Les femmes et l'élection américaine de 1992
La politique du mâle revisitée n octobre 1991, des millions de femmes américaines, les yeux rivés à leur écran de télévision, ont suivi en direct le déroulement d’un drame : Anita Hill accusait son ancien patron Clarence Thomas, proposé par le président Bush comme juge à la Cour suprême, de harcèlement sexuel Devant l’Amérique entière, Hill, professeure de droit et membre du Parti républicain, subissait un interrogatoire brutal de la part du comité judiciaire du Sénat, composé de quatorze hommes. L’enjeu était de taille, car l’emprise des conservateurs sur la Haute Cour, où les juges siègent à vie, ne pouvait que se renforcer avec la nomination de Thomas, républicain conservateur ; les femmes étaient particulièrement concernées par cette affaire, dans la mesure où la Cour est, depuis vingt ans, l’arène où se règlent les questions concernant le droit à l’avortement 2.
Plus d’une spectatrice percevait l’ironie de la situation : � L ’absence, dans ce comité, d’une personne pouvant être enceinte sans le désirer ou gagnant 5 000 dollars de moins par an qu’un collègue-homme, montrait qu'il y avait là un problème de conscience politique. 3 » Elles faisaient également un parallèle entre le sexe des inquisiteurs et la nature de l’accusation ; comme les féministes s’empressèrent de le souligner, le harcèlement sexuel étant particulièrement répandu dans les lieux de travail à dominante masculine, le Sénat est un lieu à haut risque. En effet, à cette époque, il était à 98 % masculin. De nombreuses téléspectatrices se disaient que « le besoin d’avoir plus de femmes élues était évident chaque fois que la caméra parcourait cet alignement de costumes-cravates. 4 »
Un autre contraste était frappant : les 14 hommes du comité étaient blancs, alors que Hill et Thomas étaient tous deux noirs. Thomas avait été choisi (sans rapport avec la couleur de sa peau, voyons !) pour remplacer Thurgood Marshall, le premier juge noir de la Cour, juriste d’envergure et champion des droits civiques. Thomas, par contre, qui avait été responsable de reculs considérables lorsqu’il était directeur de l’organisme gouvernemental chargé de faire appliquer les lois antiracistes, jouait maintenant la carte de la race, se présentant comme victime d’un « lynchage high-tech ». Il fournissait ainsi un prétexte aux démocrates sudistes conservateurs pour voter en sa faveur, évacuant la question du sexisme au nom d’un prétendu soutien à l’égalité des Noirs. Les médias adoptèrent cette logique, accordant bien plus d’importance à la dynamique de race qu’à celle de sexe 5. Mais en vérité, sa carte était celle du patriarcat, car Thomas détournait l’histoire tragique du lynchage -arme des racistes blancs pour terroriser les hommes noirs -pour remettre à sa place une femme noire, représentante d’un groupe qui est la cible de violences sexuelles quasi systématiques depuis des siècles.
L’affaire Thomas a pris progressivement une valeur symbolique, se situant au carrefour des chemins de féministes d’horizons très divers. Tout d’abord, elle a influé sur l'avenir du droit à l’avortement, attaqué depuis une quinzaine d’années par la droite « pro-familia-le » (c’est-à-dire antiféministe) 6, ce qui a mobilisé par millions des féministes de tous bords, et en a fait un enjeu politique majeur. Mais surtout, l’affaire Thomas a porté devant le pays la question du harcèlement sexuel, un aspect de la discrimination sexiste soulevé depuis longtemps par les féministes de couleur, les radical-feminists et les socialist-feminists . Elle a mis en évidence le caractère masculin de la « politique électorale », thème cher aux liberal-feminists (féministes pour l’égalité des droits). Que Thomas et Hill soient tous deux noirs a mis en relief la primauté accordée au « facteur race » et souligné l’importance des perspectives féministes noires.
Le 15 octobre 1991, Bush gagna la partie, lorsque le Sénat confirma la nomination de Thomas à la Cour suprême. Mais en 1992, année électorale, les républicains devaient s’en mordre les doigts. Si l’ampleur des forces mises en marche ce jour-là ne fut pas visible immédiatement, cet épisode révéla, un an après, une « fissure dans la politique américaine 7 » Et cette fissure était sexuée.
L'année de la femme
A la convention démocrate de juillet, 1992 a été proclamé « l’année de la femme » (encore une, celle-ci suivant de peu une nouvelle éruption d’annonces nécrologiques sur le mouvement féministe). Il faut rappeler qu’en politique, les femmes partaient de très bas : 2 femmes au Sénat sur 100, et 29 à la Chambre des représentants sur 435. « Prends donc un peu plus de thé », proposait-on à Alice, au
Pays des merveilles. « Je ne peux pas en prendre plus, puisque je n ’en ai encore pas pris », répond-elle. Au contraire, fait remarquer le chapelier fou, « il est très facile de prendre plus que rien... » Mais, en 1992, il y eut une fournée record de candidates et de victoires au Congrès : le nombre de femmes à la Chambre est passé à 48 (une augmentation de 60 %), et au Sénat, à 6 (sur le tiers renouvelable : une augmentation de 300 %). Parmi les élues, les femmes de couleur sont représentées dans la même proportion que dans la société. Et avec 2 élues, la représentation de la Californie au Sénat est aujourd’hui exclusivement féminine.
Comment explique-t-on ces succès ? D’abord, par « le facteur Hill ». Carol Moseley Braun, devenue la première sénatrice noire, explique sa motivation pour se présenter aux élections par les nombreux coups de téléphone qu’elle a reçus de femmes scandalisées par le déroulement de l’audition. Cette affaire fut également un moment décisif pour la nouvelle sénatrice Barbara Boxer, alors représentante à la Chambre, qui a pris le Sénat d’assaut, avec une délégation d’élues, pour protester contre le traitement de Hill. Lynn Yeakle, qui a perdu de peu, s’était portée candidate pour évincer son adversaire, l’inquisiteur le plus féroce de Hill.
Un des bienfaits du féminisme est le nombre croissant -si petit soit-il -de femmes qui « signent leurs propres chèques » ; la réaction à l’affaire Thomas-Hill s’est ainsi traduite en devises. Une organisation dont l’objet est de promouvoir la participation féminine au processus politique a ainsi diffusé, après l’affaire, une publicité provocante représentant Thomas en train d’être jugé par une commission exclusivement féminine. Le groupe a aussitôt récolté 85 000 dollars 8. Dans la même période, le réseau féministe Emily’s List a vu son budget quadrupler, atteignant environ 6 millions de dollars, et devenant ainsi le financier le plus important des campagnes électorales législatives 9.
Mais bien sûr, l’affaire Hill-Thomas n’a été que la goutte de trop. D’abord, s’il y avait des candidates qui attendaient dans les coulisses, c’est qu’elles se préparaient depuis des années. Profitant du rapport de force créé par vingt-cinq ans de mouvement féministe, des milliers de femmes avaient commencé à se porter candidates ; si elles étaient peu nombreuses au Congrès, elles comptaient pour environ 18 % dans les assemblées locales l0. Autre signe : en 1980, les féministes avaient réussi à imposer la parité parmi les délégués à la convention démocrate et à faire inscrire cette exigence dans la charte du parti. En 1984, elles avaient obtenu de Mondale, candidat démocrate à la présidence, le choix d’une candidate à la vice-présidence, Geraldine Ferraro.
De plus, le gender gap , l’écart entre le vote féminin et masculin, s’est confirmé. Aujourd’hui, le taux de participation des femmes est plus élevé que celui des hommes et 54 % des inscrits sont des inscrites. De 1986 à 1990, le suffrage féminin a été décisif dans 14 élections sénatoriales ". Ces mêmes élec-trices américaines ont soutenu Bill Clinton : selon les sondages réalisés à la sortie des urnes, environ 47 % des femmes ont voté pour Clinton (41 % seulement des hommes).
Enfin, les élections ont mis en évidence un renouveau du féminisme. S’il est faux de dire que le mouvement était mort pendant les années quatre-vingt, il faut reconnaître qu’il était éclaté et sur la défensive. Mais le renouveau s’annonçait depuis quelques années, notamment par les gigantesques manifestations pour défendre le droit à l’avortement, écho du dynamisme féministe et aussi de son impact dans la population ; la forte opinion pro-choice (« pour la liberté de choisir ») a fait chuter plusieurs candidats anti-avortement en 1990. Ce renouveau a été visible dans la réaction à l’affaire Hill-Thomas et les actions militantes qu’elle a déclenchées, notamment l’important travail de conscientisation sur le problème du harcèlement sexuel et la mobilisation de féministes noires (dont témoigne la publication de l’ analyse-pétition « African American Women in Defense of Ourselves », signée par 1603 femmes noires, et le lancement par la suite d’un réseau de féministes noires). Ce renouveau se caractérise par l’arrivée d’une nouvelle génération de jeunes qui militent sur les campus contre la violence envers les femmes, qui écrivent des livres comme le best-seller Backlash et créent de nouvelles organisations comme la Women’s Action Coalition.
DOSSIER
Affiche de 1915 : « Donnez le droit de vote aux mères »
Affiche de 1915 : « Donnez le droit de vote aux mères. »
Les féministes face à Clinton
Pourtant, au départ, les féministes étaient plutôt ambivalentes face à la candidature de Clinton. Avant les élections, son programme avait reçu, d’un institut féministe, l’Institute for Women’s Policy Research, une note plutôt médiocre, bien que très supérieure à celle de Bush. Clinton et le vice-président Gore avaient en effet, l’un et l’autre, soutenu certaines restrictions au droit à l’avortement. Ainsi, le groupe femmes du parti démocrate à Paris avait soutenu le candidat Tsongas. C’est lors de la convention démocrate que le niveau d’enthousiasme a commencé à grimper. D’abord, dans « la bataille des épouses », beaucoup de féministes se sont identifiées à Hillary Rodham Clinton, elle-même féministe, juriste de renom, qualifiée de Lady Macbeth par un magazine conservateur, plutôt qu’à Barbara « mammy » Bush ou à Marilyn « valeurs familiales » Quayle. Les féministes ont profité de la réhabilitation par Clinton du terme « progressiste » (liberal, en anglais) : la droite pro-familiale est aujourd’hui perçue comme extrémiste.
Et puis, Clinton a fini par « piger » ce que voulaient les femmes, comme l’a écrit la Getting It Gazette, une publication féministe parue pendant la convention. « Il faut changer non seulement de génération de dirigeants, mais aussi de sexe », a déclaré Clinton lors de la convention 12. Le soir de sa victoire, Gore a proclamé son espoir de voir bientôt une femme (ou un membre d’une minorité) à la tête de la
........................ .............. .................. -ZJ nation. Clinton a rencontré et continue de consulter de nombreuses associations féministes. Il semble tenir ses promesses concernant l’avortement : le 22 janvier, le jour du vingtième anniversaire de la légalisation au niveau national, Clinton a annulé plusieurs décrets qui restreignaient la liberté de l’avortement. Mais une pression permanente de la part des féministes reste nécessaire : on a vu un relâchement au moment des élections avec, par exemple, l’absence de questions concernant les femmes lors des débats présidentiels, contrairement à ceux de 1988.
Si le nombre de femmes dans le gouvernement de Clinton est loin des 50 % (il n’y avait que 4 femmes proposées sur les 1 5 membres du cabinet), elles sont aux postes clés. Certes, il ne s’agit pas des féministes les plus radicales (on a écarté Johnetta Cole, féministe, ancienne militante anti-impérialiste), mais ce ne sont pas des potiches. Ainsi, Donna Shalala, universitaire féministe connue pour sa défense du multiculturalisme, prend la tête de la Santé et des Affaires sociales. Jocelyn Elders, médecin noire, militante pour le droit à l’avortement, devient responsable de la santé publique. Et malgré quelques péripéties, il y aura sans doute pour la première fois une femme à la direction du département de la Justice, un des quatre postes gouvernementaux les plus importants. La direction de l’Energie, du Conseil économique, de l’Environnement, et le poste d’ambassadeur à l’ONU sont également occupés par des femmes.
La politique au féminin
Quelle est l’importance de cette féminisation relative de la vie politique américaine ? Et pourquoi autant d’enthousiasme de la part des féministes, y compris de celles, nombreuses, qui auparavant boudaient la politique électorale 13 ? Est-ce parce qu’ainsi nous arriverons à ressusciter le rêve américain, ou au moins à franchir une étape supplémentaire dans la démocratisation de l’Amérique ? Certes, les féministes de tous bords ont dénoncé l’absence de femmes en politique comme contradictoire avec les idéaux égalitaires américains. Elles ont aussi souligné l’importance de role models, de femmes exemplaires pouvant servir de modèles pour les jeunes filles.
Mais, comme les féministes du xixe siècle, beaucoup emploient une argumentation basée sur la différence : les femmes, sans doute parce qu’elles maternent, apporteraient une autre dimension à la politique -une « parole différente », pour reprendre le titre d’un best-seller féministe. Quelle ironie, comme le remarque Katha Pollit, d’être obligée de revendiquer l’un des droits les plus fondamentaux sur la base d’autre chose qu’un dû. « C’est comme si les femmes croyaient qu ’elles méritent la pleine citoyenneté uniquement si elles possèdent plus que leur part de vertu 14. » Position dangereuse, dont les fondements philosophiques et les données sur lesquelles elle repose sont discutables.
Néanmoins, dans l’état actuel des choses, même si les élues ont un profil relativement similaire à celui des élus, les comportements politiques ne sont pas identiques. Cela vient sans doute de leurs intérêts immédiats et, comme le soutient le très sérieux Center for the American Woman and Politics, de leur expérience de vie différente. Des études menées par cet institut montrent que les femmes politiques ont tendance à défendre les lois favorables aux femmes, qu’elles s’identifient au féminisme ou non (par exemple, toutes les élues au congrès en 1992 sont pour le droit à l’avortement). Elles sont plus souvent progressistes ; plutôt en faveur du Parti démocrate, pour une meilleure politique sociale, contre la peine de mort, la construction d’usines nucléaires et la vente libre des armes. Elles ont tendance à être pacifistes 15. Ces différences sont-elles le résidu d’une période de transition ? Et par l’accession au pouvoir, le comportement des femmes se rapprochera-t-il de celui des hommes ?
Des parallèles historiques
En 1848, quand les féministes américaines ont revendiqué le suffrage féminin, elles le voyaient comme un outil pour gagner l’émancipation des femmes. Après soixante-douze ans de mouvement, lorsqu’elles ont enfin gagné le droit de vote, il était devenu une fin en soi, largement vidé de son sens initial. Contrairement à ce qu’elles avaient prédit, la période qui a suivi son obtention fut marquée par une montée du conservatisme. Pour de nombreuses féministes radicales et socialistes du mouvement des années soixante et soixante-dix, cet épisode historique renforce leur mépris pour la politique électorale. Mais la leçon à tirer est peut-être toute autre. Si le droit de vote en tant que tel n’a pas ouvert un âge d’or pour les femmes, il a reflété les mutations d’une société. Comme le remarque l’historienne Ellen Carol Dubois, « l’engagement des femmes dans le mouvement suffragiste les a impliquées dans la vie publique, a montré que les femmes pouvaient s ’organiser et effectuer le changement... C’est ce militantisme féminin, bien plus que leur affranchissement, qui a créé la base de nouvelles relations sociales entre les sexes ». C’est par la lutte que les suffragistes ont réalisé les objectifs qu’elles attendaient du suffrage l6.
L’analyse de Dubois pourrait s’appliquer tout autant aujourd’hui. Les nouvelles élues ne vont ni libérer les femmes, ni révolutionner la politique, pas plus que ne l’a fait l’obtention du droit de vote en 1920. Mais, soixante-douze ans plus tard, ces dernières élections marquent une victoire pour le mouvement féministe dans son ensemble, et si parité un jour il y a, les femmes y gagneront autant par la lutte qu’elles auront menée pour l’obtenir que par la parité en elle-même.
Dessin de Plantu tiré du Monde du 24 janvier 1993.
Dessin de Plantu tiré du Monde du 24 janvier 1993
Notes
- Judith Ezekiel, maître de conférence à l’Université de Nancy II en civilisation américaine, historienne du féminisme contemporain, représentante pour la France au comité exécutif de Women's International Studies Europe. Françoise Jacobsohn, ancienne présidente de la section new-yorkaise de la National Organization for Women, enseignante à l'Institut d’études politiques de Paris.
- 1 . Les juges à la Cour suprême sont nommés par le président mais ils doivent être confirmés par le Sénat.
- 2. Sur l'histoire de l'avortement aux Etats-Unis, voir Judith Ezekiel, «The History of Abortion in America », in Living Archives 2 (publication du CRESAB/Université de Nancy II), hiver 1991, pp. 6-19.
- 3. Anna Quindien, «Be Sure You Listen to Hill Before Judging Thomas », International Herald Tribune , 10 octobre 1992.
- 4. Idem.
- 5. En France, les journalistes se sont crus plus perspicaces que leurs confrères américains, décelant là une sordide affaire de puritanisme. Leur incapacité à distinguer cette affaire, c'est-à-dire l’accusation de discrimination sexiste (interdite par la loi), porté contre un futur juge de la Haute Cour du pays, de celle de Gary Hart, disqualifié de la politique par une histoire de relations extraconjugales, montre un sexisme extrême. Voir notamment l'éditorial «Sexe et politique aux Etats-Unis », le Monde, 15 octobre 1991, p. 1.
- 6. Voir Judith Ezekiel, «Les dames contre les femmes ? Le militantisme féminin contre le droit à l'avortement », la Nouvelle Revue socialiste, février 1992, pp. 175-82.
- 7. Citée par Thomas C. Palmer Jr, «Women May Be Getting the Last Word », Boston Sunday Globe, 1 juin 1992, p. 81.
- 8. Il s'agit du National Women's Political Caucus, «Women on the Verge », Vogue, mars 1992, n°404.
- 9. Barbara Ehrenreich, «What do Women Have to Celebrate ? », Time, 6 novembre 1992, p. 56.
- 10. Ruth B. Mandel et Debra L. Dodson, «Do Women Officeholders Make a Difference ? », The American Woman 1992-1993 : A Status Report, Women's Research & Education Institute/Paula Ries et Anne J. Stone, eds, New York : W. W. Norton, 1992, p. 149.
- 1 1 . Patricia Schroeder et Olympia Snowe, The Women's 1992 Voting Guide, The Women's Political Action Group/Catherine Dee, eds. Berkeley : Earth Works, 1992.
- 12. Betty Friedan, «Our Party », The New Republic, 5 octobre 1992, p. 18.
- 13. On note un développement parallèle en France, comme en témoigne la création d'associations pour la parité et la publication du livre de Françoise Gaspard, Claude Servan-Schreiber, et Anne Le Gall, Au pouvoir, citoyennes ! Liberté, égalité, parité, Paris, Le Seuil, 1992.
- 14. Katha Pollit, «Are Women Morally Superior to Men ? », The Nation, 28 décembre 1992, p. 807.
- 15. Susan J. Carroll et Wendy S. Strimling, cité dans Mandel et Dodson, op. cit., p. 153 ; Gloria Steinem, «How Women Live, Vote, Think. . . », Ms, july 1984 ; Celinda C. Lake and Vincent J. Breglio, «Different Voices, Different Views : The Politics of Gender », The American Woman 1992-1993 : A Status Report, pp. 182-198.
- 16. Ellen Carol Dubois,
- Feminism and Suffrage :
- The Emergence of an Independent Women 's Movement in America 1848-1869, Ithaca : Cornell UP, 1978,
- pp. 201-202.
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