Les atteintes contre le droit à l’emploi des femmes, tout comme celles des droits de l’ensemble des travailleurs, avec son contingent de chômeurs et de chômeuses, ne cessent de prendre des aspects de plus en plus insidieux !
Certes, on n’assiste plus à une propagande massive de la part du patronat pour le retour au fourneaux. Mais on voit se développer, au nom du réalisme économique et au nom d’une aspiration réelle des travailleurs à vivre différemment, toute une série de mesures d’aménagement du temps de travail. Pour le patronat et ses représentants gouvernementaux, nous ne nous faisons aucune illusion, il n’y a pas là l’ombre d’un sentiment philanthropique, mais plutôt l’expression d’un double besoin :
— masquer une partie du chômage et particulièrement celui des femmes en faisant miroiter l’équilibre de leur double journée de travail ;
— faire fluctuer le temps de travail en fonction des impératifs de la production capitaliste, donc des profits patronaux. Et pour cela, il leur faut remettre en cause un des acquis les plus importants de la classe ouvrière : la limitation de la durée hebdomadaire du travail !
Ces mesures sont diverses : horaires variables, mercredi libre, temps partiel. Elles peuvent donner l’illusion d’une liberté supplémentaire (1), tout particulièrement pour les femmes qui sont prises dans le rythme de la double journée de travail, au nom d’une idéologie où doivent être conciliés leur rôle de travailleuses et leur rôle (de) domestique...
Mais les solutions du patronat n’en sont que pour lui. Il n’y a de réelle réduction du temps de travail qu’accompagnée d’une diminution de salaire (mi-temps, temps partiel, mercredi libre) et sinon il ne s’agit que d’un déplacement des heures de travail ! Par contre, ces mesures serviront à coup sûr de prétexte au non-développement des équipements collectifs, puisque les mamans (et les papas, évolution oblige !) pourront « disposer » de leur temps en fonction de leurs enfants !
Ces attaques sont sans précédent ces dernières années ! Il n’y a qu’un seul moyen de riposte possible et immédiat, c’est d’imposer un emploi pour tous par la réduction massive du temps de travail sans diminution de salaires : et DES DEMAIN LA SEMAINE DE 35 HEURES.
Mais ce n’est pas cette voie résolue qu’empreintent actuellement les organisations ouvrières traditionnelles qui prétendent défendre les intérêts des travailleurs et des travailleuses.
Pourtant depuis deux ans, sous la pression des luttes de femmes, les organisations syndicales et les partis ouvriers ont été obligés de reprendre en compte un certain nombre de revendications qu’elles exprimaient, et en particulier l’éxigence du plein emploi, la réduction massive du temps de travail et le développement des équipements collectifs.
Aujourd’hui, le PCF organise une véritable campagne de ralliement des femmes au parti, en reprenant, certes, certainnes de leurs exigences. Pourquoi ne s’engage-t-il pas dans les syndicats, les associations populaires où sont présent(e)s ses militants, dans la préparation de mobilisations unitaires ?
Le 8 mars 1979 peut être l’occasion d’un pas important vers la centralisation des revendications des luttes des femmes et tout particulièrement des travailleuses.
Il incombe aux mouvements et organisations les répresentant d’en assurer la préparation.
Il faut dès aujourd’hui que s’engage la discussion dans les organisations syndicales, les groupes femmes, les partis ouvriers.
Le 8 mars 1979 peut devenir l’occasion pour les femmes, les travailleuses d’exprimer plus largement leur force, leurs luttes et leurs espoirs...
Le 8 mars 1979 peut devenir un jalon pour imposer une journée chômée de luttes internationales des femmes.
Notes
- (1) Lire absolument l’article paru dans les «Cahiers de la taupe » n°26, page 19 : «Horaires variables, temps partiel, mercredi «libre »,... les petits pas du patronat ».