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L’emploi passé au crible

Cahiers du féminisme, n° 41-42, automne 1987 · p. 12-15 · 3 239 mots

Entretien avec Maryse Huet.

Depuis longtemps, Maryse Huet étudie la question de l’emploi des femmes. En tant que statisticienne à l’INSEE d’abord, puis dans le cadre du ministère des Droits de la femme où elle travailla ensuite. Aujourd’hui elle suit encore de près cette question au ministère des Affaires sociales et de l’emploi. Elle vient notamment de terminer une étude sur la place des femmes dans les dispositifs de l’emploi qui va être publiée incessamment. Nous avons fait avec elle le bilan de l’évolution du travail féminin depuis une quinzaine d’années.

♦ Quel bilan peut-on tirer de l’emploi féminin sur les quinze dernières années environ ?

On constate d’abord un taux d’activité croissant des femmes adultes qui n’a pas du tout été réduit par la crise. Aujourd’hui, 70 % des femmes de 25 à 55 ans sont actives contre 57 % en 1975. Cela s’explique par différents facteurs bien connus : le changement de place des femmes dans la société en général, leur volonté d’indépendance et autonomie mais également leur contribution plus importante aux revenus du ménage (de l’ordre d’un tiers environ). Dans les milieux populaires, chez les employées, elles fournissent 40 % des revenus du ménage. Cette part tend à croître compte tenu que le SMIC a progressé plus vite que le revenu moyen et que le niveau de formation des femmes est de plus en plus élevé.

On sait par ailleurs que le fait d’avoir moins d’enfants favorise l’activité professionnelle des femmes, mais comme le taux de fécondité des femmes stagne à 1,8 depuis 1975, ce n’est pas cela qui peut expliquer cette progression. Ce n’est pas non plus l’évolution de l’infrastructure pour garder les enfants car même s’il y a eu création de places supplémentaires dans les crèches, ce n’est pas massif...

Mais dans la mesure où la majeure partie des tâches domestiques repose sur les femmes, une réduction du temps de travail même minime a pu jouer concrètement.

♦ Mais une réduction d’une heure seulement ?

Cela a pu jouer à la marge mais il y a également le développement du travail à temps partiel. Ainsi les études font apparaître qu ’une part importante des femmes qui travaillent à temps partiel étaient des femmes au foyer auparavant. C’est d’ailleurs pour cette raison que les pouvoirs publics hésitent à vraiment encourager le temps partiel. D’un côté, ils voudraient ainsi occuper certains chômeurs, de l’autre cela crée une nouvelle demande...

En fait, depuis la crise, et ce jusqu’en

1985, les femmes ont été relativement épargnées en matière d’emploi car la crise s’est d’abord traduite par une perte massive d’emplois dans l’industrie ainsi que dans le bâtiment, des emplois principalement masculins. Ceci dit, en 1979 -1980 et depuis 1985 -1986, l’emploi féminin dans l’industrie a été proportionnellement plus touché que celui des hommes. En 1982, 1983 et

1984 ce lut le contraire. Mais depuis

1985 -1986, il y a effectivement plus d’emplois féminins que masculins supprimés dans l’industrie. C’est vrai dans l’automobile, dans le secteur des biens d’équipements etc... Tout cela est lié à la réorganisation du travail. Dans la téléphonie par exemple, il y a eu automatisation. Cela s’est traduit par l’introduction des robots, le recours à un personnel qualifié et par la suppression de nombreux emplois féminins. Ainsi en

1986, treize secteurs sur vingt-deux ont connu des pertes d’emplois plus importantes pour les femmes que pour les hommes.

En revanche, l’emploi tertiaire a été relativement préservé jusqu’au deuxième choc pétrolier en 1979. Le rythme de créations d’emplois dans ce secteur s’est sans doute ralenti mais très peu par rapport à la période précédente et les femmes plus que les hommes ont bénéficié des créations d’emplois dans ce secteur. Si on prend le secteur public, par exemple, où les femmes y ont 40 % de leurs emplois, de très nombreuses créations d’emplois ont été réalisées jusqu’en 1978, avec une reprise en 1982.

Mais depuis 1980, il y a globalement un très fort ralentissement des créations d’emplois dans le tertiaire qui atteint directement les femmes puisqu’elles travaillent pour les trois quarts dans ce secteur ! Et ce mouvement n’est pas près de s’inverser car il y a à la fois une politique de limitation de la masse salariale ce qui entraine une demande moins forte de services de la part des ménages et un souci de rééquilibrer le budget de l’Etat ainsi que les budgets sociaux, ce qui se traduit par moins de créations d’emplois dans les hôpitaux par exemple, qui dans la période passée au contraire avaient été créateurs d’emplois féminins...

Ainsi, même si les femmes ont été jusqu’à récemment plus épargnées par la crise que les hommes, il reste de toutes façons un écart non négligeable entre l’augmentation du nombre de femmes se présentant sur le marché du travail et du nombre d’hommes et l’avantage dont elles ont bénéficié précédemment se réduit singulièrement. Par ailleurs, il faut bien voir que les emplois féminins sont très particuliers. Ainsi dans le secteur privé, les créations d’emplois féminins se sont réalisées par le développement du travail à temps partiel, ce qui ne correspond pas forcément au souhait des femmes, dans le commerce notamment, comme l’a montré une enquête de l’INSEE. On peut à juste titre dire que le sous-emploi, c’est d’abord un sous-emploi féminin. Par ailleurs, les emplois féminins sont aussi des emplois précaires sous forme de contrats à durée déterminée très souvent. Les femmes là encore, sont plus touchées que les hommes. Les hommes, eux, ont été plus concernés par l’intérim et les licenciements industriels qui ont eu lieu massivement dans les années précédentes. L’avenir, en revanche, c’est le développement massif des contrats à durée déterminée... Aujourd'hui, par exemple, dans les entreprises de plus de 50 salariés, sur 100 embauches de femmes, 70 le sont avec un contrat à durée déterminée contre 60 pour les hommes.

♦ Est-ce que la suppression de l’autorisation administrative de licenciement a eu un effet particulier pour les femmes ?

Non. On constatait déjà des pertes d’emplois plus importantes pour les femmes depuis 1985 par licenciements et fins de contrats à durée déterminée. Cela a donc commencé avant le vote de la loi de 1986.

Au niveau des salaires, l’inégalité globale demeure mais a tendance à se réduire principalement à cause du relèvement des bas salaires, du SMIC en particulier. Par ailleurs, le niveau de qualification des femmes a tendance à progresser et elles ont accès à des postes plus qualifiés même si cela se fait dans des professions où elles sont déjà très présentes. Par exemple, dans le métier du travail social qui s’est beaucoup développé ou dans des postes de cadre moyen administratif.

♦ De ce point de vue, quel bilan peut-on tirer de l’application de la loi Roudy sur l’égalité professionnelle ?

Cette loi n’a pas été saisie comme une chance dans les entreprises. La logique de la loi, c’était de donner aux salariés de l’entreprise des moyens pour agir, de fournir des outils comme le rapport obligatoire sur la situation comparée des hommes et des femmes dans l’entreprise. Encore eut-il fallu qu’ils soient utilisés. Cela n’a pas été le cas. Donc la loi existe mais n’a pas été reprise par les partenaires sociaux, les syndicats et les comités d’entreprises notamment qui n’ont pas joué leur rôle parce qu’ils avaient sans doute d’autres priorités. Depuis 1984, il n y a eu que quinze plans pour légalité prefossiommelle mis en œuvre dans les entreprises. Il est vrai que l’entreprise n’a pas pour vocation l’égalité et qu’elle utilise la main-d’œuvre en fonction d’objectifs de production et de rentabilité...

♦ Mais plus généralement, comment peut-on interpréter les premiers résultats de l’enqûete emploi de l’INSEE sur la population active publiés en juillet dernier, où il est noté d’une part une aggravation du chômage des femmes et, d’autre part, le fait que l’emploi des femmes marque un palier entre mars 1986 et mars 1987, avec même une baisse des taux d’activité pour les moins de quarante ans. Les femmes se « découragent-elles » comme le suggère l’INSEE ou s ’ agit-il d’une « inflexion conjoncturelle » passagère, qui ne remet pas en question la tendance à long terme : la participation croissante des femmes à l’activité économique, comme le note également l’INSEE ?

Sur un an, cette légère baisse du taux d’activité des femmes ne veut rien dire d’autant que l’année précédente au contraire, il y avait eu une forte hausse. C’est une enquête aléatoire, difficile à utiliser en variations annuelles mais fiable sur le moyen terme.

♦ Mais les choix ajfirmés au niveau de la politique familiale du gouvernement, les incitations natalistes notamment, ne peuvent-ils pas à terme infléchir l’évolution de l’emploi des femmes ?

L’allocation au troisième enfant pas plus que le congé parental rémunéré ne semblent rencontrer un gros succès... Par ailleurs, d’autres initiatives prennent en compte l’activité professionnelle des femmes.

♦ Et en ce qui concerne la jlexibilité, des modifications importantes sont en cours comme la suppression de l’interdiction du travail de nuit pour les femmes. A-t-on des éléments d’enquêtes nouveaux à ce sujet ?

La suppression de l’interdiction du travail de nuit pour les femmes a été plutôt bien acceptée par certains syndicats dont la CFDT qui la considérait comme une discrimination vis à vis des femmes. Ce n’est pas un problème simple. En soi, le travail de nuit n’a jamais été bénéfique pour personne. Mais l’interdire aux femmes uniquement, c’est un frein pour

J'ai une licence d'histoire et géo, et je voudrais trouver un emploi dans l'histoire ou la géo !J'aurai tout entendu !

l’accès à certains emplois et une mesure de discrimination. On le voit bien dans certaines entreprises, une entreprise de presse par exemple. Comme les femmes ne pouvaient pas travailler la nuit, on faisait travailler les hommes une heure de plus moyennant quoi, ils avaient droit à des primes supplémentaires et accès à d’autres emplois. Il y a d’autres exemples connus comme celui de l’EDF.

♦ Mais cette interdiction n ’a jamais valu que pour les ouvrières et pouvait être levée pour l’accès à des postes de responsabilité.

C’est vrai dans l’industrie, l’accès à des postes d’encadrement était possible.

♦ C’était donc surtout les emplois non qualifiés dans l’industrie qui étaient concernés par l’interdiction du travail de nuit ?

Oui, mais pas seulement. A EDF, certains emplois qualifiés étaient interdits aux femmes parce qu’il y avait obligation de veille.

En fait, les femmes étaient déjà nombreuses à travailler la nuit. En 1984, il y avait environ 5% de femmes et 17 % d’hommes qui travaillaient la nuit. Et il n’y avait pas que les infirmières...

♦ Bien sûr, mais la loi nouvelle ne sera certainement pas utilisée comme moyen de promotion des femmes à des postes plus qualifiés ou de responsabilité...

Il est vrai qu’il y a un risque. Celui de voir licencier des femmes qui refuseront de participer aux nouvelles équipes de nuit mises en place dans les entreprises à l’avenir. Pour les autres modalités de flexibilité autorisée par la loi (annualité, officialisation du travail intermittent), il est trop tôt pour dire comment les femmes l’accepteront même si on peut penser que le fait de travailler 45 heures une semaine, 30 heures un autre peut gêner certaines femmes.

D’autres modalités sont à l’œuvre depuis plusieurs années et n’ont rien de nouveau, le temps partiel par exemple. En 1980, on a réduit les charges sociales lorsqu’il y avait temps partiel. Dans le secteur public, on a donné la possibilité d’autres horaires que le mi-temps. En 1982, a été adoptée l’ordonnance qui donne plus de garanties aux travailleurs à temps partiel. Il y a eu d’autres aides pour favoriser le temps partiel mais qui ont eu très peu de succès. A partir de 1985, des primes ont été versées sous certaines conditions aux entreprises qui embauchaient un chômeur de longue durée sur un poste à temps partiel ; à condition qu’elles n’aient pas licencié depuis un an par exemple, ni plus de 20 % de travail à temps partiel. Dans ces conditions, seulement 4 000 primes environ ont été versées aux entreprises, ce qui est ridicule par rapport au nombre de femmes qui travaillent à temps partiel. Aujourd’hui, dans le secteur privé, it y a 20 % de femmes qui travaillent à temps partiel.

♦ Et comment sont concernées les femmes par les mesures dites de « traitement social du chômage » comme les TUC et autres dispositifs ?

Tout dépend des programmes. En règle générale, plus le dispositif est éloigné de l’emploi, plus la participation des femmes est importante. Si on prend les mesures concernant les jeunes, elles vont être massivement dans les stages de formation mais beaucoup moins nombreuses dans les contrats de formation alternée ou dans des embauches avec exonération.

♦ Elles accèdent donc à une formation générale mais qui ne débouche pas directement sur un emploi ?

Oui. Cela est en fait le produit de tout un processus. On ne leur propose que certains types d’emplois et donc on les retrouvera dans des stages de formation d’habillement ou de secrétariat... L’absence de diversification des emplois des files est un handicap spécifique très important en dehors même des autres discriminations qu’elles peuvent subir. Et pourtant la question de la diversification est maîtrisable.

♦ Avez-vous déjà réfléchi spécifiquement à ce problème ?

Oui, quand j’étais au Ministère des droits de la femme. C’est de toutes façons un travail de longue haleine. Cela commence par la relecture des manuels scolaires ; cela continue par les phases d’orientation et d’informations des élèves, des parents aussi pour leur faire comprendre qu’un autre avenir que dactylo ou infirmière est possible. Des vidéos sur des femmes ingénieurs ont bien été réalisées mais tout cela reste au stade expérimental. Une mesure qui a bien marché, qui n’a pas coûté grand chose et qui a été très efficace a été l’encouragement des filles par des bourses de la vocation scientifique pour leur favoriser l’accès aux écoles d’ingénieurs. Une centaine de bourses seulement a été distribuée et pourtant cela a eu un impact certain sur les mentalités.

En ce qui concerne les programmes de formation pour adultes, les femmes y participent très peu. Elles ne représentent que 24 % des stagiaires de l'APEA. Elles ont bénéficié des programmes de préretraites mais beaucoup moins des programmes liés aux restructuration et pour cause... Ils concernaient prioritairement les zones d’emplois des charbonnages, de la construction navale, de la sidérurgie, essentiellement masculines. Quant aux formules de conventions Etat-entreprises, prises en charges par les entreprises, elles ne concernaient que les grandes entreprises donc pas les femmes qui travaillent plus souvent dans petites entreprises. Dans les conventions, version 1986, les avantages sont moindres pour l’ensemble des salariés mais les femmes, même dans les petites entreprises, ont plus de chance d’en bénéficier parce que les coûts de formation sont pris en charge par l’Etat.

Elles ont massivment participé aux TUC, aux emplois d’initiatives locales, emplois à temps partiel du secteur public.

Elles ont bénéficié beaucoup moins, en revanche, de l’indemnisation du chômage compte tenu que l’indemnisation est fonction de l’activité passée. Ayant eu des travaux plus précaires, elles ont une durée moindre d’activité. Par ailleurs, elles restent plus longtemps au chômage et donc au bout d’un certain temps n’ont plus droit aux allocations. Elles sont donc moins indemnisées que les hommes.

Par ailleurs, on voit réapparaître de plus en plus des dispositifs spécifiques. Ainsi, d’un côté on finance des stages pour les chômeurs de longue durée auxquels les femmes devraient avoir accès prioritairement puisqu’elles représentent 60 % des chômeurs de longue durée, et parallèlement, on met en place un stage spécifique pour les mères isolées. A côté des PIL, qui sont des TUC à destination des chômeurs de longue durée et qui permettent de bénéficier d’une allocation chômage, on crée les PIF spécifiquement pour les femmes de plus de quarante ans. Ces mesures sont d’ailleurs peu connues et concernent peu de femmes. Il conviendrait de se poser davantage le problème de l’intégration des femmes dans les dispositifs d’ordre général. Elles constituent 60 % des chômeurs de longue durée ; il faudrait qu'elles soient 60 % à bénéficier des dispositifs d'ordre général.

Mais le problème est en fait celui d’un accès égal à l’emploi. Pendant des années, on nous a répété qu’il y avait un problème de formation des femmes. Mais ce n’est pas, ce n’est plus un problème de niveau maintenant. Les filles qui sortent de l’école ont maintenant un niveau de formation générale supérieur à celui des garçons mais pas un niveau technique. Une fille sortira avec le bac quand le garçon sortira avec un CAP. Ou alors, lorsqu’elles ont un niveau technique, c’est toujours les mêmes CAP : dactylo, coiffure etc... alors que l’éventail pour les garçons est toujours beaucoup plus large. Pourtant on s’aperçoit qu’à partir d’un certain niveau technique de formation (le niveau IV), les filles n’ont pas plus de problèmes d’insertion que les garçons. Après les stages techniques de l’AFPA, à l’issue de leur formation, les femmes réussissent à s’insérer autant que les hommes.

Sur le plan du chômage, jusqu’en 1985, l’évolution du taux de chômage sur l’ensemble de la période a été aussi rapide pour les hommes que pour les femmes alors qu’avant 1975, c’était l’inverse. De toutes façons, le taux de chômage est beaucoup plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Il y a 14 % de femmes au chômage, 9 % d’hommes. Depuis 1986, au contraire, le chômage des femmes s’accroît plus rapidement. Cela concerne les femmes d’âge adulte et il y a maintenant des pertes d’emplois plus fréquentes depuis 1985. Il y a une restriction certaine des débouchés : il y a des pertes dans l’industrie. Dans le tertiaire, on ne crée plus beaucoup d’emplois...

♦ Est-ce qu’on peut craindre des pertes massives dans le tertiaire ?

Par exemple, c’est complètement bloqué pour la sécurité sociale avec l’informatisation et la bureautisation. Dans les banques, c’est un peu différent dans la mesure où l’expérience a montré que lorsqu’on informatisait certains secteurs, d’autres activités se développaient dans le même temps. En revanche, en ce qui concerne la sécurité sociale, on ne voit pas d’activités de remplacement. Et comme on n’a pas vraiment l’impression qu’il va y avoir une extension des droits en matière de protection sociale, on peut effectivement craindre certaines suppressions d’emplois. Mais à la limite, peut-être que dans le tertiaire, les femmes ne seront pas forcément handicapées par l’informatisation dans la mesure où il est prouvé que plus un secteur est féminisé, plus les femmes y ont un éventail large de professions. C’est le cas du tertiaire. D’autant que maintenant les femmes sont bien implantées dans l’informatique. Elles représentent 23 % des effectifs des programmeurs par exemple. Mieux, dans les I. U. T., elles constituent la moitié des étudiants en informatique , au point paraît-il, que certains directeurs d’I.U.T. élimineraient certaines candidatures féminines pour ne pas dépasser un quota de 50 %. Il y aurait des quotas officieux pour éviter que la filière ne se... « dévalorise » !

Malgré tout, en ce qui concerne le chômage des femmes, il y a une augmentation considérable sur la dernière année puisqu’ entre juillet 1986 et juillet 1987, il y a eu une augmentation de 13 % contre 6 % pour les hommes. Celles qui sont les plus touchées sont évidemment les moins qualifiées, les jeunes et les mères isolées. On peut donc être assez pessimiste sur les perspectives d’emploi pour les femmes. D’ici 1989, elles ne peuvent être qu’en retrait sur les évolutions passées. L’aspiration des femmes à travailler demeure, mais il y a globalement réduction du nombre d’emplois offerts.

Propos recueillis par Claire Bataille

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