Le phénomène social des coordinations et plus globalement le développement de V auto-organisation dans les mouvements sociaux marquent un certain tournant dans la tradition des luttes en France , déstabilisent les syndicats et inquiètent le pouvoir politique. Les luttes de l’hiver 1986-1987 (étudiant(e)s, SNCF, instits) ont été les premières à révéler ce changement profond. Les infirmières et les autres catégories hospitalières se sont aussi dotées de coordinations. Mais, contrairement aux mouvements sociaux précédents, on assiste à une lame de fond dans le secteur de la santé qui va au-delà de la gestion démocratique d’une grève. Toutes les bureaucraties syndicales se sentent menacées et certaines voient leur pro jet de recomposition syndicale perturbé.
Quelle désolation de les voir tous, médias, syndicats, sociologues, gouvernants, s’escrimer à analyser le phénomène des coordinations. Les institutions sont sacrées, il faut conjurer le sort devant l’inacceptable : la démocratie directe à la base.
Ils n’ont pas fini d’être surpris, d’être à côté de la plaque, tous ces idéologues officiels. L’onde de choc du mouvement auto-organisé des infirmières et des autres catégories de la santé a commencé à fissurer les murs des forteresses syndicales. Comment en serait-il autrement quand, pendant des années, les uns et les autres ont dévoyé la vocation principale du syndicalisme — défendre l’intérêt des salarié(e)s, rien que l’intérêt des salarié(e)s — et abandonné toute perspective de transformation de la société pour la satisfaction des besoins sociaux dont la santé fait partie.
Les infirmières s’éclatent, les syndicats se débattent
Les dernières luttes, certes importantes, de 1974-1978 dans le secteur hospitalier n’avaient pas connu autant d’ampleur qu’aujourd’hui et n’avaient pas donné naissance à des coordinations bien que les fédérations syndicales de la santé n’étaient pas plus représentatives que maintenant, notamment chez les infirmières, dont 95 % ne sont pas syndiquées. De 1978 à 1988, aucun combat significatif n’a été mené par les organisations syndicales pour défendre la profession d’infirmière. La division syndicale, les sempiternelles journées d’action inefficaces ne répondaient pas aux préoccupations quotidiennes du personnel de santé ni à la politique d’austérité des différents gouvernements. En effet, les syndicats n’ont pas mené de bataille contre la politique de rentabilité qui s’est instaurée dans les hôpitaux et qui consiste à faire de la santé un secteur lucratif comme un autre. Ils n’ont pas non plus pris en compte l’aspiration des infirmières à voir reconnaître leur qualification accrue du fait des avancées technologiques.
Alors la santé explose. Les infirmières s’éclatent et les syndicats se débattent dans leurs contradictions.
Outre le turn over important dans la profession d’infirmière (la carrière professionnelle est de huit ans en moyenne), le faible taux de syndicalisation du milieu s’explique aussi par une identité syndicale vécue par elles comme uniformisante, essentiellement masculine, et par un sentiment de totale inefficacité des syndicats dans la lutte. Il faut bien dire que le comportement des syndicats face au mouvement qu’elles ont engagé voilà un peu plus d’un mois n’est pas prêt de dissiper leurs ressentiments et leur défiance.
Mis à part le CRC-Santé CFDT-Région parisienne et des syndicats CGT qui ont soutenu dès le début et sans réserve leur lutte et la coordination, les directions syndicales CFDT, FO et CFTC ont au contraire dénoncé la coordination des infirmières comme groupement minoritaire manipulé par la LCR. Quant à la CGT, elle a utilisé en permanence un double langage, soutien à la coordination pour l’extérieur et dénonciation des « manipulations gauchistes » pour l’intérieur. Certains journalistes, plus soucieux d’utiliser les fiches des renseignements généraux pour jouer les apprentis-policiers, reprendront cette interprétation policière des événements au lieu de rendre compte objectivement des faits.
Ensuite, les tactiques ont divergé : les syndicats CFDT, FO et CFTC persévéreront dans leur mépris et la non-reconnaissance de la coordination et manœuvreront en sous-main avec le ministre de la Santé, M. Evin ; la CGT, elle, tentera une offensive de charme vis-à-vis du mouvement pour mieux le récupérer, mais sans succès. Tout ceci n’est pas sans provoquer des remous au sein même des organisations syndicales, plus particulièrement à la CFDT et à la CGT.
La débandade des quatre
La mobilisation des infirmières s’annonçant importante, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC se sont ralliées en catastrophe à la première manifestation du 29 septembre, appelée par la coordination Ile-de-France des infirmières. L’UNASIIF, organisation dominée par les cadres de la profession (à laquelle la CGC est adhérente), s’est jointe également à cette manifestation.
Mais, dès les jours suivants, à l’annonce par la coordination d’une nouvelle manifestation le 6 octobre, c’est la débandade. Ils n’y participeront pas. Ils n’ont qu’un seul but : prouver l’inefficacité de la coordination et rester les seuls interlocuteurs du gouvernement pour les négociations. C’était sans compter sur la détermination des infirmières et des autres catégories dont la présence augmente à chaque manifestation. Le 6 octobre est un succès. Le ministre Evin rencontrera à plusieurs reprises la coordination, mais le gouvernement s’appuiera toujours sur les syndicats contre le mouvement.
Mais la bande des quatre persiste et signe, en appelant séparément à la manifestation du 1 3 oc-
Le baiser de Judas
L’air de la calomnie
Union départementale CFDT de Paris
« Quelle est d’ailleurs la légitimité de cette structure [la coordination] ? Les neuf cents délégués qui se sont retrouvés à la Sorbonne n’ont matériellement pas pu être élus par les infirmières de leurs établissements respectifs. Si ceci n’empêche pas que la coordination soit une référence pour de nombreux salariés, il y a tromperie dans la démarche :
— On ne peut contester la représentativité de quelqu’un (les syndicats) si on n’est pas soi-même passé au vote.
— Une direction autoproclamée, même sympathique, personne ne pourra lui demander des comptes lorsque demain, après le conflit, elle aura disparu aussi vite qu’elle est apparue. Par contre le syndicalisme devra bien, lui, continuer à prendre en charge la nouvelle situation créée. »
Fédération CGT de la Santé et de l’Action sociale
O Circulaire du 30 septembre 1988 « Beaucoup plus en région parisienne qu’en province, nous avons vu à l’œuvre “la Coordination” :
« De quoi s’agit-il exactement et quels objectifs poursuit-elle ?
« Autant dire tout de suite que cette coordination est orchestrée par de véritables “professionnels politiques” essayant d’opposer la “base” des infirmières aux syndicats CGT et dont leurs objectifs visent la récupération du mouvement.
« Tout leur travail est au service de la “recomposition syndicale” qui veut faire disparaître le syndicalisme de classe, la CGT, du paysage social français. Il est clair que cette coordination plonge ses racines dans les forces politiques qui cherchent la réalisation du consensus en affaiblissant et même éliminant les forces révolutionnaires politiques et syndicales. »
O Circulaire du 26 octobre 1988 « A propos de la décision de l’AG de la coordination (du 23 octobre 1988).
« Ces décisions de l’AG nationale ne sont pas la résultante des AG d’établissement. L’AG a décidé... puis consulte (pas même à bulletin secret) sur la décision. C’est la démocratie à l’envers.
« Par conséquent, soyons attentifs à ne pas assimiler le bureau de la coordination (militants politiques, LCR, PS, droite...), qui vise les mêmes objectifs que les organisations syndicales signataires, et la masse des personnels participant aux coordinations d’établissement, rassemblés autour de leurs revendications et dont beaucoup, sur ces objectifs, se dépensent et se dévouent sans compter. »
tobre. Ils ne regrouperont que quinze mille personnes alors que la coordination en rassemblera cent mille. Du jamais vu !
Toutes les manœuvres sont bonnes, à Nantes, par exemple, comme en témoigne une infirmière (Libération du 14 octobre) : « Dans mon hôpital, des syndicalistes ont raconté qu ’il fallait obligatoirement prendre sa carte syndicale pour monter à Paris. »
Tous les syndicalistes n’ont pas, heureusement, de tels comportements. Une grande partie des militant(e)s de FO, de la CFDT et de la CGT se joignent à la manif de la coordination le 13 octobre. Les directions syndicales ne sont même plus en phase avec leurs syndiqués. A tel point que la quasi-unanimité des sections de base de la CFDT est contre la signature du protocole d’accord proposé par Evin. Les bureaucrates syndicaux passeront outre (seules la CGC et la CGT ne signeront pas). Comment peuvent-ils alors s’étonner et se désoler sans hypocrisie de la chute de la syndicalisation ? (Voir encadré p. 29.)
Un document interne de l’UD-CFDT de Paris (fidèle à la ligne confédérale) révèle, sans le vouloir, à quel point leur vision bureaucratique du syndicalisme est dépassée et ne sera jamais porteuse du syndicaüsme combatif et unitaire dont les salarié(e)s ont besoin. Les auteurs de ce document précisent que le débat sur les coordinations a déjà eu lieu à l’occasion de la lutte des cheminots. Visiblement, ils n’ont toujours pas compris la signification d’une telle aspiration à la démocratie ouvrière ou plutôt refusent, à la lumière du mouvement des infirmières, de reconnaître la supériorité de cette démocratie-là sur les manœuvres d’appareils syndicaux (cf. extrait du document précité).
Ce sont des manœuvres permanentes, au cours des luttes mais aussi après les luttes, quand il s’agit d’exclure les militant(e)s qui ont choisi la défense intransigeante des revendications des grévistes, l’unité et la démocratie du mouvement.
Dans ce conflit, la CGT pratique autrement mais manœuvre tout autant.
Dès le mois d’août, la coordination Ile-de-France des infirmières envoie une lettre à la fédération CGT-Santé, lui proposant une rencontre sur les problèmes des infirmières et les perspectives d’actions communes. La réponse de la CGT, dans une lettre ouverte à la coordination, le 22 août, amorçait mal le débat : « La colère spontanée présente des risques d’inefficacité, voire de récupérations et de détournements des objectifs poursuivis »... et, parlant de l’expérience de la CGT : « Cette expérience nous amène à alerter sur les dangers de pratiques démagogiques telles que des assemblées générales, où seuls quelques témoins s ’expriment et font emporter la décision. La démocratie n’est alors qu’apparente. » Et, plus loin : « C’est à l’organisation syndicale d’impulser, d’aider, d’encadrer la lutte dans le respect de la démocratie. » A bon entendeur, salut !
Dans un autre document CGT intitulé l’Infirmière : astragale du système de santé, on lit ces quelques lignes : « Depuis mars dernier, une certaine coordination délégataire tente de canaliser le mécontentement. Elle veut avoir une action anti-inflammatoire, faire tomber la fièvre, mais chacun sait qu’il est dangereux de faire disparaître les symptômes d’une maladie sans la traiter vraiment. »
Cette coordination a été capable de rassembler cent mille personnes dans la rue, de quoi donner des boutons aux donneurs de leçons en tout genre. Le discours interne de la fédération CGT-Santé se fait de plus en plus accusateur (cf. les extraits des circulaires du 30 septembre et 26 octobre).
Dans la Vie ouvrière du 10 octobre, B. Dé-sormière, secrétaire général de la CGT-Santé, tient sensiblement le même langage : « Soyons clairs: la “ coordination ” existe parce qu’il y a développement des luttes. Et ce mouvement est dû à l’activité incessante de la CGT. Quand on y regarde de près, à la tête de la coordination, on trouve un groupe de gens issus des forces politiques au pouvoir, des forces syndicales réformistes ou associatives dont certaines ont été mises en place bien avant l’action. La tête de la “ coordination ” n’a pas d’autre raison d’être que d’établir un consensus qui vise deux objectifs : éviter le développement plein et progressif du mouvement social et travailler à la recomposition du mouvement syndical. » La position de la CGT par rapport à la coordination et au mouvement suivra une évolution et provoquera un débat houleux au sein du
Représentation syndicale dans la santé secteur public
• Résultats des élections professionnelles
:
— CGT : 30 % (+ 2 % en 1988). Renforcement chez les ASH et les AS et monopole chez le personnel ouvrier essentiellement masculin.
— CFDT : 30,6 % (+ 2 % en 1988). Renforcement chez les paramédicaux et chez les infirmières.
— FO: 29,6 % (-3% en 1988). Plutôt influente dans l’encadrement.
La CFTC et les autonomes ont une représentation marginale. Signalons que près de la moitié des inscrits, surtout chez le personnel soignant, ne votent pas aux élections professionnelles.
• En terme de syndicalisation
les infirmières sont peu syndiquées, 5 à 8 %. Et le taux de syndicalisation, toutes catégories confondues, ne dépasse pas les 10 à 15 %. En outre, depuis 1980, la CFDT et la CGT ont perdu la moitié de leurs adhérents.
PCF, entre les cégétistes et les autres membres du comité central. Mais la CGT et le PCF sont tous deux hantés par le débordement. La fédération CGT-Santé, en accord avec la direction Krasucki, après avoir dénoncé la coordination dans ses circulaires internes, collera au mouvement tout en se considérant toujours comme seul représentant légitime pour négocier dans les hostos. Cette ligne « assouplie » ne suffit pas aux dirigeants du PCF. G. Marchais déclare au comité central : « Le fond de ce débat se ramène à une question simple : y a-t-il un complot derrière tout ça ? Non /(...) Le syndicat de classe et de masse qu’est la CGT a tout à y gagner. Une évolution importante ne fait que commencer ; elle peut conduire très loin. »
En clair, il s’agit pour les dirigeants du PCF d’aller plus loin que l’accompagnement du mouvement et donc que la CGT entre dans les coordinations existantes et en crée de nouvelles, contrôlées par la CGT. De ce fait, la CGT peut apparaître plus à gauche que les autres syndicats qui forment un front anti-coordination et signent les accords contre l’avis du mouvement. Mais la méfiance des infirmières et d’autres catégories hospitalières envers les vieilles organisations (personne n’a oublié que la CGT s’est comportée comme un syndicat officiel sous le ministère Ralite) est si fortement ancrée que cette nouvelle tactique tardive de la CGT ainsi que sa faible capacité politique et en « personnel » pour l’appliquer rendent peu probable le succès de cette nouvelle opération recommandée par les dirigeants du PCF.
De plus, vouloir découper son propre courant à l’intérieur du mouvement, au nom des coordinations, c’est ne rien comprendre ou ne pas vouloir prendre toute la mesure de ce que signifie une lutte démocratique.
L’obsession des dirigeants cégétistes et du PCF est la suivante : briser toute forme d’autoorganisation qui émane des grévistes eux-mêmes,
A la santé et ailleurs...
Droit de réponse
A plusieurs reprises, les directions syndicales ont tenté d’utiliser, contre la coordination des infirmières, l’épouvantail de la « manipulation trotskyste ». Michel Rocard, de son côté, a lui aussi repris publiquement cette thèse du « complot ». Nous reproduisons ici la réponse de notre camarade François Nizet, militant de la LCR et membre du bureau de la coordination nationale des infirmières, lors d’un meeting organisé par la LCR :
« Le Premier ministre a trouvé qu’il était “difficile de négocier avec les assistants de M. Krivine” [sic]. Alors, retournons lui l’affirmation : les infirmières trouvent, elles, que “c’est avec ce gouvernement qu’il est dur de négocier”. Là où il y a une lame de fond, un raz de marée, Evin-Rocard n’y voient qu’un complot.
« Face à une coordination regroupant l’ensemble des infirmières, tenant trois rencontres nationales sur la base de délégués élus, débattant devant la presse et les caméras de l’avenir de leur mouvement, rejettant à l’unanimité les propositions gouvernementales discutées dans les services et les AG, un premier ministre se permet de dire que les infirmières sont “énervées et qu’elles n’ont rien compris”. “Monsieur Rocard, les infirmières ne sont ni nonnes, ni connes”, lui avons nous répondu. (...)
« Et puis, Monsieur Rocard, qui manipule ? Les militants de la LCR, ou ce gouvernement qui refuse de reconnaître la légitimité de la coordination mais transactionne dans l’ombre avec les bureaucraties syndicales pour signer un accord sur le dos des personnels de santé ? Qui manipule, la LCR, ou ce gouvernement qui télécommande et orchestre une vaste campagne de presse sur le thème éculé des “barons noirs”, des mous et des durs, des constructifs et des autres ? La LCR ou vous, qui faites descendre dans les hôpitaux l’appareil préfectoral pour expliquer qu’un mauvais accord est un bon accord et qu’il faut savoir “terminer une grève” ?
« Qui a convoqué, le 14 octobre à 3 h du matin, à Matignon, syndicats et délégations de la coordination pour leur dire : “je n’ai rien à vous dire” : la LCR ou vous, Monsieur Rocard ? Alors, qui dupe qui ?
« Qui manœuvre, qui manipule ? Les militants de la LCR engagés avec leurs collègues pour faire valoir leurs droits, ou vous, Monsieur Rocard ? Mais, de tout cela, la presse n’en a pas parlé. On préfère agiter les vieux démons plutôt que de s’atteler à proposer des mesures concrètes et immédiates et un échéancier précis pour l’avenir. »
apparaître comme le seul syndicat lutte de classe pour tenter de faire échec aux manœuvres (réelles) de la social-démocratie de constituer une force syndicale qui soit le pendant de sa représentation politique. Mais leurs méthodes et leur vision du monde du travail — et du monde tout court — ne sont pas à même de répondre à la question essentielle aujourd’hui : la rénovation syndicale pour un syndicalisme combatif, soutenant sans réserve ni manœuvre l’auto-organisation des salarié(e)s en lutte, indépendant, démocratique, unitaire et qui n’a pas d’autre intérêt que la défense intransigeante des revendications.
Nombre de militant(e)s des différentes centrales syndicales se posent cette question, certains ont avancé dans le débat, d’autres cherchent encore. L’enjeu est d’importance. La lutte des infirmières aura révélé davantage le malaise et de nouvelles luttes ne manqueront pas de l’accentuer.
E. Maire prend les devants et semble vouloir accélérer le processus envisagé par la FEN d’une grande confédération social-démocrate (regroupant les syndicats autonomes, une partie de la CFDT, FO et la CGC). Ces quelques lignes dans l’interview donnée au Nouvel Observateur du 3 au 9 novembre 1988 en témoignent: « Mais pourquoi la CFDT, FO et la FEN ne se retrouvent-elles pas dans la même organisation ? » (cf. pour plus de précision la LCR et le mouvement syndical, aux éditions La Brèche).
Maire veut accélérer ce projet contre le développement des coordinations qui pourraient être porteuses de ce renouveau nécessaire du syndicalisme.
Les syndicalistes unitaires et combatifs, les acteurs et les actrices des derniers mouvements sociaux et ceux des luttes à venir représentent un espoir pour l’émergence de ce syndicalisme qui ne braderait pas les aspirations des salarié(e)s au nom d’intérêts bureaucratiques et d’adaptation au système capitaliste. Comme le disent les signataires de la gauche syndicale CFDT dans un document intitulé Quel syndicalisme voulons-nous pour Tan 2000?: « La vocation du syndicalisme n’est pas de réguler le capitalisme, fût-il à visage humain. Le syndicalisme pour lequel nous œuvrons est porteur d’un projet autonome de transformation sociale ».
La coordination des infirmières et les autres coordinations du personnel hospitalier ont démontré leur capacité à mobiliser massivement et unitairement pour la défense des revendications de professions laissées pour compte.
Elles se sont constituées en association loi 1901 pour maintenir la mobilisation et défendre leurs revendications. Elles poursuivront la réflexion sur leur avenir. La coordination des infirmières a ainsi rejeté majoritairement l’idée de se constituer en syndicat autonome catégoriel.
Demain, quel prolongement connaîtra cette lutte, quel changement s’opérera dans le paysage syndical dans le secteur de la santé et ailleurs ? La réponse n’est pas donnée d’avance, mais faisons en sorte de nous rassembler pour en finir avec un certain syndicalisme sectaire, manipulateur et bureaucratique.
Catherine Rosehill