En 1983, lors de la première marche pour l’égalité et contre le racisme -qui rassembla plus de cent mille personnes à Paris ! -, nous avions été frappées par le rôle important, parfois même moteur, que jouaient les filles dans ce qu’on allait appeler le « mouvement beur ».
Aujourd’hui, c’est la génération des « petits frères des Beurs » (selon une formule empruntée au Monde ') qui descend dans la rue. Pour une fois, l’usage du seul masculin n’est pas un abus : les filles étaient effectivement peu présentes dans les affrontements violents qui se sont déroulés successivement, depuis un an, à Vaulx-en-Velin, Sartrouville et Mantes-la-Jolie. Il est certainement plus difficile pour elles de trouver leur place dans un « mouvement » qui s’exprime essentiellement par des explosions de violence spontanée. « Quand on veut se faire entendre, prouver qu ’on est là, on est plus portées à la discussion », explique Touria Chemouri, animatrice de la Fédération des associations de jeunes des quartiers à Lille. Ce que confirme Katia Arrouge, jeune conseillère municipale, d’origine maghrébine, à Vaulx-en-Velin : « Lors des événements de l’an dernier, on a très peu vu de filles dans la rue. Mais elles étaient présentes dans les structures, pour discuter. Sans doute ont-elles un autre mode d’expression. »
Seulement, voilà, les discussions, les réunions, c’est moins médiatique que la casse ou les bagnoles qui crament. A en croire certains journalistes ou certains hommes politiques, toutes les banlieues seraient à feu et à sang. Florence, qui a travaillé longtemps à la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis, comme formatrice, refuse ce genre de cliché : « Il y a un énorme décalage entre l ’image des banlieues qui est donnée par les médias et la réalité de ce que l’on vit. Aux Francs-Moisins, on ne ressent pas cette atmosphère de violence. Ce que l’on voit par contre, c’est la détresse d’un certain nombre de personnes qui y vivent, et notamment des jeunes. » Ceux que nous avons rencontrés cet été -des filles et des garçons -dans la cité du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie, semblaient également assez excédés par cette image de violence qui colle désormais à la peau de tous les jeunes des banlieues. Certains tenaient même à s’en démarquer nettement : « Les casseurs, c ’est une minorité, on n ’est pas tous comme cela dans la cité. »
Cependant, la violence apparaît aujourd’hui, aux yeux d’un nombre sans cesse croissant de jeunes, comme le seul moyen de faire prendre en compte les problèmes, explique Katia Arrouge.
Cette violence traduit un profond désespoir, mais doit être lue en même temps, selon elle, comme « un appel de ces jeunes à la société », et constitue en ce sens « un espoir » : c’est le signe qu’ils ne se résignent pas.
Désirs d'intégration
L’absence des filles dans les manifestations de ce type relève incontestablement d’un rapport différent à la violence, lié à l’éducation. Mais ce n’est sans doute pas la seule raison. On peut penser qu’il y a chez elles une sorte d’intuition que cette violence débouche sur une impasse. Avec, en même temps, pas mal d’illusions sur cette société et les possibilités de promotion qu’elles peuvent y trouver. Face aux problèmes que rencontrent tous les jeunes des milieux défavorisés, et notamment les jeunes d’origine étrangère, les filles, dans l’ensemble, réagissent différemment : « Les mecs ne se battent pas pour obtenir un emploi, ils cassent tout et se montent la tête. Pourquoi les jilles, elles, elles trouvent du boulot ? » De façon un peu brutale et péremptoire, ces propos de Samia, une jeune Beur de Bondy, en Seine-Saint-Denis, reflètent bien l’attitude d’un grand nombre de filles d’origine maghrébine : alors que les garçons se laissent vite envahir par le découragement, s’installent facilement dans une situation d’échec, elles font preuve souvent de beaucoup de volontarisme, et d’un plus grand désir de s’intégrer dans la société française.
Même si cette attitude traduit en même temps une bonne dose de naïveté (comme si, dans une société qui fonctionne de plus en plus à deux vitesses, il suffisait de « vouloir » pour pouvoir...), il est certain que les filles d’origine maghrébine s’en sortent mieux, en général, que leurs frères. Sans doute ne sont-elles pas confrontées au racisme et à l’exclusion de la même façon : dans l’imaginaire raciste, les filles font moins peur que les garçons. Ainsi, reconnaît Samia, quand il s’agit de trouver un boulot, « elles passent mieux, même si elles sont “ typées ” ». Dans le métro, elles sont beaucoup moins systématiquement contrôlées par les flics. A l’entrée des boîtes, elles sont plus rarement refusées. Et dans la longue liste des victimes de tous les Dupont-la-Joie, peu nombreux sont les prénoms féminins. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne subissent pas elles aussi le racisme, mais la confrontation est moins permanente. Cette « protection » relative constitue certainement, pour les filles, « un facteur de création d’une image positi- ve de soi (au sens d’une intégration possible) »2. Mais cela n’explique pas tout.
Le salut par l'école ?
Dès l’école, sociologues et pédagogues l’ont noté depuis longtemps, elles s’accrochent plus et réussissent mieux que leurs frères. Nul mystère là-dessous, comme l’explique Katia Arrouge : « Dans le milieu maghrébin, les filles sont beaucoup plus encadrées que les garçons, moins libres. Pour s ’en sortir elles ressentent le besoin de travailler. Elles s ’assument beaucoup plus que les jeunes hommes. Alors qu ’eux s ’imaginent qu’ils finiront toujours par s’en sortir autrement. » D’autant que leur éducation familiale ne les prépare pas à s’accrocher : « dès l’enfance, ils sont gâtés, pourris par leur mère », rappelle Shaira, une copine de Samia. Alors que les filles, très jeunes, sont tenues de participer aux tâches ménagères, afin de se préparer à leurs futures responsabilités de mère de famille... Les garçons ont, en outre, sous les yeux l’exemple tentateur de ceux qui « s’en sortent » très bien grâce à des trafics divers (drogue, vols) beaucoup plus rentables à court terme que le meilleur boulot qu’ils peuvent espérer.
Yann Angneroh, qui est professeur au collège du Val-Fourré, témoigne également de ces différences d’attitude entre filles et garçons : « En classe, les filles réussissent mieux. Pour elles, la voie est étroite, si elles se plantent c ’est plus grave. » Si elles se plantent, cela signifie, souvent, le mariage très jeune -décidé et arrangé par la famille -, l’enfermement au foyer comme leur mère...
Pour échapper à cet avenir tout tracé, quelques-unes choisissent la fugue, et parfois finissent dans la prostitution. Mais beaucoup cherchent leur « salut » dans l’école, « investissent » très fort dans les études puis le travail.
Malheureusement, il ne suffit pas toujours de vouloir... -surtout quand on est d’origine étrangère et qu’on vit dans « la zone ». Samia d’ailleurs le reconnaît quand elle nous raconte qu’à plusieurs reprises, on lui a refusé un job lorsqu’elle s’est présentée, alors qu’auparavant, au téléphone, on lui avait dit oui.
S'intégrer sans renier ses racines
Si la réussite sociale n’est pas forcément au bout du chemin, la question de l’« intégration » (au sens culturel), tarte à la crème de tous les discours sur l’immigration et les banlieues, semble bien pour ces filles un faux problème. Pour Samia, « cela ne sert à rien d’en parler, cela va venir tout seul. Déjà, les jeunes couples d’origine arabe ont beaucoup moins d’enfants que leurs parents. Et peu de jeunes parlent aujourd’hui l’arabe. » Cependant, s’intégrer ne signifie pas renier ses racines : « Mes enfants ne parleront sans doute pas arabe, mais je ferai en sorte qu ’ils connaissent leur culture d’origine, et je leur donnerai des prénoms arabes. »
Cette attitude est assez représentative d’une génération qui se sent avant tout française, proche des jeunes Français et Françaises « de souche » ~ par le look, les goûts, le mode de vie, etc. -, mais qui garde en même temps une certaine conscience d’appartenance à la communauté d’origine, conscience d’autant plus vive que cette communauté est l’objet d’attaques de la part de la société « d’accueil ». Lors de « l’affaire des foulards », par exemple, il y a deux ans, quelques filles se sont mises à porter le voile en classe, nous racontent les élèves du collège du Val-Fourré : plus « par réaction », par volonté d’affirmation culturelle que par conviction religieuse, estiment-ils. Samia et Shaira, elles, s’insurgent contre la vision qui est souvent donnée des familles maghrébines : « Les autres nous prennent pour des sauvages. C’est vrai que certaines familles ont encore une mentalité arriérée, on connaît des filles qui ne peuvent pas sortir, ou qui ont eu un mariage arrangé. Mais toutes ne sont pas comme ça ! » « Moi, si ma famille était comme ça, je me casserais », ajoute Samia, qui en a marre de ces images de pauvres petites victimes soumises ! « Nous on veut bouger, voyager. Je veux avoir des enfants mais pas me marier. Et partir vivre aux Etats-Unis. »
Samia pourra-t-elle réaliser ses rêves ? Dans la réalité, les choses n’avancent pas toujours aussi vite qu’elle le croit, comme nous avons pu le constater à l’occasion de notre visite au collège du Val-Fourré. Nous y avons rencontré quelques-uns des élèves qui animent, sous la responsabilité de Yann Angneroh, l’atelier radio du collège, Radio Droit de cité (RDC) : que des garçons. Pourquoi n’y a-t-il pas de filles ? D’après eux, c’est simplement parce que cela ne les intéresse pas. Mais au bout d’un moment, ils reconnaissent que c’est plus difficile pour elles d’y participer : « La radio se fait après les cours, jusqu ’à 19 h 30/20 h, certaines émissions durent jusqu ’à 22 h. Les filles n ’ont pas le droit de rester si tard le soir, souvent elles sont obligées de rentrer chez elles dès la fin des cours. » Quelques-unes tentent quand même de participer : on voit alors souvent le père ou un frère débouler dans le local, au milieu d’une émission, pour vérifier ce qui se passe.
Ce type d’anecdote ne constitue vraisemblablement pas un cas isolé. . .
Avoir un lieu à elles
Est-ce la seule raison qui explique la place très minoritaire des filles dans les structures collectives existant dans les cités, centres sociaux, clubs de loisir, associations ? A l’évidence, non. Même si les familles ne se comportent pas toujours en d’autant plus important. Son objectif est en effet de « créer un espace d’expression pour les filles afin de pouvoir mieux poser les problèmes qu ’elles rencontrent et de pouvoir mieux y répondre ». Non seulement cela leur permettrait d’avoir enfin un lieu à elles, mais elles pourraient ainsi y discuter librement de questions qu’elles ont rarement l’occasion d’aborder ailleurs : problèmes familiaux, sexualité, contraception, etc. (cf. pages 26-28). Parmi ces questions, il en est une qui reste encore totalement occultée : celle des violences spécifiques que subissent les filles dans les cités : agressions sexuelles, viols, viols collectifs... Des violences que tout le monde ou presque préfère ignorer, par indifférence (la majorité des cas)
gendarmes, la mixité ne va pas forcément de soi, filles et garçons ne se mélangent pas spontanément. Il n’est pas facile, pour une fille, de s’intégrer dans une bande de copains assez machos, qui en même temps, d’une certaine façon, ont peur des filles... Mais surtout, comme le souligne Touria Chemouri dans l’interview que l’on lira plus loin, les problèmes des filles sont très peu pris en compte dans ces structures. Les différentes mesures prises en urgence, en juin dernier, pour éviter un « été chaud », sont à cet égard tout à fait significatives : des terrains de football aux salles de boxe, toutes sont visiblement destinées à un public masculin. Liliane, animatrice au Val-Fourré, a constaté pour sa part que dans plusieurs municipalités, les subventions accordées aux jeunes, l’été, pour les aider à financer des projets de vacances, favorisent nettement les projets des garçons. Khadija et Karima, deux jeunes filles du Val-Fourré, se sont vu ainsi refuser des subventions pour partir trois-quatre jours au bord de la mer avec des copines, alors que le même jour, un projet présenté par des garçons a été accepté : « A la mairie, ils ont peur des mecs, peur qu ’ils “cri-sent” si on leur dit non. Les filles, elles, sont inoffensives », soupire l’une d’elles. . .
Le projet d’association de filles, dont parle Touria dans son interview, paraît dans ce contexte et/ou par opportunisme vis-à-vis des jeunes révoltés des banlieues (attitude des militants antiracistes). Seul un cadre spécifique peut permettre de faire enfin émerger ces questions, comme cela s’est passé par exemple pour les violences conjugales ou les viols par inceste.
Reste à souhaiter que cette association puisse voir le jour, et que d’autres du même type se créent un peu partout.
Femmes immigrées : en finir avec les stéréotypes !
Tandis que les jeunes commencent à s’organiser, d’autres associations poursuivent depuis plusieurs années un patient travail de terrain, qui n’est malheureusement guère reconnu. L’action qu’elles mènent est pourtant sans aucun doute beaucoup plus importante que toutes les opérations de poudre aux yeux que le gouvernement met en place à la hâte pour tenter de prévenir d’autres explosions.
Parmi ces associations, celle des femmes de la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis, nous intéresse tout particulièrement. Adjera, la permanente de l’association, et Moktaria, qui s’occupe de la trésorerie, nous en ont longuement parlé :
DOSSIE « L ’association est née en 1980, dans le prolongement de cours d’alphabétisation organisés dans la cité par des organismes de formation dépendant de l’Education nationale. Les femmes venaient très volontiers aux cours, pour elles c ’était le seul lieu de rencontre dans la cité. Très vite elles ont ressenti le besoin d’avoir un lieu à elles, où elles ne viendraient pas seulement apprendre mais où elles auraient la possibilité de réinvestir ce qu’elles avaient appris. Ainsi est née l’idée de monter une association. A l ’époque, une association de femmes étrangères, c ’était assez original... » Ce n’est qu’en 1981, en effet, que le droit d’association a été officiellement reconnu aux étrangers.
Au début, elles ont cherché à bénéficier des mètres carrés sociaux prévus par les sociétés de HLM, pour avoir un local gratuit. Cela n’a pas été possible. L’association loue donc un appartement dans la cité. Il y a toujours des cours d’alphabétisation mais, progressivement, bien d’autres activités ont été mises en place, en fonction des demandes des femmes : « Notre politique, explique Adjera, est de ne pas parachuter les choses, de répondre à des besoins. » L’association organise ainsi des cours de couture, de tricot, de cuisine, mais également des rencontres-débats, des projections de films, des sorties, des fêtes. En outre, elle participe activement à tout ce qui se passe dans la cité, au niveau des écoles, des autres associations, etc. « Tout cela avec l’objectif principal de favoriser l’insertion des femmes étrangères. C’est aussi un moyen de donner à l’extérieur une image différente, qui rompe avec l’image stéréotypée de pauvres femmes cloîtrées chez elles... Ce sont des femmes très actives, qui ont quelque chose à apporter. Nous sommes en quelque sorte la caisse de résonance de la parole de ces femmes. »
Être reconnues socialement
Florence, qui a également participé à la création de l’association, en tant que formatrice, et a continué à y travailler longtemps, analyse les changements que celle-ci a entraînés pour les femmes étrangères de la cité : « L ’ association les a aidées dans un processus de “promotion ”, tout en donnant un caractère collectif à cette promotion. Certaines de ces femmes étaient là depuis très longtemps et aspiraient à autre chose que rester à la maison. Aujourd’hui, beaucoup travaillent. Certes leur travail est rarement épanouissant, valorisant en lui-même, il s’agit souvent d’un emploi dans des sociétés de nettoyage -à cinq heures du matin, à six heures du soir... Mais cela leur permet d’avoir une autonomie financière et d’être reconnues socialement. Cela a facilité leur insertion en France. En même temps, elles restent attachées à leurs traditions, à leur culture, et l’association joue également un rôle important sur ce plan : c’est un lieu d’échanges, de convivialité. Lors des fêtes, par exemple, chaque femme apporte des spécialités de son pays, c ’est une façon de faire connaître et de valoriser leurs cultures respectives, et cela favorise la cohabitation des différentes cultures. »
Les femmes qui participent à ces diverses activités sont aussi bien des immigrées de fraîche date (Africaines notamment), que des femmes installées depuis longtemps en France. Adjera pense qu au total la plupart des femmes étrangères de la cité sont passées par l’association. Celle-ci repose sur une équipe d’une quinzaine de personnes, dont une seule permanente. Elle reçoit des subventions du FAS, mais ces subventions sont très insuffisantes pour pouvoir mener à bien tous leurs projets, d’autant que ceux-ci ne manquent pas : monter un restaurant associatif, organiser des voyages pour les femmes et leurs enfants, etc. Et, du côté des projets DSQ (Développement social des quartiers, cf. page 17), la situation n'est pas mirifique non plus : après un an d'attente, elles n'ont obtenu (elles viennent juste de l'apprendre) qu'une partie des subventions demandées pour un stage de formation couture qui était pourtant basé, souligne Florence, « sur une forte volonté d’insertion sociale ». Il s’agissait, pour un groupe de femmes d’origine étrangère, de réaliser les costumes d’une pièce de théâtre du répertoire classique français. Ces femmes avaient déjà suivi un stage de préformation de même nature : « Lors des représentations, raconte Adjera, elles sont venues avec leur mari et leurs enfants. Pour une fois, elles avaient la possibilité de montrer concrètement ce qu ’elles étaient capables de faire. C’est nettement plus valorisant que de dire simplement : je vais à un cours de couture. Là elles pouvaient dire, en montrant la scène : voilà mon travail. ».
L’association des femmes des Francs-Moisins travaille également en liaison étroite avec le service de PMI et le Planning familial, notamment pour des actions d’information sur la contraception. Là aussi on peut mesurer les avancées : « Les choses changent progressivement, note Florence. Je crois que la contraception est aujourd’hui relativement entrée dans les mœurs des femmes maghrébines, même si elles ne la vivent pas toujours très bien car, socialement, ce sont encore les enfants qui les valorisent. Par contre, cela pose plus de problèmes pour les familles africaines, plus récemment arrivées en France. »
L’action de l’association a aussi des répercussions sur les enfants, fait encore remarquer Florence : « Le fait que la mère suive des cours d’alphabétisation est très bénéfique pour eux : lutter contre l’illetrisme des parents, c’est un moyen de lutter contre l’échec scolaire des enfants. Bien sûr, cela ne fait pas disparaître les problèmes de chômage ou de drogue. Mais lorsque les femmes arrivent à suivre la scolarité de leurs enfants, elles contribuent à mettre les chances de leur côté. On en voit ensuite les effets positifs sur les jeunes, je peux en témoigner pour la cité des Francs-Moisins, où l’expérience est déjà ancienne. »
Les femmes des Francs-Moisins n’ont certainement pas l’ambition ni l’illusion de pouvoir résoudre à elles seules les problèmes des banlieues ! Mais, par leur action au jour le jour, loin de l’esbrouffe et du spectaculaire, elles contribuent à la prise de conscience et à l’autonomie des femmes d’origine étrangère, et favorise ainsi l'émergence d’un mouvement social collectif.
Notes
- 1. Article de Robert Solé dans le Monde du 18 octobre 1990.
- 2. Cf. l’article de Nathalie Blanchard dans le numéro spécial d ’Hommes et migrations consacré aux femmes (n° 1141, mars 1991).