Le samedi 1 1 novembre s’est tenu le stage des groupes femmes de la région parisienne. Une centaine de femmes environ venues de Paris et de toute la banlieue y ont participé (Villeneuve-Saint-Georges, Gennevilliers, Aubervilliers, Antony, Paris XIVe, XVIIIe, XIIIe, Ve, etc.)
Succès ou recul des luttes féministes
Dans la discussion apparurent des réflexions a l’emporte-pièce du genre : « Veil est prête a donner des crédits pour des centres d’orthogénie, cela n’a rien a voir avec nos revendications les questions que nous devons nous poser c’est quel type de contrôle peu-on réaliser sur ces centres, quel type d’acueil et d’équipe est possible », ou du genre : « Il faut savoir si pour nous la lutte pour l’avortement est un enjeu contre le pouvoir ou si notre vrai objectif est la libération des femmes » ou enfin « on a beau signer les mêmes textes avec le Planning, la CFDT, les mêmes pétitions, on s’aperçoit au bout du compte qu’il n’est pas possible que nous disions la même chose... ». Elles manifestaient à l’évidence la peur de certaines de voir l’action des groupes femmes « récupérée » par les partis politiques et diverses organisations. Mais elles mettaient aussi le doigt à juste titre sur les carences réelles de la plupart des groupes qui n’ont pas été jusque là capables de faire face aux problèmes soulevés par les luttes concrètes pour l’ouverture des centres d’orthogénie, par exemple.
Une campagne nationale et internationale pour l’avortement et la contraception est possible aujourd’hui ; une campagne qui associe les groupes femmes, le Planning familial, le MLAC, certains syndicats et certaines forces politiques d’extrême gauche mais pas seulement. On aurait tort de voir là l’effet d’un recul du mouvement des femmes ; c’est au contraire le résultat de l’impact du féminisme sur des couches de plus en plus larges de femmes, des travailleuses en particulier. Les organisations syndicales et politiques ont senti la nécessité de s’adapter à ce phénomène, sous peine d’être massivement désavouées. C’est un succès des luttes féministes des dernières années et il faut s’en féliciter. Est-ce dire que les groupes femmes n’ont plus rien à dire et que leur fonction « subversive » est terminée ?
Tout le monde est bien d’accord que les groupes femmes sont les plus à mêmes de relier les problèmes de l’avortement et la contraception aux problèmes globaux de la sexualité des femmes, (déterminée aujourd’hui par leur rôle de mère principalement).
Leur rôle dans le cadre de la campagne avortement-contraception, doit être de renforcer et élargir le mouve1 ment des femmes.
Est -ce contradictoire avec une campagne unitaire, condition pour que la masse des femmes se mobilisent et vérifient partiquement que la lutte peut changer leurs conditions de vie de tous les jours ? Tout le monde finalement convint que non.
Pour que les groupes femmes s’expriment
Après avoir précisé le role spécifique que pouvaient jouer les groupes femmes dans la campagne avortement-contraception, l’assemblée générale se divisa en quatre commissions de réflexion sur les centres d’orthogénie (nom barbare que tout le monde a décidé de bannir),' contraception et sexualité* problèmes soulevés par l’échéance du débat au Parlement sur la loi fin 1979; self-help, connaissance de notre corps.
En fin d’après-midi, il apparaissait évident que le travail des commissions devait se poursuivre pour déboucher sur un matériel de propagande des groupes femmes pour la campagne avortement-contraception.
Les décisions qui ressortent de cette journée qui remonta le moral des plus pessimistes sont au nombre de quatre :
Omise sur pied d’un collectif composé de délégués des commissions par thèmes et des groupes les plus impliqués dans les luttes concrètes (groupes XVIIIe, Gennevilliers, Villeneuve-Saint-Georges, etc.) ;
2) ce collectif est chargé de centraliser le matériel élaboré par les commissions par thèmes et de préparer une prochaine assemblée générale pour lancer la campagne avortement-contraception ;
3) ce collectif est mandaté pour participer à la réunion nationale du 25 novembre appelée conjointement par le Planning familial, le PSU, la LCR, etc. ;
4) prochaine assemblée générale sur la campagne avortement-contraception dimanche 3 décembre à 1 4 h à la villa du Parc Montsouris.