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Cameroun : La mort pour trois fois rien

· Cahiers du féminisme, n° 56, printemps 1991 · p. 27-30 · 3 227 mots

DOSSIER

La mort pour trois fois rien

Lydie est une Africaine du Cameroun. Elle oit depuis de nombreuses années en France , mais retourne régulièrement dans son pays , rendre visite à sa famille. Elle est fondatrice et présidente, à Paris, du MODEFEN, Mouvement pour la défense des droits de la femme noire. Nous l'avons rencontrée pour parler avec elle de la situation au Cameroun et, notamment, de celle des femmes de son pays.

Je suis née et j’ai grandi à Douala, que j’ai quittée à vingt-six ans pour venir en France poursuivre mes études. Quand je reviens au Cameroun, c’est pourvoir ma famille, àDouala. Je connais donc très mal la campagne camerounaise. Il y a sept ans, un groupe de femmes d’un village de l’intérieur avait contacté mon organisation, la croyant riche, pour demander de l’aide. Nous avions fait une collecte entre nous et nous avions pu au moins leur envoyer l’essentiel : une trousse médicale avec tout ce qu’il fallait pour les premiers soins, du matériel de couture -fils, aiguilles, etc. -, et des pochettes de semis de plantes qui poussent bien là-bas. Un an plus tard, à l’occasion d’un voyage au pays, je suis allée rendre visite à ces femmes, à environ quatre cents kilomètres de chez moi.

Et là, pour la première fois, j’ai vu de près la misère. Quand on ne la connaît que par les livres ou les journaux, ou par ouïe-dire, ce n’est pas du tout la même chose que quand on la voit de ses propres yeux ! Je me suis rendue chez la jeune femme qui nous avait écrit. Elle vivait avec ses enfants, son mari et ses beaux-parents -sept ou huit personnes au total -dans leur petite maison. Le mari était parti essayer de vendre un peu de maïs : « S’il réussit à le vendre, m’a dit le père, il pourra nous acheter un peu de savon et un peu de pétrole. » Ces mots ont fait sur moi un effet foudroyant... Il y avait longtemps que j’avais oublié jusqu’à l’existence de l’éclairage au pétrole. Alors, savoir qu’il y a des gens qui n’en ont même pas, et qui ne peuvent en avoir « un peu » que s’ils réussissent à vendre « un peu de maïs », c’est terrible !

Ces gens vivaient tant bien que mal avec les produits de leurs champs. Les femmes avaient bien mis en terre les semis que nous leur avions envoyés, mais, en saison sèche, il faut beaucoup arroser. Et pas d’eau à proximité ! Elles devaient donc prendre des seaux pour aller puiser l’eau je ne sais où !... Alors elles comptaient sur notre aide pour leur fournir des tuyaux et tout ce qu’il faut pour amener l’eau jusqu’aux cultures.

Beaucoup de secteurs, comme celui-ci, n’ont encore ni eau ni électricité. Les corvées d’eau, les corvées de bois, sont assumées par les femmes. Dans les campagnes, l’agriculture repose essentiellement sur elles. Quant aux hommes, cela dépend des endroits. Dans certains cas, c’est à eux que revient d’abattre les arbres lorsqu’un terrain nouveau est à exploiter. Les gros travaux, quoi. Tout le reste, ce sont les femmes. Cela fait beaucoup ! L’esclavage n’a pas été aboli partout... La vie des femmes, à la campagne, tient de l’exploit quotidien. De l’exploit quo-ti-dien !

Lydie évoque ensuite V exode rural qui, depuis plusieurs années, comme dans tous les pays d’Afrique, pousse des milliers de familles paysannes vers les villes.

Cet exode a pris de telles proportions qu’il y a aujourd’hui, dans les villes, des gens qui vivent dans des conditions épouvantables. A Douala, par exemple, de grands fossés avaient été creusés pendant la colonisation pour l’écoulement des eaux de pluie, car il pleut beaucoup dans cette région ; grâce à ces fossés, les inondations avaient nettement diminué. Mais aujourd’hui, des gens construisent des petits baraquements jusque dans ces fossés. Imaginez-vous la situation à la saison des pluies ? C’est effarant de voir que des gens vivent là-dedans ! C’estmêmeétonnantqu’iln’yait pas plus de morts et de maladies...

Aujourd'hui tout s'achète

Tous ces gens sont venus en ville dans l’espoir de trouver un travail et de vivre mieux. Mais beaucoup n’en trouvent pas, car c’est peu de dire qu’en ce moment c’est difficile ! On licencie à tour de bras, dans tous les secteurs, dans l’administration, dans les sociétés publiques ou para-publiques : la société nationale des chemins de fer, l’électricité, les douanes, la société des transports urbains, etc. Si ces licenciements concernent surtout des hommes, c’est tout simplement parce qu’ils constituent la majorité de la main d’oeuvre dans ces entreprises. Les femmes, elles, on les trouve dans l’enseignement, l’administration, les banques, ou encore dans le commerce : petites marchandes de rue, qui vendent quelques allumettes, un peu de sel -ce qu’on appelle le secteur informel ; d’autres ont des espaces fixes dans les marchés, où elles vendent des vêtements, ou des chaussures, ou des produits de beauté. Mais il y a surtout beaucoup de chômeuses, de femmes sans travail...

DOSSIER

Imaginez ce qui se passe lorsque les enfants tombent malades, dans ces familles où ni le mari ni la femme ne travaillent, où il n’y a déjà pas à manger tous les jours ! Dans le temps, on les emmenait à l’hôpital et on les soignait sur place. Aujourd’hui, tout s’achète, on leur donne une ordonnance. Que signifie une ordonnance pour quelqu’un qui ne travaille pas, qui n’a pas un sou vaillant ? C’est pour cela que chaque fois que je rentre au Cameroun, je pars avec des médicaments que je collecte ici, auprès des uns et des autres. Cela va au moins aider un peu quelques-uns... La question de la santé est vraiment un problème crucial en Afrique !

Il en va de même de 1 ’ éducation. Celui qui n’ a pas de quoi acheter des médicaments, c’est aussi souvent celui qui ne pourra pas acheter de livres et de cahiers pour ses enfants. Ainsi, beaucoup d’enfants quittent l’école très tôt parce que leurs parents n’ont pas les moyens de payer le minimum.

« L'Afrique est riche ... en Suisse »

On dit de nos pays qu’ils sont pauvres. Pauvre, l’Afrique ? Allons donc ! Un pays comme le Cameroun a presque tout. Il a du pétrole, du diamant, de l’aluminium. Voilà pour le sous-sol. C’est un pays où tout pousse, les produits vivriers comme les plantes destinées à l’exportation, le café, le cacao. Quant aux fruits ! Des ananas, des oranges, des papayes..., tout cela en quantité ! C’est aussi un pays d’élevage, aussi bien de gros bétail que de moutons et de chèvres ; et il y a encore le poisson, des monticules de poisson tous les jours ! Bref, c’est l’un des pays où l'on ne devrait pas mourir de faim. Le jour où les femmes occuperont de hauts postes de responsabilité, dans toute l’Afrique, je vous parie que mon continent en égalera d’autres ! D’ailleurs, chez nous, ne dit-on pas couramment, sous forme de boutade, que « l’Afrique est riche ...en Suisse » ?

Et quand on parle de l’aide que l’Occident donne à nos pays, on oublie de dire qu’en général, cette aide n’est pas gratuite. Ce sont des prêts à fort intérêt. On prête cent francs, pour en récolter au moins deux cent cinquante... On appelle cela de « l'aide » ! C’est ainsi que le poids de la dette ne cesse d’augmenter.

On retrouve là-bas toutes les grandes sociétés multinationales qu’on connaît ici : Singer, Total, etc. Même les aveugles peuvent les voir ! Les intérêts occidentaux sont là et bien là. Au Cameroun, un pays qui produit du pétrole, l’essence coûte cher. Cela n’a pas de sens !

Et c’est la même chose pour l’agriculture : au Cameroun comme dans toute l’Afrique, les puissances coloniales ont imposé des cultures tournées vers l’exportation, au détriment des cultures vivrières destinées à la population locale. La France, par exemple, avait planifié la répartition des produits entre ses différentes colonies : au Sénégal revenait le soin de lui fournir le plus possible d’arachides, pour ses besoins en huile. Ailleurs c’était le cacao, ou le café, ou encore le coton, etc.

Au fur et à mesure, les cultures vivrières ont diminué, puisqu’on privilégiait systématiquement les cultures industrielles qui devaient rapporter des devises. Cette évolution a accentué la marginalisation des femmes qui, traditionnellement, étaient responsables de ces cultures destinées i assurer l’auto-suffisance alimentaire de la famille

Dans le même temps, l’Occident a introduit d< nouvelles modes alimentaires. Quand j ’étais petit* fille, on ne mangeait pas beaucoup de pain ; cer tains consommaient uniquement les produits di pays : des patates douces, des macabos, des plan tins (des bananes), des ignames. Maintenant, 1* pain est de tous les repas. Les habitudes occiden taies se sont développées à outrance. Certains d< ceux qui ont fait leurs études en France, une foi* rentrés au pays, ne mangent plus comme 1< « commun » mais à l’occidentale. Cela peut ail® jusqu’à commander des poulets fumés en France alors qu’il y a des poulets surplace. Mais on est très fier de t’inviter et de t’offrir du poulet fumé, just* pour te faire comprendre que « ça vient d* France ». Ah, le ridicule n’a jamais tué personne..

Nous abordons à présent la question de la vu politique au Cameroun et de la politique du gouvernement à Végard des femmes.

Jusqu’à tout récemment, il n’existait que le part unique, comme dans la plupart des pays d’Afrique Et il y avait la section Femmes du parti unique dont les membres étaient parmi les meilleurs porte-drapeaux du parti. La plupart de ces femmes occupaient des fonctions importantes au sein de l’appareil du parti. Aussi, maintenant, beaucoup sont-elles contre l’introduction du multipartisme car elles craignent de perdre de leur pouvoir. Mais je crois que c’est un combat d’arrière-garde. Je ne peux, cependant, guère en dire plus actuellement car le multipartisme, chez nous, en est encore ai stade embryonnaire, les nouveaux partis en soni au tout début.

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Le Cameroun en chiffres

Population : 1 1 ,2 millions Superficie : 475 440 km2 Densité : 22,4 hab/km2 Population urbaine : 46,6 %

Mortalité Infantile : 94 pour mille Espérance de vie : 51 ans Analphabétisme : 41 %

Scolarisation 2e degré : 23 % (des 12-18 ans) . Croissance annuelle du PIB :

1980 à 1987; + 7,6 %

1988 : -9*3 % .*|

(Chiffres tirés de Y Etat du monde. 1989-1990) . . ,

Au niveau du gouvernement, nous avons une ministre de la Condition féminine, qui essaie, pour sa part, de faire un peu avancer les choses. Elle a, par exemple, réussi à faire voter une loi grâce à laquelle, désormais, une femme qui désire sortir du pays n’a plus besoin de l’autorisation de son mari. Ce n’est pas rien ! Et ce n’est pas vieux : cette loi date tout juste de 1989 ou 1990, je crois.

En revanche, parler de politique de limitation ou de planification des naissances est inapproprié. Chez nous, une femme n’a de statut dans sa famille et dans celle de son mari que si elle a des enfants, beaucoup d’enfants. Il faut tenir compte de cela. Ce qui se fait, aujourd’hui, c’est un travail en faveur de l’espacement des naissances : il s’agit d’expliquer aux femmes que plus leurs maternités sont rapprochées, plus elles sont fragilisées, et de les convaincre que, quel que soit le nombre d’enfants

DOSSIER qu’ elles désirent, elles s ’ en sortiront mieux -et leurs enfants aussi -si elles espacent les naissances. C’est dans ce sens que travaille le gouvernement. Mais les gens, en moyenne, ont encore beaucoup d’enfants, aussi bien en ville qu’à la campagne, les enfants étant considérés comme une bénédiction.

Une fille ne vaut pas un garçon

Et quand les gens sont trop pauvres pour envoyer tous leurs enfants à l’école, ce sont évidemment souvent les filles que l’on sacrifie en priorité, puisque, traditionnellement, on considère qu’une femme vient au monde pour devenir épouse et mère. Ce qui compte, pour elle, c’est de savoir ces belles choses qui s’appellent couture, cuisine, balayage, ménage, etc. Donc il y a encore des gens qui pensent que l’éducation, pour les filles, ne sert à rien. Mais les choses évoluent. Ainsi, un certain nombre de ceux qui pensaient, au départ, qu’avoir des filles était une véritable malédiction, commencent à ouvrir les yeux : ils constatent par exemple que parmi leurs enfants, souvent, leurs filles qui ont pu faire des études s’en sortent mieux et que leur réussite rejaillit sur eux-mêmes.

Mais cela a aussi un côté pervers : parmi ceux qui ont fait faire beaucoup d’études à leurs filles, certains ont tendance à demander beaucoup d’argent pour la dot. Le système de la dot reste en effet très profondément enraciné. Il y a quelques années, un de mes cousins voulait se marier, j ’ai vu la liste de ce que lui demandait la famille de sa future femme. C’était fa-ra-mi-neux ! Cette liste comportait des caisses de whisky, de cognac, de bières, des sacs de riz et de morue séchée, du poisson frais, du vin, du sel, etc. Il ne manquait que du sucre pour ouvrir un commerce ! En plus, il fallait un costume pour le père, un pour le frère, une tenue pour la mère, une malle, etc. Dans certaines grandes familles, il est fréquent de demander au gendre un ou deux boeufs, en plus de tout le reste.

Autrefois, la dot était quelque chose de symbolique : des cauris, des noix de cola, trois fois rien. Depuis la colonisation et l’entrée enjeu de l’argent-roi, c’est l’horreur ! Comme me disait récemment le fils d’une amie, à Douala : « Ce système ne peut faire que des malheureux. Ou on al ’argent demandé et on paie tout ; mais pour peu qu ’on soit immature et sans intelligence, on considère sa femme comme une vulgaire acquisition dont on peutfaire ce qu ’on veut. Ou on n’a pas d ’argent, et il y a là une fille qu ’on aime et qu ’on ne peut pas épouser. Ce qui donne deux malheureux. »

Les drames de la dot et de la polygamie

En outre, si le mariage casse, en règle générale on doit rembourser la dot. Ce qui fait que bien souvent, la famille de la femme fait tout pour que celle-ci reste avec son mari quoi qu’il arrive, pour ne pas avoir à rembourser. On voit parfois des pères ramener eux-mêmes, chez le mari, leur fille qui a voulu s’enfuir... Mais la dot reste encore presque partout la règle. Certaines croyances en encouragent la persistance, on redoute la sorcellerie : « Si la dot n ’est pas payée, la jeune femme n’aura pas d’enfants. »

La polygamie est également très répandue. L’homme est essentiellement polygame, les Affi-

DOSSIER cains comme les autres. Chez les Africains, tous y recourent : les musulmans, les chrétiens, et les autres. Certains disent que c’est parce qu’ils n’ont pas eu d’enfant avec la première femme et qu’ils ne veulent pas mourir sans descendance. Mais beaucoup n’ont même pas cette « excuse ». D’autres ne sont pas officiellement polygames, mais ils ont ce qu’on appelle chez nous leur « deuxième (ou troisième) bureau ». Les gens finissent pas trouver cela naturel, normal. Et quand la première épouse essaie de se plaindre auprès de sa belle-mère, elle peut s’entendre répondre, comme cela est arrivé à une femme que je connais : « Mais je n ’ai pas mis mon fils au monde pour toi toute seule. »

Il y a beaucoup de choses à défendre dans toutes les cultures, dans la nôtre comme dans celle des autres. Mais la dot ou la polygamie, qui montrent à quel point les femmes sont infériorisées, non, non !

Nous soulevons la question de la prostitution -une « tradition » qui, elle, se retrouve dans toutes les cultures.

La prostitution a été là de tout temps, mai aujourd’hui, avec la crise et la pauvreté, elle si développe nettement. Des filles très jeunes com mencent à s’y mettre. Quand j’étais petite fille c’était encore quelque chose de marginal, les pros tituées étaient plus ou moins cantonnées dans ui certain quartier de la ville ; la plupart étaient de: femmes originaires de l’intérieur du pays. Le femmes duala (mon peuple) se prostituaient pei ou pas du tout. En effet, à l’époque, Douala avai beau être une grande ville, c’était comme un vil lage, tout le monde s’y connaissait, savait qu’Une telle était la fille d’Untel : les natives de Douala n< pouvaient donc pas faire n’importe quoi à Douali même. Mais maintenant tout le monde ou presqui s’y est mis. Etre la fille d’Untel, c’est fini, ou tou comme. On le fait plus ou moins en catimini parce qu’on tient à la réputation de sa famille, mai: on le fait. Triste évolution... L’horreur ! Cela m< semble un tel déni de la dignité des femmes !

Si j’étais là-bas, je crois que la première chosi que je ferais, c’est une école de self-défense pou les femmes. Le nombre de femmes qui sont bat tues par leurs compagnons -parfois jusqu’à ce qu< mort s’ensuive, et sans que ceux-ci soient inquiété: le moins du monde !... Il faut vraiment méprise: quelqu’un pour s’imaginer qu’on peut se donner de: droits sur lui. Mais les femmes ont été tellemen éduquées dans l’idée que leur mari leur est supé rieur, qu’il est leur maître ; à cause de cela elle: acceptent tout et n’importe quoi. Y compris l’inad missible !

Nous terminons notre entretien en demandant à Lydie comment elle voit le proche avenii pour son pays. Le Cameroun va-t-il connaîtrt des explosions sociales comme celles qui se son produites récemment dans d’autres pays africains ? Pour elle, la réponse ne fait guère di doute.

Quand les gens en arrivent à un tel degré de misère et de frustration, un jour ils se disent qu’ils n ’ ont plus rien à perdre que leur vie, et comme cette vie est devenue si difficile à supporter !... Je pense qu’au Cameroun, si le gouvernement ne fait pas rapidement de véritables efforts pour améliorer la situation des plus démunis, si les licenciements massifs se poursuivent, si le nombre de gens qui n’ont rien du tout continue à augmenter, un jour ou l’autre ce sera l’explosion, oui je le crois. La vie esl trop dure pour les gens, trop difficile. Il y a tant de gens aujourd’hui quin’ontrien. Heureusement, il) a encore chez nous une certaine solidarité, ceux qui ont de la famille un peu plus aisée peuvent tanl bien que mal compter sur les uns et les autres. Mais il arrive un moment où même ceux-là n’onl plus rien, parce que toute la famille est après eux : quand quelqu’un a réussi à sortir un peu du loi commun, tout le monde s’imagine qu’il a beaucoup d’argent... Mais ceux qui n’ont même pas quelqu’ur qu’ils peuvent aller voir quand cela va mal ?

C’est ainsi qu’on peut mourir pour trois fois rien. faute d’argent pour acheter le médicament approprié au bon moment. La mortalité est très élevée. à tous les âges ! La santé et l’éducation constitue� les deux priorités pour lesquelles je me dépenserais sans compter si je vivais là-bas...

Propos recueillis par Anne-Marie Granger et Catherine Rosehill

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