On parle beaucoup de maison de la femme, maison des femmes, refuges, centre des femmes aujourd'hui. Toutes ces appélations différentes recouvrent des objectifs politiques différents, mais répondent cependant à la même nécessité présente dans la radicalisation actueile des femmes : nécessité d'un lieu pour les femmes en mouvement et pour celles qui commencent à y entrer.
Il serait interressant de faire le tour de ce qui existe déjà, même au niveau international. Que l'on parle de refuge (Angleterre), ou de centre des femmes (Canada, Norvège), les publications commencent à être nombreuses. Partout, les préoccupations sont les mêmes : se coordonner, s'informer sur nos luttes, se rencontrer. Disposer d'un lieu et d'un lien permanent qui affirme nos capacités à l'autonomie, à la prise en charge nous mêmes de nos problèmes ; lieu aussi d'ouverture à toutes les femmes. Pouvoir accueillir et briser l'isolement de chacune en découvrant la force de lutter parce qu'il existe des lieux ouverts par le Mouvement des Femmes.
La place des femmes dans la société ne fait plus l'objet aujourd'hui de nos lamentations. Les femmes affirment que leurs revendications partielles sur l'emploi, l'avortement, la contraception etc... ne sont que de justes droits qu'il convient au nom de l'« égalité » de conquérir. Mais elles commencent aussi à savoir de plus en plus nombreuses qire ces « inégalités », ne sont pas des injustices qu'une bonne réforme sociale balayera, ni même une bonne volonté. Elles savent que toutes nos luttes rassemblées remettent en cause notre place da�s la famille (Si ce n'est pas encore le rôle de celle-ci). Tout le monde s'accorde à vouloir réaménager ce rôle : répartition des tâches, droit au travail, contraception « démocratie pour les femmes » que ce soit dans les syndicats ou dans les partis, on voudrait enfin leur voir occuper à part entière cette moitié du ciel qui leur revient. Mais des réformes ne résoudront jamais l'isolement des femmes, l'exclusion depuisdes millénaires detout l'espace social. Cet espace les femmes doivent l'occuper dans sa totalité. Sorties du travail, il y a la maison ou tout ce qui s'y rapporte pour la majorité d'entre elles sans parler de celles pour qui de toutes façons il n'y a QUE la maison. Ni la rue (main au cul, bouche cousue, viol...), ni les parcs, ni les bars, ne sont faits pour nous. La vie des femmes c'est ce petit domaine privé qui ne nous appartient même pas puisqu'on le prépare pour les autres. L'autre vie celle où nous passons-seconde de... : seules même à plusieurs..., de plus en plus nombreuses et solidaires nous la renversons par notre présence.
Permanent, présent, « public » le mouvement des femmes, à travers ses SOS femmes, ses accueils, ses centres et tous les lieux qui se créent ne gère pas notre misère, il nous donne la force et la véritable dimension de notre combat.
Centres de femmes
UNE
EXPERIENCE
A
MARSEILLE
Le centre des femmes à Marseille est né l'automne 76. C'est une commission ésignée en assemblée générale des roupes femmes qui se charge au début e tous les problèmes techniques et administratifs ».
Les statuts de l'association « groupes jmmes » sont déposés et nous emandons à la municipalité PS un local es « biens publics ». Celui-ci nous est ccordé dans un endroit d'accès difficile, t nomme ce oui nous interresse avant tout c'est l'ouverture du mouvement a toutes les femmes, nous refusons. Problèmes de fric, de disposition, d'espace, tout est compliqué. La commission propose alors en plein centre un local sordide, mais moins cher que tout ce qui avait été envisagé jusque là.
L'aménagement du centre commence... et se continue aujourd'hui encore. Parallèlement à tout ça, un projet d'ouverture est sorti par un groupe :
« pour qui ? pourquoi ? un centre des femmes ». Sous forme de plaquette, ce projet nous aide à la souscription financière commencée depuis plusieurs mois déjà. Le principe d'une cotisation mensuelle est adopté par tous les groupes pour payer le loyer.
C'était en quelques lignes... ce qui a été fait sur plusieurs mois... Il faudrait tout écrire tellement l'« entreprise » est laborieuse et enthousiasmante à la fois.
Des débats toujours pas tranchés sur le fonctionnement, l'ouverture, la prise en charge..., des débats sur la mixité, sur le lien à travers le centre aux autres organisations de femmes (codif, librairie des femmes...) etc... Le centre dispose de trois pièces normalement utilisables, et de deux petits bureaux. Une grande pièce sert de lieu d'accueil, de réunion, des panneaux d'information, des brochures et des journeaux de toutes les « tendances » du mouvement y sont déposés. Dans une deuxième pièce, petite, on y travaille à trois ou quatre, ou bien ce sont les « dévoilées » qui y préparent leur journal.
Une pièce au fond, la plus éclairée est réservée aux enfants. Aujourd'hui encore, c'est la moins disponible. Repeinte en partie par des gosses eux-mêmes, on y trouve un fatras de jouets, et un désordre incroyable. Jamais de gosses sauf un de temps en temps pendant que sa mère discute ; c'est le gros point noir de la mise en place du centre.
Je ne sais pas si on peut aire ici le temps et le désir qu'il a fallut pour que ce centre existe. Sur le plan matériel tout était à refaire et bien souvent à quelques unes seulement. Transformer un hangard à bananes et en faire un point de rencontre, d'accueil il fallait y mettre des couleurs, de la clarté de la chaleur. Maintenant il existe, blanc, rose, rouge, bleu et mauve. Avec des fleurs un peu partout pour être gaies. C'est pas difficile quand on l'est vraiment !
Contentes ne veut pas dire insouciantes, c'est bien ce que nous nous employons à montrer dans nos luttes. Alors au centre des femmes on y travaille aussi sur notre corps, ce qui permet d'avoir un dossier à la disposition de toutes. On travaille aussi à partir des problèmes juridiques des femmes, ce qui nous fait tenir une permanence une fois par semaine avec une avocate du mouvement et préparer une brochure de lutte et d'informations. D'autres préparent un disque avec toutes les chansons du mouvement, une revue etc... des idées qui foisonnent de partout. On a même pu y organiser des séances d'expression corporelle et quelques unes projettent d’y faire un spectacle-revue... Il y a également une bibliothèque (la plupart des bouquins ont été donné par la librairie des femmes), et des panneaux d'information surtout ce qui est en cours.
Le fonctionnement
Le centre vit de toutes ces activitées éclatées. Sur le plan juridique, il repose sur un bureau avec secrétaires, trésorière, caution financière etc...
Ce bureau n'a pas été élu par les groupes, il n'a donc aucune existence (sauf la trésorière, responsable des relations avec le propriétaire et des loyers). Tous ces éléments ne sont pas indifférents pourtenir compte d'une prise en charge et d'une gestion, collective du centre qui n'existent pas encore. Sur qui, sur quoi doit reposer la vie du centre ? Ce problème renvoie à la question « un centre pourquoi faire ? ». Un centre des femmes dans chaque quartier peut reposer sur un ou plusieurs groupes directement concernés par la vie du quartier. Son activité peut être orientée et contrôlée par le groupe femme qui l'a crée et par les usagères des différentes activités du centre. Un centre des femmes qui brasse à la fois les infos, les activités des groupes de secteurs, de boîtes ou de quartiers de commissions par thèmes ; qui est à la fois un centre d'initiatives et de rencontres des différentes composantes du mouvement à l'occasion de telle ou telle échéance, ça ne peut pas être aussi « limpide » ! On doit tendre de plus en plus à la mise en place d'une équipe responsable avec des déléguées de groupe ne serait-ce que pour le dépouillement du courrier, l'info rapide à diffuser immédiatement dans les groupes. Cependant nous ne devons pas nous faire d'illusion quant aux avantages « démocratiques » que présenterait un tel fonctionnement. Une telle équipe ne rassemblerait pas dans les faits des groupes très éloignés qui n'utilisent le centre que pour ces services et c'est normal, (infos, dossiers...), ou à l'occasion des coordinations mensuelles des groupes femmes. Le centre fonctionne au gré des groupes qui y ont une activité. Chaque groupe développe son activité, mais il n'y a pas contrôle par l'ensemble de la coordination de ce qui s'y fait. Parler de contrôle de l'activité peut faire se dresser les cheveux sur la tête vu l'éclatement actuel du mouvement. Et pourtant prendre nos affaires en main c'est aussi pouvoir choisir entre deux options contradictoires et c'est là que le contrôle prend tout son sens. Le contrôle prendra aussi tout son sens quand nous serons amené (déjà le problème se pose) à demander à la municipalité des centres de femmes dans les quartiers. Qui décidera de la vie du centre, ses choix etc... ?
Le problème est important et doit être discuté, dès aujourd'hui puisqu'à Marseille la municipalité se veut en « pointe ».
Elle accorde une « maison de la femme » à SOS femmes battues pour qu'elles y installent un refuge. Le CODIF (directement subventionné par la municipalité) développe lui aussi des projets de centre pour les femmes sur les quartiers. Alors qui gérera ? Quel poids auront les organismes les groupes et les femmes utilisant ces centres ?
Au niveau du centre des femmes tel qu'il existe actuellement il est clair que pour inciter d'autres groupes à revendiquer des centres sur les quartiers, il doit être exemplaire tant du point de vue de son fonctionnement, que de ses relations au mouvement. Ce qui est lié.
Le mouvement des femmes se construit avec le centre des femmes
Le centre des femmes joue un rôle important dans la construction du mouvement. Outre le fait que les groupes femmes sur Marseille sont sortis depuis plus d'un an de leur réunions en salle de FAC (parce qu'il n'y avait rien d'autre !) ; ce détail n'est pas mineur, bon nombre de travailleuses et de femmes avaient des difficultés à venir aux coordinations dans ces hauts lieux du gauchisme et de la culture. Il a permis qu'existe sur la ville une force autonome. C'est le lieu actif de construction du mouvement où l'on peut passer, fournir et prendre des informations, s'organiser de manière large pour répondre à des échéances. Lieu également d'ouverture à toutes les femmes, il est encore trop peu utilisé.
Pourquoi ne pas coorganiser une journée sur l'emploi avec le groupe femme chômeuse, le CODIF, et invitation aux organisations syndicales. Même chose pour une journée sur le corps avec Planning Familial, SOS-femmes violées, les groupes femmes etc...
Toutes ces idées traversent aujourd'hui le mouvement, les réaliser, c'est concrétiser la volonté d'élargissement du mouvement, c'est travailler à son unité autour du débat.
La liaison avec le mouvement ouvrier, se fera par l'intermédiaire des campagnes du mouvement, par son poids sur les entreprises et par la capacité des groupes à répondre aux problèmes des femmes de la classe ouvrière. Mais dès aujourd'hui par l'adresse systématique que le centre des femmes a faite au mouvement ouvrier organisé, la liaison s'opère. Ce ne sont que des démarches, elles sont indispensables à la reconnaissance de la lutte autonome des femmes . Le centre des femmes a permis enfin la création et le lien avec la coordination de groupes isolés. Ce fut le cas l'an dernier pour deux d'entre eux, un groupe sur un quartier crée par des femmes interres-sées par ce qui était fait, et d'un groupe d'entreprise, « vieux » d'un an, seul sur sa boite et qui s'est lié à la coordination par l'intermédiaire de quelques femmes, à la veille de la rencontre internationale.
Aujourd'hui un groupe est en train de se mettre en place autour du centre des femmes. Son objectif est certes de s'occuper des problèmes du quartier mais par l'animation quil saura impulser au centre, il illustrera la nécessité évidente d'un centre de femme sur chaque quartier.
Un centre sur chaque quartier, ou la portée stratégique du mouvement des femmes.
Le mouvement des femmes aujourd'hui est en pleine mutation. Par sa présence tenace depuis quelques années sur la scène politique, il a percé le mur du silence et se trouve confronté à une radicalisation massive des femmes travailleuses, ou non. Des organisations féministes, réformistes se développent, les directions syndicales tentent de répondre aux aspirations des femmes parcolloque, commission etc... mais rarement par la lutte sauf lorsqu'elles y sont contraintes. Ces aspirations parce qu'elles sont porteuses de trop de remise en cause, se heurtent directement à la bureaucratie et à la question du pouvoir. Si les femmes posent le problème d'être militante syndicale à part entière, il faudra bien leur répondre. Certes en terme d'aménagement des horaires, puis de garderies, puis de répartition des tâches... et d'aménagements en aménagements on en arrive à ce que dénonçait Jean-Louis Moynot lui-même : « la démocratie masculine » !
Ce ne sont que des concessions verbales, mais qui ont leur résonnance dans la radicalisation et dans les exigences des femmes aujourd'hui. Alors il en va de même pour l'emploi. Bientôt des femmes diront : « un emploi pour tous c'est bien, mais y en a marre des campagnes » emploi » au masculin, et si nos syndicats revendiquaient comme on a pu le voir en Italie des emplois prioritaires pour les femmes » ?
Premier élément donc : les femmes mettent en avant leur propre point de vue, on commence à ne plus s'adresser prioritairement aux hommes pour notre liberation ! mieux ils pourraient bien y être pour quelque chose dans notre situation et nos exigences aboutiront parfois malgré eux. C'est pourquoi des collectifs non mixtes sont nécessaires pour imposer notre point de vue y compris dans le syndicat.
Deuxième élément, le syndicat pointe ce qui pourrait bien être à l'origine de beaucoup, mais sans avoir les moyens (si ce n'est l'appel aux changements de mentalité) de peser pour transformer la situation. Les femmes ne sont pas dupes, du frioins elles ne le resteront pas longtemps ! Réclamer la répartition des tâches c'est généreux mais peu efficace face à des millénaires d'oppression pour les unes, de privilèges pour les autres. La garde d'un enfant malade par l'un ou l'autre des parents c'est juste, mais dans les faits qu'est-ce qui peut convaincre une syndicale et penser un jour oui un jour non, chacun son tour, à la bouffe, au ménage, aux enfants, ça tient du trapèze volant (même si on tourne toutes les semaines !) et pas de la libération des femmes. Elles savent spontanément leur salaire d'appoint, leur premier rôle, leur place dans la famille.
Elles le savent alors même qu'elles ne sont pas prêtes à lutter, et lorsqu'elles rentrent en lutte, elles finissent toujours par s'organiser entre elles pour régler ces « petits » problèmes que personne ne ré-soud aussi bien qu'elles. Tout ça n'est pas défaitiste si ça nous permet de cerner ce que devrait être les tâches d'un véritable mouvement des femmes, son rôle et au delà celui des centres de femmes.
Pourquoi des centres de femmes sur les quartiers et pas dans les entreprises ? D'abord, nous ne devons pas écarter la possibilité pour les femmes de revendiquer des lieux dans les locaux syndicaux, les bourses du travail etc... mais ces lieux de jonction, ne rempliront jamais la fonction d'un centre de femmes de quartier.
L'auto-organisation ouvrière a pour dynamique de peser directement sur le contrôle de la production. Les femmes doivent être partie prenante de cette réorganisation de la production dès aujourd'hui par leurs formes de lutte et demain par le rapport de force exprimant leur point de vue. Mais s'il peut exister des garanties dans l'évolution du mouvement ouvrier à venir par le fait même qu'il en serait à ce stade de la révolution sociale, si l'on peut prévoir la prise en compte des problèmes des femmes par une articulation étroite contrôle ouvrier-contrôle des femmes (ex l'élaboration des grilles de salaires revues et corrigées par les femmes, le contrôle par le personnel d'un centre d'orthogénie, mais en liaison avec les organisations des femmes existentes etc....), on ne peut préjuger d'aucune façon ce que sera l'organisation sociale. Et si l'on veut écarter la vision grossière soviet-ouvriers comité de ménagères, il faut bien se pencher sur la question.
Un pour dire que les soviets seront, et nous devons tout faire pour, des soviets d'ouvriers et d'ouvrières
Deux pour se rappeler que le nœud de l'oppression des femmes se situe dans la famille, qu'il est donc très important aujourd'hui de ne pas restreindre la lutte des femmes à des considérants économiques et autour du seul lieu géographique de l'entreprise.
Trois tout pour faire que les femmes s'organisent et portent la contestation là où effectivement se trame leur oppression.
La victoire des femmes passera par l'investissement de tout ce qui leur a toujours été refusé, et ça elles peuvent le faire avec les hommes. Le travail est le lieu privilégié de cette rencontre. Elle passera aussi par la destruction par elles-mêmes du rôle dont on les a investi.
Et ça, ça ne peut pas se passer en dehors du lieu qui abrite la famille et vie de famille.
Ce que l'on appelle la dimension stratégique du mouvement des femmes concerne cette partie de leur lutte.
La place stratégique du mouvement se situe sur le plan territorial. C'est en comprenant cette dimension que nous ferons des centres de femmes dans tous les quartiers. Centre de rencontre de tous les groupes d'ouvrières, de travailleuses et d'usagères du même quartier. Centre de l'auto-organisation des femmes pour le contrôle d'une nouvelle réorganisation sociale où elles choisiront elles-mêmes feur place.
Christine
Nous avons pose quelques questions a des militantes et permanentes du CODIF (Centre d'Orientation de Documentation et d'information Féminin)
Christine : Qu'est-ce que le CODIF ?
Marie-Claire : Le CODIF est né en 1974 d'une conscience aigüe de la sous-information et de l'isolement des femmes. S'informer et se regrouper est la condition indispensable d'un début de pouvoir des femmes dans la société. Le CODIF est né de l'expérience de « Jeunes Femmes » de la région qui en se groupant ont pris conscience de la nécessité pour les femmes de prendre une place dans la société (toujours au niveau collectif).
Ce groupe de « Jeunes Femmes », pour atteindre une action de plus grande envergure, s'est adressé à la municipalité qui leur a donné les moyens matériels de l'action envisagée.
Christine : Comment fonctionne le centre d'accueil dont vous disposez ?
Jacqueline : Au départ, une présidente et maintenant après une évolution importante un collège de sept responsables élues.
MC : Aujourd'hui il y a une équipe de permanentes et des militantes bénévoles.
Jacqueline : Nous tenons des permanences les mardis et jeudi pour les renseignements individuels de type juridique, formation professionnelle, adresses utiles à Marseille’, droit social et droit du travail. Et, toutes les semaines, accueil de groupes, documentation et
Elles existent à Marseille depuis bientôt deux ans.
Elles se réunissent toutes les semaines et assurent une permanence hebdomadaire au 30 rue Nationale (1").
Leur projet : Il est en cours depuis quelques mois. Elles ont demandé à la municipalité un refuge pour femmes battues. Ce refuge, la « maison de la femme » leur a été accordé. C'est une grande maison située au cœur du quartier ouvrier de Marseille. (Aygalades au quartier nord). Cette maison dispose de 18 bibliothèque féministe de livres et documents (prêts). Les premiers et troisième jeudi du mois nous tenons des réunions-débats.
Nous rédigeons aussi un bulletin CODIF-FEMME, bimestriel. Ce bulletin est diffusé très largement et ouvert aux femmes qui veulent s'exprimer (seules ou en groupes femmes).
J : un autre volet important de notre action, susciter des groupes de femmes dans les quartiers, pour se rencontrer, discuter, s'organiser et lutter ensemble.
C : Vous considérez vous comme un centre de femmes et que pensez-vous de l'objectif de créer des centres de femmes (maison de la femme de SOS femmes battues, centre des femmes des groupes femmes, ou le projet du GRAIF) ?
J : Nous sommes un exemple de centre de femmes, nous ne sommes pas figées dans notre action militante, et nous avons déjà beaucoup évoluée depuis trois ans, et je l'espère nous évoluerons encore...
Des maisons de femmes c'est u ne nécessité aujourd'hui (en particulier les centres d'accueil pour femmes en détresse). Nous suivons de près ce qui se passe au centre des femmes et d'ailleurs certaines d'entre nous sont à la fois militante du CODIF et au centre.
C : est ce que vous pensez que le centre des femmes peut jouer un rôle dans l'unification du mouvement des femmes ?
J : A l'initiative du centre des femmes nous avons déjà réussi à mener des actions communes avec SOS-femmes-battues, le Planning Familial, et les groupes femmes (et nous le CODIF). Le centre des femmes sert de lieu de rencontre, de dialogue et d'actions.
chambres et de l'équipement nécessaire pour assurer accueil temporaire et rencontre des femmes entre elles. Elles demandent d'autres part auprès de la DASS (1) l'assurance des prix de journées et se déclare prêtes à investir quelques permanentes dans la réalisation de ce projet. La discussion actuellement en cours porte sur l'autonomie d'un tel projet eu égard aux investissement de la municipalité PS. Les militantes de SOS femmes battues tout à fait conscientes des dangers que cela représente refusent de se laisser lier les mains.
(1) Direction de l'Action Sanitaire et Sociale.
SOS Femmes Battues
SOS Femmes violées...
On les a connues à Marseille où elles sont venues nous voir un soir, pour le procès de Maureen à Aix (19-10-77). Elles sont une vingtaine de femmes, qui participent également au projet de mise en place d'une maison des femmes à Aix.
Ne pas laisser seule une femme violée, briser son isolement, sa honte, sa culpabilité. Organiser avec elle la riposte par la reconnaissance du crime qu'elle a subit. La publicité des faits, ia « justice », la dénonciation, tout doit être discuté avec les femmes qui viennent, et tout doit être choisi avec elle. SOS femmes violées, ce n'est pas un service social, une nouvelle forme pour gérer la misère, c'est un lieu tenu par un groupe de femmes à la disposition de toutes pour lutter. Un lieu permanent 24 h sur 24, parce qu'on se fait surtout violer la nuit. On y va ou on téléphone et tout de suite des femmes sont là. On discute, on a l'adresse de médecins assermentés, d'avocats, et des ressources pour « encaisser » le coup.
SOS femmes violées tient ses permanences à la librairie de femmes « la toile d'araignée » 26 rue félibre Gaut à Aix en Provence 13 -Tél. : 27-86-99. On peut y passer tous les jours, téléphoner, flâner ; il y a même une caféttéria pour rencontrer d'autres femmes.