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Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

campagne internationale pour le droit de choisir

Après la rencontre nationale des groupes-femmes des 13 et 14 janvier

Cahiers du féminisme, n° 8, février - mars 1979 · p. 14 · 533 mots

Convoquée par le Collectif -avortement -contraception -sexualité des groupes femmes de la région parisienne, la coordination nationale a réuni environ 150 femmes. Outre divers groupes de la région parisienne, une douzaine de groupes ou commissions avortement -contraception de différentes régions étaient représentés : Bordeaux, Nantes, Sens, Rouen, Le Havre, Caen, Rennes, Bourges, Tours, Dieppe, Troyes...

La plus grande partie du week-end fut consacrée à la rédaction d’une « plate-forme du mouvement des femmes pour la campagne avortement contraception », sur la base d’un projet rédigé par des femmes de la région parisienne, projet qui fut discuté et amendé en commission puis en assemblée générale et finalement adopté à titre provisoire.

Une plate-forme pourquoi faire ?

C’est bien une tâche des groupes que de situer la question de l’avortement dans le contexte de l’oppression des femmes, de dénoncer les attaques de la bourgeoisie contre les droits des femmes au travail, à la libre disposition de leur corps et son offensive nataliste, ainsi que de définir les exigences des femmes, ce qui fut fait.

Mais quels moyens se donner pour que ces exigences ne restent pas incantatoires et pour qu'elles soient reprises en charge le plus massivement et le plus efficacement possible ? Comment créer le rapport de forces pour imposer le droit à l’avortement sans lequel l'affirmation du droit de choisir notre sexualité ne restera qu’un vain mot ?

Or la façon de mener les luttes ne fût que partiellement abordée. Pourtant le rapide tour des villes qui avait ouvert la rencontre révélait qu’une partie des groupes était déjà engagée dans des mobilisations. Le 30 janvier, au

Havre, le groupe femmes, la CGT et la CFDT organisent en commun un meeting à l’hôpital, par exemple... Mais les informations données sur les mobilisations en cours ne furent pas réinvesties dans les débats. Se doter d’une plate-forme n’est pas une garantie suffisante pour que les groupes femmes soient à l'initiative. C'est en se lançant dans la bataille que les groupes femmes se renforceront et dépasseront leurs difficultés, c’est en luttant avec d’autres femmes regroupées dans les syndicats, les organisations politiques ou associations diverses et non en s’isolant par crainte de la récupération. D'ailleurs, comment les groupes femmes, le plus souvent extérieurs aux hôpitaux pourraient-ils engager seuls la lutte pour l'ouverture et le contrôle sur le fonctionnement des centres ? L'expérience a prouvé le contraire.

La plate-forme, le débat sur la campagne nationale et internationale furent finalement renvoyés à la discussion dans les coordinations régionales, qui doivent précéder la prochaine rencontre nationale des 24 et 2) février où les autres thèmes d'intervention des groupes seront également à l’ordre du jour. Il est en effet nécessaire que les groupes femmes qui se mobilisent pour la campagne avortement se coordonnent régionalement pour décider des initiatives à prendre.

Quant à la région parisienne, il apparaît que le fonctionnement actuel décourage bien des femmes et des groupes qui ne parviennent pas à participer aux débats en assemblée générale. Le collectif parisien ne reflète que partiellement les groupes actuellement mobilisés. Ce problème ne peut être dépassé que par une réelle prise en charge de la campagne par ces groupes, ce qui leur permettra de peser davantage sur les décisions à prendre.

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