En 1984, le Figaro apprenait aux cadres supérieurs des PME, aux pharmaciens et autres notaires de province qui font le fonds de ses lecteurs qu’une nouvelle race était née en France : les nouveaux pauvres.
Foin des anciens pauvres, prolétaires depuis l’origine du prolétariat, classe dangereuse et pas propre sur soi. Avec le nouveau pauvre, on tenait la victime méritante qui prouvait que « Mitterrand avait fait basculer la France dans la misère. » (6 mars 1984).
Depuis, la pauvreté est source de sensation médiatique et la récupération politique est le traitement ordinaire du problème. Pourtant, les rapports et les ouvrages sérieux existent.
C’est en 1974 que René Lenoir écrit les Exclus et décrit les phénomènes de marginalisation qui frappent des pans entiers de la population alors que la crise économique n’a pas commencé...
Depuis, les rapports officiels se sont multipliés, comme le rapport Charvet — non publié — en 1982, le rapport Oheix — non publié -, et plusieurs rapports en 1982 et 1987 du père Wresinski, dirigeant d’ATD Quart Monde, devant le Conseil économique et social.
Mais si la grande pauvreté est désormais mieux cernée, à défaut d’être mieux combattue, sa composante féminine reste mal connue.