Une campagne internationale pour le droit à l’avortement
A l’appel du NAC (Campagne nationale pour l’avortement) une quarantaine de femmes de divers pays se sont réunies à Londres les 1 0 et 1 1 juin derniers.
Pour insuffisamment représentative qu’elle ait été, cette première coordination internationale sur l’avortement a néanmoins permis aux déléguées et aux observatrices présentes de jeter les bases d’une campagne qui se veut massive et ouverte à toutes les forces du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier susceptibles d’appuyer une telle initiative.
Il y avait là des représentantes du NAC, des coordinations nationales sur l’avortement de Hollande et de Belgique, du CISAI (Campagne d’information sur l’avortement de Bologne en Italie, des centres de femmes pour l’avortement et la contraception de Barcelone et Madrid en Espagne, de groupes du Mouvement des femmes en Suisse, de groupes parisiens qui cherchent à impulser une campagne pour l’application de la loi Veil, du Labour Party et de la IVe Internationale.
Une date a été retenue pour une journée d’action internationale en avril prochain, étant entendu qu’il faudrait tenir des coordinations d’ici là.
(Les déléguées du NAC ont accepté d’être responsables du travail central de coordination.). Dès l’abord, la volonté s’est exprimée de ne pas limiter une telle campagne au cadre européen, mais de tout faire pour qu’elle prenne une dimension véritablement internationale. D’où l’importance de répondre aux problèmes spécifiques auxquels sont confrontées les femmes des pays coloniaux et de ne pas centrer toute la campagne sur les exigences des femmes des seuls pays capitalistes.
C’est dans ce sens que le slogan central est le suivant :
Avortement
Contraception
Droits des femmes
Non à la stérilisation forcée
D’autres revendications, relatives à l’application de la loi, aux modalités financières, aux centres à mettre en place, à l’éducation sexuelle et au problème des moyens contraceptifs, etc., pourront être discutés dans chaque pays en fonction des situations spécifiques et faire l’objet d’affiches tenant mieux compte des particularités. Mais il a été proposé maintenant qu’une affiche internationale, traduite dans les diverses làngues, structure l’ensemble de la campagne et qu’un projet soit adopté dans ce sens dès la prochaine coordination qui se tiendra à Bruxelles les 23 et 24 septembre prochains.
On doit y discuter entre autres d’un projet d’appel, des moyens d’agitation permettant de trouver les fonds nécessaires à une telle campagne et des méthodes de propagande à employer pour donner à cette dernière l’écho le plus large.
Le numéro 8 d’ISIS, diffusé dans plus de cent pays, appelait à la coordination de Bruxelles et le bulletin « Donna », édité par le groupe du OSAI de Bologne s’est offert pour faire office de bulletin de liaison dans cette campagne# les contributions écrites qui ont été demandées pour la réunion de septembre serviront de base pour des articles à publier dans la presse féministe des divers pays , éventuellement, pour un bulletin d’information au niveau national.
L’objectif essentiel, c’est bien sûr de parvenir, dans chaque pays, à créer des comités unitaires rassemblant le plus grand nombre de groupes féministes et d’organisations politiques ou syndicales prêtes à s’engager dans une bataille active pour ce droit imprescriptible des femmes : celui de contrôler leur corps et de décider de leur propre destinée.
C’est ce qui a amené les femmes françaises qui assistaient à la réunion de Londres à contacter le plus grand nombre possible de groupes femmés et d’organisations de masse (Hanning Familial, MLAC, Choisir, sections syndicales, etc.) pour les appeler à une réunion nationale le 16 septembre à Paris afin de préparer en commun la coordination de Bruxelles et de définir collectivement les objectifs et les échéances possibles d’une mobilisation au niveau français.
Nous rendrons compte de ces deux réunions dans le prochain numéro des « Cahiers ».
Le droit de choisir