Gouvernement et patronat s’épaulent pour mettre en cause les acquis des salarié(e)s, et ceci au niveau de l’Europe.
Dans la guerre commerciale et économique exacerbée que se livrent les firmes, tous les moyens sont bons pour augmenter les profits : délocalisations, usage systématique des lois sur la flexibilisation du temps de travail, suppression prévue de 150 000 emplois environ dans toute la France.
En ce qui concerne les gouvernements, l’objectif, dont personne ne semble vouloir démordre jusqu’à présent, reste les « fameux » critères de Maastricht : réduction des déficits publics, des dépenses de services publics, des dépenses de santé pour arriver à la monnaie unique. Pour ce faire et à cette occasion, en France, une réforme en profondeur de l’administration française se met lentement et sûrement en place : une partie des tâches des administrations centrales sont soit « décentralisées », et déléguées à terme aux administrations territoriales sous autorité des préfets, avec inégalités à la clef entre régions, soit rétrocédées au privé, soit purement et simplement supprimées. La réduction des budgets sociaux entraîne à terme une diminution de la prise en charge du chômage, de la santé publique, de la protection sociale : API, aides au logement, RMI, etc.
Comme d’habitude, ce sont les femmes qui font les premières les frais d’une telle politique, dans tous les domaines : fiscalisation des indemnités de maternité, soins médicaux spécifiquement féminins limités (remboursements des frottis vaginaux) ou périodiquement menacés (remboursement de l’IVG). La diminution des prestations publiques va retomber sur elles : gardes des enfants, soins aux personnes âgées, augmentation des tâches ménagères avec un pouvoir d’achat qui stagne ou régresse, etc. Leur place dans le monde du travail chèrement acquise, leur est de plus en plus contestée, sous des formes brutales (Moulinex) ou insidieuses (cf. l’augmentation du temps partiel ou la limitation de l’emploi public qui fut longtemps la cause de l’essor des emplois féminins).
Les travailleurs ont commencé à exprimer leur refus d’une telle politique : plus de 500 000 personnes dans la rue en Espagne, 300 000 en France et autant en Allemagne. Plusieurs conditions sont nécessaires pour ne pas en rester là : une perspective européenne refusant les choix politiques de nos gouvernements, l’alliance dans un même combat des travailleurs (femmes et hommes) et des plus démuni(e)s et enfin une unité sans faille. Pour aller dans ce sens, il est fondamental que les préoccupations des femmes, leurs problèmes et leurs revendications soient partagées par tous. Plusieurs initiatives dans les mois qui suivent devraient donner à tous (partis, syndicats, associations, individu(e)s) l’occasion de montrer leur détermination dans ce sens : le prolongement éventuel du 17 octobre, les Assises pour le mouvement social qui auront lieu à Paris en novembre, les Assises pour les droits des femmes qui se préparent actuellement et qui se tiendront les 15 et 16 mars à Paris et la marche européenne contre le chômage qui devrait avoir lieu en début d’année 1 997.