Arrête ! Tu me fais mal ! VLB éditeur, Montréal, 1992.
Diffuseur pour la France, Inter Forum,
16 (1)43 37 11 80.
Comme l’explique Daniel Welzer-Lang, ce « livre est un ouvrage simple, qui veut être accessible à un public large ». Il s’agit pour l’auteur de faire le point, en soixante questions et réponses, sur la question des « violences domestiques », de toutes celles qui ont comme point commun de « 5 ’exercer dans le privé de la maison ». Bien que centré sur les violences exercées par les hommes, le livre aborde la question des hommes battus (1 % environ des personnes victimes de « violences domestiques ») et de manière marginale, celle des enfants battus. Il se présente à la fois comme un guide pratique (question 55 : « Que faire dans un couple où l ’homme est violent ? ») mais également comme une réflexion. L’approche de D. Welzer-Lang a trois mérites : d’une part, il refuse toute complaisance à l’égard des hommes violents et dénonce de manière très claire (dans les questions 6 à 18) tous les mythes autour des violences domestiques qui tendent à déresponsabiliser les hommes violents. D’autre part, il aborde la question des « violences domestiques » sur le plan social, comme l’expression du rapport de domination des hommes sur les femmes. C’est la raison pour laquelle il ne s’intéresse pas seulement aux violences physiques mais également aux violences psychologiques, sexuelles, verbales, qui toutes (même si elles ne sont pas toujours perçues comme telles par les victimes), s’inscrivent dans un « continuum » de violences, dans un système de « contrôle » d’un homme sur sa compagne. D. Welzer-Lang nous fait part, enfin, non seulement des résultats de ses recherches universitaires mais également de l’expérience qu’il a accumulée dans le cadre du centre pour hommes violents de Lyon et de l’association RIME (cf. les Cahiers du féminisme, n°55, hiver 1990). C’est pourquoi la démarche qu’il propose aux hommes violents et aux femmes battues qui « veulent s 'en sortir », ce n’est pas une recette miracle, mais un « travail sur soi », sur la base d’entretiens individuels et de groupe, en vue de reconquérir « une autonomie », indispensable pour rompre le cercle infernal de la violence dans les rapports de couple.
Josette Trat