultant notamment , culpabilisation des pères et des mères î l’incompréhension assez générale des îs militantes et militants.

�es camarades femmes, sur qui sent malgré tout les conséquences de ; incapacité à prendre en charge collée -nent les problèmes, sont les premières mes de cet état de fait : les démissions organisation, la « mise en congé », les issions de responsabilité après mater-sont là pour nous le prouver.

Si l’existence des enfants n'est bien évi-ment pas le seul point qui entraîne la situation actuelle des inégalités face nilitantisme, si les problèmes qu'elle renvoient à des débats plus généraux ?ort militantisme-politique, rythme ant, etc.), il est néanmoins indispensa-le traiter ces problèmes en tant que

!. L’absence de prise en charge ctive des enfaqts dans la société capi-e est une réalité vécue par tous et en lier lieu par la classe ouvrière (femmes jyer, peu de femmes militantes). Ceci oit pas servir de prétexte pour se voi-i fa qé et ne pas prendre en considéra-tout de suite les problèmes spécifiques jont liés, à-l’activité militante (en parti-r les réunions le soir ou le week-end). lèmes spécifiques d’autant plus impor-qu’il convient de les résoudre à égali-ître militants hommes et femmes.

; )'autre park et c'est une donnée essen-, nous voulons construire un parti qui me forte implantation ouvrière, nous ons « prolétariser » les directions, les liniser » aussi. Prendre en charge ctivement les problèmes posés par itence des enfants est aussi une cohdi-indispensable pour commencer à réalises objectifs.

LI1 ne peut s'agir de réclamer de foration des « privilèges » pour les en-de militants ou de croire qu’il serait ble de créer des « zones libérées » ou : îlots de socialisme » dans lesquels les its pourraient « s'épanouir » loin des •aintes et des traumatismes de la société capitaliste. Plus simplement et plus modestement, il s'agit de trouver des solutions concrètes qui, d’une part, permettent aux pères et aux mères d’être plus disponibles à l’activité militante et, d’autre, part prennent aussi en compte les besoins des enfants.

En effet, si nous n’avons pas l’illusion d’une solution miracle, nous devons clairement affimer que les solutions à mettre en œuvre ne peuvent se satisfaire de conceptions de « bébé-valise » qu’on laisse en consigne n’importe où le temps d’une réunion.

4. Des solutions immédiates minimales doivent être mises en œuvre. Elles passent par la compréhension de l'ensemble de l’organisation de la situation.

S’il ne peut s’agir de demander à chaque camarade d’assurer des gardes tant pour des raisons de capacité que pour des raisons de disponibilité, il doit être clair que la définition des tâches doit tenir compte de la présence des enfants. Le rythme militant d’un père ou d’une mère, toutes choses égales par ailleurs, est nécessairement inférieur à celui d’un militant sans enfant. En outre, il est indispensable de rechercher systématiquement les solutions locales qui permettent à tous les militants de militer : réunion chez ceux qui ont des enfants, horaires des réunions, babby-sitter dont la rémunération doit faire l'objet d'un débat avec participation éventuelle de l’organisation dans les cas posant problème.

L Ces mesures ne sont que des pis-aller minimaux. Des solutions un tant soit peu convenables, tant dans le cadre des problèmes réguliers — réunions hebdomadaires — qu'en ce qui concerne les problèmes extraordinaires — réunions nationales, congrès — nécessitent des infrastructures matérielles adéquates.

Ce qui implique notamment :

— des locaux adaptés (type maison des enfants de Rouen) ;

— un personnel qualifié stable.

Ces solutions posent aussi le problème du financement. Si en règle générale, la prise en charge financière par les parents (avec péréquation en fonction des revenus) doit être retenue, la participation financière de l’organisation, qui témoigne de sa volonté collective de traiter ce problème et surtout qui permet sur ce problème de pallier en partie les inégalités sociales dans l'organisation, doit être pour chaque cas débattue.

6. Si de telles solutions sont indispensables aujourd’hui, si de telles contraintes pèsent sur nous, c’est bien sûr parce que ces questions n’ont pas été réellement prises en charge par le mouvement ouvrier.

Ceci signifie clairement que les luttes pour la création d’équipements collectifs (crèches, maison des enfants, garderies, etc.), au niveau des quartiers et des entreprises, doivent être prises en charge par les militants de l’organisation, tant par le biais des syndicats que par celui des associations diverses (association de parents d’élèves, locataires, groupes femmes, etc.), et que nous devons débattre dans l’organisation sur les revendications que nous mettons en avant :

— crèches ouvertes 24 heures sur 24 ?

— personnel qualifié ? Quelle qualification ? Quels quotas ?

— emploi, etc.

En soulignant cependant que l’aboutissement de ces revendications ne régleraient pas tous les problèmes liés au militantisme proprement dit.

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