De Colombes à Montreuil : le fonctionnement des CIVG mis en cause
Il aura fallu plus de six mois pour qu’un accord soit conclu entre les médecins du CIVG de Colombes et l’administration hospitalière. En grève depuis le 4 novembre dernier, les médecins exigeaient d’une part le maintien de toutes leurs vacations (la direction de l’hôpital voulait en supprimer trois), d’autre part un statut qui sorte de la précarité le centre lui-même et le personnel qui y travaille.
Après moult démarches, rencontres et pressions, tant auprès de la direction de l’Assistance publique que des ministères concernés, le conflit était sur le point d’aboutir entre les deux tours des élections législatives de mars, puisqu’un protocole d’accord, attribuant au CIVG deux contrats à mi-temps et une dotation de dix-huit vacations, était fin prêt. Il ne restait plus qu’à le signer. Les médecins avaient alors informé qu’ils reprenaient le travail -avant d’apprendre, début avril, que tout était remis en cause et que disparaissait l’acquis des cinq mois de lutte !
C’est finalement un mois plus tard que ce protocole a été signé. S’il est suffisamment satisfaisant pour amener les médecins de Colombes à reprendre le travail, il est clair qu’il arrive dans une situation où, dans le secteur public, l’état des structures pratiquant les IVG et l’absence de volonté d’une partie de la hiérarchie médicale de répondre aux besoins des femmes en la matière constituent de fait des manquements graves et une non-application de la loi autorisant le droit à l’avortement.
C’est maintenant à l’hôpital intercommunal de Montreuil que les médecins se battent pour défendre le bon fonctionnement de leur CIVG. Ici, le centre est intégré dans la PMI et ne bénéficie d’aucune reconnaissance : les moyens qui lui ont été récemment alloués par le conseil général ont été ainsi « détournés » au profit d’autres activités de la PMI. Comme il ne dispose pas de locaux spécifiques, les consultations IVG étaient, jus-qu’ici, reléguées après les consultations de la PMI, le soir. Elles ont lieu maintenant en même temps : les femmes venues pour une consultation pré-IVG et celles qui viennent pour les consultations PMI, enceintes ou avec de jeunes enfants, attendent dans une salle commune !
Nombreuses sont les femmes qui sont renvoyées vers le secteur privé soit dès leur premier coup de fil, soit après la première consultation, ou bien encore parce que les délais de rendez-vous sont tellement longs qu’elles se retrouveraient alors au-delà des dix semaines de grossesse autorisées par la loi.
Refusant que se poursuive une telle situation, les médecins du CIVG de Montreuil ont décidé de réagir. En liaison avec le Collectif 93 pour le droit à l’avortement et à la contraception, le MFPF et des conseillères conjugales, ils ont décidé de mettre en place un collectif sur Montreuil. Une pétition a commencé à circuler. Elle exige une chose simple : que la loi de 1975 soit appliquée à l’hôpital intercommunal de Montreuil, que celui-ci se donne les moyens de répondre aux demandes des femmes.
Mercredi 9 juin, à 20 h 30, à Colombes : Réunion publique organisée par le comité de soutien au CIVG de Colombes
La Trêve de Dieu se dévoile
Le 27 avril 1993, la Trêve de Dieu, association qui s’est déjà signalée par ses actions-commandos violentes contre les centres d’IVG, distribuait devant le ministère des Affaires sociales un tract au contenu répugnant : Simone Veil y était identifiée à Gaia, « ancêtre maternel des dieux et des monstres », et Emile Baulieu, « père hypothétique de la pilule abortive RU 486 », à Ouranos. Un photomontage, réalisé à partir d’un tableau de Goya, représentait Simone Veil dévorant des enfants.
Les syndicats CGT et CFDT du ministère ont tous les deux dénoncé dès le lendemain ce tract aux relents fascistes et antisémites (image tristement célèbre des « Juifs dévoreurs de petits enfants »), rappelant à juste titre que le racisme est un délit, que les femmes se sont battues pour obtenir la légalisation de l’avortement en 1975 et que la vigilance reste de mise aujourd’hui, aussi bien contre le retour d’une idéologie qui a fait des ravages que pour maintenir l’application d’un droit durement acquis.
Assistantes sociales
Deux cents assistantes sociales environ se sont retrouvées, les 15 et 16 mai dernier, pour « mesurer le grand écart entre le besoin des usagers et l’efficacité réelle des moyens mis en œuvre, entre la proclamation incantatoire des droits fondamentaux et la garantie effective de ceux-ci dans la réalité ». Travaux, débats, dont nous reparlerons. . .
Regard sur une profession en mouvement, tel est le titre du film réalisé par deux assistantes sociales, Annick Martin et Frédérique Courrin, sur les origines du service social et la grande grève de 1991. Un film très vivant où alternent documents et témoignages. Un film très réussi à diffuser largement.
Commandes à adresser à la CONCASS, chez Marie Perrier, 112, rue Henri-Barbusse, 93300 Aubervilliers. Prix : 115 F (port compris).
Solidarité Nicaragua
Nous publions ci-dessous des extraits du dépliant que nous a adressé le Comité de solidarité avec le Nicaragua.
Celui-ci a décidé de lancer une campagne de solidarité avec la population de la commune de Nueva Guinea, pour aider notamment à la construction d’une maternité dans cette commune.
Après onze ans de révolution et d’avancées sociales, mais aussi onze ans d’une guerre qui a mis le pays à genoux, le peuple nicaraguayen a dû reculer. Les élections de février 1990 ont donné la majorité à la droite, qui avait promis paix et prospérité.
Depuis, le gouvernement a stoppé l’inflation (30 000 % par an !), mais au prix d’une austérité sans borne : suppression de services sociaux (santé, éducation,...), restitution de terres distribuées par la réforme agraire, privatisation des entreprises publiques. . . Aujou rd’hui, plus d’un Nicaraguayen sur deux est chômeur.
C’est dans ce contexte que le Comité de solidarité avec le Nicaragua a décidé d’organiser une collecte de fonds, pour aider à relancer la production tout en appuyant les efforts d’auto-organisation à la base.
Dans la commune de Nueva Guinea, les femmes se sont organisées pour trouver des solutions à leurs problèmes spécifiques. Beaucoup de femmes sont mères célibataires : elles ont perdu mari ou fils à la guerre, à moins que leur compagnon ne les ait quittée en leur laissant les enfants à charge. Or, depuis le changement de gouvernement, elles n’ont plus accès aux services publics, devenus payants.
Le Comité de solidarité avec le Nicaragua se propose de les aider à financer leur projet actuel : la création d’une maternité qui soit aussi un centre de protection maternelle et infantile. Celui-ci accueillerait les paysannes les plus pauvres, aujourd’hui rejetées de l’hôpital régional.
A la maternité exerceraient deux sages-femmes. Celles-ci formeraient vingt promoteurs de santé, choisis parmi les coopératives dispersées sur le territoire, afin qu’ils soient des personnes-relais.
Le projet consiste donc à agrandir un bâtiment afin qu’il puisse servir de maternité (1 500 $), aménager et équiper la maternité (500 $), financer les journées de formation pour les promoteurs de santé (1 200 $).
Envoyez vos dons à : Comité de solidarité avec le Nicaragua, 14, me de Nanteuil, 75015 Paris (chèques à l’ordre de « CSN-campagne Nueva Guinea »).
Pour tirer le bilan de la lutte et constituer un mouvement durable et unitaire de défense du droit à l’avortement. Avec la participation des médecins du CIVG, de la Coordination nationale pour le droit à l’avortement et à la contraception, et du MFPF.
SaHe du conseil municipal, à la mairie de Colombes